Michel Fourniret

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Michel Fourniret. Ses voisins parlaient toujours de lui en termes sympathiques : un simple ouvrier, père de famille, excellent bricoleur toujours prêt à rendre service ; joueur d’échecs,  féru de littérature, pouvant citer par cœur des passages entiers d’auteurs Russes et français ! Pourtant, derrière l’aspect banal du personnage, couvait un monstre d’un genre particulier.

Source : francebleu

Alors que la Belgique était en plein dans l’effroyable « Affaire Dutroux », la France connaitra à son tour avec Fourniret, l’un des pires épisodes criminels ayant pour victimes des petites filles et des adolescentes.

Emprisonné à plusieurs reprises pour diverses affaires de mœurs dans les années 80, le parcours criminel de Fourniret prendra une tout autre tournure lorsqu’il  croisera le chemin de celle qui deviendra sa campagne de vie et de crime : Monique Olivier ! Cette femme bizarre, taiseuse, dérangée et perverse, avait tout pour répondre à l’idéal que se faisait Fourniret d’une complice !

C’est à bord de leur petite camionnette blanche que le couple sillonnera sans relâche les routes de France et de Belgique entre 1989 et 2003. Dans une recherche infatigable de potentielles « proies » : des jeunes filles dans la fleur de l’âge, confiantes envers ce « Gentil monsieur et cette gentille dame, perdus en chemin », l’alibi qu’ils servaient toujours pour piéger sournoisement  leurs victimes !

Auteur de plus de 11 viols et homicides, Fourniret opposera un silence complet à chaque interrogatoire, rendant la tâche rude aux policiers et à la justice, freinant l’enquête ou la remettant au point de départ !

En 2008, le couple Fourniret-Olivier sera enfin condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.

Mais l’ombre de d’autres victimes cachées, plane malheureusement et encore aujourd’hui …

Michel Fourniret est né le 4 Avril 1942 à Sedan dans les Ardennes françaises. La famille est  prolétaire, le père est ouvrier, la mère, femme de ménage. L’enfance de Michel Fourniret et de ses deux frères et sœurs, se déroule au sein d’un foyer dysfonctionnel : le père, alcoolique notoire, est souvent absent, et les enfants sont livrés à leur mère, une femme bizarre, voire incestueuse.

Quand leurs parents divorcent, les enfants sont recueillis par leur père et partent s’installer loin du domicile familial.

Des années plus tard, Michel Fourniret devient ouvrier ajusteur auprès des entreprises de la région. Ses supérieurs parlent de lui en termes flatteurs : un artisan sérieux, respectueux des délais, discret. Lecteur passionné, ils dévorent les classiques de la littérature russe et française ; il est aussi un joueur d’échecs imbattable.

Il se marie une première fois en 1964 avec une infirmière, Annette, qu’il avait repérée dans les petites annonces matrimoniales. Le couple aura un enfant, mais l’idylle sera de courte durée. Ils divorcent suite à une arrestation de Fourniret pour attouchements sur mineure. Il se remarie en 1970  avec une autre femme, Nicole, et aura trois autres enfants.

En 1973 il est condamné à Nantes pour mauvaises mœurs et voyeurisme. Sa deuxième femme le quitte.

A sa sortie, en proie à des pulsions de plus en plus violentes, Fourniret franchira un nouveau cap : celui des enlèvements.

Dans la nuit du 4 septembre 1982, Dahina Le Guennan, jeune métisse de 14 ans, sort de la gare d’Eperon aux alentours de 23h00. Il lui reste un kilomètre à parcourir pour arriver chez elle. Fourniret la suit, la menace de lui jeter du vitriol à la figure si elle ne monte pas avec lui. Dahina, terrorisée, obéit.

L’homme l’emmène dans un terrain vague, l’attache et la viole. Puis, comme envahi par la culpabilité, il l’a ramène chez elle, et lui présente même ses excuses. Dahina Le Guennan recroisera son agresseur deux ans plus tard à la cour d’assises d’Evry où il sera condamné pour son viol et dix autres agressions sur mineures.

Fourniret est envoyé à la prison de Fleury-Mérogis. Il a alors 42 ans. Il se sent seul, en proie à la dépression, c’est alors qu’il a l’idée de poster une petite annonce dans un journal : « Prisonnier cherche correspondante ». Une certaine Monique Olivier, répond tout de suite  à la requête.

Ce sera le début d’un long échange épistolaire où les deux futurs criminels apprendront à se connaitre. Monique Olivier, divorcée et déjà mère d’un enfant, confie sa solitude sentimentale, son mal-être, et Fourniret se laisse aller aux confidences, réciproquement. C’est l’osmose totale. Si les premières lettres échangées sont d’abord platoniques, elles deviennent au fil du temps, plus insistantes, suggestives et à caractère sexuel. Michel confie à la jeune femme ses pulsions perverses et sa violente obsession à vouloir « posséder des vierges ». Monique de son côté approuve. Ils signent alors un pacte, le pacte criminel qui les liera pour toujours !

En attendant à Fleury-Merogis, les choses se passent mal pour Fourniret ; il est haït de ses co-détenus, mais trouve protection auprès de son compagnon de cellule, un certain Pierre Hellegouarch, ancien braqueur issu de l’extrême gauche, craint et respecté dans tout le pénitencier.

Les deux hommes, bien que différents, nouent une solide amitié. Un soir, Hellegouarch fait une confidence à Fourniret : il lui parle d’un gros butin caché dans une tombe d’un cimetière de la région parisienne, un butin qui avoisine les 800 millions de francs !

Le magot en question appartenait au Gang des Postiches, célèbre pour ses hold-up de banques à la fin des années 70. En 1986, la plupart des membres du gang étaient déjà arrêtés et purgeaient de lourdes peines de prison.

Fourniret devra rendre un grand service à son protecteur : à sa sortie, il lui faudra accompagner Farida Hammiche, l’épouse de Hellegouarch dans un cimetière de Fontenay-en-Parisis, déterrer le trésor des Postiches et le confier à Farida.

Fourniret accepte le marché.

Mais le jour J, appâté par le gain, il tend un guet-apens à la femme de Hellegouarch.  Prétendant vouloir aller récupérer des armes qu’il avait cachées dans la Forêt de Rambouillet, il demande à Farida Hammiche de lui donner un coup de main. Dans la nuit sombre, il l’étrangle, jette son corps dans un fossé, revient au cimetière, récupère  l’intégralité du butin et prend la fuite.

Il retrouve Monique Olivier, et ensemble, ils font l’acquisition du Château de Sautou dans les Ardennes. Le jour de la signature du contrat notarial d’achat, ce couple singulier n’éveillera aucun soupçon en proposant de payer cash en liasses de billets flambants neufs.

Désormais propriétaires, le couple peut concrétiser le sordide plan qu’ils avaient fomenté ensemble. Les virées à bord de la camionnette blanche commencent alors dans la région. Monique, comme prévu, endossera le rôle de « l’appât » pour mettre en confiance les jeunes filles tandis que Michel jouera l’automobiliste en panne.

Nous sommes le 11 décembre 1987 à Auxerre, Isabelle Laville, 17 ans, rentre du lycée. Sur le chemin, elle est interpellée par Monique Olivier, seule à bord de la camionnette, elle prétend s’être perdue.

L’adolescente, crédule, propose de l’aider et monte à bord du véhicule. Plus loin sur la route, Fourniret, un jerricane à la main, feint la panne d’essence, Monique le prend avec elles. Le piège se referme sur la pauvre Isabelle Laville qui se fait dépuceler manuellement par Monique, violer, puis tuer par Michel. Ses restes seront retrouvés dans un puits, neuf ans plus tard.

En Août 1988, suivant le même mode d’emploi, le couple enlève Fabienne Leroy à Mourmelan. Son cadavre est retrouvé par la gendarmerie le lendemain sur un chemin forestier. Il faut dire qu’à cette même époque, un autre violeur en série, le militaire Pierre Chanal, avait fait des victimes des deux sexes dans la région; Fourniret voulait ainsi contourner l’attention de la police en faisant croire que l’homicide avait été commis par  Chanal.

Le couple diabolique fera d’autres victimes sur les routes entre 1989 et 1990 : ils enlèvent et tuent tour à tour  Jeanne-Marie Desramault, la petite Elisabeth Brichet âgée de seulement 12 ans en région parisienne, et Natacha Danais à Nantes.

Source : lemonde

Au début des années 2000, le couple décide de changer de tactique. Fourniret fera désormais cavalier seul. Monique étant occupée par l’enfant qu’ils avaient eu entretemps, elle est désormais dans l’incapacité de participer « physiquement » aux enlèvements mais n’en reste pas moins informée de tout ce que fait son mari.

C’est donc seul que « l’ogre des Ardennes » enlève, viole et tue Céline Saison en Mai 2000 suivie de la petite Mananya Thumpong en 2001.

A ce stade, on pourrait se demander, mais que fait la police ? Fourniret avait échappé maintes fois aux autorités grâce à un stratagème bien à lui : il n’avait aucune signature criminelle, aucune marque personnelle qui permettrait de faire le lien entre les agressions, aucun prototype de femme particulier. Il pouvait tuer aussi bien par strangulation, injection de poison, ou par arme blanche. Il savait brouiller les pistes, choisir les emplacements où d’autres criminels avaient opéré avant lui pour leur faire attribuer ses propres meurtres.

Bénéficiant également du laxisme judiciaire de cette époque qui permettait à un individu de voir son casier judiciaire effacé s’il n’avait pas été condamné durant les années suivant sa dernière incarcération, Michel Fourniret et Monique Olivier partent s’installer en Belgique dans le village de Sart-Custinne, pas loin de la frontière française.

A Sart-Custinne, Michel occupe divers postes : garde-forestier, bucheron et même surveillant dans l’école communale du village. Mais son étrange mal ne le quitte pas, il est toujours en proie à des pulsions sexuelles et criminelles, et a un besoin urgent de repartir sur les routes, chercher de nouvelles victimes.

C’est ainsi que la petite Estelle Mouzin, âgée de neuf ans, disparait le 09 janvier 2003 en rentrant chez elle après l’école.

Source : 20minutes

Six mois après la disparition d’Estelle, Fourniret récidive encore et pour la dernière fois. En effet, ce 26 juin 2003, près de Namur, il enlève la petite Marie-Ascension. Utilisant le même mode opératoire que pour ses précédentes victimes, il dit s’être perdu en chemin. Hésitant à monter avec lui, la petite fille finie par accepter, convaincue par son air bonhomme d’instituteur à la retraite. Sans perdre de temps, Fourniret ligote Marie-Ascension et la jette à l’arrière.

C’était sans compter sur l’incroyable sang froid de l’enfant, qui profitant d’un arrêt, saute hors du véhicule et est sauvée in-extremis par un automobiliste, qui note la plaque d’immatricule de la camionnette de Fourniret et prend le chemin du commissariat le plus proche.

Fourniret est arrêté quelques heures plus tard. La police belge demande l’aide de ses homologues en France et conviennent d’un commun accord d’investigation.

Source : parismatch

Les jardins du Château de Sautou -propriété des Fourniret- sont entièrement bêchés avec une grue, deux cadavres sont alors découverts. Dans la première maison que le couple avait occupée pendant un temps dans l’Yonne, on retrouve les restes d’Isabelle Laville dans un puits, jetés là neuf ans plus tôt.

Monique Olivier subit des interrogatoires musclés. D’abord peu coopérative, elle finit par avouer la moitié des crimes tandis que Michel Fourniret se repli dans un silence complet. En tout, il avouera son implication dans 11 viols suivis d’homicides et laissera entendre que d’autres cadavres cachés, ne seront jamais retrouvés par la police.

Le verdict des « Diaboliques des Ardennes » tombe le 28 Mai 2008 : réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une peine de sûreté empêchant tout aménagement ultérieur de peine.

Âgé de 77 ans aujourd’hui, « l’Ogre de Ardennes » fait encore parler de lui dans les pages faits divers de la presse. Le 6 Mars 2020, il avoue finalement le viol et l’homicide d’Estelle Mouzin, disparue en 2003 et le meurtre de Farida Hammiche en 1988 dont l’enquête n’avait toujours pas aboutie. En tout, Fourniret aurait commis plus d’une trentaine de meurtres dans le périmètre franco-belge sur une période de vingt ans. Il reste avec le belge Marc Dutroux, l’un des pires pédocriminels de la fin de la décennie 90.

 

Les sources :

Michel Fourniret, un simple ouvrier, père de famille, excellent bricoleur toujours prêt à rendre service ! Pourtant, derrière l’aspect banal du personnage, couvait un monstre d’un genre particulier. Il s’agit de l’un des pires épisodes criminels ayant pour victimes des petites filles et des adolescentes.

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