ASSASSINÉ : Le petit Gregory !

Nov 17, 2019Criminologie

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Cette affaire est celle du meurtre du Grégory Villemin. Le 16 octobre 1984 , un petit enfant, âgé de 4 ans seulement, est retrouvé pieds et poings liés dans la Vologne, la rivière vosgienne qui coule près de son domicile familial.

Trente cinq ans plus tard, l’assassin n’a toujours pas été identifié et le mystère de la mort du petit Grégory est toujours entier. Un ensemble d’enchevêtrement de drames, d’investigations non abouties, de rivalités entre enquêteurs, de violations de secret d’instruction, de journalistes zélés et d’une opinion public trop avide d’informations, a mis inévitablement cette affaire au devant de la scène médiatique française.

Source : decider

Tout au long de l’enquête des dissensions et des jalousies au sein de la petite famille Villemin, des grands-parents et des cousin germains ont été révélés et mis à jour faisant de cette affaire, l’une des plus compliquées de la France moderne..

Toute la France a longtemps vibré face aux multiples rebondissements de l’affaire du meurtre de Grégory. D’ailleurs qui ne reconnait  pas la petite frimousse et les cheveux bouclés du petit enfant sur une photo devenue tristement célèbre ?

L’affaire Grégory est devenue une affaire nationale par la force des choses. Fortement médiatisée, elle a fait chavirer le coeur des Français et a inspiré des reportages, des enquêtes, des films et des documentaires de toute sorte comme ce dernier diffusé sur France3 avec pour titre évocateur  « La Malédiction de la Vologne ».

Même Netflix s’en est emparé et produit actuellement une série de documentaires sur l’un des plus grands meurtres jamais élucidés. Aujourd’hui nous allons revoir les tenants et les aboutissants de ce fait divers incroyable qui tient tout un pays en haleine depuis si longtemps .

Retour dans le temps dans les années 70 à la rencontre de Christine et Jean Marie Villemin, deux jeunes gens qui forment un couple d’apparence tranquille et qui vit dans un pavillon de Lépanges-sur-Vologne, dans les Vosges. Jean Marie Villemin est contremaître depuis février 1981 dans une usine spécialisée dans la fabrication de sièges d’automobiles et Christine, couturière à la Manufacture de confection vosgienne à Lépanges-sur-Vologne.

S’étant rencontrés en 1976, puis mariés le 20 janvier 1979, ils se sont installés dans un pavillon qu’ils ont fait construire à Lépanges un an après la naissance de Grégory. Une famille heureuse en apparence qui vit pourtant sous la terrible menace du corbeau. En effet ,un inconnu à la voix rauque appelle et menace régulièrement la famille Villemin, il est identifié par les parents de Grégory comme étant un corbeau qui, jalousant leur réussite matérielle, les harcèle depuis  plus de 3 ans, bien avant le meurtre de Grégory.

Entre 1981 et 1983, ce corbeau passera des centaines d’appels de deux types différents. Les premiers, sont passés par un inconnu à la voix rauque. Les seconds sont passés par une voix de femme. Il semble impossible de découvrir l’identité de ce corbeau , et la famille Villemin finit par ne plus en avoir cure.

Le 16 octobre 1984, à 17h00 leur fils Grégory, âgé de 4 ans, joue sur un tas de sable devant la maison. Quatre heures plus tard son corps est repêché dans les eaux de la rivière Vologne à quelques kilomètres de sa maison. Il est retrouvé pieds et poings liés par une cordelette et un bonnet couvrant son visage. Son corps ne porte pas de trace de coups ni de violences apparentes.

Source : jesuismort

Les médecins légistes concluent que Grégory est mort noyé. Ils expliquent que suite à un arrêt respiratoire rapide et la présence d’air dans les poumons ont empêché le corps de couler. Ils émettent l’éventualité d’une noyade préalable dans une baignoire ou du maintien forcé de la tête de l’enfant dans de l’eau contenue dans un récipient .

Ce qui est plausible mais reste une supposition qui ne sera jamais prouvée. Immédiatement après le meurtre, les époux Villemin reçoivent une nouvelle lettre du corbeau postée anonymement le jour du crime et qui dit ceci : « J’espère que tu mourras de chagrin le chef .Ce n’est pas ton argent qui pourra te redonner ton fils. Voilà ma vengeance. pauvre con ». Suite à l’étude de ces appels et de ces courriers, les soupçons des enquêteurs vont rapidement se porter sur l’entourage de la famille Villemin.

Quinze jours après le début de l’affaire Grégory, les axes de recherche sont nombreux mais il n’y a toujours aucun suspect sérieux.Le témoignage de l’adolescente Muriel Bolle, dix sept jours après les faits, le 2 novembre 1984 va tout changer. Celle-ci explique aux gendarmes que son beau-frère, Bernard Laroche, est venu la chercher à l’école en voiture et qu’il sont allés ensemble à la maison des Villemin enlever le petit Grégory.

Ce témoignage est explosif. Il s’agit du premier témoignage direct de l’enlèvement. Lors de sa garde à vue, elle rajoute qu’après avoir emmené Grégory, Bernard Laroche se serait arrêté, serait descendu de la voiture avec Grégory, puis serait revenu seul.

Bernard Laroche est inculpé d’assassinat le 5 novembre 1984. A la suite de sa garde à vue, il est incarcéré à la prison Charles 3 de Nancy.

Bernard Laroche est né le 23 mars 1955, il est donc âgé de 29 ans à l’époque du crime. Cousin germain de Jean-Marie Villemin, il est globalement décrit comme un personnage bonhomme, sympathique, discret voire réservé, et plutôt apprécié de son entourage familial comme professionnel, qui le décrit comme un individu très serviable.

Ces traits de personnalité pourraient correspondre, d’après les gendarmes et les premiers experts en écritures, au portrait-type d’un corbeau. Les premiers enquêteurs de l’affaire identifieront aussi dans le vécu de Bernard Laroche le possible mobile d’une jalousie à l’égard de Jean-Marie Villemin : une enfance moins chanceuse (puisque Bernard Laroche n’a jamais connu sa mère et n’a ni frère ni soeur) une réussite professionnelle moins éclatante (car il a eu une évolution légèrement plus tardive), un couple moins harmonieux que celui de Christine et Jean-Marie Villemin, et enfin , un enfant en moins bonne santé que Grégory Villemin..

Plusieurs éléments intriguent toutefois les gendarmes qui doutent de la sincérité des déclarations de Muriel Bolle. D’ailleurs trois jours plus tard, elle se rétracte. Et ne changera plus de version.

Bernard finira par être incarcéré le 5 novembre 1984 et pendant qu’il est en prison , la justice va s’intéresser à un nouveau suspect. Et contre toute attente , il s’agit de Christine Villemin, la propre mère du petit Gregory qui est suspectée  des le 20 février 1985. Les policiers se basent sur quatre éléments à charge contre elle :

– Elle est la dernière personne à avoir vu Grégory vivant.

– Des collègues de travail l’ont vu porter une lettre à la poste le 16 octobre vers 17h00. Aux mêmes horaires et au même endroit que le corbeau postait sa lettre de revendication du crime.

– Des experts en écriture la désignent comme pouvant être l’auteur des lettres du corbeau.

– Et enfin , des cordelettes retrouvées dans le garage des époux Villemin sont semblables aux cordelettes qui liaient les pieds et les poings du corps de Grégory.

Jean Marie Villemin vit difficilement le fait que l’on soupconne sa femme , alors enceinte de six mois et alors qu’il rumine sa colère , Bernard Laroche est remis en liberté sous contrôle judiciaire le 4 février 1985, faute de preuves suffisantes.

Terrible erreur ! Rongé par le chagrin et persuadé de sa culpabilité, Jean-Marie Villemin, est incapable de se contenir face à ce qu’il appelle une injustice évidente , il abat Bernard Laroche d’un coup de fusil à bout portant le 29 mars 1985. Ce deuxième drame familial va faire basculer l’instruction dans le chaos le plus complet.

Quelque mois plus tard , Christine Villemin est définitivement blanchie par la justice qui rend un non-lieu avec comme motif historique « une absence de charges ». alors que son mari se retrouve en prison .

La cour d’assises de Dijon ouvre le procès de Jean-Marie Villemin en novembre 1993 soit plus de huit ans après les faits. Les procédures concernant la mort de Grégory et celle de Bernard Laroche sont jointes et le procès de Jean-Marie Villemin sera aussi le jugement de l’assassinat de Grégory.

Jean-Marie Villemin est reconnu coupable et condamné à cinq ans de prison dont un avec sursis. Cette peine apparaît particulièrement légère au regard de la peine maximale encourue pour un assassinat (la réclusion criminelle à perpétuité). La peine prononcée étant couverte par la détention préventive, il est libéré deux semaines après l’annonce du verdict. Il n’y a toujours aucune avancée dans l’affaire du petit Gregory.

Depuis le couple a eu trois autres enfants, et a quitté la région pour s’installer dans l’Essonne. Ils ne font plus parler d’eux , mais demandent toujours  activement à la justice de trouver qui a assassiné leur enfant de quatre ans. Les faits qui vont suivre sont sporadiques , l’affaire Gregory revenant sur le devant de la scène régulièrement .

En 2008 , la cour d’appel de Dijon, saisie par les époux Villemin, ordonne la réouverture de l’enquête pour une nouvelle recherche d’ADN. Une précédente analyse d’ADN, en 2000-2001, n’avait rien donné.

Le 24 avril 2013, le procureur général de la cour d’appel de Dijon, Jean-Marie Beney, présente les résultats non concluants des dernières analyses ADN et annonce que le dossier n’est pas clos, mais que d’un point de vue scientifique, « l’espoir » de trouver le coupable « s’éloigne ».

Mais coup de théâtre en juin 2017. Marcel et Jacqueline Jacob, grand-oncle et grand-tante de Grégory sont mis en examen pour « enlèvement et séquestration suivie de mort » et incarcérés. Ils sont soupçonnés d’être les fameux corbeaux mais seront remis en liberté quelques jours plus tard.

Malheureusement dans cet incroyable imbroglio ,un autre drame va se rajouter à la série des étrangetés de l’affaire Grégory. Le premier juge chargé de l’enquête, le juge Jean-Michel Lambert, est découvert chez lui, le 11 juillet 2017, un sac en plastique noué sur la tête.

Il s’est donné la mort et il laisse des explications écrites de sa main…une lettre à sa femme, une deuxième à sa fille, une autre à son éditeur et une dernière pour un ami journaliste. Dans celle adressée à la presse, le juge explique qu’il s’est donné la mort à cause de l’affaire Grégory, il mentionne les faits de cette affaire incontrôlable qui semble l’avoir beaucoup affecté.

Par son geste désespéré, le juge Jean-Michel Lambert, rajoute plus de drame à cette affaire macabre et dans sa lettre, il clame envers et contre tous l’innocence de Bernard Laroche, le premier suspect qui a été tué par Jean-Marie Villemin, le papa de Grégory.

Il faut dire que le juge a longtemps été décrit publiquement comme « un petit juge dépassé par une affaire hors norme ». Sans aucun doute, a-t il été affecté par les nouvelles données apportées par le logiciel Anacrim et a mal vécu le retour de l’affaire à la une de l’actualité…

En août 2019, des données, non encore exploités à ce jour, semblent emmener bientôt à des revirements dans l’affaire. De nouvelles arrestations et mises en examens ont été faites et visiblement l’enquête se remet sur de bons rails.

Source : au.finance.yahoo

L’espoir renait donc petit à petit de retrouver enfin un jour le meurtrier du petit Grégory Villemin, trente-cinq ans après sa disparition. Nous voici arrivé à la fin de notre podcast, n’hésitez pas à vous abonner car nous proposons des podcasts sur les plus grandes affaires criminelles du siècle plusieurs fois par semaine.

Cette affaire est celle du meurtre du Grégory Villemin. Le 16 octobre 1984, un petit enfant, âgé de 4 ans seulement, est retrouvé pieds et poings liés dans la Vologne, la rivière vosgienne qui coule près de son domicile familial. Trente cinq ans plus tard, l’assassin n’a toujours pas été identifié et le mystère de la mort du petit Grégory est toujours entier.

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