Chloe Ayling, kidnappée pour être vendue sur le dark web !

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Chloe Ayling, jeune mannequin anglaise, est promise à une carrière prometteuse dans le milieu de la mode. À tout juste vingt ans, elle a à son actif diverses couvertures de magazines, des shootings avec des photographes célèbres et son compte Instagram cumule plus de 100 000 followers.

Pourtant, tout va basculer le 10 juillet 2017, quand elle est invitée à participer à une séance photo dans un studio milanais. Droguée, menottée, jetée dans le coffre d’une voiture, le cauchemar commence pour Chloe quand elle apprend que les enchères sont en cours pour sa vente sur le dark web au profit d’un puissant réseau de traite humaine : The Black Death, littéralement : La mort noire.

Source : meaww

Si, dans les médias britanniques, l’affaire provoque un véritable tsunami, il reste que des voix s’élèveront pour dénoncer un coup monté, concocté par l’intéressée elle-même. Où est le faux du vrai ?

C’est ce que je vous invite à découvrir avec moi à travers notre affaire criminelle d’aujourd’hui.

Nous sommes le matin du mercredi 12 juillet 2017 au siège de l’agence de mannequinat Supermodel. Le directeur de la boite, Phil Green, est assis devant son ordinateur pour consulter ses mails comme il a l’habitude de le faire chaque matin.

Autodidacte, ayant commencé à zéro, Phil Green est l’un de ces patrons qui n’a pas honte d’afficher son succès, parfois de façon très flagrante. Son agence compte plus d’une centaine de modèles ; elle se spécialise depuis la fin des années 80 dans le » glamour modeling », mettant en avant des filles dont les mensurations ne répondent pas toujours aux critères des défilés haute couture mais qui font néanmoins l’affiche de la fameuse » page 3 » des tabloïds chaque semaine.

Il faut savoir qu’au Royaume-Uni, la page 3 en question est destinée à montrer hebdomadairement les dernières jeunes femmes appartenant aux diverses agences de mode, dans des postures sexy, souvent en petite tenue ou carrément toutes nues.

Depuis des années, les filles de Supermodel Agency peuvent se targuer de détenir le haut de l’affiche de cette page de journal, au plus grand bonheur de son directeur.

Phil Green fait défiler la quantité astronomique du courrier qu’il a l’habitude de recevoir : il y a là des offres d’emploi dans des salons d’automobile, des photographes à la recherche d’un mannequin et même de richissimes particuliers en quête d’hôtesses d’accueil pour leurs galas et soirées privées.

Suffisamment riche pour accepter et décliner les propositions à sa guise, Phil Green note les offres les plus alléchantes, provenant essentiellement de Dubaï ou des États-Unis. Pourtant, parmi les mails, un seul se démarque, envoyé par une adresse mail à la connotation inhabituelle, une certaine organisation intitulée » Black Death ». Pourquoi ça n’a pas fini dans la boite à SPAM ? Se demande le directeur. Intrigué, il ouvre précipitamment le mail :

« Nous avons Chloe Ayling ! Si vous ne payez pas 300 000 dollars dans les prochaines 24 heures, elle sera vendue sur le dark web ! Vous êtes prévenu ! »

Londres, début mars 2017

— C’est bon, tu peux aller te changer !

Chloe Ayling vient de finir une séance photo pour la publicité d’une nouvelle marque de barres de céréales énergétiques. Elle qui déteste d’habitude ce genre d’aliment a dû croquer à pleines dents dans la barre à chaque prise avant de la recracher, hors caméras.

Chloe a vingt ans, c’est une jeune femme blonde rayonnante, bien dans sa peau, belle, attrayante et sûre d’elle. Cela n’a toujours pas été le cas et cela lui a pris des années avant d’accepter de poser nue pour certains magazines « pin up ».

En quittant le studio photo de West Ham, elle prend un taxi direction Gainsborough où siège son agence de mannequinat. Elle a rendez-vous avec son patron qui l’a appelée ce matin, il n’a pas voulu s’étendre sur le sujet et lui a parlé brièvement d’une certaine proposition intéressante à Paris.

Au seul mot « Paris », Chloe s’est sentie pousser des ailes. Depuis le temps qu’elle voulait se rendre là-bas pour participer à quelque chose, c’est peut-être l’occasion rêvée !

Mais avant d’aller plus en avant dans le récit, je vous propose d’en savoir un peu plus sur Chloe Ayling.

Elle est née le 25 novembre 1997 à Coulsdon, d’une mère polonaise et d’un père anglais. Son père quitte la maison peu de temps après sa naissance et Chloe grandit exclusivement avec sa mère, qui ne se remariera pas par la suite, préférant se dévouer à l’éducation de sa fille.

Chloe a une enfance idyllique, et ce, malgré les difficultés économiques que sa famille monoparentale traverse. Sa mère travaille dur pour qu’elle ne manque jamais de rien. C’est une excellente élève à l’école et elle s’intéresse beaucoup aux sciences et la philosophie. Elle pratique aussi beaucoup de sport : gymnastique rythmique, cheval, natation, course à pied.

Pendant son adolescence, alors que ses copines rivalisent en petits copains et soirées dansantes, Chloe préfère rester à la maison pour étudier. Elle est timide, introvertie et a du mal à aborder les garçons ; d’ailleurs son cercle amical est très restreint.

L’année de ses seize ans marque un tournant dans sa vie. Elle commence à se désintéresser des cours, à sortir beaucoup le soir, à fumer, à boire et à adopter un look des plus provoquant. C’est lors d’une de ces soirées qu’elle rencontre Connor, lui aussi lycéen, et ils tombent amoureux. À dix-sept ans, Chloe tombe enceinte et ne se présente pas aux épreuves du baccalauréat. Elle donne naissance à un petit garçon prénommé Ashton. Elle est sur un petit nuage et consacre beaucoup de temps à son bébé.

Cependant, le couple qu’elle forme avec Connor, le père de son enfant, bat de l’aile, les jeunes gens ne se supportent plus. Ils finissent donc par se séparer six mois après la naissance de leur bébé.

Chloe reprend le chemin du lycée l’année suivante, elle repasse son bac, l’obtient avec une bonne note, s’inscrit en licence de psychologie et suit en parallèle un cursus de musicologie à la Trinity Laban Conservatoire of Music and Dance. C’est là qu’elle découvre la photographie dont elle souhaite faire son métier. Pourtant, c’est vers le mannequinat que son ambition professionnelle commence à pencher.

Blonde au physique avantageux, Chloe Ayling se fait d’abord connaître en réalisant des vidéos très populaires en Angleterre, intitulées « Football strip-tease ». Diffusées sur YouTube, elles mettent en scène une sorte de pari où, à chaque fois que l’équipe de football qu’elle est censée représentée perd, Chloe est obligée d’enlever le haut de son maillot. Les vidéos montent rapidement en tendance. À côté de cela, elle participe aussi à des vidéos gags.

Malgré les apparences, sa collaboration sur YouTube ne lui rapporte pas gros à cette époque mais cela participe d’un autre côté à populariser son image.

Avec l’avènement d’Instagram et d’autres réseaux sociaux du même genre, Chloe Ayling devient influenceuse et publie des photos d’elle, souvent en petite tenue. Sa page Insta cumule rapidement plus d’une centaine de milliers de followers. Elle y donne des conseils beauté, des astuces pour perdre du poids ainsi que des tutoriels de maquillage.

L’année 2016 lui ouvre les portes du star system : au mois d’août, elle signe son premier contrat avec Supermodel Agency, une agence de mannequinat très célèbre à Londres.

Dès lors, les choses vont s’accélérer.

Le tabloïd Daily Star commence à lui faire de l’œil, elle est sélectionnée plusieurs fois pour tenir le haut de l’affiche de la 3e page du fameux tabloïd. Elle participe aussi au programme de télé-réalité Celebrity Big Brother 22.

Sollicitée par beaucoup de photographes britanniques, elle gagne alors 500 livres par séance photo, une somme assez intéressante pour un mannequin non professionnel, encore à ses débuts.

Phil Green, directeur de Supermodel, la traite en » protégée » et veille à lui fournir les offres les plus intéressantes.

Pas assez grande de taille ni assez maigre pour devenir un mannequin de podium, elle adapte sa physionomie au glamour modeling. Ses atouts ? Un visage parfaitement ovale encadré d’une crinière blonde peroxydée, des traits slaves et une silhouette tout en courbes. Chloe Ayling incarne une sorte de pin-up des temps modernes à la manière d’une Marilyn Monroe, et devient en un rien de temps le fantasme de milliers d’hommes à travers le pays.

Mais le succès ne monte pas à la tête de la jeune femme qui veille toujours à bien sélectionner les gens pour qui elle travaille. Elle demande alors souvent conseil à son agent et directeur pour prendre toutes ses décisions professionnelles. Ce dernier veille à tout mais est également celui qui donne son accord pour la moindre proposition.

À l’origine, Phil Green était un avocat londonien qui n’a jamais fréquenté le milieu du showbiz, même s’il y avait ses entrées. Homme rusé et ambitieux, il frappe un grand coup (et les esprits) en fondant Supermodel Agency en 1987, une agence qui va s’étoffer au fil des années jusqu’à se faire une place dans le milieu de la mode britannique et internationale.

En 2017, l’agence de Phil Green entre dans sa 30e année d’existence. Elle peut se targuer de posséder un large catalogue de modèles glamour ainsi que des influenceuses. Phil Green lance la carrière de plusieurs tops modèles en herbe comme celle des sœurs jumelles Laura et Klaudia Badura, ou encore Geri Halliwell, la célèbre Spice Girl rousse au début des années 90.

Beaucoup de « ses filles » sont présentes aussi dans des calendriers érotiques comme FHM, Playboy ou Maxim. La plupart détiennent aussi le monopole des tabloïds à cancans, comme The Sun ou The Daily Mirror.

Pour repérer ses futures starlettes, Phil Green mène la plupart de ses recherches en ligne, la sélection se fait généralement par le biais des réseaux sociaux où tout un florilège d’influenceuses rivalisent de beauté, d’atouts de charme et d’ambition.

Green reçoit chaque jour une quantité impressionnante de mails des quatre coins du monde afin de solliciter ses mannequins. Les demandes et les critères diffèrent : cela peut être pour des événements sportifs, des séances photos en catimini, des galas de charité, des événements équestres ou pour des publicités. Parfois, il approuve même quelques demandes de fétichistes à coups de billets de banque.

Certaines chaînes de télévision ont aussi recours à l’agence pour embaucher des candidates pour des reality shows, du style de L’Île de la tentation (Love Island au Royaume-Uni).

En bon businessman sans scrupules et avide d’argent et de contacts influents, Phil ne repousse aucune demande. Il va jusqu’à organiser lui-même des soirées et des galas dans les boites et les discothèques les plus branchées de Londres, où afflue la jet-set internationale. La plus prisée est celle qui arrive des Pays du Golfe, car elle considérée comme la plus friquée et la moins exigeante, pourvue que la fille soit blonde, jolie et sans trop de barrières morales.

Outre ses soirées VIP devenues en quelque sorte sa « poule aux œufs d’or », Phil Green a trouvé un autre moyen pour générer plus de profit. Si l’une des filles de l’agence attise la convoitise d’un riche prince du Golfe ou d’une star de football, le directeur de Supermodel Agency s’emploie alors à faire le buzz en créant de toutes pièces une situation compromettante, entièrement tournée, souvent avec la complicité du mannequin en question.

En vendant l’anecdote « truquée » aux tabloïds, Phil Green empoche 20 % des bénéfices, sans compter les photos préfabriquées où le mannequin est prise dans des postures assez suggestives avec son Sugar Daddy du moment : le cliché peut alors être évalué à plusieurs milliers de livres sterlings.

C’est ainsi que les choses marchent dans ce milieu fermé et inaccessible pour les gens qui ne partagent pas ses valeurs.

Assise dans le bureau à baies vitrées de son patron, Chloe Ayling commence à étudier avec lui la proposition qu’il vient de lui faire.

Phil Green raconte qu’il vient de recevoir le mail d’un présumé photographe de mode italien, un certain Andre Lazio qui souhaite que Chloe vienne participer à une séance photo dans son atelier parisien. Elle devra porter des tenues en cuir très moulantes pour une publicité de magazine de voitures.

Phil Green ajoute que dans son mail, le photographe s’est montré très professionnel, allant jusqu’à détailler tout le déroulement de la séance, citant le genre de tenues que la jeune femme sera amenée à porter, etc.

Outre son cachet, la prestation inclus également le billet d’avion aller-retour et le séjour dans un hôtel 4 étoiles, le Madeleine Plaza, au centre de Paris.

Chloe brûle de dire oui sans écouter les recommandations de son agent. Il faut dire que c’est bien la première fois qu’un photographe étranger lui fait une proposition aussi intéressante.

Néanmoins, Phil Green s’emploie les jours suivants à mener sa propre enquête personnelle pour s’assurer de la crédibilité et la véracité des propositions de ce photographe italien. Par le passé, beaucoup de ses recrues ont eu de mauvaises surprises en partant à l’aveuglette dans des « studios » qui, en vérité, n’en étaient pas.

Il cherche sur internet l’adresse d’Andre Lazio ainsi que la localisation de son atelier à Paris : oui, l’endroit existe bel et bien ainsi que le photographe en question, donc ce n’est pas un leurre. Green insiste quand même pour avoir des photos du studio en question, ce que Lazio lui envoie sans hésiter, ne demandant qu’à répondre à ses attentes. Tout compte fait, tout semble parfait : Chloe peut y aller les yeux fermés.

La jeune femme est émerveillée par cette opportunité : voyager, se faire prendre en photo, aller dans des endroits chics et chers, faire du shopping, descendre dans l’un des meilleurs hôtels de Paris, le rêve ! C’est d’ailleurs pour ces raisons qu’elle avait signé son contrat avec l’agence le premier jour, non pas pour se contenter de poser pour des calendriers érotiques.

Comme convenu, Chloe s’envole pour la France le 20 avril 2017, le shooting devant avoir lieu dès le lendemain. À son arrivée à l’aéroport d’Orly, elle est récupérée par un collaborateur du photographe, qui la mène directement à son hôtel. Dans la soirée, la capitale française est secouée par une attaque terroriste perpétrée sur les Champs-Élysées, une attaque qui coûtera la vie à un policier. La France, qui a été traumatisée par les attaques de Charlie Hebdo seulement deux ans auparavant, décrète une journée de deuil national.

Dans l’incapacité de travailler dans ces conditions, Andre Lazio (que Chloe ne rencontrera jamais) annule la séance photo, lui envoie 600 euros de dédommagement ainsi qu’un taxi pour la ramener à l’aéroport. Elle rentre en Angleterre, un peu déçue mais soulagée de ne pas avoir été victime du récent attentat où des touristes allemands et britanniques ont été grièvement blessés.

Nous sommes début juillet 2017. Chloe reçoit un appel de Phil Green, il a apparemment une nouvelle offre pour elle, beaucoup plus intéressante que celle qu’elle n’a pu réaliser à Paris, et il se trouve qu’Andre Lazio, le photographe italien est encore derrière. Décidément, il semble très intéressé pour travailler avec la jeune femme.

Andre Lazio sollicite Chloe Ayling cette fois-ci encore pour réaliser un shooting à Milan. Il offre une rémunération intéressante : 700 euros le cliché. Phil Green donne son accord, et le 10 juillet 2017, le top model arrive à l’aéroport Milano Linate.

Contrairement à la dernière fois, personne n’est là pour l’attendre. Pour seul point de repère, elle a juste l’adresse du studio, situé à deux pas de la gare Milano Centrale. Elle monte dans un taxi, direction le centre-ville.

Il fait beau, les cafés sont remplis de monde, il flotte comme un air de dolce vita dans l’air. De la fenêtre du taxi, Chloe voit défiler la vie milanaise devant ses yeux, l’élégance presque naturelle des Italiens l’émerveille et lui fait oublier la brume londonienne.

Le taxi s’arrête, elle paye, récupère sa valise et descend. Elle longe la gare et arrive devant un immeuble où se trouve le studio d’Andre Lazio. Là encore, personne pour l’attendre. Chloe est un peu perplexe mais refuse de s’inquiéter : certains « artistes » agissent comme cela, peut-être qu’il n’a trouvé personne pour la récupérer à l’aéroport. Elle jette un regard sur son téléphone : hormis un message vocal de Phil Green où il lui dit « merde » pour la bonne fortune et une photo de son fils envoyé par sa mère sur WhatsApp, aucune nouvelle du photographe, ne serait-ce que pour lui demander si elle est bien arrivée en Italie.

Chloe pousse la lourde porte de l’immeuble et traverse un long couloir sombre avant de s’arrêter devant une porte, où il est écrit « Studio Foto ». Ah bah tiens, c’est là !

Mais avant de faire le moindre mouvement pour sonner, c’est le trou noir.

« Une personne portant des gants est arrivée derrière moi, a mis une main sur ma nuque et l’autre sur ma bouche, tandis qu’une deuxième personne vêtue d’une cagoule noire m’a injecté un produit dans le bras droit… »

Chloe ne se réveille que quelques heures plus tard, encore sous l’effet de la drogue qu’on lui a injectée (au fait, c’est de la kétamine) pour remarquer qu’elle est pieds et poings liés, que sa bouche est fermée par de l’adhésif et qu’elle est prisonnière d’un sac. Seule, une ouverture a été laissée pour qu’elle puisse respirer. Mais où est-elle ? dans une cave, un grenier, une cachette ?

Chloe remarque que quelque chose bouge en dessous d’elle, qu’elle est en mouvement. Peinant à retrouver complétement ses esprits, elle comprend finalement qu’elle est dans le coffre d’une voiture, que cette dernière roule à toute allure vers une destination inconnue et qu’elle, Chloe, est maintenant un otage !

La panique cède la place à la stupeur du début. La jeune femme se débat, tente d’enlever les cordelettes qui lui serrent les poignets, impossible ! Elle parvient tout de même à décoller une partie du scotch noir qui lui ferme la bouche et se met à hurler en anglais :

— HELP ! HELP ! SOMEBODY HELP ME !

Le véhicule s’immobilise, Chloe sent qu’il descend un peu en contrebas du chemin. Elle se recroqueville sur elle-même, son cœur bat la chamade, elle entend des pas lourds, elle ferme les yeux, redoutant le pire. Peut-être que son kidnappeur possède une arme et qu’il vient l’achever ! Elle a une pensée pour son bébé de deux ans, resté à Londres avec sa grand-mère. Un hoquet puis un gros sanglot lui montent à la gorge :

— Qu’est-ce qui se passe ici ? C’est quoi ce boucan ? La ferme, salope !

Face à la jeune femme, il y a là, debout, deux hommes masqués, vêtus de blousons noirs en cuir ; seuls, leurs yeux clairs et figés se détachent de la masse noire de leur accoutrement. Illico, l’un d’eux lui remet du scotch sur la bouche avant de rabattre sur elle la portière du coffre. La voiture redémarre et reprend son chemin.

Combien de temps ont-ils roulé comme cela ? Où se trouve-t-elle à présent, est-elle toujours en Italie ou dans un autre pays frontalier ? Plein de questions se bousculent dans la tête de Chloe, qui doit lutter contre une terrible envie de vomir et un mal de tête lancinant.

La voiture finit quand même par s’immobiliser. Chloe, qui s’est rendormie vers la fin du trajet, se réveille en sursaut. Elle remarque qu’autour d’elle, les voix se font plus fortes. Elle ressent du mouvement, de la précipitation, et puis le coffre s’ouvre vivement ; il fait nuit, les deux individus masqués de tout à l’heure projettent à présent sur elle la lumière pâle de leurs torches, Chloe en est presque aveuglée.

— Où est-ce qu’on est ? Pourquoi m’avoir amenée ici ? Qui êtes-vous ?

À ce moment, elle ignore encore qu’elle est dans une ferme isolée de Borgiallo, quelque part dans la région rurale de Turin. On lui applique un mouchoir sur la bouche, elle perd à nouveau connaissance.

Le 11 juillet 2017

Il est quelle heure ?

L’heure, quand on est en détention, a une valeur différente de celle qu’on a lorsqu’on est dehors. Entre quatre murs, la notion du temps se perd, les journées sont rythmées par le lever du jour et le coucher du soleil, tout vit à un rythme ralenti, les heures se dédoublent, voire se triplent, s’éternisent. Comment tuer le temps quand on est en détention ?

Chloe s’est réveillée en émergeant d’un horrible cauchemar, elle avait rêvé que deux hommes cagoulés, parlant avec un fort accent russe ou polonais, l’avait jetée dans un coffre pour la kidnapper. Les paupières lourdes, la bouche pâteuse, la gorge sèche, elle jette un regard embué sur la pièce, ses poignets lui font terriblement mal. Elle retrouve peu à peu ses esprits, constate avec horreur que ce n’est pas un mauvais rêve mais bien la réalité ; elle essaye alors de se mettre debout, mais elle en est incapable : son pied est attaché à une commode, et ses mains, derrière le dos.

Ses vêtements aussi ont disparus, elle n’a plus sur elle qu’un body rose et des chaussettes grises sales, elle a apparemment beaucoup transpiré car des auréoles humides maculent son vêtement.

Prisonnière ! Elle est prisonnière !

Alors, elle se remémore l’aéroport de Milan, qui semble à présent si lointain, du cappuccino qu’elle avait pris dans un café près de la gare de Milano Centrale, elle se rappelle les premières paroles italiennes lancées par une jeune garçon : « Ciao bella, dove vai ? » (salut beauté, tu vas où ?), elle n’avait su quoi répondre alors elle lui avait souri…

Mais qu’est-elle donc venue faire en Italie ? Mais oui, la séance photo avec le photographe, Andrew, Andrea, non, Andre Lazio !

La chambre ne paye pas de mine, elle ressemble à ces pièces à vivre des maisons campagnardes italiennes avec leur plafond haut, leur sol dallé, leurs fenêtres en forme de lucarne, leur peinture jaune aux murs, un crucifix et une bassine accrochée à un piquet.

Chloe a mal partout, ses poignets sont rouges et certainement blessés, tant le lien est serré. Qui la retient prisonnière ici et pourquoi ? Elle se pose et se repose la question des centaines de fois. Gagnée par l’épuisement, elle sombre à nouveau dans le sommeil aux allures de coma.

Le flash d’un appareil photo la réveille en sursaut ; elle tente de se lever et, dans sa précipitation, oublie que son pied est retenu à une commode. Elle retombe douloureusement. L’un de ses ravisseurs l’a prise en photo à son insu, pendant qu’elle dormait. Chloe, qui est alors beaucoup trop choquée pour pleurer, commence à évaluer ses chances d’évasion : très minces !

Source : twnews

Quelques instants plus tard, un autre individu se présente devant la jeune femme. Contrairement aux autres, celui-ci n’est pas masqué. Le top model aperçoit son visage : il a des cheveux blonds, le teint blême et parle l’anglais avec un fort accent d’Europe de l’Est.

— Mon nom est MD et tu es ma prisonnière désormais. Je ferai de toi tout ce que je veux et tu me dois une obéissance complète, sinon tu sais ce qui t’attends ! Pigé ?

Incapable de faire le moindre mouvement, Chloe essaye de détourner la tête, alors l’homme s’agenouille à côté, s’empare de ses cheveux qu’il lui tire :

— J’ai rien entendu ! Hein, j’ai rien entendu, t’as dit quoi ?

— Laissez-moi rentrer chez moi ! Supplie Chloe en éclatant en sanglots.

— Non, je ne pense pas !

MD lui explique alors les faits : la séance photo pour laquelle elle a été conviée ici n’était qu’un leurre, c’est d’ailleurs lui, Andre Lazio, le fameux photographe. Elle est tombée dans le piège, dans la gueule du loup, envoyée tel un morceau de viande par son cupide patron assoiffé d’argent.

— Tu seras vendue prochainement en tant qu’esclave sexuelle sur le net, nous sommes en pleines négociations concernant le prix… Tu sais que tu vaux une petite fortune toi ?

Il lui pince les fesses avec ses ongles trop longs. Chloe a un geste de recul, elle détourne la tête et se met en position de fœtus, comme pour se protéger.

Sans se démonter, MD commence alors à lui expliquer le processus du déroulement de sa vente : une fois achetée sur le dark web, elle atterrira vraisemblablement au Moyen Orient où les belles filles blondes dans son genre sont très prisées. Ses futurs « propriétaires » se la passeront entre eux à chaque fois, et elle devra faire exactement tout ce qu’ils lui ordonneront.

— Les hommes de ces contrées finissent toutefois par se lasser des blondes et de retourner aux leurs, les brunes bien dodues aux gros nichons et grosses cuisses ! Ajoute MD en se curant le nez avec son index.

Chloe ne veut pas en entendre davantage, elle se serait volontiers bouchée les oreilles mais elle en est incapable.

— Tu sais comment tu finiras quand ils en auront fini avec toi ? Bah, ils te jetteront en pâture aux tigres, paraît que c’est l’équivalent des chiens et des chats là-bas…

La jeune femme éclate à nouveau en sanglots, cette fois-ci très bruyants. MD lui ordonne de se taire sinon il la frappera. Ses sanglots reprennent de plus belle ; d’un poing menaçant, son ravisseur lui intime de ne plus pousser un seul son, il se met à jurer en polonais, sa langue natale. Chloe, qui a compris tout ce qu’il a dit, lui murmure doucement :

— Vous êtes polonais, n’est-ce pas ?

— Tu poses pas de questions !

— Ma maman chérie est polonaise aussi…

MD fait un rire méprisant avant de verrouiller la porte.

Le 12 juillet 2017, deuxième jour de captivité.

La nature reprenant ses droits, Chloe est contrainte d’uriner dans ses vêtements, ses geôliers lui refusant l’accès aux toilettes. En fin de matinée, son estomac commence à émettre des gargouillis.

« Mon dieu que j’ai faim ! » Pense-t-elle.

En fin d’après-midi, MD revient auprès d’elle. Constatant l’état de ses vêtements trempés d’urine, il la détache et lui donne même un verre d’eau glacée, qu’elle vide d’une traite.

Chloe jette un regard mortifié sur ses poignets rougis et blessés par endroits, elle redoute le retour des lanières, mais MD ne semble apparemment pas encore enclin à l’attacher. Aujourd’hui, il est d’humeur calme, du moins, moins menaçante que la veille. Chloe sait que les brusques changements d’attitude sont le signe d’une pathologie mentale dangereuse, alors elle se fait plus conciliante, s’efforçant de laisser paraître un air brave et détaché.

Sans qu’elle ne lui demande, MD commence à lui faire le récit de son parcours en tant que malfrat. Il raconte comment il a déjà gagné 15 millions de dollars en l’espace de cinq ans, rien qu’en vendant des filles sur le dark web, des filles issues des pays de l’Est pour la plupart, mais aussi des Asiatiques, des Africaines et des Maghrébines.

— Chaque client à ses préférences, il faut s’efforcer de satisfaire tout le monde, c’est ça mon job !

Il revient sur le sujet de la vente évoqué la veille : tout sera orchestré par The Black Death, l’organisation mafieuse qui s’occupera de la transaction.

Selon MD, l’organisation serait aussi dangereuse que la mafia russe ou chinoise, avec qui elle collabore parfois. Il lui annonce aussi le prix qui a été fixé pour elle : 300 000 dollars.

— Faut que tu saches que j’ai largement participé à faire monter les enchères ! Alors, t’es contente ?

Se sentant à présent comme une bête en cage, Chloe baisse les yeux, une larme lui roule le long de la joue. L’haleine chargée de MD lui souffle sur le visage :

— Si tu essayes ne serait-ce qu’une fois de t’échapper, l’organisation s’en prendra à ta mère et à ton fils, tu as compris ?

La porte se referme à nouveau sur la jeune femme qui écoute le bruit du verrou tourner dans la serrure. À présent, ce n’est plus qu’une question de temps, songe-t-elle, à nouveau elle sera prise en photo, jetée dans un sac de marchandise, acheminée dans un coffre, puis dans un cargo vers une destination inconnue.

Les scénarios les plus noirs commencent à s’entrechoquer dans sa tête, elle voit sa mère assise dans leur petite cuisine, son chapelet à la main, elle voit son petit Ashton, privé d’elle pour toujours, contraint de vivre avec son souvenir…

À mesure que le plan de son abominable vente lui est exposé avec ses évolutions, à mesure que Chloe se rend compte que cela ne sera plus qu’une question de semaines, voire de jours, elle se met à faire sa prière chaque soir, dès que la pièce entre dans la pénombre, murmurant entre ses lèvres les psaumes appris dans son enfance à la chapelle catholique du quartier.

De l’autre côté de la maison, MD est en train de faire les cent pas. Il a laissé tomber le masque ; à présent, seule la confusion, l’anxiété et la peur animent son regard.

En vérité, MD n’est qu’un surnom qu’il s’est attribué, son vrai nom est Lukasz Pawel Herba (prononcer Loukach Pavel Herbiya) et, comme Chloe, lui aussi vivait auparavant en Angleterre où ses parents polonais avaient immigré au début des années 80.

Source : thesun

Âgé d’une trentaine d’années, Pawel a depuis longtemps » flashé » sur la jeune femme en voyant ses photos à la troisième page du Daily Star. Il s’est pris à fantasmer sur elle, à s’imaginer en sa compagnie, se projetant comme amoureux, marchant main dans la main.

Incapable de l’approcher en temps normal, il a eu recours à toute sa perversion pour la faire tomber dans le piège.

Souvenez-vous de la séance-photo de Paris ajournée à cause des attentats, il se trouve que Pawel Herba était encore derrière tout cela. Sa première tentative ayant échoué, il n’a pas hésité à retenter une deuxième, allant jusqu’à s’inventer une identité, trafiquant des photos de studio trouvées sur internet pour se donner de la crédibilité, réussissant à leurrer des personnes aussi rusées que Phil Green.

Le 12 juillet, il envoie un mail à ce dernier pour lui extorquer les 300 000 dollars de rançon. Il signe sa missive par « The Black Death ».

L’histoire de l’organisme mafieux officiant dans le dark web n’est qu’une invention du cerveau malade de Pawel Herba. En vérité, il n’est question d’aucune vente aux enchères de Chloe, mais juste d’une tentative maquillée pour avoir de l’argent de son agence de mannequinat ou sa famille.

Les jours suivants, MD commence graduellement à se rapprocher de sa captive, il la laisse aller aux toilettes, lui fournit des vêtements de rechange et va même jusqu’à lui permettre de prendre une douche, à condition qu’il l’observe. Chloe n’a d’autre choix que d’accepter, espérant ainsi s’en tirer sans trop de dommages.

Le soir venu, MD demande à Chloe si elle veut bien dormir avec lui dans un vrai lit, elle accepte. Chloe retient son souffle pendant une bonne partie de la nuit, ne sachant quelle attitude adopter si son ravisseur l’obligeait à avoir un rapport sexuel avec lui, mais étonnement, il ne se passe rien et ils restent sagement allongés côte à côte jusqu’au matin.

Le quatrième jour de sa détention, Chloe remarque que le jeune homme tente de se rapprocher d’elle davantage en multipliant les gestes bienveillants : il lui apporte un petit-déjeuner et la regarde manger. À la fin du repas, il reprend un ton autoritaire pour lui rappeler le risque de mort qu’elle encourt si jamais elle tente de s’enfuir.

Chloe rentre dans son jeu, se montre conciliante, voire séductrice, espérant ainsi endormir sa méfiance. Flatté, MD commence à discuter avec elle. Le top model saisit la moindre occasion pour faire semblant de s’intéresser à lui, elle compte bien utiliser tous ses atouts pour piéger son ravisseur et s’enfuir de cette horrible maison.

MD baisse légèrement la garde, convaincu que Chloe est prête à ne jamais le quitter. Le soir venu, il lui avoue que son enlèvement a été une grave erreur de la part de l’organisation « Black Death » qui ignorait qu’elle était mère d’un enfant en bas âge et que, dans sa charte, il est strictement interdit d’enlever des mamans de jeunes enfants.

Il raconte que les acheteurs ne veulent pas s’embarrasser de cas sociaux comme le sien et qu’ils sont très exigeants. Il lui dit aussi qu’à l’origine, ce n’était pas lui qui devait la tenir en otage, mais en tant que membre influent de l’organisation mafieuse, il a préféré prendre les rênes de l’affaire pour éviter un quelconque malentendu ou situation foireuse.

Pourquoi ce brusque revirement de situation ? Pawel « MD » se sent-il déjà traqué par la police italienne et britannique ou est-il en proie à une crise de conscience ?

Pour la première fois depuis sa séquestration, Chloe sent que la situation est en train de tourner à son avantage. Sa terreur du début s’est graduellement estompée, mais surtout, le changement d’attitude de MD envers elle lui donne à croire qu’il est en train de perdre du terrain, comme s’il avait décidé de revenir sur sa décision. Peut-être que la Black Death a finalement trouvé une meilleure candidate qu’elle. La nuit venue, MD lui demande encore de venir dormir dans son lit, sans la toucher une seule fois. Pour la première fois depuis quatre jours, Chloe s’abandonne à un vrai sommeil.

Au cinquième jour de sa détention, MD lui sert à nouveau le petit-déjeuner et il lui fait une nouvelle révélation : ils se sont déjà vus une fois à Paris, que c’est même lui qui est venu la chercher à l’aéroport, il portait alors une grosse barbe et des lunettes noires. Chloe n’en croit pas ses oreilles.

MD, comme un enfant qu’on oblige d’avouer ses bêtises, fait son mea-culpa tête baissée : il est tombé follement amoureux d’elle mais a dû se résigner à abandonner en apprenant qu’elle était déjà maman d’un petit enfant. Selon ses critères à lui, ce n’était pas possible, il fallait qu’elle soit vierge, il a donc préféré ne pas aller plus loin. Néanmoins, son image ne l’a plus quitté, il a pensé à elle nuit et jour, chaque instant, chaque minute, au point d’en être obsédé.

La peur de Chloe revient au galop : et si, au lieu de la violer, MD finissait par la tuer, voire la garder ici pour toujours. Depuis qu’il lui a permis de faire un tour dans la maison sans pour autant sortir dehors, elle a rapidement remarqué qu’ils étaient en rase campagne italienne et que nulle ferme n’existait alentour.

Si MD la garde là, elle peut toujours crier pendant des jours, personne ne l’entendra.

Tôt le matin du 17 juillet, Chloe est réveillée en sursaut par son ravisseur qui, sans rien lui demander, lui met du scotch sur la bouche, lui fourre un sac sur la tête, la menotte et la traîne hors de la chambre.

Elle se met à le supplier, tombe à genoux, parlant en polonais : « Ne me tue pas, ne me tue pas, s’il te plaît, je suis ton amie, pense à mon bébé, pense à mon bébé ! »

Hop, il la jette dans le même sac dans lequel elle est arrivé six jours plus tôt, l’enferme dans le coffre et démarre la voiture.

Combien de temps roulent-ils ? Une heure, deux heures ?

Soudain, la voiture s’arrête, ça y est c’est la fin, pense la jeune femme, il va me tuer à présent c’est sûr !

Le coffre s’ouvre, le zip du sac aussi, une main puissante arrache la jeune femme cagoulée de sa cachette et la jette violemment par terre avant de redémarrer dans un grand bruit et repartir.

Chloe Ayling a la vie sauve ! Elle ne sait pas qu’à l’instant précis, elle est devant le consulat du Royaume-Uni à Milan.

Le retour de Chloe Ayling en Angleterre provoque un tsunami médiatique. Pendant des semaines, les journaux et la télévision nationale ne parlent plus que de cela.

Il est bon de préciser que peu de temps après avoir déposé Chloe devant le consulat britannique, Lukasz Pawel Herba a été arrêté par la police italienne.

Depuis, les versions et les témoignages contradictoires ne vont pas cesser, d’un côté comme de l’autre.

Selon beaucoup de témoins oculaires italiens, Chloe aurait été vue en train de se balader avec son ravisseur en plein centre de Milan et elle ne semblait pas du tout effrayée ou donnant l’impression d’être traquée. Des caméras de vidéo-surveillance les auraient même enregistrés, passant main dans la main à la manière d’un couple amoureux.

Selon l’ambassade britannique à Milan, Chloe aurait raconté que Lukasz était en fait son ami, le seul qu’elle aurait d’ailleurs en Italie, que lui-même était une victime téléguidée par l’organisation mafieuse Black Death qui le surveillait en permanence. Suite à cela, Chloe va se rétracter devant les médias anglais et dire qu’elle aurait était victime d’un lavage du cerveau qui aurait provoqué ses versions contradictoires.

Après cette annonce publique inattendue, l’Angleterre se fractionne : ceux qui croient à la thèse du kidnapping contre rançon et ceux qui affirment que Chloe Ayling a créé cette histoire de toutes pièces pour accaparer l’attention médiatique. Selon beaucoup de personnes, aucune organisation mafieuse venant d’Europe de l’Est et spécialisée dans la traite des humains ne laisserait partir une captive au bout de six jours de séquestration.

L’organisation Black Death elle-même est introuvable, aussi bien sur les moteurs de recherche usuels que sur le dark web. Elle n’a jamais existé.

Les nombreuses sorties médiatiques de Chloe, qui apparaît apaisée et souriante sur le plateau de la BBC, renforce l’idée selon laquelle elle aurait tout inventé. Elle s’attise les foudres des Britanniques quand elle qualifie de haters (haineux, rageux) ceux qui ne croient pas à sa dernière version des faits. Elle fera par la suite des excuses publiques en disant tout simplement :

« J’ai vraiment été séquestrée en Italie, j’ai craint pour ma vie à chaque minute qui passait, cela me brise le cœur de savoir que certaines personnes s’obstinent toujours à vouloir croire que j’ai tout inventé pour attirer les médias, alors que j’ai l’habitude des caméras, des journalistes et de la presse en permanence. »

Néanmoins, Chloe Ayling ne se prive pas de la notoriété engendrée par sa terrible histoire. Beaucoup lui reprochent d’ailleurs de vendre son malheur contre de l’argent et qu’elle ne vaut pas mieux que ceux qui souhaitaient la kidnapper.

L’histoire de son kidnapping fait le tour du globe, et elle est invitée sur des nombreux plateaux télé, notamment aux États-Unis, dans la célèbre émission Dr. Phil.

Pendant l’été 2018, son compte Instagram ChloeAyling97 est piraté, puis supprimé, vraisemblablement à cause de la publication de photos trop sexys.

En 2019, Chloe accuse la police et l’État italien d’avoir ébruité l’affaire de son kidnapping pour se donner de la crédibilité, la police italienne voulant ainsi laisser croire qu’elle a réussi à arrêter un réseau de trafic humain d’une grosse ampleur.

Phil Green, le directeur de Supermodel et l’agent du mannequin, est aussi accusé d’avoir jeté la jeune femme en pâture contre de l’argent. Ses méthodes proches du proxénétisme afin de recruter encore et toujours des clients fortunés lui sont durement reprochés par le parti conservateur anglais. Suite au scandale engendré par l’affaire du kidnapping, il publie une autobiographie intitulée « Confessions of a Model Agent ».

Lukasz Pawel Herba, considéré comme étant « un individu très dangereux » selon les propos du procureur adjoint de Milan, Paolo Storari, est arrêté le 18 juillet 2017 à Rome. Il est mis en examen pour enlèvement, séquestration et extorsion de fonds. Apparemment, quatre de ses complices ont été recherchés mais n’ont pas été retrouvés par la police italienne.

Herba a été condamné pour les chefs d’inculpation cités à seize ans de réclusion criminelle. Sa peine a été réduite par la suite à seulement cinq ans et huit mois de prison ferme, après le pourvoi en cassation de son avocat. La thèse du faux-kidnapping à des fins médiatiques ont été prises en compte en tant que circonstances atténuantes. Son frère aîné, Michal Herba, aurait lui aussi participé au kidnapping.

Chloe Ayling a écrit un journal où elle a relaté ses six jours de détention. Aujourd’hui, elle mène toujours sa carrière de top model et continue de relayer ses photos sur les réseaux sociaux.

En Angleterre, l’histoire du kidnapping de Chloe Ayling destinée à être vendue sur le dark web reste à ce jour une affaire non-élucidée, où les zones d’ombre sont encore nombreuses. Victime, complice, actrice hors pair, les trois à la fois, Chloe Ayling assure toujours n’avoir pas été de mèche avec son ravisseur. Vraisemblablement, celui-ci voulait la kidnapper uniquement pour lui déclarer sa flamme et la relâcher, vu qu’il aurait été difficile de l’aborder autrement.

Elle raconte avoir été traumatisée pendant des mois par cette expérience et qu’elle a eu recours à un soutien psychologique et à de l’hypnose pour pouvoir revenir à un semblant de vie normale.

Beaucoup persistent cependant à croire que la jeune femme en recherche accrue de notoriété internationale, s’est prêtée sciemment au jeu pour simuler son propre rapt. Allégations rejetées par l’intéressée qui continue à ce jour de proclamer son innocence, envers et contre tous.

Chloe Ayling, jeune mannequin anglaise. À tout juste vingt ans, elle a à son actif diverses couvertures de magazines et son compte Instagram cumule plus de 100 000 followers. Pourtant, tout va basculer le 10 juillet 2017, quand elle est invitée à participer à une séance photo dans un studio milanais. Droguée, menottée, jetée dans le coffre d’une voiture, le cauchemar commence pour Chloe quand elle apprend que les enchères sont en cours pour sa vente sur le dark web au profit d’un puissant réseau de traite humaine : The Black Death, littéralement : La mort noire.

 

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