Karla Homolka et Paul Bernardo

Karla Homolka et Paul Bernardo

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Entre 1987 et 1990, une ombre menaçante plane sur la ville canadienne de Toronto. Des viols en série commis par un agresseur insaisissable secouent la quiétude de ses habitants. « Le violeur de Scarborough », comme il a été surnommé dans les médias, joue avec les nerfs des policiers et ne laisse pas de trace sur son passage. Pire, aucune de ses victimes ne garde un souvenir précis de lui car il prend toujours soin de les droguer et les endormir au préalable avant de les agresser sexuellement.

Quand un prélèvement inattendu d’ADN finit enfin par le pister, la police découvre un univers morbide, violent, immoral, monté et enregistré par les soins de l’assaillant lui-même. Graduellement, la police découvre que « le violeur de Scarborough » n’a jamais agi seul et a toujours travaillé en binôme avec son épouse et complice qui agissait en tant que rabatteuse dans le seul but de le satisfaire et de lui faire plaisir.

Ce couple, c’est Paul Bernardo et Karla Homolka. Jeunes, beaux, très amoureux l’un de l’autre et avec toute la vie devant eux. Derrière les sourires et l’amour qu’ils partagent se cachent deux personnalités troublées et démoniaques, gangrenées par la cruauté la plus vile. Leur secret, nul n’aurait pu le découvrir, pas même leurs familles.

Source : filmdaily

Formant un véritable duo de dominant/dominé, Karla Homolka et Paul Bernardo ne reculeront devant rien pour assouvir leurs envies sadiques.

Comment cela a- t-il commencé ? Comment ce couple jeune, à peine marié et avec un avenir radieux devant lui a-t-il pu sombrer dans ce cercle meurtrier sans l’once d’une pitié pour les victimes, ne leur épargnant aucun sévice, aucune horreur ? Je vous propose de découvrir avec moi, l’histoire de « Ken et Barbie », les monstres de Scarborough et l’événement inattendu qui a précipité leur arrestation.

Nous sommes à Toronto, dans la soirée du 6 janvier 1993. Dans le poste de police de la petite commune de Saint-Catharines, Karla Homolka, une jeune femme blonde de vingt-quatre ans, vient porter plainte pour coups et blessures en quittant précipitamment le foyer conjugal ce soir-là. C’est par pur instinct de survie, une minute de plus et son mari l’aurait tuée.

Ses blessures sont nombreuses et son visage est entièrement tuméfié, couvert de bleus et d’ecchymoses, il faut dire que son mari n’y est pas allé de main morte : il l’a frappée à plusieurs reprises avec une lampe de chevet, elle n’a pas pu se défendre.

Quand le policier commence à la questionner, Karla Homolka éclate en sanglots, bien trop bouleversée pour répondre à quoi que ce soit. Elle est envoyée quelques instants plus tard à l’hôpital pour y recevoir des soins.

Le lendemain, la police décide de procéder à l’arrestation de Paul Bernardo, le mari de Karla. La violence inouïe dont il a fait preuve envers son épouse n’est pas sans rappeler aux policiers un autre événement arrivé trois ans plus tôt.

Il faut dire qu’en 1993, la police de l’Ontario recherche encore activement un malfaiteur qui a commis plusieurs viols et meurtres dans la région. En 1990, grâce à l’indication de certaines victimes, un portrait-robot a pu être réalisé, il ressemble énormément à Paul Bernardo lui-même.

La police va alors toquer à sa porte pour l’interroger et se laisse complétement berner. Face à elle, au lieu de l’assaillant qu’elle s’est imaginée, se tient un jeune homme très comme il faut, soigné, poli et agréable, qui les invite gracieusement à entrer et se montre prêt à coopérer avec cette assurance propre aux gens qui n’ont rien à se reprocher.

Cela sème le doute chez les policiers qui pensent faire fausse route. Toutefois dans le cadre de l’enquête, ils font des prélèvements salivaires et une prise de sang ; Paul Bernardo accepte de se soumettre sans aucune résistance.

Cependant, dans le cadre de cette enquête, Paul Bernardo n’est pas le seul mis en cause, 229 autres suspects sont soumis aux mêmes tests que lui. 229 suspects, c’est un nombre assez important : le temps de tout vérifier, de tous les interroger, d’attendre les résultats des analyses (et je vous rappelle que nous sommes au début des années 90), tout ceci peut prendre de long mois, voire des années pour avoir enfin des résultats tangibles.

Sauf que Karla Homolka va mettre un terme à toutes ces recherches et ces doutes. Elle avoue tout à son oncle : Paul Bernardo, l’homme qui partage sa vie depuis trois ans, est bien l’insaisissable « violeur de Scarborough » ; l’homme qui, depuis 1988 a violé plus d’une quarantaine de filles et en a assassiné trois, toutes des filles mineures, toutes habitant dans un périmètre proche du leur.

A l’époque des disparitions, toute la ville de Toronto a été bouleversée, sans compter que les disparues n’avaient pas le profil de fugueuses ou de rebelles et étaient pour la plupart issues de la classe moyenne, allant au collège, proches de leurs parents, bonnes élèves et sans signe avant-coureur.

Les révélations inattendues de Karla Homolka provoquent une véritable onde de choc. Devenue l’unique témoin en l’espace de quelques jours, la jeune femme est interrogée par les policiers du commissariat de Saint-Catharines qui veulent en savoir plus. Elle les met alors sur les traces de cassettes VHS mettant en scène Paul Bernardo, son mari, en train de violer et d’agresser ses victimes.

Le soir-même, suivant ses indications, les policiers saisissent une centaine de cassettes vidéos au domicile du couple. Leur contenu fait froid dans le dos, les cris et les supplications des victimes sont insoutenables à entendre.

A partir de ce moment, les choses vont s’accélérer et les pièces de cette abominable machination vont graduellement s’assembler. Maintenant que Paul Bernardo dénoncé par sa femme et pisté par l’ADN est reconnu coupable, la police découvre par la même occasion l’envers du décor et le rôle joué par Karla Homolka dans cette épopée criminelle. Un rôle capital et pas des moindres !

A Saint-Catharines, cette révélation fait l’effet d’une bombe : comment ce couple, jeune, beau, radieux qui avait tout pour être heureux, une bonne situation financière, un mariage digne d’un conte de fées, une famille et des amis qui l’aiment, s’est-il transformé en un véritable binôme meurtrier, traquant, violant et tuant sans pitié des filles qu’il prenait soin de sélectionner au préalable ?

Pour le savoir, je vous invite à revenir avec moi sur la rencontre de Paul Bernardo et Karla Homolka, unis par le hasard, tombés amoureux avant de se transformer en véritables monstres sanguinaires.

Karla est née à Port Credit, en Ontario le 4 mai 1970. Ses parents sont Dorothy et Karel Homolka. Karel est un immigrant tchécoslovaque qui a fui le communisme au début des années 60 pour venir aux États-Unis avant de s’installer définitivement au Canada où il rencontre sa future femme.

Il travaille comme marchant itinérant et vend des lampes et autres objets sur les marchés aux puces. Dorothy, quant à elle, travaille comme assistante à l’hôpital Saint-Catharines de Vancouver. La famille Homolka est très aimée et respectée dans son quartier. Elle possède un joli petit pavillon avec une piscine et tous les jeunes du quartier viennent y nager dès le début des premières chaleurs.

Karla, comme ses deux autres sœurs cadettes Tammy et Lori, sont très choyées et forment un parfait trio de petites blondes espiègles et inséparables. Leur enfance se déroule paisiblement, bien entourées par leurs parents qui ne leur refusent rien et les traitent avec beaucoup de sollicitude.

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Petite, Karla est férue par l’univers des princesses Disney et rêve de devenir comme elles en grandissant, de posséder un château, de belles toilettes et de rencontrer le prince charmant. Elle passe ainsi toute son enfance dans une espèce de bulle protectrice et enchanteresse, entourée de ses poupées.

A l’adolescence, pourtant, la transformation de la jeune femme en devenir est capitale. Elle devient de plus en plus rebelle, dominante, irrespectueuse envers ses parents qui continuent de faire profil bas face à elle et mettent son insolence sur le compte d’une personnalité bien affirmée en phase de construction.

C’est envers son père qu’elle devient de plus en plus ignoble, le traitant à tout bout de champs de « Dumb Czeck » littéralement « connard de Tchèque », se moque ouvertement de sa mauvaise prononciation en anglais et de son métier de vendeur sur les marchés.

Avec ses amies du lycée, même topo, elle les domine toutes, se proclamant comme leader attitrée et décide de ce qui doit se faire ou pas. Comme à la maison avec ses parents, elle reproduit le même schéma et a tellement d’aplomb et d’emprise que ses amies filent doux, presque craintives d’elle.

Karla devient de plus en plus morbide. Le monde des princesses Disney relégué désormais aux oubliettes, elle se tourne vers les polars et les livres de magie noire. Elle est fascinée par les sacrifices humains, par le spiritisme et le monde de l’au-delà et étudie passionnément les sciences occultes.

Côté vestimentaire et suivant la vague gothique du moment, elle commence à s’habiller entièrement en noir et pratiquer des séances de spiritisme à l’aide de planches Ouija. Elle est alors persuadée de posséder des pouvoirs surnaturels. Les cadavres d’animaux la fascine et elle n’hésite pas à déterrer à l’occasion des cadavres de chats, de chiens et de hamsters enterrés par leurs propriétaires.

Un jour, pendant la pause-déjeuner à la cafétéria du lycée, elle dit à l’une de ses proches amies : « Tu sais, j’aimerais dessiner des points au feutre noir sur le corps de quelqu’un, puis relier le tout avec un couteau bien aiguisé et verser du vinaigre sur les blessures. »

Très bonne élève et généralement toujours parmi les premiers pendant son enfance, Karla commence à sécher les cours et ses notes au lycée s’en font ressentir. Les études ne l’intéressent plus, elle veut faire autre chose, medium ou liseuse de tarots, peut-être.

Fidèle à son attitude rebelle, elle se met aussi à fréquenter une bande de jeunes un peu paumés et alcooliques avec lesquels elle se met à sortir tous les soirs. S’il lui arrive de rentrer un peu trop tard et éméchée, ni Dorothy ni Karel Homolka n’y trouvent rien à redire, persuadés que le comportement de leur fille est commun à toutes les adolescentes et qu’elle finira bien par se calmer un jour ou l’autre.

Difficile, entêtée, dominante, insolente, de plus en plus repliée sur elle-même, Karla ne trouve du réconfort qu’auprès des animaux, qu’elle adore plus que tout. Ses études secondaires terminées et pour avoir de l’argent de poche et rester en contact permanent avec ses petits protégés, l’adolescente décroche un travail d’assistante dans un cabinet vétérinaire qui sert également d’animalerie, le « Marlindale Animal Clinic ».

Elle est passionnée par son travail et s’y adonne entièrement, récoltant au passage l’admiration de son patron qui voit en elle l’étoffe d’un futur vétérinaire et l’encourage à orienter ses études dans ce sens.

Karla est d’ailleurs tellement compétente et passionnée par son travail que son patron lui propose de l’accompagner à une conférence sur l’industrie animalière, organisée par une association vétérinaire de Toronto. Elle accepte avec joie.

Nous sommes en octobre 1987, Karla et son patron se rendent dans un prestigieux hôtel, le Howard Johnson à Scarborough, qui abrite souvent des conférences et des meetings en tous genres. C’est là qu’a lieu leur conférence.

Alors qu’elle prend son café dans le restaurant de l’hôtel en compagnie d’une amie venue la rejoindre, elle est abordée par un certain Paul Bernardo, jeune stagiaire en comptabilité et fraîchement diplômé de la prestigieuse University of Toronto. Lui aussi est accompagné par un de ses amis et demande aux jeunes filles s’ils peuvent se joindre à elles.

Les deux filles acceptent, bien trop flattées de se faire accoster ainsi par des hommes en costards et non pas par des adolescents boutonneux. Le regard de Karla croise celui de Paul pour la première fois.

Paul Bernardo présente bien : il est blond aux yeux bleus, habillé avec goût, souriant et très avenant. Karla tombe immédiatement sous le charme. Rencontre hasardeuse, coup du destin ? C’est à partir de ce moment même que l’histoire d’amour des deux jeunes gens commence vraiment.

Paul Bernardo symbolise tout ce que Karla a toujours rêvé. Au lycée, elle faisait partie d’un club féminin, rassemblant quelques adolescentes en fleur dont le rêve est de réussir à mettre le grappin sur un homme riche et idéalement plus âgé, et de se voir offrir une énorme bague en diamant en cadeau de mariage.

En 1987, Karla n’a encore que dix-sept ans et Paul vingt-trois ans, donc assez « vieux » pour correspondre au leitmotiv de son ancien club. Hormis son charme irrésistible et ses yeux bleus incisifs, le jeune stagiaire en comptabilité possède quelque chose de plus que les autres garçons : il a un tempérament entier, fort et dominant et c’est tout ce que veut Karla !

Ils consomment leur première relation sexuelle le soir-même et Paul s’étonne de constater que sa nouvelle conquête n’est pas vierge, ce qui le vexe un petit peu.

Les jours suivants, Paul et Karla se voient de manière assidue, attirés l’un envers l’autre comme des aimants, et quand ils se quittent, Karla emporte avec elle son image qui la hante toute la nuit. Elle soupire quand il est un peu en retard ou quand il reporte un rendez-vous (ce qui arrive rarement) : elle est tombée amoureuse et ne supporte plus de passer une heure sans lui.

De son côté, Paul la couvre de cadeaux coûteux, l’invite dans de coquets restaurants, paye toutes les dépenses sans trop s’attarder sur l’addition, se contentant de sortir fièrement sa Master Card. Il conduit une belle voiture et est en plein dans son rôle de futur expert-comptable. Karla a des étoiles plein les yeux !

Source : filmdaily

Et pourtant, malgré les apparences, elle ignore presque tout de son amoureux. Pour toute réponse un peu trop indiscrète, Paul Bernardo dit qu’il n’est pas le genre à parler de sa famille et étaler ses succès professionnels.

Mais en réalité, le jeune homme cache un caractère beaucoup plus secret et complexe qu’il n’y paraît. Avec lui, l’habit ne fait vraiment pas le moine. Si Karla a eu la chance de grandir auprès de parents sains, aimants et protecteurs, le milieu dont est issu Paul Bernardo est tout l’opposé.

Il est né le 17 août 1964 à Scarborough, dans la région de l’Ontario. Ses parents sont Kenneth et Marilyn Bernardo. Son grand-père maternel était avocat à Montréal et a offert à sa mère, Marilyn, une enfance et une jeunesse de rêve faite de voyages et d’études prestigieuses dans les meilleures institutions privées canadiennes et britanniques. Pourtant, la vie de cette dernière prend brusquement un tour dramatique quand elle croise en 1959 celui qui deviendra son mari et père de ses enfants : Kenneth Bernardo.

Kenneth Bernardo est issu d’une famille italienne, et fait partie de la première génération d’italo-canadiens. C’est un homme violent, dominateur, qui maltraite son épouse et ses enfants et qui règne en véritable tyran dans son foyer. Le couple a trois enfants, Paul en est le cadet.

Dans leur quartier, les Bernardo passent pourtant pour être une famille parfaite et fortunée : les enfants possèdent des jouets chers et dernier cri, le père conduit une voiture luxueuse, la mère est toujours bien habillée et impeccable. Derrière les portes closes, les choses sont tout autre.

La violence de Kenneth Bernardo est d’ailleurs tellement insoutenable pour sa femme qu’elle finit par le quitter momentanément pour renouer avec un ancien copain du lycée. Humiliée suite à ce faux-pas et ramenée de force à la maison par son conjoint qui la traite de tous les noms et la frappe devant leurs enfants, elle sombre dans une terrible dépression.

A partir de ce moment, Paul et sa fratrie sont livrés à eux-mêmes. Marilyn Bernardo vivant désormais en recluse dans sa chambre où elle pleure ou dort durant toute la journée, perd toute notion d’intérêt pour son foyer et sa famille. Elle ne fait plus le ménage, ne cuisine plus, ne sort plus faire les courses, ne communique plus.

La maison familiale se transforme dès lors en véritable taudis, les armoires et le frigidaire sont constamment vides, la vaisselle s’amoncèle dans l’évier de la cuisine sans que personne ne songe à la laver, les affaires traînent partout et Kenneth est souvent absent, nullement inquiété du devenir de ses enfants et de sa femme qu’il néglige volontairement.

Malgré cette ambiance étouffante et dysfonctionnelle, Paul traverse cette période difficile avec une facilité déroutante, presque comme s’il vivait en parallèle avec le chaos familial. C’est un jeune garçon joyeux et souriant, adoré par les mamans du voisinage qui lui donnent souvent des gâteaux, des livres, et l’invitent à goûter avec leurs enfants. Il est aussi boyscout et pratique beaucoup d’activités en plein air, notamment le canoë et la natation. A dix ans, il sait déjà monter une tente, allumer un feu de camp et dresser des pièges pour les animaux nocturnes.

Son père, dont il est le préféré, lui inculque des idées misogynes et le somme de toujours se comporter violemment avec les femmes, de toujours les soumettre et de les corriger si elles lui désobéissent. Pour Bernardo père, mieux vaut être violent et de se faire respecter plutôt que d’être trompé à son insu. Paul avale ces enseignements, bien trop jeune et inexpérimenté pour se faire sa propre opinion.

Kenneth Bernardo est arrêté une première fois à la fin des années soixante-dix, quand il est accusé pour attouchements sur une mineure. Pour éviter le scandale et la prison, il paye une caution. Après ce premier incident passé sous silence, il se tourne vers l’une de ses filles qu’il abuse continuellement, même devant sa femme qui, complétement léthargique, ne réagit pas. Paul a lui aussi assisté aux sordidités de son père plus d’une fois.

Mais le véritable coup de grâce se produit lorsque Paul est âgé de seize ans. Il apprend alors de la propre bouche de sa mère que Kenneth Bernardo n’est pas son vrai père et qu’il est en réalité issu d’une relation extra-conjugale entre elle et son ami de l’époque.

Cette révélation choque et plonge l’adolescent dans une colère noire. Il se met à mépriser sa mère et à la traiter de salope au lieu de « maman » pour s’adresser à elle. Pire, il se range même du côté de Kenneth quand ce dernier la maltraite ou la violente : visiblement, elle a tout ce qu’elle mérite !

A partir de là, l’adolescent comprend que son père avait raison, que la gentillesse et la douceur envers le sexe opposé n’apporte que des ennuis et que s’il faut qu’il se marie un jour, il va falloir que son épouse lui soit soumise aveuglément. Cet état d’esprit macho ne quitte plus le jeune Paul, persuadé que toutes les femmes sont volages, et qu’il faut à tout prix les assujettir pour qu’elles vous respectent.

Déstabilisé par cette révélation, il se met à fréquenter une bande de petites frappes et à s’adonner à l’alcool et aux drogues dures. Néanmoins bon élève, il parvient miraculeusement à s’extirper de ses addictions et réussit son entrée à l’université de Toronto, d’où il ressort diplômé en commerce en 1986.

Embauché dans l’entreprise Price Waterhouse à Toronto, Paul Bernardo siège d’abord en tant que stagiaire avant de devenir employé à temps plein et contractuel. Ce métier, bien payé et offrant plusieurs avantages, lui permet de fréquenter la haute société, d’acheter un appartement et de s’habiller dans les meilleures enseignes.

A cette époque, il fréquente une jeune femme, Nadine Brammer, avec laquelle il file le parfait amour dans un premier temps. La relation ne tarde pas à s’effriter à cause du tempérament possessif du jeune homme qui veut tout contrôler dans leur relation. Nadine finit par le quitter, étouffant dans ce rapport de force. Pour se venger, Paul lui brûle ses affaires personnelles, la harcèle de coups de téléphone, la suit dans la rue et l’intimide avant de se lasser et d’abandonner.

Suite à ce cuisant premier échec amoureux, il se tourne vers les discothèques et les bars dans lesquels il siège assidument chaque soir. Là, il baratine les filles, leur parle de sa position privilégiée et de son métier de comptable, et finit par coucher avec elles pour les oublier dès le lendemain pour repartir « en chasse » dans d’autres spots des quartiers chauds de Toronto. Son rêve, comme il le raconte à l’un de ses amis, est d’acheter une ferme « pour y stocker des femmes et les avoir à disposition à chaque heure du jour ou de la nuit. »

Par la suite, il se met simultanément en couple avec deux ex-petites amies de ses copains du lycée. Toutes les deux finissent par le quitter en découvrant sa part d’ombre. L’une d’elle dépose même une plainte contre lui après qu’il lui a fait des appels téléphoniques obscènes au beau milieu de la nuit. Paul Bernardo, craignant de se faire renvoyer de son travail si les échos de ses scandales amoureux arrivent aux oreilles de son patron, décide de s’assagir pendant un moment. Mais cela ne dure pas longtemps.

Dans la nuit du 4 mai 1987, il commet son premier délit : il accoste une jeune fille à un arrêt de bus, l’embarque dans sa voiture, la drogue et la viole avant de la redéposer au même arrêt quelques heures plus tard, complétement inconsciente. Il récidive en juillet de la même année, en suivant le même stratagème : repérer une fille devant un arrêt de bus, la droguer, la violer avant de la redéposer au même endroit où il l’a trouvée.

Pour ces deux agressions, il ne fait l’objet d’aucune poursuite judiciaire.

Sa rencontre inattendue avec Karla Homolka dans le bar de l’hôtel Howard Johnson à Scarborough marque le début d’un nouvel épisode de sa vie de pervers qui cache bien son jeu.

Si, jusque-là, Paul n’a eu affaire qu’à des femmes qui le délaissent, cette jeune blonde à peine sortie du lycée et un peu naïve semble sortir du lot. Même s’il se sent vraiment amoureux, sa volonté de tout contrôler prend le dessus. Contrairement à ses précédentes relations chaotiques, Karla ne semble pas rejeter son caractère dominateur et possessif, bien au contraire, elle approuve le fait qu’il la harcèle de questions sur ses va-et-vient, sur la tenue qu’elle doit porter ou non pour sortir, sur la couleur de son rouge à lèvres, sur la matière de ses collants.

Mettant ce contrôle exacerbé sur le compte de la jalousie masculine, Karla ne cherche aucunement à le contredire et change de tenue si elle ne semble pas à son goût ou assez appropriée pour lui.

Graduellement, leur vie amoureuse et surtout sexuelle prend une direction sadomasochiste, Paul devenant le maître tandis que Karla se retranche dans celui de l’esclave, faible et voulant lui plaire à tout prix.

Mais cette obéissance aveugle finit par le lasser. Flatter son égo démesuré n’est visiblement plus suffisant pour Paul Bernardo qui prend désormais un malin plaisir à rabaisser Karla pour tout et rien.

Alors qu’il a toujours l’habitude de lui faire des compliments sur son physique, il la trouve maintenant trop moche, trop grosse, trop négligée et ne se gêne pas pour le lui dire ouvertement. Mine de rien, Karla semble prendre ces humiliations pour des compliments ! Malgré ce déséquilibre, leur singulière histoire d’amour est à son apogée.

Les attentes nocturnes devant les arrêts de bus, l’autre petit secret bien gardé de Paul Bernardo, continue parallèlement à sa vie rangée.

Dans la nuit du 16 décembre 1987, soit deux mois après sa rencontre avec Karla, il viole une jeune fille de 15 ans puis une autre femme la veille de Noël.

Sa réputation d’assaillant de l’ombre commence à intriguer les médias qui le surnomment « le violeur de Scarborough ». Cela a le don de l’amuser.

Quand il s’installe avec Karla dans un nouvel appartement du centre de Toronto, son emprise sur elle devient plus vertigineuse. À présent, c’est sur des notes en papier qu’il lui dicte sa règle de conduite et toutes les choses « à faire et à ne pas faire ».

L’une des amies de Karla, en visite chez elle pendant un soir, tombe sur l’une de ces notes sur le comptoir de la cuisine et est scandalisée par son contenu :

« Sois une parfaite petite amie. Si Paul (il parle de lui à la 3e personne) demande à boire, amène-lui une boisson rapidement et avec le sourire. Tout air renfrogné est à proscrire. Surtout, mets-toi bien en tête que tu es stupide, rappelle-toi que tu es moche, rappelle-toi que tu es grosse. Je ne sais même pas pourquoi je suis obligé de ressasser ces choses alors que tu ne sembles rien vouloir changer ! »

Quand l’amie en question questionne Karla à propos des horreurs qu’elle vient de lire, cette dernière se contente de lui enlever le papier des mains en riant « Oh ça ? c’est des plaisanteries de Paul, c’est tout ! » Son amie n’est qu’à moitié convaincue. Elle sent que quelque chose de bizarre lie ces deux-là et ce n’est certainement pas que de l’amour !

Paul Bernardo, de son côté, mue par sa sexualité débridée et de plus en plus en demande, continue sa traque nocturne dans les rues de la ville, idéalement à la tombée de la nuit quand il y a peu de circulation.

Il viole tour à tour deux adolescentes dans une gare routière à une nuit d’intervalle. Le 4 octobre 1988, alors qu’il s’apprête à agresser une jeune fille, cette dernière prend le dessus, le blessant bravement avec un couteau qu’elle lui plante dans les fesses et la cuisse, ce qui lui vaut d’être admis à l’hôpital les jours suivants.

Cela sera le premier incident du genre pour Paul, accoutumé à avoir toujours l’avantage. Il change alors de stratagème pour ne pas s’exposer et commence à épier ses victimes potentielles directement depuis les fenêtres de leurs chambres. C’est ainsi qu’il pénètre chez trois jeunes femmes de Scarborough, qu’il attache et viole à plusieurs reprises avant de disparaître dans la nuit.

Dans une petite localité comme Scarborough, la rumeur de ces agressions sexuelles commencent à faire du bruit. En quête de l’insaisissable violeur de l’ombre, les policiers décident de faire le tour du quartier dans lequel une adolescente a été agressée, sous un abribus dans la nuit du 16 mai 1990.

Comme tous les hommes du voisinage, Paul Bernardo est sommé de fournir des échantillons de salive, de sperme et de cheveux aux autorités dans le cadre de l’enquête préliminaire. Il accepte sans se faire prier et accueille même tout sourire les deux agents venus toquer à sa porte. Il est tellement charmant, poli, bien habillé, que les policiers repartent en lui présentant leurs excuses de l’avoir dérangé !

Avec Karla, devenue entretemps sa fiancée, Paul continue son engrenage et son rapport de maître/esclave. Il sait qu’elle serait prête à faire n’importe quoi pour rester avec lui. C’est alors qu’il commence à s’intéresser de plus en plus à sa sœur cadette, Tammy.

Il est d’ailleurs toujours bienvenu chez les Homolka qui l’accueillent avec beaucoup de chaleur et d’égards, bien trop heureux que leur fille ait trouvé un bon parti qui dépasse largement leurs espérances. A chacune de ses visites de plus en plus rapprochées, Karel et Dorothy le traite en fils et futur gendre et font tout pour le mettre à l’aise dans leur maison.

Paul sympathise avec Tammy, alors en pleine crise d’adolescence, et devient une sorte de confident pour elle. Il va jusqu’à lui ordonner de conserver sa virginité jusqu’au mariage et ne pas la donner au premier venu. Dans sa tête de détraqué, il a d’autres plans pour elle.

En décembre 1990, il commence à faire part ouvertement à Karla de ce qu’il compte faire de sa sœur. Il veut la posséder, la violer, lui faire du mal et la filmer avec un caméscope, mais il faut d’abord qu’elle soit inconsciente, idéalement endormie sous sédatif. Aussi monstrueux que cela puisse paraître, sa fiancée acquiesce et accepte de jouer le jeu.

C’est elle-même qui est chargé de procurer le somnifère en question. Grâce à son travail d’assistante-vétérinaire, Karla a toute la pharmacie à sa disposition et n’a aucun mal à prendre l’ordonnance fatale. Possédant les clés du cabinet, elle s’y rend de nuit, récupère de l’halothane et des comprimés d’Halcion, deux puissants sédatifs utilisés habituellement comme anesthésiants lors des opérations chirurgicales, et rentre à la maison, son butin dissimulé dans son sac à main.

Dans la nuit du 23 décembre 1990, deux jours seulement avant Noël, l’infernal duo met son plan à exécution. Ils sont invités à passer la nuit chez les Homolka.

Alors que toute la famille est rassemblée autour de la télé pour regarder un film, Paul se retire un instant dans la cuisine afin de chercher des sodas pour tout le monde. Il réduit en poudre les comprimés fournis par Karla et les met dans le verre de Tammy avant de le remplir à ras bord de limonade.

De retour au salon, il jubile presque en voyant Tammy vider son verre d’une traite. Vers minuit, les parents montent se coucher à l’étage, laissant les jeunes entre eux. Tammy sombre dans un profond sommeil, le sédatif faisant son effet. Paul la déshabille, la viole tandis que Karla filme le tout avec une caméra.

Mais alors qu’ils s’y attendent le moins, les choses dégénèrent. Tammy commence à reprendre conscience et vomit ; ses spasmes sont tellement violents qu’elle finit par s’étouffer par ses vomissures. Paniqués, les deux bourreaux la rhabillent en hâte avant d’appeler une ambulance et réveiller les parents.

Âgée de seulement quinze ans, la jeune fille décède quelques heures plus tard à l’hôpital, étouffée par ses spasmes et par le vomi que ses poumons ont absorbé.

Ni Karla ni Paul ne sont soupçonnés dans cette terrible histoire. L’autopsie déclare même qu’il s’agit d’une mort accidentelle. Les Homolka, la mort dans l’âme, enterrent leur fille et sont même soutenus par leur futur gendre qui verse de chaudes larmes durant les obsèques.

Ragaillardis de s’en être tirés sans une égratignure, les deux assassins continuent leur épopée du sordide sans l’ombre d’un remord. Paul sait que désormais, il peut compter sur sa fiancée pour lui procurer des jeunes filles, vierges de préférence, pour s’adonner à ses abjectes orgies.

Et c’est dans cette lancée que deux mois à peine après le décès de Tammy, Karla déniche une nouvelle victime, une cliente de sa clinique vétérinaire, une fille du nom de Jane. Les deux femmes ont sympathisé quand le chien de Jane a été soigné et c’est sans arrière-pensée qu’elle accepte l’invitation de Karla de venir passer une soirée chez elle pour papoter autour d’un verre.

Ne soupçonnant en aucun cas le plan machiavélique qui est en train de se jouer à son insu, Jane se laisse facilement berner par Karla. Cette dernière appelle entretemps son fiancé pour lui annoncer que « la vierge est là, qu’elle est prête ». Au comble de l’excitation, Paul saute dans sa voiture et file les rejoindre.

Comme Tammy Homolka, Jane a été préalablement droguée par Karla et a déjà sombré dans un sommeil artificiel. Les deux se mettent alors à la déshabiller, à la caresser avant que Paul ne la viole sous la caméra de Karla.

Cette fois-ci, la victime ne meurt pas. Jane reprend conscience le lendemain dans la chambre d’amis, réveillée par Karla qui lui apporte un mug rempli de café, lui dit qu’elle a tout simplement perdu connaissance la veille après avoir ingéré plusieurs verres d’alcool à la chaîne et qu’il a fallu l’allonger. Jane n’a aucun souvenir de la nuit précédente.

Dans la nuit du 15 juin 1991, Paul Bernardo est à bord de sa voiture. Il conduit lentement, longeant les abribus, regardant discrètement les passantes, essayant de repérer les plus isolées, quand il est abordé par une jeune adolescente.

— Dis, tu as une clope ?

— Euh, oui.

— Je m’appelle Leslie, et toi ?

— Euh, moi c’est, c’est Richard.

— Richard, c’est un nom de pépés, il y a encore des mecs qui s’appellent comme ça ?

Elle est jeune, Leslie Mahaffy, blonde, grande, souriante, presque provocante. Paul a du mal à se contenir. Elle doit être sûrement vierge. Elle lui raconte qu’elle est sortie avec des amies, qu’elle habite à Burlington et qu’elle est rentrée plus tard que prévu cette nuit-là, qu’elle s’est rendu compte qu’elle n’avait plus ses clés et que ses parents, assez pointilleux sur les horaires, vont lui faire passer un sale quart d’heure en leçon de morale. De peur de se faire gronder, elle a décidé de revenir à l’abri de bus pour réfléchir à la manière dont elle pourrait rentrer par l’une des fenêtres sans se faire prendre.

— Et toi alors, qu’est-ce que tu fais là ?

— Je suis cambrioleur.

— Menteur !

— Si, c’est vrai !

— Un mec qui s’appelle Richard et qui cambriole des maisons, décidément on aura tout vu !

— On pourrait faire un petit tour avant, peut-être même aller prendre un verre, un « vrai verre » quelque part, et tu ne le diras pas à tes parents, hein ? Tu sais, je suis aussi gentleman quand l’occasion se présente et je n’arrive pas à résister quand une fille est jolie comme toi.

Elle rit, flattée du compliment. Décidément, lui aussi lui plaît bien. Il faut dire que Paul sait tirer avantage de son charme. Mais une fois dans la voiture, le piège se referme sur Leslie. Paul s’empare d’un couteau caché dans son tableau de bord et lui pointe sous la gorge en lui intimant de ne pas émettre le moindre son au risque de se faire égorger. Il démarre.

Arrivé dans son appartement, il traîne l’adolescente sur le canapé du salon, lui ôte ses vêtements, la viole tout en la filmant. Dans la pièce d’à côté, Karla entend le vacarme. Elle arrive et s’empare de la caméra. Par la suite, Paul étrangle l’adolescente, la découpe en morceaux, puis les coulent dans du ciment frais.

Tard dans la nuit, il jette les restes de l’adolescence dans la rivière Gibson qui traverse la ville de Toronto. De retour chez lui, il dit à Karla :

— Karla, je t’aime, marions-nous !

Le lendemain, la disparition de Leslie Mahaffy est signalée par ses parents à la police du district. L’enquête commence avec un arrière-goût de déjà-vu, les policiers sont persuadés que « le violeur de Scarborough » a encore frappé.

Chez les Homolka, l’ambiance est à la fête. Paul a officialisé sa demande en mariage avec Karla, une nouvelle que les parents de cette dernière ont accueilli avec des larmes de joie. Reste maintenant à procéder aux préparatifs. La date et le lieu de la cérémonie sont d’ores et déjà fixés : ça sera le 29 juin dans la Cathédrale Saint-Thomas qui donne directement sur les Chutes du Niagara.

Des centaines de cartons d’invitation sont envoyés aux parents, amis, collègues, patrons et voisins du couple.

Karla choisit sa robe de mariée qui doit être la plus ressemblante possible à celles des princesses Disney qui ont bercé toute son enfance. Ce mariage, elle en a rêvé toute sa jeunesse !

Source : filmdaily

D’ailleurs la cérémonie en elle-même se doit de ressembler à l’univers des contes de fées, une sorte de réplique kitsch de Disneyland. Il faut que ça détonne, que ça marque les esprits à long terme ! Et pour cela, Paul et Karla mettent le paquet et ne lésinent pas à la dépense.

Une semaine avant le jour J, un maître de cérémonie est engagé pour orchestrer le déroulement des festivités. Karla doit arriver dans sa somptueuse robe nuptiale et sa longue traîne en mousseline assise dans un carrosse. Elle sera accueillie par une nuée de fleurs et de confettis jetés par des demoiselles d’honneur triées sur le volet. Son père ira la récupérer à la descente du carrosse pour la mener vers l’autel. Les mariés insistent pour que leurs familles prennent part aux répétitions car cela relève d’une importance capitale : n’importe quel faux pas pourrait tout gâcher.

Pour le repas, l’inspiration des contes de fées continue : on servira du faisan, des tourtes de volaille, du crabe et du homard et on trinquera avec du champagne français avant de clôturer le tout par une énorme pièce montée.

Le jour du mariage, tout se passe à merveille. Un parterre d’invités accueille les mariés à la sortie de la cathédrale, deux colombes sont projetées dans le ciel lumineux de cette journée du 29 juin 1991. Des dragées blanches fusent de toutes parts, tout le monde est heureux et partage l’allégresse communicative du couple Bernardo qui vient d’échanger ses vœux devant le prêtre. La cérémonie est immortalisée par six photographes, alignés à la sortie de l’église, comme lors des festivals cinématographiques.

Et pourtant …

Personne ne soupçonne que derrière les sourires radieux et les cheveux blonds permanentés des deux tourtereaux se cache un secret aussi sordide qu’inimaginable.

Pendant ce temps, de l’autre côté de la région de Vancouver, un couple fait du canoé sur le Lac Gibson en cette chaude journée estivale, quand leur bateau bute sur quelque chose de dur. Ils croient d’abord à un rocher avant de se rendre compte qu’il s’agit d’un bloc de ciment. Pris dans le bloc, ils remarquent des fragments d’os et de chair humaine. Paniqués, ils appellent la police qui arrive précipitamment sur les lieux.

Après analyse des restes par des légistes, Leslie Mahaffy est finalement identifiée grâce à l’un des fils de fer de son appareil dentaire. Sous la pression des médias et des familles des disparues, la police forme une cellule d’enquête spéciale, la « Task Force », chargée de lever le voile sur ces viols en série qui secouent la région depuis bientôt quatre ans maintenant.

Pendant ce temps, Paul et Karla coulent des jours heureux d’une typique et très kitsch lune de miel sous les cocotiers d’Hawaï. De retour chez eux au terme de leur voyage, ils reprennent leurs activités respectives, ouvrent leurs cadeaux de mariage et envoient des faire-parts de remerciements aux quatre coins du Canada.

Ils patientent encore jusqu’au 16 avril 1992 pour reprendre leur activité criminelle.

C’est Karla la première qui aborde la jeune Kristen French, âgée de quinze ans, à la sortie d’une église. Karla lui dit qu’elle s’est perdue en chemin, qu’elle n’est pas de la région, qu’elle est tout bonnement incapable de déchiffrer une carte et que l’aide d’une locale lui serait d’un grand secours. Kristen French monte à bord de la voiture sans se faire prier et sa ravisseuse s’engage sur la route quand Paul Bernardo surgit de nulle part, monte du côté passager, un couteau à la main qu’il met sous l’oreille de Kristen.

Kristen French ne le sait pas encore, mais le sort qui lui est réservé par les deux assassins, est bien en deçà de son pire cauchemar !

Pendant plusieurs jours, la jeune adolescente est violée à plusieurs reprises par Paul Bernardo et même par Karla Homolka, torturée, blessée par des fragments de flûtes de champagne cassées et brûlée à vif avec des mégots de cigarette.

Le couple pousse le sadisme jusqu’à faire visionner à la malheureuse les vidéos cassettes mettant en scène les viols de Leslie Mahaffy et de Tammy Homolka, qu’ils l’obligent à regarder sans baisser une seule fois les yeux sous peine de se faire tuer.

Au bout du quatrième jour de captivité, Kristen French est étranglée par Paul Bernardo puis violée une dernière fois avant d’être jetée dans un dépôt à ordures. Une victime de plus dans le triste palmarès du couple démoniaque.

Un événement inattendu va pourtant venir précipiter la fin de l’épopée meurtrière du tandem. Tout d’abord, les prélèvements de cheveux, de sperme et de salive, récupérés par des policiers quelques années plus tôt dans le cadre de l’enquête préliminaire sur le mystérieux « violeur de Scarborough » ont enfin parlé : Paul Bernardo ainsi que trois autres individus sont déclarés comme susceptibles d’être l’assaillant en question.

Cette découverte le met dans une colère noire, qu’il déverse sur son épouse. Il se met à la frapper de plus en plus souvent, à lui jeter des objets à la figure, à la pousser volontairement dans les escaliers. Paul sait que l’étau se resserre sur lui, à présent que l’ADN a parlé. Tôt ou tard il sera obligé d’avouer ses meurtres.

Dans la soirée du 6 janvier 1993, Paul décharge sa colère

une fois de plus sur Karla, qu’il assomme de coups violents à l’aide d’une lampe de chevet. La jeune femme, sérieusement amochée, le visage en sang, a juste le temps de s’enfuir avant qu’il ne soit trop tard.

Accusé de violence conjugale, Paul Bernardo est placé sous surveillance policière. Dès sa sortie de l’hôpital, Karla part récupérer toutes ses affaires dans l’appartement et ramène le tout chez ses parents. A son oncle resté auprès de son chevet pendant son hospitalisation, elle a tout raconté dans les moindres détails, les viols mais aussi les meurtres et les cassettes VHS.

Paul Bernardo est alors placé en garde à vue. Plus tard, en visionnant les cassettes, la police découvre que Karla Homolka été une « protagoniste » plus au moins importante dans l’affaire. Pour réduire sa peine d’emprisonnement, elle consent à collaborer avec les policiers.

Le 17 février 1993, Paul Bernardo est condamné pour 43 viols et trois meurtres, celui de sa belle-sœur Tammy, celui de Leslie Mahaffy et celui de Kristen French. Son verdict définitif n’est rendu qu’en 1995 : réclusion criminelle à perpétuité.

Source : filmdaily

Karla, de son côté, écope de douze ans de réclusion criminelle pour homicide involontaire. Son verdict a été largement contesté en Ontario où il a été jugé beaucoup trop clément pour une criminelle de son envergure.

Le couple divorce à l’amiable en 1994.

Karla sort de prison le 4 juillet 2005. Elle a depuis refait sa vie en Guadeloupe où elle s’est remariée et eu trois enfants. Elle travaille comme enseignante dans une école communale et n’accorde presque aucune interview aux médias canadiens et américains.

Paul Bernardo, de son côté, a changé son patronyme en Paul Jason Teale. Il vit depuis son incarcération en 1993 dans une cellule isolée et surveillée 24 h/24 par une caméra de surveillance, avec l’interdiction formelle de voir ou de parler à d’autres détenus.

Ainsi s’achève la terrible histoire de ce duo dont la cruauté et l’immoralité ont été poussées à l’extrême. Les « Ken et Barbie de Scarborough » comme les ont surnommé les médias canadiens ont pris le temps de façonner leur image extérieure idyllique et en total désaccord avec ce qu’ils étaient en réalité.

Leur histoire, la sauvagerie de leurs crimes et leur dépravation mutuelle ont pendant longtemps hanté l’Ontario et une bonne partie du Canada anglophone.

Entre 1987 et 1990, des viols en série commis par un agresseur insaisissable secouent la quiétude des habitants de la ville canadienne de Toronto. « Le violeur de Scarborough », comme il a été surnommé dans les médias, prend toujours soin de les droguer et les endormir au préalable avant de les agresser sexuellement.

Graduellement, la police découvre que le violeur a toujours travaillé en binôme avec son épouse et complice qui agissait en tant que rabatteuse. Ce couple, c’est Paul Bernardo et Karla Homolka ! Leur secret, nul n’aurait pu le découvrir, pas même leurs familles.

 

Les sources :

 


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L’affaire Chris Watts

L’affaire Chris Watts

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Le 13 août 2018, à Frederick, ville paisible du Colorado, Shannan Watts et ses petites filles Cece et Bella, disparaissent sans laisser de trace. Dans leur entourage, c’est la panique : Shannan est partie sans prendre son téléphone, sans emporter ses médicaments, sans une valise, alors qu’elle vient à peine de rentrer d’un week-end de stage en Arizona il y a encore quelques heures ! Son mari, Chris, est désemparé.

Source : abc7

Où a-t-elle bien pu partir sans prévenir personne, ce n’est vraiment pas dans ses habitudes ! D’autant plus étrange que tout le monde sait que Chris et Shannan mènent une vie épanouie, entière, heureuse, avec leurs deux petites filles.

Et puis, la police commence graduellement à chercher dans l’intimité de Shannan Watts et découvre l’envers du décor : derrière la façade vernie et heureuse de sa vie d’influenceuse, de femme mariée et de maman comblée, se cache une vérité beaucoup plus sombre et dérangeante : une vie de couple dysfonctionnelle, un compte bancaire dans le rouge, une troisième grossesse finalement pas si désirée que ça… En somme, tout ce que qu’elle s’est acharnée à dissimuler aux yeux du monde.

Car il faut savoir que chez la famille Watts, tout est divulgué sur les réseaux sociaux, en raison du travail de e-vendeuse de Shannan qui n’hésite pas à partager sa vie quotidienne sur la toile, et ce, jusqu’aux détails les plus intimes qu’elle raconte à de parfaits inconnus, tout en veillant à se montrer sous son meilleur jour : toujours souriante, maquillée, apprêtée, entourée de ses enfants, heureuse !

Quand son cadavre et celui de ses filles sont finalement retrouvés sur un site pétrolier, la vérité éclate, inattendue et terrible, et le moins que l’on puisse dire, c’est que les apparences

Retour sur cette affaire pas si lointaine qui continue de bouleverser l’Amérique.

« Il y a sept ans, je suis tombée amoureuse de toi, il y a cinq ans, j’ai épousé mon meilleur ami, mon âme sœur, je t’ai épousé toi ! Chris, ces années sont les meilleures de ma vie ! Notre amour ne se cesse de se consolider jour après jour, nous avons deux merveilleuses petites filles qui nous appellent mommy et daddy !

Nous avons tout quitté, nos parents, nos amis, notre région et sommes venus au Colorado pour commencer une nouvelle vie et je t’en suis très reconnaissante ! Chris, je t’aime plus que tout au monde et Dieu t’a mis sur mon chemin au bon moment ! Je ne pourrais envisager de vivre sans toi, jamais ! Bon anniversaire de mariage à nous ! »

C’est ainsi qu’en 2016, Shannan Watts décrit ses cinq premières années de mariage sur son compte Instagram, un hommage vibrant d’amour à celui qui partage sa vie et lui a donné deux enfants. Ce statut, accompagné de leur photo de mariage, est tellement émouvant et romantique qu’il récolte au passage quelques 36 007 vues et « j’aime ».

Comme la plupart des Américaines, Shannan Watts éprouve le besoin de toujours mettre en avant ses réalisations et celles de sa famille : faire des cookies et n’en brûler aucun, faire une manucure-pédicure avec de nouveaux motifs tendance, son équipe de base-ball préférée a remporté le championnat, son mari a eu une promotion au travail et pourra s’acheter la voiture de ses rêves, son bébé a bu tout son biberon sans se salir, ses amies sont les meilleures du monde, son papa est le meilleur du monde, sa maman aussi, et tous ses voisins, et elle, Shannan, EST LA FEMME LA PLUS HEUREUSE DU MONDE !

Les photos sont là pour le prouver d’ailleurs : il n’y en a pas une où elle ne sourit pas, où elle paraît négligée, mal coiffée, et sans maquillage ; elle prend grand soin de son apparence extérieure et de son bien-être. Elle est le symbole même de la jeune femme active qui sait doser vie professionnelle et familiale avec succès, qui aime son métier et s’y adonne corps et âme sans pour autant négliger sa famille et son conjoint.

Shannan a surtout peur d’une chose : décevoir quelqu’un. Les retours de son entourage et même des gens qu’elle ne connaît pas (notamment ses abonnés dans les réseaux sociaux) sont extrêmement importants pour elle et ils sont de manière générale, toujours encourageants et positifs.

Source : parismatch

Shannan veut toujours leur montrer le meilleur d’elle-même, paraître parfaite sous tous les aspects de la vie, montrer sa maison et toutes les choses que l’argent lui permet d’acquérir, montrer des enfants sains, énergiques, pleins de malice et de joie de vivre qui sautillent partout, rient aux éclats, et la comblent de bonheur, elle et Chris, son mari.

Chez les Watts, il n’y a pas un seul nuage, pas un seul jour où le mot bonheur n’est pas conjugué à tous les temps, et les sourires « Hollywood smile », les embrassades, les jeux, les rires sont là pour le prouver.

Et puis ce 13 août 2018 …

« Shannan, où es-tu ? Je t’appelle depuis tout à l’heure, s’il te plaît réponds moi ! »

C’est devant la maison des Watts, étrangement calme et silencieuse que Nikole Atkinson envoie ce texto à son amie et collègue après plusieurs appels restés vains. Ce silence et ses appels restés sans retour sont d’autant plus bizarres qu’elles viennent à peine de se quitter devant le perron quelques heures auparavant.

« Shannan, dis-moi, tu te sens mal ? Tu as fait une chute ? Une des petites est tombé malade ? Je t’en supplie réponds ! Je suis folle d’inquiétude ! »

Pas de réponse.

Les pensées négatives commencent alors à se succéder dans l’esprit de Nikole Atkinson. Hier au soir vers le coup de 2 h du matin, elle a déposé Shannan devant chez elle avant de rentrer. Toutes les deux revenaient alors d’un week-end de stage à Las Vegas pour le compte de leur société de produits amincissants, Thrive.

Un séminaire puis une soirée de gala ont clôturé ce samedi et dimanche intensifs et des prix ont été distribués à tout le monde. Il faisait chaud, l’hôtel était splendide et sa piscine immense, leur chambre donnait directement sur une plaine désertique, tout était parfait, mais Shannan n’était pas du tout dans son assiette : elle n’a pas dormi, n’a pas mangé et paraissait au bord du gouffre.

Nikole a alors tout de suite pensé que son amie stressait pour son contrôle médical prévu lundi matin, mais ce n’était pas juste ça, il y avait autre chose qui l’a tracassait, elle l’a senti. Durant le trajet de retour, elle a tout fait pour la dérider et la faire rire, elle a mis sa musique préférée, mais Shannan n’était pas réceptive et est restée silencieuse jusqu’à leur arrivée au Colorado. Elles se sont dit au revoir sur le perron de la maison des Watts et Shannon est rentrée avec sa valise.

Accompagnée de son fils, Nikole Atkinson fait le tour de la maison, regarde à travers la porte de verre et les fenêtres mais tout semble en ordre à l’intérieur plongé dans un silence inhabituel. Elle appelle alors Chris à son travail pour lui reporter l’absence de sa femme, puis prévient la police.

L’agent qui se déplace regrette de ne pouvoir pénétrer dans une propriété privée sans mandat de perquisition, alors Nikole prend les devants et appelle la mère de Shannan, Sandra Rzucek afin d’avoir le code secret pour ouvrir le garage. Cette dernière, morte d’inquiétude, demande à l’amie de sa fille de ne pas couper la ligne jusqu’à ce qu’ils aient fouillé toute la maison.

Chris Watts arrive entre-temps, salue le policier et introduit tout le monde à l’intérieur. Nikole fonce directement dans la cuisine où elle trouve le sac de Shannan avec l’intégralité de son contenu, à savoir : ses médicaments traitant pour son lupus, son téléphone, son portefeuille, ses clés de voiture, ses cartes et son permis de conduire. Le policier, précédé de Chris, monte à l’étage vérifier si la disparue n’y est pas. Mais rien, pas d’ombre de Shannan, ni de ses filles d’ailleurs, que ça soit dans leurs chambres ou dans les quatre salles de bains.

Dans la chambre des filles, rien n’a bougé de sa place hormis deux petites couvertures manquantes. Au rez-de-chaussée, Chris Watts commence à passer des appels à toutes les connaissances de sa femme, mais personne ne l’a vue aujourd’hui. Il remonte une fois de plus avec le policier à l’étage et ils trouvent l’alliance de Shannan sur la commode.

Chris est désemparé et agité. Au policier qui le questionne, il fournit son emploi du temps, dit avoir passé tout le week-end à la maison avec ses filles pendant que sa femme était en Arizona pour son séminaire et qu’il ne l’a plus revue depuis son retour. Il ajoute qu’il a quitté la maison vers cinq heures du matin pour aller à son travail. Le policier a l’air de le croire.

La rumeur de la disparition de Shannan Watts et ses deux petites filles fait rapidement le tour du quartier et les voisins immédiats sont déjà devant leurs portes. Un voisin du pavillon d’en face dit avoir une caméra de surveillance qui donne une vue d’ensemble sur le domicile des Watts et que, si ça se trouve, elle a filmé des choses que Chris n’a pas pu voir durant son absence. Contre toute attente, il leur propose de venir la visionner chez lui.

Source : mirror

La projection se déroule dans le salon du voisin en présence de Chris, du policier, de Nikole Atkinson et de son fils. Vers la fin de la séquence, aucun élément suspect n’est à relever sauf qu’avant de quitter les lieux, l’agent de police est pris en aparté par le voisin : « Chris n’est pas dans son état naturel, d’habitude, il est toujours calme et silencieux et là, il s’agite dans tous les sens, ce n’est pas normal ! ».

Le policier rétorque que son état de nervosité est dû aux événements et que c’est un comportement tout à fait normal venant d’un mari et d’un père dont la famille vient de disparaître ! Ils s’en tiennent là.

Avant de partir, l’agent fournit un numéro d’urgence à Chris Watts et lui demande de les joindre au poste de police dès qu’il y a du nouveau. Ce dernier acquiesce et promet de se plier à leurs exigences.

Pour le moment, il est encore tôt pour décréter une piste criminelle, l’alliance de Shannan trouvée sur la commode peut être la preuve d’un départ précipité après un différend conjugal, ou peut-être l’a-t-elle juste oublié là après avoir pris sa douche matinale, les suppositions ne vont pas plus loin que cela. Quoi qu’il en soit, la police reprend contact avec Chris Watts dès le lendemain matin afin de remplir les fiches signalétiques des disparues.

Luke Epple, le patron de Chris Watts est également contacté pour vérifier l’exactitude de l’emploi du temps de son employé dans la matinée du 13 août. Luke Epple répond affirmativement : Chris était bien présent dans l’un des puits à pétrole de leur société Anadarko Petroleum Corporation où il devait travailler pendant la journée avec d’autres techniciens.

Dans la même journée, se basant sur les fiches signalétiques avec photos et mensurations à l’appui, la police de Frederick distribue des avis de recherche imprimés à tout le voisinage des Watts mais aussi dans tous les supermarchés, pharmacies, librairies et commerces de proximité.

La journée du mardi 14 août s’écoule encore péniblement sans que ni Shannan ni ses filles ne réapparaissent. L’inquiétude est à son comble dans sa famille et celle de son mari qui vivent à des milliers de kilomètres de là, en Caroline du Nord. Chris les somme de ne pas se déplacer mais son père, Ronnie, insiste pour venir le rejoindre. Il ne veut pas laisser son fils seul face à cette épreuve. Il prend l’avion pour le Colorado le jour même.

Dans la soirée, des chiens renifleurs sont amenés par la police afin d’inspecter toutes les pièces de la maison ; des journalistes et des cameramen de la télévision locale leur emboîtent le pas pour interviewer Chris Watts. Ce dernier affiche le visage de circonstance, mais semble tenir le coup, il affiche même un stoïcisme hors du commun et ne verse pas une seule larme. A la demande de la journaliste, il adresse un appel en direct à sa femme : « Shannan, si tu es vivante toi et les filles, revenez, vous me manquez, j’ai besoin de vous ! ».

Mais la journaliste ne s’arrête pas là, elle insiste pour savoir si lui et Shannan se sont disputés peu avant sa disparition. Chris Watts se racle la gorge, réfléchit longuement, non pas vraiment une dispute dans son sens large, juste un petit accrochage verbal comme il peut en avoir souvent dans un couple marié depuis presque huit ans, mais en somme, rien de sérieux, ils finissaient toujours par se réconcilier le moment d’après.

Donc, en somme voici les premiers éléments de l’histoire, nous avons un couple qui s’aime avec deux petites filles et un troisième enfant en route, une belle maison dans un quartier résidentiel, un mari qui travaille dur pour subvenir à leurs besoins et une maman dynamique. Si Shannan, Bella et Cece n’ont pas été tuées ou kidnappées, où peuvent-elles bien être ?

Avant d’avancer plus loin dans l’enquête policière, faisons plus ample connaissance avec les Watts.

Leur histoire d’amour commence à Dakota, en Caroline du Nord, où Shannan Rzucek et Christopher Watts sont nés, respectivement en 1984 et 1985.

Shannan Rzucek est la fille de Frank et Sandra Rzucek, un couple modeste qui a toujours travaillé dur pour mener une vie décente. Elle a un petit frère, Frankie Jr. La famille Rzucek est très aimante et soudée, les parents adorent leurs enfants et les sentiments sont exprimés ouvertement ; dire sans cesse « je t’aime » est très important pour eux. Ils vivent dans une petite maison à Spring Lake, petite banlieue sans prétention mais plus au moins tranquille.

Depuis déjà toute petite, Shannan a toujours voulu mener une belle vie avec tout le confort matériel qui va avec. Son rêve est de posséder une immense maison avec jardin et piscine privée comme dans la série culte « Beverly Hills 90210 » qui dépeint les joies et les peines de la jeunesse dorée californienne. Shannan s’identifie à ces personnages et rêve de vivre l’American Dream : partir de rien, grimper les échelons et réussir.

Parallèlement au lycée, elle fait plusieurs petits jobs pour avoir de l’argent de poche. C’est une jeune fille fraîche, pleine de vie, dégourdie et très optimiste. Après son bac, elle entame des études d’infirmière et travaille dans l’hôpital de son comté. Elle est décrite comme dynamique, ouverte, proche des patients et motivée.

Elle se marie une première fois lorsqu’elle a à peine 19 ans avec un ancien petit ami du collège. Jeune, peu expérimentée, son mariage se révèle rapidement un vrai fiasco et son divorce se passe de manière épouvantable. Pour couronner le tout, elle est diagnostiquée d’un lupus, une maladie auto-immune qui affaiblit les défenses naturelles et empêche possibilité de mener une vie normale. Son traitement est lourd et coûte cher, ses parents contractent un crédit pour l’aider à payer ses médicaments et les frais d’hospitalisation.

Sa maladie couplée à son divorce plongent la jeune femme dans une profonde dépression et ses parents dans un vrai gouffre financier. Alors, elle culpabilise, pense que désormais tout est fini, qu’elle n’aura plus la chance de refaire sa vie dans sa condition actuelle et qu’avoir des enfants est à éliminer de ses projets d’avenir. Quel homme voudrait d’une femme malade à long terme et incapable de fonder une famille ? Cette pensée devient l’obsession de Shannan.

Bien entourée par ses parents et avec l’aide d’un coach de vie, la jeune femme commence néanmoins à reprendre peu à peu goût à la vie. Elle renoue avec ses amies, commence à se faire belle et à sortir le soir et essaye de tirer le meilleur de sa situation. Pourtant, ce que Shannan désire plus que tout, c’est de trouver l’âme sœur, un homme qui l’aime et la chérisse pour toujours.

Au lieu de lui courir après comme elle a fait avec le premier, elle préfère laisser venir les choses. Une de ses amies lui parle alors d’un de ses vieux copains du lycée, un certain Chris Watts, un gentil garçon, sérieux et travailleur et lui montre sa photo, mais Shannan n’est pas du tout emballée. Elle le trouve un brin niais et lourdaud avec ses lunettes et son embonpoint, ce n’est pas du tout son genre. Son idéal masculin se situe plutôt entre Brad Pitt et Jason Priestley.

Nous sommes en 2010. Chris Watts, après plusieurs tentatives avortées, envoie une demande d’ajout sur le Facebook de Shannan. Après mûre réflexion, elle accepte de l’ajouter mais sans s’attendre à quelque chose, elle ne veut pas lui donner de faux espoirs car il ne l’intéresse pas du tout. Ce qui est sûr, c’est que son amie est en train de mener à bien son rôle d’entremetteuse.

Pourtant, au fil des discussions sur le chat, elle finit quand même par apprécier ce jeune homme romantique mais très timide qui masque ses sentiments pour elle. Parfois, elle se désiste, et ne lui parle plus pendant des jours avant de reprendre contact avec lui. Mais Chris s’accroche, ne lâche rien, insiste pour la rencontrer et finit carrément par lui proposer une “date” avec lui.

Les “dates” chez les Anglo-Saxons sont l’équivalent d’un rendez-vous galant sans que le côté sexuel ne soit forcément impliqué. L’homme emmène la femme dîner dans un restaurant ou boire quelque chose dans un endroit branché. Généralement les cadeaux, fleurs, ne sont pas échangés lors de la première date, ceux-ci interviennent quand la relation devient plus sérieuse. Shannan accepte de sortir avec Chris tout en restant neutre, elle sait d’emblée que cela ne marchera pas entre eux à long terme, mais elle préfère faire les choses dans la douceur plutôt que l’éconduire avec un « non » brutal.

Et une date suivant une autre, les voilà qui tombent rapidement follement amoureux ! Les choses s’accélèrent vite, le mot mariage, alliance, robe de mariée commencent à être évoqués sans quiproquo. Shannan est sur un petit nuage : Chris l’accepte telle qu’elle est, malgré son lupus, malgré son traitement qui la laisse sans énergie. Même si elle ne sera pas en mesure de lui donner des enfants, il l’aime et veut l’épouser et c’est tout ce qui compte !

Source : filmdaily

Leur mariage est célébré en grande pompe en novembre 2012 dans le très luxueux Double Tree Hilton Hotel. Les deux mariés sont beaux et émouvants, le banquet, la robe de la mariée, les discours de fin de repas, le slow, tout est arrosé de larmes de bonheur.

Seule ombre au tableau : les parents et la sœur du marié sont absents. Ronnie et Cindy Watts n’ont pas voulu de Shannan comme épouse de leur fils et l’ont fait savoir à Chris dès leurs fiançailles. Pour les Watts, qui travaillent dans l’immobilier et le notariat et mènent un train de vie assez aisé, le choix de leur fils n’est simplement pas le bon.

Ils trouvent Shannan superficielle, toujours sous les feux des projecteurs, meneuse, emportée, matérialiste et frivole, alors que Chris est tout l’opposé : un garçon charmant, calme, avec la tête sur les épaules, bosseur et faisant toujours profil bas. Il ne se passera pas un an sans que ça soit elle qui le mène par le bout du nez ; de cela, les parents du jeune homme ont en la certitude.

L’absence très remarquée de Ronnie et Cindy Watts et de leur fille Jamie, la sœur aînée de Chris, leur table d’honneur avec ses trois chaises vides, les chuchotements des invités à leur sujet, ont jeté un froid et crée un véritable malaise lors de la cérémonie du mariage. Et ce froid continuera entre eux et leur belle-fille qu’ils ne porteront d’ailleurs jamais dans le cœur.

Sitôt après les noces, le couple déménage dans le Colorado, région montagneuse au climat sec et salutaire pour la santé fragile de Shannan. Alors qu’elle croyait ne jamais pouvoir tomber enceinte un jour, la jeune femme donne naissance à deux petites filles. D’abord Bella Marie née en décembre 2013 suivie de Celeste Cathryn en juillet 2015. Shannan en est littéralement folle.

Pour être plus à l’aise, le couple contracte un crédit et achète un beau pavillon dans la ville de Frederick, dans un joli quartier résidentiel. La maison est spacieuse, sur deux étages, avec cinq chambres à coucher, une immense cuisine, une véranda et quatre salle de bains.

Toute excitée par cette acquisition, Shannan est emportée dans un tourbillon de bonheur sans égal. Dans un souci de décorer son nouveau chez-soi, elle décide de tout, depuis la couleur de la peinture jusqu’aux casseroles et la hotte de la cuisinière électrique.

Elle choisit elle-même la couleur des serviettes que doit contenir chaque salle de bain (une dizaine pour chacune) car elle a lu récemment sur internet que le nombre et la disponibilité de serviettes de bain est un signe de richesse et de confort. Elle commande le mobilier des chambres, choisit la couleur des rideaux et court dans tous les sens. Pendant ce temps, Chris reste en retrait, observe, acquiesce et règle la note. Mais au fond, rien de cela ne lui plaît.

Si ça ne tenait qu’à lui, ils auraient pris une maison beaucoup moins clinquante et surtout avec des traites beaucoup moins chères à payer à la banque. Mais Shannan a eu le dernier mot, elle a toujours le dernier mot pour tout, même dans tous les aspects de la vie courante : ce que vont manger Cece et Bella, ce qu’elles vont porter, ce QU’IL va porter, lui, pour aller au travail, les vacances familiales, les sorties, le choix des pédiatres pour leurs filles… Shannan aime décider et mettre en œuvre et Chris la laisse faire, bien trop absorbé par son nouveau travail de technicien dans un site pétrolier. Tout ce qu’il sait, c’est qu’à l’échéance de chaque mois, la banque leur mange pratiquement le

De son côté, Shannan est embauchée par une société de vente en tant que représentante indépendante de produits et patchs amincissants de la marque Thrive. Pour ce fait, et pour réussir à vendre ces produits, elle a recours à un allié de taille : les réseaux sociaux. Et elle y partage absolument tout. Mis à part les produits, la moindre occasion, l’événement le plus banal est relayé sous forme de vidéos, de snaps, de selfies, et d’une salve de commentaires positifs.

Il faut dire que Shannan sait mettre en avant ses atouts : elle est constamment souriante, bien maquillée et pleine de vitalité malgré sa maladie. Elle n’hésite pas à mettre en avant aussi sa maison, ses meubles et toutes ses autres acquisitions, un exhibitionnisme qu’elle ne juge pas malsain mais qui peut passer pour du pur arrivisme.

Depuis la Caroline du Nord, Ronnie et Cindy Watts désapprouvent tout ce que fait leur belle-fille et rabrouent leur fils, écrasé par sa femme. Leurs prévisions sont justes : elle en fait ce qu’elle veut, et il ne peut pas lui dire non, il est beaucoup trop gentil pour ça. Lui, est tout simplement amoureux.

Ce que Shannan adore plus que tout, c’est filmer et montrer son quotidien de maman de deux petites filles qui ne la quittent pas d’une semelle et son amour maternel est démonstratif et ouvert. Elle considère Bella et Cece comme deux bénédictions divines, deux cadeaux tombés du ciel pour elle qui croyait ne jamais pouvoir enfanter un jour à cause de son lupus.

Avec son mari, elle semble filer le parfait amour. Elle vante ses louanges de père de famille modèle, de héros, tel un prince charmant sur son destrier, venu la sauver et l’emporter dans un monde de merveilles, le tout dans des envolées lyriques qu’elle écrit sur son compte Facebook, plein à ras bord de photos et d’événements passés et à venir.

Pourtant, les années passent et l’étincelle amoureuse commence à s’estomper entre Chris et Shannan, supplantée par l’inévitable routine quotidienne avec son lot de soucis, de devoirs et de responsabilités. Avec les factures d’hôpital, les dépenses, et les achats qui s’amoncellent, le compte des Watts vire rapidement au rouge à cause des traites de leur luxueuse maison qui les laissent presque sur la paille à chaque fin de mois.

Le travail de Shannan permet plus au moins à la famille de garder la tête hors de l’eau et de sauvegarder les apparences. Sa société de produits amincissants lui offre de surcroît des voyages all inclusive à Disneyland de Los Angeles, à Las Vegas, et au Texas, et lui offre même une voiture flambant neuve pour ses bons et loyaux services d’ambassadrice de la marque Thrive.

Shannan est une vendeuse passionnée par son métier. Les boissons diététiques et les patchs amincissants, elle les expérimente sur elle et son mari et en vante quotidiennement les mérites dans des vidéos postées sur son profil Instagram.

Avec ses beaux-parents, Shannan est comme sur un fil de rasoir. Elle ne leur a toujours pas pardonné leur absence lors du jour le plus important de sa vie et les Watts le lui rendent bien, se montrant froids et méprisants avec elle.

Entre la jeune femme et sa belle-mère Cindy, ça n’a jamais été un long fleuve tranquille, cette dernière lui reproche de régenter son fils et de l’éloigner d’elle, de porter sans cesse « la culotte », de dépenser plus d’argent qu’ils n’en gagnent tous les deux. En d’autres termes, elle ne l’a jamais vraiment portée dans son cœur et ne se gêne pas pour le lui montrer, ce qui blesse beaucoup Shannan.

Cette relation toxique et ombrageuse a de l’incidence sur le couple qu’elle forme avec Chris. Ce dernier, au lieu de la défendre comme ferait n’importe quel mari, se range plutôt du côté de ses parents, essaye de leur trouver des excuses, ce qui a pour effet de mettre Shannan hors d’elle. Les disputes deviennent de plus en plus fréquentes entre eux et ont pour conséquence des absences répétées de Chris de la maison.

Sa femme commence à douter de sa fidélité et dès son retour, le bombarde de questions, est-ce que tu m’aimes encore ? Est-ce que tu en fréquentes une autre ? Pour toute réponse, Chris nie et se referme comme une coquille. Ces altercations finissent toujours dans les larmes et dans des lits séparés.

Une fois même, Cindy, la mère de Chris, achète une glace à la pistache et aux noix de pécan et en donne à la petite Cece, tout en sachant que cette dernière est allergique aux fruits à coque. Shannan ne laisse pas passer l’incident, elle reproche à sa belle-mère de vouloir volontairement étouffer la petite. Furieuse, Cindy la met dehors avec les filles sans ménagement.

Dans un message vocal envoyé à l’une de ses amies, Shannan raconte en larmes sa mésaventure : « Nous irons fêter l’anniversaire de Cece chez mes parents en Caroline du Nord, je suis contente que mes beaux-parents ne soient pas de la partie ! Je ne veux plus jamais les revoir de ma vie après ce qu’ils m’ont fait ! ».

Nous sommes début juin 2018. Chris, qui travaille comme technicien à Anadarko Petroleum Corporation, voit arriver une nouvelle collègue dans son équipe. Elle s’appelle Nicole Kessinger, elle est célibataire, jolie, indépendante, avec un caractère serein et entier. Chris est totalement subjugué, c’est le coup de foudre et il est réciproque. Ils commencent à se fréquenter de plus en plus après le travail et deviennent rapidement amants.

Nicole sait que Chris est marié mais ignore qu’il est déjà père de famille. Ensemble ils font des virées en forêt et au bord de la plage. Chris se sent amoureux pour la toute première fois de sa vie et se rend compte que sa relation de sept ans avec Shannan n’était que de la poudre aux yeux. C’est Nicole, LA femme de sa vie ! Avec elle, il se sent lui-même, loin du rôle de papa-poule-bisounours que sa femme le contraint à jouer sur les réseaux sociaux à ses côtés.

En vérité, Chris n’a même jamais voulu avoir d’enfant et voilà que Shannan tombe enceinte pour la troisième fois et le fait savoir à la terre entière avec t-shirt à l’appui : « Oops, we did it again ! » (oups, nous l’avons fait encore !) en référence à sa troisième grossesse. Et, cerise sur le gâteau, cette fois-ci c’est un garçon, de quoi combler son égo de papa ! Shannan lui a même attribué un prénom à ce fœtus d’à peine trois semaines : Nico. C’est tout ça, elle : toujours dans l’anticipation et l’indiscrétion totale !

Chris comme à son habitude se montre heureux, mais sait dans son for intérieur qu’un troisième enfant les mettra à mal financièrement ; ils se sont déjà déclarés en banqueroute en 2015, le pire serait à venir.

Jonglant entre son travail, sa double vie, ses rendez-vous en cachette avec Nicole Kassinger et son devoir conjugal qu’il ne veut plus assumer, Chris se retrouve très vite au pied du mur. Loin de le rapprocher de Shannan, la future naissance ne fait que les éloigner l’un de l’autre.

Cette séparation qui n’a pas encore de nom fait énormément souffrir la jeune femme qui fait part de ses états d’âmes sur Facebook et dans des textos envoyés à ses amies : « Chris ne m’aime plus, ne veut plus avoir de relations sexuelles avec moi, se montre irascible et colérique avec les filles, comme si tout l’impatientait ! Je suis sûre qu’il voit quelqu’un d’autre, qu’il couche avec une autre ! Je suis au bord de l’abîme, je pleure et je pleure non-stop ! ».

La relation s’effrite. Contre toute attente, Shannan fait ses bagages début juillet 2018 et part avec ses filles en Caroline du Nord chez ses parents, en attendant que les choses s’apaisent. Chris lui promet de venir les rejoindre la dernière semaine du mois. Une lueur d’espoir se rallume dans le cœur de Shannan, mais cela ne va pas durer.

Durant ses six semaines de séparation, le couple ne se parle pratiquement pas. Shannan envoie quotidiennement des messages à son mari, passe des coups de fil et ne reçoit que des réponses brèves, presque froides bien des heures plus tard. Pour toute explication, Chris dit qu’il est fatigué par son travail, qu’il s’est endormi en revenant à la maison, qu’il n’a pas vu son appel, etc. Elle n’en croit pas un mot et le harcèle encore et encore. Chris reste néanmoins hermétique et ça la met dans le désespoir.

En réalité, cette séparation est pour lui comme une véritable trêve, une bénédiction et lui fournit assez de temps et de liberté pour voir sa maîtresse tant qu’il le veut.

Quand il part finalement les rejoindre en Caroline du Nord fin juillet comme promis, le couple ne se retrouve pas et ils font lit à part. Shannan souffre de cette situation et en fait part comme à son habitude à son amie et proche collègue à Thrive, Nikole Atkinson. Cette dernière l’encourage à l’émoustiller, à porter des tenues sexy pour attiser son attention, mais tout le laisse de marbre.

Le divorce est même envisagé par Chris, qui songe déjà à vendre leur maison du Colorado et aller s’installer avec sa maîtresse dans l’appartement de cette dernière, et pour les filles, il s’arrangera avec Shannan, en garde alternée, ça serait très bien. Reste maintenant à lui annoncer la nouvelle sans trop la brusquer, devinant déjà comment elle réagirait.

Source : lessentiel

La deuxième semaine du mois d’août, les Watts sont de retour chez eux. Shannan doit assister à un séminaire organisé par la société de produits pour laquelle elle travaille. L’événement aura lieu à Las Vegas et est prévu pour le week-end du 11 au 12. Sa collègue, Nikole Atkinson, y va aussi et propose de faire le trajet avec elle jusqu’en Arizona en voiture.

Pourtant, Shannan a comme un mauvais pressentiment, elle se sent épuisée, son lupus ne fait pas bon ménage avec sa nouvelle grossesse, son traitement lui donne constamment des nausées. Côté affectif, les choses sont loin de s’être arrangées. Chris ne lui parle qu’en monosyllabes et la délaisse complètement. Au bord du désespoir et voulant à tout prix sauver son couple, Shannan fait une dernière tentative par écrit, les mots viennent plus facilement à l’écrit que lorsqu’on les dit verbalement.

Le vendredi 10 août 2018, Shannan et son amie prennent l’avion de 4 h du matin direction Las Vegas. Chris reste à la maison avec les filles. En partant, sa femme lui laisse une lettre de « mea culpa » sur le comptoir de la cuisine, où elle lui dit qu’elle l’aime, qu’à l’avenir elle se montrera respectueuse envers ses parents, qu’elle est contente d’attendre un garçon et que sa venue finira tôt ou tard par arranger les choses dans leur couple. Elle finit la lettre par un « Je t’aime Chris, pour toujours. »

Resté seul avec ses filles, Chris fait venir une baby-sitter et donne rendez-vous à sa maîtresse dans un grill, The Lazy Dog Cafe, pour dîner. N’ayant pas de cash sur lui, il règle la note, 62 dollars, avec la carte de sa femme. Cette dernière, en consultant son relevé de compte sur internet, découvre le débit de 62 dollars et pense que c’est cher payé pour un repas individuel. Mais cela lui met la puce à l’oreille : son mari la trompe bel et bien, et pendant qu’elle est en Arizona, lui passe du bon temps avec sa copine !

Shannan rentre chez elle tard dans la nuit du 12 au 13 août. Le lendemain matin, elle a un contrôle gynécologique à faire. Le rendez-vous a été prévu plusieurs semaines à l’avance, elle songe à ne pas y aller, mais c’est déjà trop tard pour l’annuler. Pendant tout le trajet de retour, elle a réfléchi. Chris a-t-il lu sa lettre ? L’aime-t-il encore ? Les filles dorment-elles déjà ou sont-elles restées à attendre son retour ? Elle dépose sa valise, ouvre sa porte d’entrée et Nikole démarre en lui faisant un signe de la main. Elles se verront dans deux jours.

Le lendemain, lundi 13 août, Shannan disparaît avec ses filles Bella et Cece.

Dans le bureau du poste de police de Frederick, Chris est face à l’inspecteur Graham. La querelle qu’il a auparavant mentionnée aux journalistes venus l’interviewer sur la disparition de sa femme a mis la puce à l’oreille des policiers qui l’ont convoqué pour en savoir un peu plus.

L’inspecteur Graham lui fait remarquer qu’il a perdu beaucoup de poids par rapport à son physique d’avant et que ce souci d’esthétique ne peut avoir qu’une seule raison : l’adultère. Chris aurait cherché à impressionner une autre femme en perdant du poids et en prenant soin de lui, mais Chris nie tout en bloc : « Vous vous trompez, je n’ai jamais rencontré une autre femme ! ».

Trois jours se sont écoulés sans nouvelles de Shannan Watts et de ses filles. À la demande des enquêteurs, Chris accepte de se livrer au détecteur de mensonges.

« Etes-vous responsable de la disparition de Shannan ?

Avez-vous menti sur la dernière où vous l’avez vu ?

Savez-vous où se trouve Shannan à l’heure qu’il est ?

Avez-vous déjà fait preuve de brutalité envers un être cher ? »

A toutes ces questions, Chris répond par le négatif mais reste très tendu pendant toute la durée de cette opération. Ce qui alerte les policiers.

Les résultats du détecteur de mensonge ne se font pas attendre : Chris n’a pas répondu honnêtement aux questions, le test s’est relevé négatif. Les policiers sont alors obligés de le réinterroger une seconde fois en espérant qu’il dise cette fois-ci la vérité. Pour ce faire, ils la jouent fins psychologues, ont une approche amicale, montrent à Chris comment il doit bien respirer pour se calmer et qu’il ferait mieux d’avouer pour libérer sa conscience. Puis ils passent aux choses sérieuses : « Où les avez-vous cachées, Mr Watts ? »

Rapidement désarçonné, Chris demande à voir son père, Ronnie, pour lui parler. Ce dernier a fait le voyage depuis la Caroline du Nord pour assister son fils dans cette épreuve. Lui et Chris ont toujours eu un rapport amical, aimant et respectueux, leur lien a été tellement fort par moment que cela les rendait tristes tous les deux. Chris raconte à son père qu’il a avoué son infidélité à sa femme, que cette dernière, dans un accès de fureur, s’en est prise aux filles et les a tuées, ce qui l’a obligé à son tour à l’abattre.

Dans la salle d’interrogatoire, en présence de son père, Chris fond en larmes devant l’inspecteur Graham et sa collègue. Sous leur insistance, il finit par avouer l’emplacement des cadavres près du secteur pétrolier où il travaille. Shannan a été enroulée dans un drap et abandonnée dans un terrain, tandis que les fillettes ont été jetées dans les deux citernes, chacune faisant 6 mètres de haut et s’ouvrant à l’aide d’une trappe.

Il dit qu’il ne savait plus quoi faire des trois corps, mais les policiers comprennent rapidement que son alibi n’est pas si crédible que ça. Chris voulait en réalité commencer une nouvelle vie avec Nicole Kassinger et, pour arriver à ses fins, a dû supprimer Shannan et leurs enfants afin de ne plus avoir d’entrave. Il savait pertinemment qu’un divorce l’aurait mis sur la paille, lui aurait mis la corde au cou jusqu’à la majorité des enfants.

Les policiers ont deviné juste. Après plus d’une heure de silence et devant son père complétement bouleversé, Chris Watts passe finalement aux aveux, les vrais cette fois-ci. Le déroulement des meurtres est horrifiant : à son retour de son séminaire à Las Vegas, Shannan s’en est prise à lui quand il lui a avoué sa liaison avec Kessinger, qu’il lui a dit que tout était fini et qu’il souhaitait divorcer pour refaire sa vie avec la femme qu’il aimait.

Shannan s’est alors mise à le frapper et à l’insulter violemment. Pris d’un accès de rage, il s’est jeté sur elle et l’a étranglée jusqu’à ce que mort s’ensuive. Leurs filles, réveillées par le vacarme, sont venues toquer à la porte de leur chambre. Il les a tranquillisées et leur a dit que « maman n’est pas bien et il faut l’emmener chez le docteur ».

Il leur a demandé de l’attendre toutes les deux en bas. Ses filles encore ensommeillées au rez-de-chaussée, il a enroulé le corps de sa femme dans un drap, l’a placée à l’arrière de son pick-up, installé les filles somnolentes sur le siège passager et démarré la voiture.

Quelques kilomètres plus loin, sur le site pétrolier où il travaille, il a jeté le corps de sa femme dans un terrain broussailleux puis a étranglé Cece et Bella avec une couverture, ensuite, il a jeté leurs corps dans les deux citernes à pétrole. Sa sordide besogne terminée, il a refermé la trappe de sécurité, a vissé le tout et est retourné dans sa voiture. Il était environ trois heures du matin. Deux heures plus tard, son travail commençait et les autres techniciens n’allaient pas tarder à venir.

Les policiers sont littéralement choqués par tant de cruauté venant d’un père aussi aimant que l’a été Chris Watts. Pour toute défense, il raconte en larmes comment il a été manipulé et régenté par sa femme durant toutes leurs années de mariage et que tout ce qu’elle montrait sur les réseaux sociaux n’était que pur mensonge. Oui, c’est vrai, ils se sont aimés pendant longtemps, mais ces dernières années, rien n’allait plus.

Chris raconte comment sa femme l’a poussé dans des dépenses folles, notamment l’achat de leur maison hors de prix et dont ils étaient tout bonnement incapables de payer les traites sans se serrer la ceinture, et ceci, juste pour faire bonne impression, pour récolter des like, pour impressionner ses collègues de Thrive. Il ajoute que Shannan avait la folie des grandeurs, ce souci permanent de montrer une vie parfaite quitte à mentir sur tout, tandis que lui n’aspirait qu’à une vie simple et sans chichis, à l’abri des strass et des paillettes et du jugement d’autrui.

Cinq jours après la disparition de sa famille et ses aveux, Chris Watts est mis en état d’arrestation pour le quadruple meurtre de sa femme, de son futur fils et de ses deux filles, pour dissimulation de cadavres et falsification de preuves.

Source : nypost

Il plaide coupable devant le parquet de Denver le 6 novembre 2018. La peine capitale souhaitée par la famille Rzucek est finalement annulée et Christopher Watts est condamné à la place à cinq peines consécutives de réclusion criminelle à perpétuité, assorties de trois peines consécutives de sûreté. Son procès, très médiatisé aux États-Unis où l’affaire est suivie depuis ses débuts, a bouleversé l’opinion.

Dès l’annonce de son verdict, des cierges et des bougies ont été allumées par les habitants de Frederick en hommage à Shannan et ses enfants, suivie d’une veillée commémorative. Beaucoup parmi eux n’arrivent toujours pas à croire que Chris ait tué ainsi sa famille, de sang froid.

En décembre 2018, Chris, initialement emprisonné dans un pénitencier de Denver, est transféré à la Dodge Correctional Institution, prison de haute sécurité située dans l’État du Wisconsin où il se trouve encore à l’heure actuelle.

Deux ans sont passés depuis « l’affaire Watts ». Sur les réseaux sociaux, des groupes continuent encore à faire des gorges chaudes de cette terrible histoire. Des groupes de soutien à Chris Watts ont même vu le jour, prenant délibérément son parti et accusant sa femme d’être la cause de la tragédie. À ces personnes, Frank Rzucek, le père de Shannan, a adressé un message plein d’émotion dans lequel ils les supplient de ne plus salir la mémoire de sa fille qui n’est plus de ce monde.

Le 30 septembre 2020, la plate-forme Netflix a réalisé un film documentaire sur le sujet intitulé « American Murder : The Family Next Door ». Un hommage à titre posthume y est rendu aux victimes à la fin.

L’histoire de ce couple aimant, jeune, beau et heureux du moins en apparence, a contribué à dévoiler le miroir aux alouettes que peuvent constituer les réseaux sociaux. La vie de Shannan y était dépeinte de façon idyllique et beaucoup de jeunes femmes enviaient certainement sa place, sans se rendre compte une seule seconde de l’envers du décor.

Le 13 août 2018, à Frederick, Shannan Watts et ses petites filles Cece et Bella, disparaissent sans laisser de trace. Dans leur entourage, c’est la panique : Shannan est partie sans prendre son téléphone, sans emporter ses médicaments, sans une valise ! Son mari, Chris, est désemparé.

Où a-t-elle bien pu partir sans prévenir personne, ce n’est vraiment pas dans ses habitudes ! D’autant plus étrange que tout le monde sait que Chris et Shannan mènent une vie épanouie, entière, heureuse, avec leurs deux petites filles.

 

Les sources :

 


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La fusillade de Columbine

La fusillade de Columbine

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Le 20 avril 1999 à Littleton, au Colorado, deux adolescents, Dylan Klebold et Eric Harris, ouvrent le feu sur leurs camarades du lycée Columbine, pendant la pause déjeuner. Les deux garçons, équipés et armés d’un véritable arsenal de guerre, vont ainsi tirer pendant cinquante minutes non-stop, n’épargnant au passage ni élèves, ni professeurs, ni personnel administratif… Un épouvantable carnage, se soldant par un bilan de 13 morts et de 24 blessés graves, avant que la folie meurtrière ne s’achève par le suicide des deux amis !

Source : herodote

Depuis, la tuerie de Columbine est restée à jamais gravée dans la mémoire collective comme étant le pire carnage jamais perpétré dans un établissement scolaire américain !

Surgissent alors les interrogations : pourquoi Eric Harris et Dylan Klebold, deux adolescents pourtant cultivés, intelligents, sans histoires, relativement bons élèves et venant d’un milieu aisé et sans problèmes, ont-ils commis l’irréparable  ? Quel a été l’élément déclencheur de cette folie meurtrière duettiste, savamment étudiée, orchestrée puis préparée pendant des mois, heure par heure, minute par minute ?

Pour le savoir, je vous propose de remonter avec moi le fil de cette histoire complexe, qui s’est conclue par un drame sans précédent et qui met le point sur un deux sujets sensibles et toujours d’actualité aux États-Unis : la santé mentale des adolescents, perpétuellement exposés à la violence virtuelle d’une part et la possession d’armes, inscrite noir sur blanc dans la législation d’autre part et que chaque Américain, jeune et moins jeune, revendique comme un droit citoyen à part entière !

Nous sommes à Denver, dans l’État du Colorado, ville dominée par la majestueuse chaîne des « Rocheuses », les célèbres et imposantes Rocky Mountains aux sommets enneigés.

Dans le quartier résidentiel de Littleton, une banlieue blanche située au sud de la ville, vivent des familles de la classe moyenne aisée : anciens pilotes de l’armée américaine, avocats, conférenciers, professeurs universitaires et médecins. La plupart des maisons possèdent leur propre piscine, terrains de golf, de tennis et jardin aux pelouses impeccables.

Malgré la réussite sociale de la plupart de cette population, le clinquant, le « m’as-tu vu » et le luxe apparent de Miami ou de Beverly Hills sont très décriés dans le comté de Denver, qui revendique son passé champêtre : ici, on prône plutôt une certaine simplicité luthérienne, qui concerne aussi bien la tenue vestimentaire que la marque de voiture ; le tout est de bien gagner sa vie sans tomber dans le cliché du parfait parvenu. Du reste, à Littleton, la cordialité entre voisins et le respect de la vie privée d’autrui sont les maîtres mots pour y vivre paisiblement.

C’est ici que vivent les Klebold, une famille très comme il faut et sans histoires, composée des parents, Thomas et Sue, respectivement ingénieur et accompagnatrice pour enfants handicapés et de leurs deux fils, Dylan et Byron. Le couple Klebold est originaire de Lakewood où sont nés leurs deux fils, et s’est établi à Littleton il y a quelques années seulement.

La famille vit dans un  confort matériel aisé et possède trois pavillons regroupés, un pour les parents et les deux autres pour les garçons, rien que ça ! Leur coquette propriété, l’une des plus grandes en superficie à Littleton, compte également une piscine et un terrain de tennis privé, et est entourée d’une grande balustrade équipée d’un système de sécurité dernier cri .

Malgré ce confort matériel, Les Klebold sont réputés pour être des gens simples et très terre à terre, qui prônent des valeurs comme l’honnêteté et le sérieux comme seules clés de réussite dans la vie, préceptes qu’ils ne manquent pas d’inculquer à leurs enfants, qu’ils éduquent d’ailleurs un peu à la dure, à l’ancienne comme on dit. Pudiques et peu démonstratifs, Sue et Thomas ne sont pas très proches de leurs enfants du point de vue affectif, bien qu’aucune violence verbale ou physique n’ait jamais été à déplorer dans leur foyer.

Le petit Dylan, né deux ans après son frère aîné, est un enfant timide et solitaire. Au primaire, il fréquente l’école élémentaire Normandy, où il reste deux ans. Enfant très intelligent, il est accepté dans le célèbre Challenging High Intellectual Potential Students abrégé en CHIPS, un programme pour enfants surdoués et possédant un QI plus élevé que la moyenne. C’est là qu’il fait la rencontre et la connaissance de celui qui deviendra son plus proche camarade : Brooks Brown.

Les parents de Brooks vivant également à Littleton, c’est tout naturellement que leur fils commence à passer de plus en plus de temps avec Dylan, y compris après les cours. Peu portés sur le sport, les deux compagnons lisent ensemble des livres d’aventure et regardent des films de science-fiction comme E.T. ou Jurassik Park.

C’est à cette même période qu’un nouvel élève fait son entrée en scène. Son nom : Eric Harris. Ses parents viennent à peine de s’installer au Colorado, après de longues années de déménagements successifs entre la région de New York et le Kansas, toujours au gré des mutations de son père, le pilote de ligne Wayne Harris Sr., de l’American Air Force.

Eric Harris est un enfant sans attache, solitaire et n’ayant pas beaucoup d’amis. Ses parents, occupés par leur profession respective, sont souvent absents. Il se retrouve la plupart du temps livré à lui-même et joue tout seul.

En 1993, il rentre au collège, où il rencontre Dylan Klebold pour la première fois. Leur amitié se consolide à partir de cette période charnière du début de l’adolescence, où les différents caractères se forgent. Leur rencontre pourrait s’apparenter à l’union de deux âmes secrètes et solitaires. Dylan commence même à délaisser Brooks Brown et à passer de plus en plus de temps avec ce garçon qui semble lire dans ses pensées.

En 1996, âgés de quinze ans et désormais inséparables, Eric et Dylan font leur entrée au lycée Columbine ensemble. Brooks Brown est dans la même classe qu’eux.

Vivant depuis toujours dans leur bulle d’enfants précoces, les deux anciens surdoués du programme CHIPS  sont littéralement projetés dans un univers complétement différent. Ils comprennent rapidement que pour avoir du succès au lycée, il va leur falloir renforcer leurs muscles et leurs abdos au détriment de la matière grise ! Exit l’algèbre, l’océanographie, l’histoire, l’étude des planètes et place aux biceps et aux corps huilés et bien charpentés !

C’est qu’à Columbine, si les intellos sont respectés, les sportifs eux, sont rois !

Vous connaissez certainement la manière dont sont segmentés les lycées aux États-Unis, que ça soit à travers des séries, des films, ou même lors de programmes d’échange linguistiques, pour ceux qui ont déjà eu l’occasion de le faire ; eh bien ce n’est pas un cliché, cela se passe réellement comme dans la fiction, à quelques exceptions près !

Dans chaque lycée, chaque adolescent est appelé à se joindre au groupe qui correspond le plus à ses penchants intellectuels, culturels ou vestimentaires : il y a d’abord les nerds, ces surdoués aux lunettes grossissantes, aux blazers tricotés main, souvent chétifs ou maladifs et pourvus d’un appareil dentaire, la plupart du temps voyant et peu esthétique. Viennent ensuite les gothiques : écorchés vifs néo-romantiques, un peu à côté de la plaque, les yeux charbonneux et affublés de noir de la tête aux pieds.

Puis nous avons le groupe nunuche des pom-pom girls, sautillant sur les terrains en jupettes et brandissant leurs pompons, scandant bruyamment et avec enthousiasme leurs encouragements aux équipes mais surtout, il y a les sportifs, sorte d’aristocratie en biceps, tous beaux, riches et bénéficiant de l’attention de la gent féminine à l’unanimité. Tous les autres garçons veulent bien évidemment ressembler à cette dernière catégorie !

Dylan Klebold et Eric Harris ne rentrent dans aucun de ces moules, et pour cause ! Ils ne sont ni excessivement riches, ni spécialement beaux, et surtout, chose la plus capitale : ils ne pratiquent aucun sport, cette dernière condition suffisant à elle seule à décréter la popularité ou l’impopularité d’un garçon à Columbine !

Dylan Klebold est complexé par sa haute taille et sa maigreur : il déteste son grand nez, ses cheveux blonds raplapla et son visage en lame de couteau. Eric Harris, quant à lui, est complexé par ses nombreuses poussées d’acné, son physique banal et son manque de charisme.

Pour palier justement cette impopularité qui les accable à chaque passage remarqué des footballeurs dans les couloirs, les deux amis plongent tête baissée dans leurs études et deviennent rapidement premiers de leur classe. Ils sont bientôt embauchés en tant qu’assistants par leur professeur d’informatique, Richard Long, qui les remarque dans le lot.

Ils travaillent passionnément avec lui, même pendant la pause-déjeuner et les weekends. Il faut dire que Richard Long est l’une des rares personnes à les porter en haute estime et pour lui, ce sont de loin les meilleurs et les plus intelligents élèves de sa classe.

Dylan est décrit comme étant un garçon brillant, capable de s’exprimer dans un vocabulaire riche et recherché. Eric aussi est considéré comme un intello. Mais cette qualité, loin de faire l’unanimité, ne leur apporte au final que des ennuis.

Renfermés, timides, mal dans leur peau, les deux adolescents font fuir tout le monde ! Ils sont rapidement appelés les « outcasts » ou « outsiders » : les exclus. Et exclus, ils le seront véritablement, que ça soit lors des matchs de football américain, des parties (les fameuses boum) et de tout autre rencontre qui implique du sport, de la lutte, des muscles et de la testostérone !

Quand quelqu’un organise une fête pour son anniversaire, Dylan et Eric ne sont jamais invités ! Une sortie au centre commercial, au cinéma entre filles et garçons du lycée ? Ils n’y sont pas conviés non plus. Même les marginaux comme les gothiques ne les tolèrent pas, car ils trouvent leur look ni assez recherché ni assez stylé !

Et cela leur pèse chaque jour de plus en plus.

Néanmoins, Dylan parvient à se lier d’amitié avec une fille de sa classe, Devon Adams, une adolescente simple et sans chichis, pas suffisamment blonde et jolie pour faire partie des pom-pom girls, mais bien mieux intégrée à Columbine que lui et son copain.

Soupçonnant une sensibilité d’écorché vif sous cette carapace de surdoué, Devon reste avec lui pendant la pause-déjeuner, le raccompagne à la sortie du lycée, faisant fi des moqueries sur leur passage. Elle l’invite même à son anniversaire. Malgré l’amitié et l’affection manifeste qu’elle lui offre, Dylan reste hermétiquement fermé à toutes ses tentatives.

Devon Adams se souvient : « Dylan était très complexé, renfermé, avec un sens de l’humour très caustique et macabre. Il pouvait rire de choses dérangeantes comme le suicide ou les crimes. Il était toujours mal à l’aise quand il se retrouvait en tête à tête avec quelqu’un, fille ou garçon. Alors, pour éviter de parler de lui, il étalait ses vastes connaissances en matière de musique, de cinéma, de littérature, d’informatique, ses domaines de prédilection. Du reste, il était souvent morose, maladroit, avec des idées très glauques et très noires, et qui gênaient tout le monde ».

Dans l’intimité de sa chambre, Klebold couche son mal-être dans son journal intime, dessine des croquis représentant des tanks, des corps mutilés, des kalachnikov, des grenades qui explosent, des têtes décapitées, des cercueils… le tout rehaussé de petits commentaires morbides. Côté confessions, le ton est tout aussi amer et torturé :

« J’ai tellement envie de mourir, mettre fin à tout ce foutoir ! La vie ne me dit rien ! J’ai voulu être heureux, je ne l’ai jamais été ! »

À cela s’ajoute surtout sa frustration à l’égard de la gent féminine, avec laquelle il se sent très mal à l’aise. Devon Adams, la seule qui puisse le tolérer, a toujours remarqué que Dylan n’a pas de petite amie officielle, même si parfois, il pouvait montrer de l’intérêt à l’égard de certaines filles ; mais cela restait toujours platonique et à sens unique.

Pourtant, une fois, il tombe follement amoureux d’une fille du lycée mais n’ose pas l’aborder de peur de se faire éconduire. Alors, de retour chez lui, il gribouille tristement dans son journal intime des cœurs solitaires, dessinés frénétiquement sur une dizaine de pages successives.

« Cette fille que je croyais être l’amour de ma vie, elle ne sait même pas que j’existe ! » Plus loin, il ajoute encore avec amertume : « Je n’ai pas de vie amoureuse, pas d’ambition, pas d’amis, je ne suis rien … ».

Par le biais de Dylan, Devon Adams fait aussi la connaissance d’Eric Harris, mais le courant ne passe pas. Elle le sent sournois, taiseux, ruminant et refoulant une haine indescriptible. Pour couronner le tout, Eric s’est mis carrément à la détester pour s’être immiscée dans son amitié avec Dylan. La jeune fille, comprenant la toxicité de la situation, décide de se retirer, laissant les deux garçons entre eux.

À partir de là, le tandem Klebold/Harris commence de plus en plus à se ghettoïser et à se radicaliser.

Si Dylan penche parfois dans le romantisme naïf et le mélodrame fictif, comme le démontrent certains passages de son journal, Eric, lui, est beaucoup plus cérébral et mécanique.

Cependant, tout aussi timide et solitaire, il a aussi recours à un journal intime pour confier régulièrement son mal-être et sa frustration. Dans une prose nerveuse, il s’adresse implicitement aux filles et garçons de son lycée : «  Je vous en veux de m’avoir écarté de tant de trucs cools ! Vous aviez mon numéro de téléphone et tout mais non, personne ne veut du petit Eric au look bizarre chez lui ! »

À Columbine, chaque jour est une nouvelle épreuve pour Dylan et Eric, face aux musclés de l’équipe de football américain, qui n’hésitent pas à les intimider quand ils les croisent dans la grande allée principale. Plus avantagés en nombre et en force physique, ces derniers les poussent, leur donnent des bourrades violentes, les traitent de lopettes et d’attardés et se moquent de leur physique ingrat et de leur look négligé..

Les deux garçons accusent le coup, encaissent mais ne réagissent pas. Au contraire, ils rasent carrément les murs, beaucoup trop terrorisés pour riposter mais dans le fond, ils bouillonnent, serrent les dents et ravalent leur amour propre !

À Columbine, le grand hall est orné d’imposantes vitrines, dans lesquelles trônent tous les trophées remportés par le lycée lors des tournois nationaux de football américain, de basketball et de baseball. Tout ici respire le sport et le favoritisme envers ceux qui pratiquent ces sports.

En plus d’être considérés comme la fraction la plus populaire de Columbine, les sportifs usent et abusent de leur position pour se faire respecter auprès de tous les autres lycéens.

Les journaux intimes de Dylan Klebold et de Eric Harris sont le reflet même de cette atmosphère chargée et menaçante. À ce sujet, Dylan raconte :

« J’envie l’existence superficielle de tous ces sportifs : ils ont une vraie vie, des tas de filles qui leur courent après ! Sales veinards ! »

Les rares personnes qui sympathisent avec Dylan, notamment Devon Adams et Brooks Brown,  se font à leur tour harceler parce qu’elles prennent position à leurs côtés.

À ce propos, Brooks Brown raconte : « Au lycée Columbine, les plus âgés et les plus sportifs étaient avantagés par rapport aux autres !  Beaucoup de nos profs voyaient clairement qu’Eric et Dylan se faisaient continuellement harceler, mais personne n’a jamais vraiment levé le petit doigt pour y mettre fin ! »

Et ce n’est pas tout !

L’un des incidents les plus marquants a lieu un jour, dans la cafétéria du lycée, à l’heure du déjeuner, où tout le monde est présent au grand complet. Des sportifs, dans un élan de provocation grivois et obscène, encerclent Dylan et Eric, et se mettent à leur lancer à la figure des tampons féminins enduits de ketchup pour simuler le flux menstruel.

L’assistance, loin de porter secours aux deux malheureux, se joint à leurs assaillants, riant et vociférant des encouragements. Cette fois-là encore, Dylan et Eric supportent le supplice sans broncher et restent toute la journée avec leurs vêtements tachés de tomate jusqu’à leur retour à la maison.

Ils ne parlèrent jamais de cette journée fatidique à leurs parents, mais n’en restèrent pas moins très ébranlés, au point d’en avoir mal au ventre les jours suivants.

Reniés par leurs camarades, repoussés par les filles qui ne s’intéressent nullement à eux, continuellement torturés et harcelés, les deux amis se renferment de plus en plus sur eux-mêmes. Ils se créent une bulle, sorte de monde parallèle, à l’abri de leurs détracteurs.

En dehors des cours, ils passent la plupart de leur temps libre ensemble. Tous les deux vouent une haine sans bornes pour l’espèce humaine en général et méprisent ce qu’est devenue la société américaine et les sociétés de consommation. Ils se moquent de la musique country — grande fierté de Denver —, qu’ils considèrent comme de la musique de ploucs et de paysans illettrés. En revanche, ils écoutent le groupe de métal allemand KMFDM, à leurs yeux beaucoup plus classe et qui correspond à leur image.

En 1998, à l’aube de l’avènement des tous premiers réseaux sociaux interactifs, Eric Harris tient un blog, ancêtre de Facebook, où il poste son ressenti à la manière d’un journal intime ouvert au public. Sur ce site, il publie des passages de « Mein Kampf » et avoue sans détour son admiration pour les SS et le nazisme. Il a plusieurs pseudo sur le net et se fait appeler tour à tour Rebdoomer, Rebdomine ou tout simplement Reb. Dylan, de son côté, se fait appeler VoDka.

Leur passion commune de l’informatique les conduit à créer plusieurs sites Internet qui hébergent des jeux vidéo comme Doom et Quake, derniers nés d’id Software.

Mais cette année charnière coïncide également avec la mise en place de leur plan de massacre visant leur lycée. Ils n’en parlent pas encore ouvertement, pas même entre eux, mais savent d’ores et déjà que si l’un décide quelque chose, l’autre suivra. C’est ainsi que leur relation toxique va se poursuivre !

À Columbine, les deux amis sont choisis par leur professeur d’informatique pour intégrer un projet cinématographique, où chaque groupe d’élèves doit choisir un thème précis pour tourner un court-métrage avec les moyens du bord. Caméras amateur et montage approximatif, peu importe le résultat esthétique pourvu qu’il y ait un effort de création et de réalisation. Dylan et Eric sont enchantés d’y participer.

Chaque fin d’après-midi, après les cours, ils se retrouvent dans le sous-sol d’Eric Harris pour travailler sur leur projet. Il sera intitulé « Hitmen For Hire », « les tueurs à gage » !

La plupart des scènes de « Hitmen For Hire » sont tournées dans l’enceinte même du lycée. Tandis que Dylan et Eric jouent les deux rôles principaux, un troisième élève est chargé de tenir la caméra. Dans l’une de ces vidéos, on peut les voir déambuler gravement et lentement dans les couloirs, vêtus de longs manteaux noirs et de brodequins cloutés, la mine sévère, les yeux dissimulés derrière de grosses lunettes noires.

Dans cette petite série de films courts, Eric et Dylan donnent libre cours à leur mal-être et s’adressent toujours en aparté, face à la caméra où il crient, gesticulent, injurient et menacent un adversaire imaginaire.

Les scènes d’extérieur sont tournées dans leur quartier de Littleton, où ils font de longues virées en voiture dans les rues, tout en écoutant de la musique métal. Parfois, dans un élan de colère soudain et indescriptible, ils s’acharnent sur un vélo, qu’ils fracassent à coups de batte de baseball, jusqu’à le réduire en miettes, tout en éclatant d’un rire sardonique.

Graduellement, les deux amis commencent à perfectionner leur façon de filmer et se mettent à la réalisation de petits films de science-fiction. Dans l’un de ces opus, ils incarnent deux policiers justiciers. On les voit ouvrir le coffre de leur voiture et prendre des fusils en plastique qu’ils accrochent autour de leur cou. Il est de plus en plus question de violence, d’extermination et de meurtre. Le script, lui, est un peu tiré par les cheveux :

« Il y a trois ans que cette bombe atomique a explosé pas loin d’ici ! Certains de nos vêtements sont devenus radioactifs. Le gouvernement veut que l’on s’occupe de ces fringues infestées de radioactivité ! »

Vers la fin de la séquence, Dylan Klebold s’adresse en aparté à la caméra et donne des conseils : comment garder son arme bien en main, comment appuyer sur la gâchette et tirer sur tout ce qui bouge.

Eric renchérit : « Eh ouais ! Ça devient de plus en plus dur, de jour en jour ! Il va falloir recourir aux armes à présent ! »

Les armes, justement. Les deux amis ne seront plus obsédés que par cela ! Beaucoup trop jeunes pour pouvoir en acquérir par eux-mêmes, ils se rabattent sur des faux avec lesquels ils s’entraînent à tirer.

Dans son journal intime, Eric Harris se représente désormais en guerrier triomphant, tirant sur un tank de guerre soviétique, armé d’une kalachnikov et d’un bouclier. Il voue une passion sans bornes pour le Klux Klux Klan et l’emblème nazi, qu’il dessine un peu partout, les deux amis ayant pour point commun une démagogie ouvertement raciste et xénophobe. Il est obsédé par les génocides et écrit en gras en lettres majuscules : « Kill Mankind » : exterminer la race humaine !

Ses anciens monologues, plein de reproches blessés à l’égard de ceux qui n’ont jamais voulu l’inviter à leurs anniversaires, ont cédé la place à des tirades de plus en plus sombres et ouvertement vindicatives :

« Je suis rempli de haine ! Ils feraient mieux de faire attention à moi s’ils veulent sauver leur peau ! » Et il ajoute plus loin : « Bientôt, j’aurais ma revanche ! Tous ces connards auraient mieux fait de me foutre la paix ! »

Six mois plus tard, les deux garçons filment un autre court-métrage où ils sont affublés de longs manteaux en cuir noir qui leurs battent les talons. Ils apparaissent au détour d’une ruelle et s’avancent, jambes écartées, mine sévère, à la manière de cowboys, prêts à dégainer à tout moment ! Parfois, ils font participer d’autres camarades à leurs délires cinématographiques, notamment dans le court-métrage « Bullying » : « Harcèlement » .

Le garçon engagé pour tenir le rôle de la victime est filmé en train de pleurnicher et se plaindre tandis que Dylan et Eric arrivent et lui proposent leur aide. Par la suite, ils sortent leurs faux pistolets et tirent sur « le méchant » en question qui s’effondre. La victime vient par la suite leur montrer sa gratitude. Vers la fin de la séquence, les deux apprentis justiciers donnent libre cours à leur rage face à la caméra, menaçant un adversaire invisible : «  Espèce de misérable pourriture, arrête d’emmerder ce pauvre gamin ! Si tu continues, je t’arrache ta sale tête et je l’accroche au portail du lycée ! Est-ce que c’est clair ? »

Ces films, produits de leur imagination détraquée et torturée, ne sont en réalité qu’un exutoire de leur mal-être profond et la projection de leur vécu quotidien au lycée. Personne ne le sait encore, mais tout cela présage déjà des événements à venir !

À la fin de l’année scolaire 1998, Dylan Klebold est sollicité par son professeur d’informatique pour s’occuper du son de la pièce de théâtre qui sera jouée pour le spectacle de clôture, juste après la distribution des diplômes et des prix. Durant les répétitions, Dylan se montre tout à fait à son aise, souriant et serein, parlant normalement avec les « acteurs » et se montrant très impliqué dans la tâche qui lui a été confiée.

Son accoutrement de justicier, qu’il a l’habitude de porter pendant le tournage de ses court-métrages, devient son look quotidien et ne le quitte plus. Le long manteau de cuir, les lunettes noires d’aviateur, la casquette rabattue en arrière et les brodequins noirs cloutés composent désormais sa seule et unique garde-robe.

À Littleton, son look de mafieux ne passe pas inaperçu, et quand il accompagne un jour sa mère au restaurant pour déjeuner, les regards anxieux qui lui sont lancés des tables voisines, loin de le déranger, renforcent au contraire son ego ! Pour la toute première de fois sa vie, il se sent intouchable et puissant, comme les footballeurs de son lycée ! Il est bien loin, le geek mal dans ses baskets, timide et introverti. Place au nouveau Dylan, qui montre sa virilité comme un véritable bouclier ! Du moins, c’est ce qu’il croit.

Si Dylan se complaît à présent dans sa nouvelle allure physique, Eric Harris, de son côté, se renferme de plus en plus et devient de plus en plus désagréable avec tout le monde. Pour lui, tous les garçons et les filles de son lycée sont des idiots finis qui ne valent rien du tout. Sur son blog, il n’hésite pas à se moquer d’eux et de leur quotient intellectuel médiocre et limité. Il s’adresse à tous et à personne en particulier :

« Vous n’en avez pas marre de toujours utiliser les mêmes termes, le même vocabulaire trash ? Ouvrez un livre ne serait-ce qu’une fois, et apprenez quelque chose d’utile, bande de connards ! »

À cela, il ajoute un intitulé qu’il met régulièrement à jour et qu’il intitule comme une question ouverte :  « You know what I hate  ? » , « Vous s’avez ce que je déteste ? » Et à chacune de ses questions, il fournit lui-même la réponse.

À titre d’exemple, il dit :

« Vous s’avez ce que je déteste ? C’est tous ces idiots incapables de citer un auteur connu ! »

« Vous s’avez ce que je déteste ? C’est ces mêmes idiots incapables d’aligner trois mots différents dans une phrase ! Ouvrez un dictionnaire, ça vous fera du bien ! »

La dernière phrase est presque prémonitoire :

« Vous s’avez ce que je déteste ? C’est quand une bande d’imbéciles se place au beau milieu de mon chemin et m’empêche de passer ! Dégagez de ma vue ou je vous promets de tous vous buter comme des chiens que vous êtes ! C’est compris ? »

Le ton est donné, la colère insoutenable ; Eric et Dylan deviennent de véritables bombes à retardement, gonflés à bloc. La volonté de tuer commence à les tarauder de plus en plus, jour après jour. Pour faire ce qu’ils ont prévu, ils veulent se constituer un arsenal de guerre, mis au point avec les moyens du bord.

Ensemble, ils s’essayent à la fabrication de grenades artisanales, qu’ils expérimentent dans le sous-sol d’Eric. Les résultats de leurs tentatives sont postés sur le blog de ce dernier, avec la liste du matériel utilisé, photos à l’appui. Certaines de leurs expériences sont même applaudies par des utilisateurs de la page Web, qui les encouragent à continuer sur cette lancée.

Forts de leurs connaissances en mathématiques et en chimie, ils mettent également au point des bombes à tuyaux, qu’ils fabriquent à partir de fragments de verre et de dioxyde de carbone.

Mais cela ne se révèle pas suffisant, ils ont besoin de vraies armes et de munitions pour mener leur plan macabre jusqu’au bout. Seulement, aucune armurerie n’acceptera de leur vendre des fusils ou des pistolets, étant donné qu’ils sont mineurs. Dylan a alors une idée !

Nous sommes en mars 1999. À Columbine, tous les élèves des classes de seconde se préparent d’ores et déjà pour les longues et tant attendues vacances printanières, le « Spring Break », où tous les jeunes, venus des quatre coins du pays, descendent bronzer et faire la fête en Floride, afin d’oublier les tracas et le stress des derniers examens. Le bal de promo, autre événement capital dans la vie de tout lycéen américain qui se respecte, est également sur toutes les lèvres.

Robyn Anderson, une ancienne amie d’enfance de Dylan Klebold, l’invite à l’accompagner. Elle vient de rompre avec son petit-ami et n’a ni le temps ni l’énergie de se chercher un nouvel amoureux pour s’afficher en soirée. Dylan ne paye pas de mine, mais il fera l’affaire ! Ce dernier accepte d’être son cavalier avec reconnaissance !

Le soir-même, il la prend à part pour lui adresser une requête. La jeune fille redoute une déclaration d’amour maladroite de sa part, mais c’est tout autre chose qui lui est demandé : elle devra acheter à son nom deux fusils à canon et une carabine 22 long rifle, et bien sûr, il lui donnera l’argent nécessaire.

Robyn Anderson s’y oppose d’abord catégoriquement, refusant d’être mêlée à une quelconque histoire bizarre, mais Dylan insiste, raconte que c’est pour une la chasse au renard et que cela ne lui coûtera rien puisqu’elle elle est majeure ; et en tant que citoyenne de ce pays, elle est dans son plein droit ! Et puis d’ailleurs, un foyer sur deux aux États-Unis possède une ou plusieurs armes, c’est dans la législation, elle ne fera donc rien d’illégal !

Contre toute attente, la jeune fille se laisse persuader, récupère l’argent et se rend dès le lendemain dans la première armurerie de Denver pour faire les achats demandés par Dylan : un fusil Savage 311-D calibre 12, un autre fusil Savage-Springfield calibre 12 et une carabine 22 long rifle. Le récépissé est libellé au nom de l’acheteuse : Robyn Anderson.

Comme une lettre à la poste ! L’arsenal est livré le jour même à Dylan qui s’empresse de prévenir Eric. Les deux garçons ne tiennent plus en place : exit leurs vieilles « kalachs »  en plastique ! Ils ont désormais entre les mains de vrais canaux de métal policé, de vraies gâchettes et surtout, de vraies cartouches Winchester !

Les jours suivants, Eric et Dylan les passent à tirer des balles dans la forêt, à la sortie de Littleton. Si les premiers tirs se révèlent maladroits, ils se perfectionnent lors des shoots suivants. Ces « séances d’entrainement » sont immortalisées, comme tout ce qu’ils ont l’habitude de faire. La possession de cet arsenal leur procure une jouissance particulière et un sentiment de surpuissance démesurée. Au bout de quelques jours, ils sont prêts !

Le 19 avril 1999, les deux compères commencent à concrétiser les premières étapes de leur plan criminel. Ils dessinent des plans de leur lycée, insistant sur la cafétéria, lieu de va-et-vient incessant et de grande animation estudiantine. C’est l’endroit tout choisi pour placer deux sacs de sport contenant deux bombes artisanales de leur fabrication, l’idée étant de générer le maximum de dégâts humains. Ils se mettent d’accord pour 11 : 15, l’heure du lunch break où la salle est archi-comble, la cafétéria pouvant accueillir jusqu’à deux cents étudiants en même temps.

Puis Eric Harris note sur un calepin les dernières « courses » à faire avant le jour J : acheter des jerricanes d’essence, des bouteilles de gaz propane et des munitions. La veille du massacre, il précise dans son journal qu’il serait prêt à épargner la vie de 100 élèves, tous les autres devant mourir de la façon la plus cruelle possible.

Suite à cela, il met en place le timing à suivre pour le lendemain et qui commence dès les premières lueurs du jour :

5 : 00 : se lever

6 : 00 : retrouver Dylan

7 : 00 : acheter du propane et de l’essence dans une station-service

9 : 00 : charger les sacs dans la voiture

10 : 00 : départ pour l’école 

De son côté, Dylan Klebold consigne la suite des événements dans son journal :

10 : 30 Garer les voitures dans le parking du lycée et sortir les sacs du coffre

11 : 00 Placer les bombes dans la cafétéria

Tirs de mitraillette à volonté !  

S’amuser comme des fous !

Nous sommes le 20 avril 1999, le bal de promo s’est bien passé et beaucoup d’élèves ont déjà bouclé leurs valises pour le « Spring Break », qui commence dès ce weekend. Tous sont très excités à l’idée de partir bronzer sous le soleil de Miami, de boire des cocktails et de passer la nuit à faire la fête entre copains.

Brooks Brown, qui doit repasser des matières, assiste à cette jubilation générale le cœur gros. Sa mère vient de le déposer ce matin devant la porte du lycée, son cours commence à 11 h 30. Le temps d’aller se prendre quelque chose à la cafeteria, et il se rendra en salle de cours. Mais voilà qu’Eric Harris vient dans sa direction. Il est habillé d’un t-shirt avec l’inscription « Natural Selection » et ses yeux sont cachés derrière de grosses lunettes de soleil. Il a l’air tout excité. Brooks comprend : encore un de ces films à la noix pour le projet de Mr. Long, le professeur d’informatique ! Dylan ne devrait pas être très loin d’ailleurs, avec son sempiternel manteau noir.

– Brooks, il faut que tu rentres chez toi !

– Qu’est-ce que tu racontes ? Mais j’ai cours dans quelques minutes, moi !

– Je te dis qu’il faut que tu rentres chez toi, maintenant ! Il n’y aura pas de cours aujourd’hui !

Brooks Brown est interloqué, mais Eric Harris le pousse presque vers la sortie, lui ordonne de partir et tout de suite puis, sans se retourner, il lui dit au revoir.

Dylan et Eric se rendent alors à la cafeteria où ils déposent les deux sacs contenant les bombes au propane. C’est l’heure d’affluence, la cantine est noire de monde. Personne n’a remarqué leur présence. Leur première besogne terminée, ils sortent à l’extérieur et attendent que les bombes explosent. Au bout de quelques minutes, rien ne se produit : les bombes artisanales, pas assez performantes, n’explosent pas, seule une des deux brûle et encore, à moitié seulement, avant de s’éteindre complètement.

Les deux compères sentent que quelque chose ne va pas mais ne se démontent pas pour autant. L’explosion qui devait générer un maximum de dégâts humains n’étant que le plan A , ils passent alors au plan B : tirer à bout portant sur tout le monde.

Sur la pelouse de l’établissement, beaucoup d’étudiants sont en train de casser la croûte. Parmi eux, Richard Castaldo et sa petite amie Rachel Scott, confortablement installés sur le gazon. Soudain, les deux jeunes voient Eric Harris foncer sur eux, carabine en main et là, c’est le début du carnage ! Richard entend une rafale de mitraillette et des cris fuser de toutes parts.

C’est la panique générale : tout le monde court se cacher, les plus aguerris se mettent à plat ventre et se cachent la tête de leurs deux bras, mais dans le feu de l’action, pris au dépourvu, nombreux sont ceux qui ne voient rien arriver. Richard Castaldo est touché de deux balles à la colonne vertébrale, tandis que sa petite amie reçoit une balle en plein cœur. Elle meurt sur le coup.

Le carnage se poursuit dans l’enceinte du lycée, où cris hystériques, pleurs et râles montent de tout côté. Dans la cafétéria, la panique est à son comble, des élèves prennent la fuite tandis que d’autres trouvent refuge sous les tables. Le proviseur, Franck DeAngelis, alerté, sort de son bureau et aperçoit Dylan et Eric, armés jusqu’aux dents, se diriger vers l’étage où se trouve la salle d’ordinateurs et la bibliothèque. Richard Long, le professeur d’informatique, a lui aussi aperçu ses deux anciens élèves de la fenêtre, et est carrément sous le choc. Sur le moment, il n’en croit pas ses yeux !

Patti Nielsen, professeur d’arts plastiques, se retrouve quant à elle nez-à-nez avec les tueurs dans le hall du lycée. Les voyant ainsi accoutrés dans leur manteau en cuir noir et armés de leurs mitraillettes, elle croit d’abord à un tournage de film, comme ils ont l’habitude d’en faire. Sûre de son autorité, elle leur ordonne de cesser, car ce n’est pas du tout drôle de se balader ainsi dans les couloirs et qu’ils pourraient effrayer de jeunes élèves sans le vouloir.

Pour toute réponse, Eric Harris tord sa bouche de son plus mauvais sourire avant de diriger son arme sur elle et de lui tirer une balle dans l’épaule droite. Puis ils s’en vont sans regarder derrière eux. Sous le choc, Patti Nielsen tombe à terre. En réalité, la balle n’a fait que lui traverser la peau sans la blesser. Mais en une fraction de seconde, elle comprend que ce n’est pas une mascarade, que tout ça se déroule dans la vraie vie !

Avec la force que confère la panique, Patti Nielsen rassemble ses forces et monte se cacher dans la bibliothèque, où d’autres élèves et le personnel administratif ont trouvé refuge. La porte coulissante de la salle de lecture ne pouvant être verrouillée, tout le monde se tapit sous les tables d’ordinateurs en retenant leur souffle, priant pour que les tueurs ne viennent pas par là. Patti Nielsen compose le numéro de la police mais à ce moment-là, une balle fait voler en éclats l’une des fenêtres de la salle. Terrifiée, elle laisse précipitamment tomber le combiné pour retourner à sa cachette.

En l’espace d’une dizaine de minutes seulement, Columbine s’est transformé en véritable champ de bataille. Plus aucun espace n’est épargné, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur.

Source : herodote

Dans une des allées, Eric et Dylan tirent encore sur Dave Sanders, professeur d’histoire et travaillant depuis vingt ans à Columbine. L’homme ne les pas vus arriver car il était de dos. Ils retournent ensuite à la cafeteria et lancent deux grenades puis, à 11 : 29, suivant de près le timing consigné dans leurs carnets, ils montent à la bibliothèque, où sont encore cachés Patti Nielsen et une cinquantaine d’autres personnes, élèves, secrétaires et bibliothécaires.

Ouvrant les portes en grand, la fusillade reprend de plus belle ! Eric et Dylan tirent dans tous les sens en riant comme des damnés, proférant des injures racistes, se baissent sous les tables pour effrayer leurs camarades, et tuent froidement l’un d’eux d’une balle dans la tête. Pour les deux meurtriers, c’est un grand moment d’euphorie : les cris et les supplications ne font que les encourager de plus belle.

Cachée derrière un grand fauteuil, Patti Nielsen les entend marcher dans sa direction ; elle retient son souffle, sent que sa fin est proche. Elle ferme les yeux, souhaite que tout se termine vite et puis elle les entend s’éloigner, comme s’ils avaient changé d’avis ou repéré une autre cachette.

Entre-temps, la police départementale accompagnée de plusieurs agents du FBI sont arrivés sur les lieux. Ils encerclent le lycée et ordonnent aux deux garçons de se rendre séance tenante. Pour toute réponse  Dylan et Eric ripostent avec des tirs de mitraillette.

En quelques minutes seulement, ils viennent de tuer dix personnes et d’en blesser douze autres gravement dans la bibliothèque. Près de 100 cartouches ont été utilisées pour perpétrer ce carnage. Le sang macule toute la moquette et des impacts de balles sont visibles partout sur les murs. Dans un accès de rage, les deux assassins ont même cassé des tables et des chaises, avant de finalement quitter les lieux et de redescendre au rez-de-chaussée.

Ils font encore un dernier tour dans la cafétéria, qu’ils vandalisent, essayent de réenclencher les bombes déposées là, en vain. N’y parvenant pas, ils lancent un cocktail Molotov. Le feu se déclenche instantanément. Les deux garçons tirent encore quelques balles en l’air, histoire de faire peur.

Soudain, comme épuisés, ils s’arrêtent. Eric saigne du nez, Dylan est blessé à la main par une balle qui a ricoché. Ils prennent une dernière fois le temps d’observer l’étendue du massacre avant de finalement remonter à la bibliothèque à 12 : 00. Là, ils se tirent chacun une balle, Dylan dans la tempe gauche et Eric dans la bouche. Ils s’effondrent l’un à côté de l’autre.

Puis c’est le silence, effrayant et glacial. Personne n’ose encore bouger de sa cachette ni faire le moindre geste.

Une première équipe de secours, accompagnée de policiers, pénètre alors dans le lycée à 13 :00. Ils ratissent toutes les salles, classe par classe, commençant par le rez-de-chaussée jusqu’aux étages supérieurs et le toit, où la plupart des victimes sont découvertes.

Puis les policiers retrouvent les corps sans vie des deux tueurs dans la bibliothèque, ainsi que Patti Nielsen et ses protégés, plus morts que vifs sous les tables. Le directeur, Franck DeAngelis est, quant à lui, retrouvé dans son bureau, sans une égratignure mais en état de choc : la porte de son bureau a été criblée de balles. Le professeur Dave Sanders meurt des suites d’une hémorragie due à sa blessure dans le dos.

En ce jour fatidique du 20 avril 1999, le défilé des ambulances et des sirènes des voitures de police ne cessent de la journée. Les retrouvailles des rescapés de la tuerie avec leurs parents sont immortalisées par les caméras de télévision du monde entier. Dans la soirée, le lycée Columbine est mis sous scellé et déclaré comme scène de crime. L’Amérique tout entière est sous le choc en apprenant la nouvelle.

Source : ici.radio-canada

Dylan Klebold et Eric Harris ont tué en tout 13 personnes et en ont blessé gravement 24 autres. Jamais encore un massacre de cette ampleur n’avait eu lieu dans un établissement scolaire américain !

Un mémorial aux victimes a été érigé devant le lycée Columbine, deux mois suivant le massacre. Parmi elles figurent le professeur Dave Sanders, âgé de 47 ans au moment de sa mort, ainsi que les élèves Rachel Scott, Kyle Velasquez, Matthew Kechter et John Tomlin pour ne citer qu’eux. Tous étaient âgés entre 15 et 18 ans.

Les motivations de Dylan Klebold et Eric Harris ont été longuement étudiées par le département de Police d’État du Colorado. Leurs journaux intimes et les vidéos de leurs court-métrages ont été saisis et rendus publiques peu de temps après le massacre. Selon les enquêteurs, le harcèlement et les humiliations subit par Klebold et Harris pendant leurs quatre années passées à Columbine reste l’une des raisons majeures de leur passage à l’acte. Brooks Brown, l’ancien ami d’enfance de Dylan, déclare à ce sujet : « Tuer des lycéens a été plus facile pour eux que de trouver leur place dans ce lycée. »

Robyn Anderson, l’amie de Dylan qui s’est occupée de l’acquisition des armes, n’a pour sa part, jamais été poursuivie par la justice.

Ce drame, qui a durement secoué les États-Unis, fera en sorte que le système de sécurité dans les écoles élémentaires et secondaires soit très renforcé, notamment à travers des systèmes de détecteurs de métaux et de traçage, par le biais de code d’identification personnelle.

Source : kdvr

Depuis le drame de Columbine, le parti démocrate américain n’a pas cessé de remettre sur la table le sujet épineux de la possession d’armes à feu. Le président Barack Obama a, lui aussi évoqué plus d’une fois la chose, sans avoir de retour favorable. Depuis, la loi est restée inchangée et beaucoup d’Américains se disent toujours favorables à la libre circulation d’armes à usage personnel.

Columbine est depuis rentré dans la culture populaire et a fait l’objet de plusieurs adaptations cinématographiques et littéraires. Certains rescapés du massacre ont également rédigé des livres sur le sujet.

La famille Klebold a déménagé à New York juste après le drame et vit aujourd’hui sous un nom d’emprunt. La famille Harris est, quant à elle, retournée au Kansas.

Le lycée Columbine a été entièrement rénové un an après le massacre. Une nouvelle cafétéria et une nouvelle bibliothèque notamment ont été construites. Les sites de l’ancienne cafétéria et de l’ancienne bibliothèque ont été transformés en mémorial commémoratif. Franck DeAngelis y occupe toujours le poste de proviseur et Patti Nielsen y enseigne toujours les arts plastiques.

Le 20 avril 1999 à Littleton, au Colorado, deux adolescents, Dylan Klebold et Eric Harris, ouvrent le feu sur leurs camarades du lycée Columbine. Les deux garçons, armés d’un véritable arsenal de guerre, vont ainsi tirer pendant cinquante minutes non-stop sur les élèves et les professeurs…, avant que la folie meurtrière ne s’achève par le suicide des deux amis !

Surgissent alors les interrogations : pourquoi Eric Harris et Dylan Klebold, deux adolescents pourtant cultivés et intelligents ont-ils commis l’irréparable ? Quel a été l’élément déclencheur de cette folie meurtrière duettiste ?

Les sources :

 


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Les Mille et une vies de Billy Milligan

Les Mille et une vies de Billy Milligan

Octobre 1977. Un suspect pas comme les autres comparait devant le tribunal de Columbus, dans l’état de l’Ohio, pour séquestration et viols à répétition sur trois jeunes filles qu’il a kidnappées quelques mois auparavant, sur le parking de leur université. Son nom : Billy Milligan.

A y voir de plus près, l’accusé de vingt-trois ans peut ressembler à n’importe quel autre jeune de son âge. Pourtant, après des examens psychologiques approfondis, il s’avérera que Billy Milligan n’est pas la personne que l’on croyait. Car en réalité, il n’y a pas qu’un seul mais bien plusieurs Billy !

L’histoire de Billy Milligan va provoquer une onde de choc aux États-Unis, qui vont, pour la première fois, plonger dans les tréfonds du mystérieux et effrayant trouble dissociatif de la personnalité, ou personnalité multiple !

 


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L’énigme de l’ordre du Temple solaire

L’énigme de l’ordre du Temple solaire

À l’approche de l’an 2000, beaucoup de sectes apocalyptiques se sont mises à préparer leur départ vers une autre dimension. Dans cette lancée, entre octobre 1994 et mars 1997, elles sont bien 74 personnes à avoir ont trouvé la mort : brûlées dans des incendies et placées en cercles dans des chalets.

L’Ordre du Temple Solaire reste, à ce jour, l’une des plus grosses affaires de dérive sectaire de la fin du 20ème siècle. C’est une organisation criminelle qui s’est toujours targuée d’être à but non lucratif et d’agir pour le bien commun.

Comment tout cela a-t-il commencé ? Comment les adeptes ont-ils été enrôlés ? Qui se cache réellement derrière la façade bien vernie des deux gourous emblématiques, Jo Di Mambro et Luc Jouret ?

 


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Ian Brady et Myra Hindley, les tueurs de la lande

Ian Brady et Myra Hindley, les tueurs de la lande

Nous sommes au début des années 60, dans une cité ouvrière de la périphérie de Manchester. Ici vit la working class, la main d’œuvre immigrée des quatre coins de l’Angleterre.

Dans ce contexte socio-économique trouble, de mystérieux enlèvements et meurtres d’enfants viennent défrayer la chronique. Entre juillet 1963 et octobre 1965, cinq enfants et adolescents sont violés atrocement mutilés, et leurs restes enterrées à Saddleworth Moor.

La longue enquête menée par la police départementale de Manchester va progressivement mettre la en lumière sur deux personnalités immorales et démoniaques : Myra Hindley est une charmante blonde, et son compagnon, Ian Brady !

 


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