Où est passé Monsieur Bessarabo ?

Où est passé Monsieur Bessarabo ?

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Pendant l’été 1920, un cadavre est retrouvé dans une malle chapelière dans la gare de Nancy ; la victime est un éminent homme d’affaires, un juif franco-mexicain. Est-ce une affaire d’espionnage ou juste une sordide dispute ménagère qui a mal fini ?

Allons découvrir cette affaire qui a fait grand bruit dans le temps : l’affaire Bessarabo.

Source : boojum

L’affaire démarre, lorsqu’un chauffeur de voiture, un certain Edouard Croix, attaché au déplacement de Monsieur Bessarabo, se présente au commissariat du 9ème arrondissement de Paris. Il vient déposer une plainte pour la disparition inexplicable de son patron.

En effet, Monsieur Croix, chauffeur libre que monsieur Bessarabo occupait chaque jour, déclare avoir déposé son patron le vendredi, au bout de la rue de la Victoire et ne le revit pas le lendemain au lieu convenu. Edouard Croix raconte qu’il conduit Monsieur Bessarabo, chaque jour de chez lui au n°3 square Labruyère aux bureaux sis au 76 rue de la Victoire tout en s’occupant des courses de la journée.

La disparition de Monsieur Bessarabo est d’autant plus étrange, puisqu’il avait, ce samedi là précisément, un rendez-vous très important.. Monsieur Bessarabo est un homme d’affaires éminent qui dirige l’agence franco-mexicaine des mines et des pétroles.

C’est un homme de parole qui n’a jamais été en retard pour l’un de ses rendez-vous. Inquiet de ne pas voir venir son employeur, le chauffeur se présente à son domicile. La femme de Monsieur Bessarabo lui signifie que son mari a dû partir pour affaire urgente et qu’il n’a plus besoin de lui pour le moment.

N’ayant pas été convaincu par les paroles de la dame qui lui a parlé d’une manière  étrange, d’autant plus qu’il sait             que Monsieur Bassarabo vivait en assez mauvais termes avec  elle et qu’il la redoutait beaucoup, Edouard Croix, décide de se rendre au poste de police pour signaler cette mystérieuse disparition craignant qu’un drame ne lui soit arrivé.

Le commissaire du quartier, Monsieur Thierry, prend note de la déclaration et va de suite au square Labruyère, au domicile de la famille Bessarabo. Il trouve la porte fermée. La concierge lui apprend que le samedi précédent, Madame Bessarabo, aidée de sa fille Paule âgée de 21 ans qu’elle avait eue d’un précédent mariage et du concierge de l’immeuble, avait chargé sur un taxi une malle chapelière importante, et qu’avant de monter en voiture, elle avait dit au chauffeur de la conduire à la gare du nord.

De là, le commissaire de police se rend rue de la Victoire où se trouve les bureaux de Monsieur Bessarabo. On lui dit que le patron n’est pas venu depuis plusieurs jours. Un des employés lui raconte que Madame Bessarabo venait régulièrement aux bureaux et faisait des scènes à son mari devant tout le personnel.

L’employé ajoute qu’elle était venue pour la dernière fois il y a quelques jours, et qu’elle lui avait montré un ordre écrit de la main de son patron qui se trouvait selon elle à Nancy, et qui la priait d’envoyer là-bas une malle pleine de documents qu’il tenait à cacher.

De plus en plus intrigué et convaincu qu’il était sur la piste d’une affaire pas nette, Monsieur Thierry se livre à une première enquête sur la vie intime des époux. Il ne tarde pas à apprendre que le vrai nom de Monsieur Bessarabo est Georges Israël Weissmann, un juif roumain naturalisé Français. Il épouse, il y a quelques années, Marie-Louise Grouès, veuve Jacques. Louise Grouès est originaire des Alpes de Haute-Provence.

Apres la mort de son père, avec sa famille, elle rejoint son frère installé au Mexique. Louise découvre la vie dans ce pays. Elle épouse Paul Jacques, un Barcelonnette. C’est un mariage imposé et malheureux. Deux filles sont nées de cette union, Paule et Louise. Elle revient en France et s’installe à Paris, laissant son mari repartir au Mexique et met tout en œuvre pour être une femme de lettres reconnue.

Elle se donne un pseudo : Héra Mirtel. Elle s’intègre à des mouvements féministes en plein essor en ce début de siècle et ne cesse plus d’écrire. Elle est reconnue comme auteure de romans dans de nombreux journaux et revues. Elle est directrice d’un journal qu’elle crée avec ses amies féministes de « L’Entente ».

En 1913, confronté aux révolutions mexicaines, son mari Paul Jacques revient en France.  Mais il se suicide ensuite rapidement dans de mystérieuses circonstances. À la fin de l’année, Héra Mirtel repart avec ses filles au Mexique pour régler la succession. Elle y rencontre un homme d’affaires du nom de Georges Weissmann Bessarabo et l’épouse.

Ils reviennent tous à Paris. La vie parisienne est pour Héra Mirtel un vrai désastre. Bessarabo se révèle être un homme d’affaires véreux et un séducteur éhonté. Les problèmes d’argent sont multiples. Les disputes et les violences dans le couple sont fréquentes.

Muni de ses informations, Monsieur Thierry revient au 3 square Labruyère et sonne à la porte. Madame Bessarabo est là. Elle l’informe que son mari est parti à Nancy et qu’’elle a dû, sur ses ordres, lui envoyer une malle pleine de documents d’espionnage.

Source : babethhistoires

L’inspecteur Thierry part à Nancy et découvre à la consigne une chapelière de nuance kaki ayant 58 cm de largeur, 81cm de long et 18 cm de hauteur. Elle est munie de serrures non fermées et est entourée d’une longue ficelle. En présence du procureur de la République et du commissaire central de Nancy, il procède à l’ouverture de la malle.

Tout d’abord, on y distingue un assez volumineux paquet, de forme indécise, enveloppé dans une toile de tente kaki, retenue à son extrémité par une courroie de cuir jaune ; une seconde courroie, prolongée par un fil de laiton, enserre le paquet dans l’autre sens. Dépouillé de son enveloppe, un corps apparait !

C’est le corps de Monsieur Bessarabo plié en deux ! La surprise est générale, on s’attendait à tout sauf à ça ! Le corps est figé dans une position particulière ; les pieds sont appliqués sous les reins et les sangles qui les maintenaient sont attachées autour du cou de la victime. Tout de suite, le parquet de Nancy avise la direction de la police judiciaire de Paris de leur macabre et sensationnelle découverte. L’arrestation de Madame Bassarabo et de sa fille est immédiate.

L’affaire passionne la presse déchainée, car le scandale est immense. Une écrivaine qui tue son mari l’homme d’affaire est un titre qui fait  vendre. Les journaux dilapident Héra Mirtel la meurtrière dont la fortune est suspecte. Ses fréquentations sont toutes louches. Son féminisme est une simple perversion. Son goût pour la littérature est un vice énorme. Et en plus…tiens donc…son premier mari s’est suicidé d’un coup de revolver. C’est bien trop similaire pour ne pas être suspect !

Des témoins sont vite retrouvés ! Oui, c’est bien Madame Bessarabo accompagnée d’une jeune femme qui a envoyé la malle à Nancy sans donner d’adresse de destination, abandonnant ainsi la malle dans la gare. La police n’a plus aucun doute : Monsieur Bessarabo a été assassiné chez lui par sa femme en complicité avec sa fille.

Pendant l’interrogatoire, Madame Bessarabo commence par nier en bloc en répondant aux questions très directes que lui posaient, tour à tour, le Juge d’instruction et le procureur de la République. Elle finit ensuite par avouer que, lassée des aventures de son mari et de ses nombreuses maitresses, elle a tiré sur lui cette nuit là dans un accès de colère, après une dispute à propos de sa maîtresse enceinte. Juste après, elle change de version et dit qu’il s’agit d’une affaire d’espionnage et qu’elle a seulement fait disparaître le corps.

Sa fille qui n’est au courant de rien, l’a seulement aidée à transporter la malle. Madame Bessarabo raconte que son mari gagnait bien sa vie et elle aurait pu être heureuse avec lui s’il n’avait pas eu une vie extraconjugale mouvementée. Il entretenait plusieurs maitresses.

Elle lui faisait des scènes violentes de jalousie sans succès et il continuait à ne pas se soucier d’elle. Il avait dépensé plus de 800 000 francs de sa fortune personnelle, à elle, sur ses aventures avec d’autres femmes. Ne pouvant lui rendre l’argent, elle avait eu avec lui des discussions brutales et menaçantes.

Mademoiselle Paule Jacques, la fille de Madame Bessarabo, réitère les propos de sa mère, mais avec quelques différences de timing. Elle déclare que la nuit du vendredi à samedi, elle a été réveillée par le bruit d’une détonation et qu’effrayée, elle se précipite de son lit et coure à la chambre de sa mère. Cette dernière la stoppe et lui assure que ce n’est qu’une explosion de gaz dans le bain. Cependant, elle a eu le temps de voir  le cadavre de son beau-père dans le miroir. Oui elle savait ce qu’elle faisait, lorsqu’elle a aidé sa mère à faire descendre la malle.

Tandis que les policiers poursuivaient activement leur enquête, le docteur Paul, le médecin légiste arrivant de Paris, se rend à la morgue de l’institut anatomique de Nancy où, avec l’assistance du docteur Parisot, le médecin légiste de Nancy et de Monsieur Weissmann le frère de la victime, il procède à l’autopsie du cadavre de Monsieur Bessarabo.

Il commence par peser la malle et son contenu : 81 kilos ; il note que sur l’un des poignets de la malle, une étiquette en papier est attachée  et sur laquelle est écrit, à la main, « madame Garnier gare de Nancy ». Une autre étiquette porte l’inscription « destination de Nancy paris 8348 ». Ensuite, on retire le corps de la malle et on l’étend sur la table de dissection. La balle qui a tué Monsieur Bessarabo est entrée tout prêt de l’oreille droite : le coup a été tiré à bout portant.

Le juge d’instruction interroge le frère de la victime qui lui révèle que sa belle sœur joue régulièrement à la bourse et qu’elle a demandé, dernièrement, à son mari, une somme importante pour payer une échéance qui tombait prochainement. Las de donner sans cesse de l’argent à sa femme, Monsieur Bessarabo avait refusé catégoriquement ce dernier jour.

Le juge d’instruction fait aussi venir les associés et les financiers de Monsieur Bessarabo, et c’est comme ça qu’il apprend qu’il devait recevoir 600 mille francs de la vente d’un terrain au Mexique, le soir même où le drame est arrivé…

La mère et la fille sont incarcérées, pendant l’instruction, durant deux ans, à la prison Saint-Lazare à Paris. L’instruction va durer  deux ans, le temps de confronter la mère et la fille et d’essayer de rassembler le puzzle du déroulement de la nuit du drame. Même la mort suspecte du premier mari est remise en question. Personne n’a jamais pu éclaircir cette mort suspecte, Madame Bessarabo se bornant seulement à déclarer qu’’il s’est suicidé au Mexique.

Le procès commence en juin 1922 devant le juge Gilbert. La salle du tribunal est bien remplie. On est curieux de voir à quoi ressemble la scandaleuse. Voici l’avocat de Madame Bessarabo, maitre Morogiafferi, qui va, vient, trépigne et se démène avant l’audience. L’avocat général est maitre Mancel. Dans sa plaidoirie, il évoque le coté dévergondée de la féministe parisienne ! Les jurés sont sensibles et nerveux devant ce procès que la presse relate.

Madame Bessarabo est jugée pour homicide volontaire avec préméditation et Paule pour complicité d’assassinat. Le procès est sensationnel. La cour d’assises évoque évidemment la mort suspecte du premier mari, mais ne condamnera Marie-Louise que pour la mort du second. À un moment donné,  abandonnant sa mère, Paule se lève d’un bond et crie :

«Je dois et je dirai la vérité».

Source : babethhistoires

Paule est acquittée, mais Louise Grouès Bessarabo est condamnée à vingt ans de travaux forcés à la prison pour femmes de Rennes. Abandonnée des siens, elle meurt seule et malade au bout de dix ans d’enfermement, le 21 mars 1931. Elle est enterrée, dans l’anonymat, dans le cimetière du Mélézen, caveau familial de son premier mari.

Destin tragique que celui de cette intellectuelle féministe de la belle époque, fort dérangeante pour la société machiste de l’époque et pour son milieu familial, conservateur.

Pendant l’été 1920, un cadavre est retrouvé dans une malle chapelière dans la gare de Nancy ; la victime est un éminent homme d’affaires, un juif franco-mexicain. Est-ce une affaire d’espionnage ou juste une sordide dispute ménagère qui a mal fini ? Allons découvrir cette affaire qui a fait grand bruit dans le temps : l’affaire Bessarabo.

 

Les sources :

TUEUR EN SERIE : Ted Bundy

TUEUR EN SERIE : Ted Bundy

Aujourd’hui, nous allons évoquer l’histoire de Ted Bundy ,un tueur en série célèbre qui a fait trembler les États-Unis dans les années 70. L’un des pires tueurs du 20ème siècle qui, de nos jours, fascine encore en inspirant les metteurs en scène d’Hollywood. 

Voici son histoire…

 

Theodore Robert Cowell voit le jour le 24 novembre 1946 à Burlington dans l’État du Vermont près de Philadelphie. Son père s’enfuit avant sa naissance, sa mère Louise Cowell décide de l’emmener chez ses parents. Afin de sauver les apparences, les grands-parents de Ted jouent le rôle de ses parents, tandis que sa mère se fait passer pour sa sœur. Quatre ans plus tard, Louise se marie avec John Bundy, un ancien marin. Et bien qu’il n’ait jamais eu beaucoup d’affection pour son père adoptif, Ted choisit de prendre son non à l’âge adulte. Il est élevé dans une famille résolument chrétienne , aimé par son père adoptif, adoré par sa mère et entouré par ses 4 autres frères et sœurs. Theodore est un grand timide qui aspire à un grand avenir. Son parcours scolaire est sans embûches et il excelle dans le domaine sportif, notamment le ski. En 1ère année de faculté, Ted est toujours très réservé. En 1967, à l’âge de 21 ans, il tombe amoureux de la fille de ses rêves. Elle sera, selon les experts, l’origine de sa folie meurtrière. Stéphanie Brooks est une femme élégante et riche, qui possède tout ce que Ted a toujours recherché chez une femme. Ses longs cheveux bruns, séparés au milieu, représentent la caractéristique commune de toutes ses victimes.

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Pour l’amour de Jacques Algarron !

Pour l’amour de Jacques Algarron !

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Denise Labbé est issue d’un petit village de Bretagne à, environ, 12 kilomètres de Rennes, un village qui s’appelle Melles. Son père, le facteur du village, meurt noyé dans la rivière, alors qu’elle est très jeune.

Il laisse derrière lui une femme et 4 enfants à charge. À 14 ans, orpheline de père, Denise doit donc travailler pour aider sa maman ; elle n’a pas le temps de trainer sur les bancs de l’école. Elle est placée comme bonne à tout faire chez le boucher du village. On la dit sensible et joyeuse, malgré les difficiles conditions d’existence. Le seul défaut de Denise est d’être jolie. La femme du boucher prend peur et la met à la porte, lorsque le mari se met à lui tourner autour.

Denise est une bosseuse, elle veut à tout prix s’en sortir pour ne plus se retrouver dans la même situation. Elle trouve un travail dans une usine à Rennes et elle reprend ses études par correspondance. Assidument, chaque soir après l’usine, elle va à la bibliothèque pour étudier. Elle veut rattraper le temps perdu et passer ses certificats. Cela lui permet de passer le concours du service national des statistiques à Rennes. Elle devient fonctionnaire en qualité de secrétaire. Un vrai exploit pour cette jeune campagnarde.

Jeune fonctionnaire, jolie et fraichement installée à Rennes, Denise ne passe pas inaperçue. Elle est assoiffée de culture et ne fréquente que les gens instruits. Elle commence, alors, à sortir avec un groupe d’étudiants ; elle songe à épouser l’un d’eux qui l’attire par son coté cultivé et instruit. Mais la mère du jeune homme s’oppose au mariage ; il s’incline. Alors, un étudiant succède à un autre. Elle fait la connaissance d’un jeune interne de l’hôpital de Lorient.

Naïve et confiante, Denise se retrouve vite enceinte. Son amant part en Indochine, alors qu’elle met au monde une petite fille : Catherine. Elle tombe de haut quand elle comprend que le papa ne s’intéresse pas à la fille et ne veut même pas la reconnaitre. Denise est mise devant le fait accompli, elle est devenue une fille-mère, une mère-célibataire. Et dans les années 50, ce n’est vraiment pas apprécié. Elle prend son mal en patience et décide d’élever seule sa fille en attendant de lui trouver un nouveau papa.

Quand elle est mutée à Paris, Denise est obligée de mettre Catherine chez une nourrice, à la campagne, chez une certaine madame Laurent. Alors elle prend  l’habitude, chaque week-end, de faire la navette, un aller-retour de Montparnasse à Rennes pour voir sa fille.

Au Bureau national des statistiques, elle est une employée sans histoire et à y voir de près, Denise a travaillé dur pour se faire une belle vie tranquille pour elle-même. Elle est heureuse, elle travaille, lit beaucoup et va régulièrement voir son enfant. Mais elle est encore jeune pour vivre en nonne et se met à la recherche de l’amour, cette chose si belle, si pure que les romans ne cessent de relater et qu’elle n’a pas encore trouvée dans la vraie-vie.

Pour se changer les idées et voir du monde, Denise décide d’aller au bal du café du glacier de la mairie à Rennes. Confiante, elle entre dans le café. Un jeune homme lui sourit ; il est grand, mince avec de beaux yeux verts et habillé de l’uniforme des officiers de Saint-Cyr. Denise est sous le charme. Il l’invite à danser et la vie devient belle pour Denise la rêveuse.

Jacques Algarron a 24 ans, il vient de sortir de l’école de Saint-Cyr en qualité de sous officier. Cerise sur le gâteau, il est cultivé, ce qui n’est pas pour déplaire à Denise. Après avoir passé toute l’après-midi avec lui, elle se lance et lui avoue qu’elle a une petite fille. Au lieu d’être effarouché, il lui répond du tac au tac que lui aussi il en a une. Pour Denise, c’est sûr, c’est l’homme de sa vie !

Denise tombe passionnément amoureuse. Jacques est un beau parleur qui philosophe sur tout et surtout sur l’amour. Denise boit ses paroles, subjuguée par cet homme si séduisant qui s’intéresse à elle. Jacques dit que le véritable amour doit être au-delà du bien et du mal, au-delà de la morale.

Source : franceinter

L’amour absolu, total existe bel et bien, mais c’est une étape bien trop haute pour les communs des mortels. L’amour absolu est le fruit de sacrifices. Pour le mériter, il faut se vouer corps et âme à l’être aimé. Il faut sans cesse prouver son amour en obéissant. Et pour mériter son amour, Denise doit faire ses preuves auprès de lui. Il faut qu’elle prouve qu’elle est supérieure à toutes les autres femmes. Il faut aussi qu’elle prouve qu’elle est digne de sa présence auprès de lui, qu’elle soit digne de son amour.

Jacques, assurément, est très complexe. C’est l’enfant naturel d’un vieillard, un officier en retraite, qui  avait fini par épouser sa mère. La maman de Jacques va se démener pour donner une bonne éducation à son fils et le faire accepter par la famille de l’officier.

Jacques va donc grandir avec un sentiment d’infériorité au sein de sa propre famille. Apres une enfance douloureuse, le garçon a une adolescence à la fois secrète et ardente. Il fréquente les écoles les plus prestigieuses. Son professeur voit en lui un « jeune homme intelligent, imaginatif et plus mûr que ses camarades ».

C’est aussi, d’une autre façon, l’opinion des jeunes filles qu’il arrive à séduire rapidement. Il est beau, il les fait tomber toutes et les collectionne ! À dix-sept ans, il devient père d’une fillette qu’il reconnaît et dont il s’occupe un peu. Peu après, ayant connu une autre jeune fille, il sera père une seconde fois. C’est un personnage haut en couleur qui a développé très jeune une philosophie de l’amour bien à lui, où il est le seul roi et le seul patron.

Bref, Denise vient de tomber sur un drôle de numéro qui va lui en faire voir de toutes les couleurs. Jacques est un envouteur qui va s’immiscer dans les pensées de Denise et lui embrouiller la tête. Il va l’initier à sa drôle de conception de l’amour : une femme doit tout accepter de lui et ne doit pas avoir peur de se faire humilier.

C’est un sadique, un adepte du « SM ». Mais Denise ne voit plus que par lui et accepte tout. Elle est sous son emprise comme envoutée, flattée du privilège qu’elle a de mériter ses attentions. Lui, le merveilleux homme qui délaisse les autres femmes pour elle. Jour après jour, elle va se plier de plus en plus à ses désirs, à ses caprices, à sa perversion.

Source : danviet

Il va lui demander de séduire d’autres hommes, de les ramener à la maison et de le tromper avec eux devant ses yeux. Elle accepte.  Il lui fait des scènes de jalousie, car il souffre de son infidélité. Elle accuse sans broncher. Pour ne plus souffrir, il la punit pour s’assurer de son amour. Bref, Denise est devenue totalement à sa merci. Devant son amant obsédé, elle a perdu toute réflexion logique.

À ce stade de soumission, Jacques veut aller encore plus loin et il va demander l’incroyable. Il va demander à Denise de tuer l’enfant qu’elle a eu avec quelqu’un d’autre que lui. Sa fille ne doit plus exister, car elle est le résultat d’une relation passée. C’est l’ultime preuve d’amour qu’il exige d’elle. Jacques enfonce cette idée dans la tête de Denise. Il veut qu’elle tue Catherine pour qu’elle soit totalement à lui tout seul !

Pour toute personne sensée, cela semblerait insensé d’exiger une telle preuve d’amour ! Mais Denise, folle amoureuse, accepte pourtant ce chantage macabre de Jacques le fou, tout court. Et là, contrairement à toute logique, dans cet état de servitude sentimentale où elle se trouve, Denise ne va pas se ressaisir, du tout. C’est dégoutant, contre nature et inconcevable, mais elle va accepter. Denise va tenter de prendre la vie de sa propre fille !

À la première tentative, elle échoue. Elle va essayer de laisser tomber Catherine par la fenêtre du 2ème étage de chez sa sœur. Elle la prend par la taille et la met dans le vide, elle se force, mais son instinct maternel encore présent va l’en empêcher. À la deuxième tentative, Denise jette la petite Catherine dans un canal d’eau. Et encore une fois, elle ne va pas pouvoir supporter. L’amour de Denise pour son enfant et son instinct de mère sont entrés en jeu.

Et c’est elle même qui va chercher de l’aide. Catherine a survécu, après qu’un étranger ait réussi à sortir la petite fille de l’eau. De toute évidence, cela la brisait à l’intérieur que de faire ça. Elle aime sa fille et ne veut pas lui faire du mal, encore moins la tuer. Mais elle a aussi besoin de l’approbation de son amant. Elle est terrifiée à l’idée que si elle ne fait pas ce qu’il exige d’elle, elle va le perdre.

Maintenant, Jacques menace de quitter Denise si elle ne s’exécute pas. Totalement dépendante, Denise n’a plus d’issue possible. Elle doit coute que coute honorer sa promesse et malheureusement, ce qui devait arriver arriva…  sa troisième tentative va, malheureusement, être la bonne. Denise va assassiner son enfant en la noyant dans une lessiveuse, une sorte de machine à laver de l’époque ; elle attrape Catherine par les chevilles, la renverse et lui met la tête dans l’eau ;  la petite fille se débat, mais Denise ne lâche pas ; elle la tient fermement une minute, deux, trois… ça y’est, elle ne bouge plus… Comment a-t-elle pu ? Qu’a-t-elle ressenti, une fois la chose faite ? Pouvez-vous imaginer tuer votre propre enfant ?

Sa sœur accourt, appelle les pompiers, mais c’est trop tard ! Catherine n’est plus. Denise dit que c’est un fâcheux accident.

Le lendemain, elle envoie un télégramme à Jacques pour l’informer qu’elle a été obéissante. Elle l’a fait, elle lui a offert sa preuve d’amour tant exigée. Pourtant, Jacques n’est plus le même, il devient froid et distant. Il dit à Denise que cela n’a pas eu l’impact espéré. Au contraire , il ne ressent plus rien pour elle et qu’il la quitte ! Tout ça pour rien ! Denise est sous le choc !

Denise est convoquée à la gendarmerie, on l’interroge sur les circonstances de la mort de Catherine. Et bien qu’elle répète que c’est un accident,  le doute est persistant. Denise se retrouve devant le juge d’instruction et devant les questions pressantes, elle craque et avoue. Elle raconte toute l’histoire. Interrogé, Jacques  se défend avec énergie d’avoir incité Denise à commettre son crime. Elle l’a décidé et l’a fait toute seule !

Source : greffiernoir

Le procès des deux amants s’ouvre deux ans après le crime, en 1956, devant la cour d’assises de Loir-et-Cher à Blois. La salle du tribunal est comble et l’audience est retransmise par radio. Denise se retrouve accusée de meurtre et Jacques de l’avoir obligée. Le verdict tombe, elle est reconnue coupable de meurtre et condamnée à une peine de travaux forcés à perpétuité pour le meurtre de Catherine. Jacques est condamné pour complicité de meurtre par abus d’autorité. Il écope de 20 ans de prison.

Il y a eu deux victimes dans cette affaire, Catherine. D’abord, la pauvre enfant tuée par sa mère sous l’influence d’un fou, puis Denise qui a non seulement dû subir les sévices moraux que Jacques lui a infligés, mais a  dû , aussi, vivre le restant de sa vie en sachant qu’elle a tué son propre enfant. Quoi de plus terrible que cela ?

Que dire, quand l’amour mène au pire ? Aujourd’hui, nous allons nous intéresser à l’histoire d’un crime d’amour qui a passionné la France des années 50. Denise Labbé, secrétaire et mère d’une petite fille de deux ans, rencontre Jacques Algarron , un officier diplômé de Saint-Cyr. Elle tombe éperdument amoureuse et dans le but de sublimer et de glorifier son amour, il lui demande de sacrifier sa fille. Voici son histoire…

 

Les sources :

BONUS : Le rappeur Sadek est il allé trop loin ?

BONUS : Le rappeur Sadek est il allé trop loin ?

L’affaire est sordide et sanglante, mais surtout très stupide, car comme tous les conflits, il n’a vraiment aucun lieu d’être et aurait pu être évité si les deux protagonistes de l’histoire étaient dotés de bon sens et de bonne volonté. Mais au lieu de cela, ce qui n’était qu’un clash verbal et virtuel par plateformes interposés à dégénéré en véritable massacre, avec le plein de violence et d’hémoglobines. En publiant la vidéo du lynchage en règle subi par le bloggeur Bessam Braiki, le rappeur Sadek a sensiblement dépassé les bornes, bien qu’il a montré un semblant de repentir au lendemain des faits et il va devoir en payer les frais.

Retour sur cette affaire

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SPECIAL : L’histoire du docteur Li Wenliang

SPECIAL : L’histoire du docteur Li Wenliang

Li Wenliang ne pensait certainement pas à mal lorsqu’il a diffusé en Décembre 2019 un message destiné à ses collègues sur sa messagerie personnelle « Wechat ». L’ophtalmologue originaire de Wuhan de 34 ans tentait de prévenir qu’il avait découvert que sept personnes provenant du même marché aux poissons de la ville étaient contaminées par une sorte de virus inconnu qui ressemblait beaucoup au « Sras », un syndrome respiratoire aigu sévère, un virus mortel que la Chine connaissait déjà, puisqu’il était apparu dans le pays en 2002 et avait fait près de 800 victimes. Il a ajouté dans son message que ces malades étaient en quarantaine à l’hôpital où il travaillait dans la ville de Wuhan. Ainsi, il conseillait simplement à ses amis médecins de prévenir leurs proches des dangers de cette maladie nouvelle. Le virus dont il parlait serait officiellement identifié par les autorités chinoises comme le « 2019 n-CoV », quelques jours plus tard.

De simples mots qui ont eu, pourtant, l’effet d’une bombe et qui se sont vite transformés en captures d’écran virales. En voyant son message se répandre à une vitesse folle, Li Wenliang a compris que sa vie allait basculer et qu’il allait certainement être puni pour avoir divulgué une information non officielle. Et pourtant, tout était parti d’une bonne intention.

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Qui a tué le petit Lubin ?

Qui a tué le petit Lubin ?

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Aujourd’hui, nous allons évoquer une affaire troublante et pas banale, l’affaire de la mort du petit Lubin, le bébé martyr de ses parents. Une affaire mystérieuse pleine de doutes et d’incertitudes et qui a mené la maman en prison pour infanticide.

Le 5 décembre 1994, un petit garçon âgé de deux mois seulement meurt seul à l’urgence pédiatrique de l’hôpital du Kremlin-Bicêtre, à Paris. Il est resté trois jours dans le coma. Quand les médecins examinent ce petit être abandonné, ils diagnostiquent une hémorragie cérébrale. L’enfant a eu la voûte crânienne fracturée.

Pourquoi, personne n’est à son chevet ?

Où sont les parents ?

Le bébé s’appelle Lubin, un petit nom original qui veut dire « amour » en roumain. Un petit amour hospitalisé tout seul, car ni la maman ni le papa ne sont à ses cotés. Pourtant, c’est eux qui l’ont amené à l’hôpital. Le personnel du service de pédiatrie est horrifié ! Le petit Lubin était arrivé dans un sale état, les médecins n’avaient rien pu faire.

Dès le lendemain, le chef de service prévient la police qui ordonne une autopsie. Le verdict est terrible ! Fracture de la clavicule gauche, du radius gauche et arrachement du plateau tibial droit. En tout, 5 fractures ! On a frappé le petit Lubin, jusqu’à la mort. C’est monstrueux ! Certaines fractures sont anciennes, elles datent de 15 à 20 jours, avant l’hospitalisation. Qui a bien pu massacrer, à ce point ce petit bébé ?

Il va falloir demander des explications aux parents.

Trois jours après la mort de Lubin, la mère, Magali Guillemot, 33 ans et le père, Jérôme Duchemin, 32 ans sont arrêtés ensemble et placés en garde à vue. Elle est ingénieur, une brillante centralienne et lui joue du violon alto. Ce sont des gens propres , d’un certain niveau social et intellectuel. Il est difficile de penser qu’ils aient pu faire du mal à leur bébé. On les interroge séparément, chacun dans un bureau séparé. On veut les faire parler l’un sur l’autre et leur tirer le plus d’informations.

Magali dit qu’elle a entièrement confiance en son mari et Jérôme n’a jamais vu sa femme avoir le moindre geste d’énervement envers le bébé. Aucun des deux n’accuse l’autre de l’avoir fait. Or, pendant les 56 jours de sa courte vie, les parents n’avaient confié le petit Lubin à personne.

Source : betaseries

Cela ne peut être que l’un d’eux, ou les deux, en même temps. Magali dit qu’elle n’a pas d’explication et s’enferme dans un silence de plomb. Jérome, lui non plus, ne peut pas expliquer, mais il est bouleversé et effondré, bien plus que la maman. Les policiers sont plus intrigués  par l’attitude de Magali qui, bizarrement, n’a pas la réaction normale d’une maman qui vient de perdre son bébé : elle ne pleure pas, ne se lamente pas. Elle ne semble pas être préoccupée par ce qui est arrivé à son bébé. Elle prend les événements « de haut ».

Après 48 heures de garde à vue, l’interrogatoire ne donne rien, il tourne court. Le manque d’explication des deux parents est troublant, mais il n’y a pas de témoins directs, pas de preuves et pas d’aveux. Les faits se sont passés dans l’intimité du couple et on ne peut rien en tirer de plus.

Une voisine du couple va déclarer à la police que cinq jours avant l’hospitalisation du bébé, elle avait rendu visite à la maman restée seule et avec qui elle avait sympathisé. Elle déclare que pendant la visite, elle a vu des hématomes sur le visage de Lubin et que ça lui a « glacé le sang »

Les policiers sont convaincus que Magali dissimule la vérité, même si c’est elle qui a appelé « SOS Médecins » et que c’est elle qui est allée chez le pédiatre.

Selon la juge d’instruction, les mauvais traitements infligés au bébé sont imputables  à l’un ou aux deux parents. Magali et Jérôme sont tous les deux accusés de la mort de Lubin. Ils sont tous les deux mis en examen et expédiés en prison à Versailles.

Source : capture youtube

La juge ordonne qu’on fouille dans leurs vies respectives pour essayer de comprendre. Les amis et les familles n’en reviennent pas ; pour eux Magali et Jérôme formaient un couple solide et heureux. Ils n’ont rien vu venir. Mais en regardant de plus près, les enquêteurs découvrent que tout n’était pas vraiment parfait dans le couple.

En tout cas, pas comme ils voulaient le montrer aux yeux du monde. Cette image lisse et propre qu’ils montrent ne l’est en effet pas tout à fait si on y regarde de plus près. Ainsi, les enquêteurs découvrent que  Magali et Jérôme avaient raconté à tout le monde qu’ils se sont rencontrés lors d’un concert, qu’ils ont eu le coup de foudre et se sont mis ensemble par amour.

Ce n’était absolument pas vrai. À 26 ans, brillante ingénieur, Magali n’a quasiment jamais connu d’aventure amoureuse. Elle pense que le temps est venu pour elle d’avoir un enfant. Et comme elle a toujours rêvé d’épouser un artiste, en 1993, elle décide de s’inscrire dans une agence matrimoniale pour en trouver un.

Justement, l’agence lui présente un violoniste de 25 ans, Jérôme, qui enseigne la musique à droite et à gauche et se remet difficilement d’une rupture. Pour Magali, c’est le 3ème candidat que l’agence lui présente et elle se dit que c’est celui qui correspond le plus à ses critères. Elle le présente à ses parents et trois mois après, ils se marient et s’installent dans le même appartement. Le 10 octobre 1994, naît le petit Lubin. C’est beaucoup trop rapide, mais dans le rêve de Magali, ce bébé symbolise la réussite de sa vie personnelle et le gage d’un amour éternel.

Eh bien ! Oui, au début, tout allait bien dans le meilleur des mondes ; l’arrivée du bébé est une consécration pour le papa qui est fou de joie. Ils le présentent aux grands-parents, et pas plus tard que le 24 novembre, Lubin est un « un bébé superbe » dans les bras de sa maman qui le montre avec fierté aux invités.

Mais en réalité, depuis le retour de la maternité, les parents ne s’entendent plus, ils se déchirent. Magali déchante, elle ne voit plus que la médiocrité et le manque d’ambition de Jérôme. Lui est exaspéré par la froideur et le côté calculateur de sa compagne. Ils ne savent plus pourquoi ils se sont mis ensemble.

Mais maintenant, il y a Lubin et pour lui, ils doivent sauver les apparences. Au quotidien, tout est prétexte à accrochages: l’heure du biberon, les vêtements du petit, les visites des beaux-parents… Bientôt, Magali et Jérôme ne font plus que se croiser et ne communiquent plus que par « post-it ».

Elle s’occupe de Lubin durant la journée; lui prend le relais la nuit. Leurs échanges n’ont qu’un seul thème : l’heure des biberons de Lubin. En congé maternité, Magali est seule avec son bébé de jour. C’était « une maman soucieuse du bien-être de son enfant », assure sa voisine.

Jérôme qui travaille d’arrache-pied arrive tard le soir. Il prend, alors, le relais pour donner au bébé ses biberons nocturnes ; il reconnaît qu’à ces occasions, il peut lui arriver d’être maladroit en changeant l’enfant. Un soir, dans l’obscurité, il cogne involontairement le front de l’enfant contre le four à micro-ondes. L’attitude de Magali est également étrange. Lorsqu’un médecin vient examiner Lubin, elle cache de la main les hématomes de son fils.

Fin novembre, âgé d’un mois, le calvaire du petit Lubin commence. Il  présente d’étranges symptômes: un jour, c’est un oeil gauche injecté de sang; un autre, c’est un gros bleu coloré sur un côté du crâne; un troisième, du sang coulant de sa bouche. Etrangement, l’entourage, ne semble rien remarquer.

Alors, lequel des deux est responsable de ces atrocités sur le petit Lubin ? Est-ce Magali la mathématicienne qui calcule et programme tout ou Jérôme le musicien sensible, brusque et maladroit ?

Le 20 novembre 2000, le procès s’ouvre devant la Cour d’assises des Hauts-de-Seine.  Les jurés doivent déterminer lequel des deux, Magali ou Jérôme, est responsable des mauvais traitements ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

Les expertises médicales parviennent à dater les fractures de l’enfant. Les blessures les plus anciennes remontent à un mois, avant la mort de Lubin, c’est-à-dire à partir du moment où le père s’était remis à travailler. Il ne rentrait à la maison que de nuit pour dormir, et repartait le matin. Et c’est aussi à partir de ce moment-là que Magali restait seule avec son bébé.

L’avocate générale, Jacqueline Amara, est persuadée de la culpabilité de Magali. Elle en a l’« intime conviction ». Et pourtant, jamais, ni au cours des six années d’instruction ni durant les cinq jours d’audience, en première instance, la moindre certitude n’a jaillit. Selon l’avocate générale, la haine s’était progressivement installée au sein du couple. Une haine fatale à Lubin, a-t-elle conclu, considérant que seule la jeune femme avait porté les coups, mais que l’échec du couple en était la cause et le mobile.

Les jurés ont suivi le réquisitoire de l’avocate générale et après trois heures de délibéré, ils ont eu l’intime conviction que Magali Guillemot était coupable. Ils la condamnent à quinze ans de réclusion criminelle. Jérôme Duchemin est, quant à lui, définitivement innocenté.

En vertu de la nouvelle loi sur la présomption d’innocence, Magali fait appel de sa condamnation et son avocat, Maitre Paul Lombard, obtient, deux semaines après sa condamnation, la mise en liberté provisoire de Magali en attendant son procès en appel.

Le 14 novembre 2001, le procès en appel s’ouvre à Paris, Magali se retrouve seule dans le box. Jérôme assiste en qualité de témoin, puisqu’il a été acquitté définitivement. Magali clame son innocence, elle n’a rien fait, c’est Jérôme qui a tué Lubin. L’avocat général, Philippe Bilger, prend la parole et accuse Magali qui est , pour lui, à la fois coupable et victime, mais coupable d’abord. La délibération des jurés – quatre femmes et huit hommes – a duré sept heures.

Sept heures au terme desquelles le verdict, tout en se conformant aux réquisitions de l’avocat général Philippe Bilger, a réduit la peine initiale. Magali Guillemot est une nouvelle fois condamnée, mais à dix ans de réclusion cette fois-ci. Elle vient de gagner 5 ans en faisant appel.

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On la remet en prison, mais pas pour longtemps. Elle se pourvoit en cassation. C’est sa dernière chance pour prouver son « innocence » affirmée : obtenir un 3ème procès. Et là, Maitre Lombard obtient sa libération dans l’attente du jugement en cassation. Finalement, le pourvoi en cassation lui sera refusé. En décembre 2004, Magali Guillemot a pu bénéficier d’un régime de semi-liberté grâce à un comportement jugé « irréprochable ».

Magali Guillemot est une femme à part, une timide, une introvertie qui n’exprime pas facilement ses sentiments. Selon certains , sa seule faute était de vouloir bâtir une famille. Elle a rêvé au prince charmant. Elle est tombée sur un homme aigri qui a été déçu par les femmes. Il ne voulait pas s’investir dans une nouvelle relation amoureuse, il voulait juste avoir un bébé.

Le jour où elle a compris, c’était trop tard, elle était déjà enceinte. Magali Guillemot est une femme dupée, trahie et qui a perdu son enfant. On l’a envoyé en prison sur des impressions, « par conviction » et non pour des preuves irréfutables. La justice a tranché, certes, mais elle n’a jamais cessé de clamer son innocence.

Et nous, on ne peut nous empêcher de nous poser la question : Dans cette affaire, la lumière a-t-elle été vraiment faite

Aujourd’hui, nous allons évoquer une affaire troublante et pas banale, l’affaire de la mort du petit Lubin, le bébé martyr de ses parents. Une affaire mystérieuse pleine de doutes et d’incertitudes et qui a mené la maman en prison pour infanticide.

 

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