TUEUR EN SERIE : Henri Désiré Landru

TUEUR EN SERIE : Henri Désiré Landru

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Alors que la France pleure ses hommes partis au front durant la Première Guerre mondiale, deux veuves répondent à une petite annonce…ainsi commence une étrange histoire de disparitions qui va se transformer en une des plus célèbres affaires judiciaires du pays… il y a plus 100 ans déjà !

En mars 1918, le maire de Gambais, un petit village de la banlieue de Paris, reçoit une drôle de lettre d’une dame qui se plaint de ne plus avoir de nouvelles de sa sœur Celestine Buisson. Celle-ci est censée résider au  chez un certain Monsieur Frémyet, dans une grande et belle maison située à l’écart du village.

Or, le nom de ce monsieur est inconnu à Gambais où tout le monde se connait. Par contre, la maison décrite dans la lettre, Monsieur le maire la connait très bien : c’est celle de Monsieur Tric ! Intrigué, Monsieur le maire se souvient pourtant d’avoir reçu une lettre similaire où on lui demande des nouvelles d’une certaine Madame Anne Collombe ; soit-disant établie, elle aussi, à Gambais avec un certain Monsieur Dupont. Bizarre !

Frappé par la similitude de ces demandes, le maire met en relation les deux auteures des lettres. Très bonne idée, car elles reconnaissent le même individu sous des noms différents, tantôt Frémyet, tantôt Dupont.  Cela ne fait aucun doute ! Il est élégamment vêtu, presque complètement chauve, mais portant une abondante barbe noire et les yeux qui regardent de travers.

Oui, c’est une seule et même personne qui a mis une annonce de rencontre dans le journal et qui a emmené les deux disparues au même endroit, à la villa Tric. De plus en plus inquiètes, les deux femmes portent plainte à la police de Paris.

Pour commencer, la police interroge les villageois à Gambais : « le monsieur qui loue la villa Tric ? Oui, on le voit de temps en temps descendre du train de Paris et à chaque fois une nouvelle jeune femme à son bras, un sacré petit luron ! Petit et chauve, mais toujours bien habillé. La villa est toujours hermétiquement close !

Cependant, de la fumée sort parfois de la cheminée de la cuisine sans qu’on voit le Dupont. Certaines fois, celui-ci arrive de Paris en automobile et repars brusquement ; jamais ses amies ne sortent dans le village ou en forêt et c’est toujours Dupont qui va chercher les provisions nécessaires, le pain, la viande, l’épicerie… un original petit barbichu,  un coureur de jupons ! »

L’enquête ne donne rien de plus pendant des mois, mais un jour, l’individu est reconnu par hasard dans un magasin parisien. Le vendeur a aussitôt enregistré l’adresse de ce client qu’il devait livrer. La police est prévenue et l’homme qui s’appelle, cette fois-ci, Lucien Guillet est rapidement interpellé à son domicile.

Le 13 avril 1919, il est arrêté au petit matin. Pendant son transport en hippomobile vers le bureau de police, le prétendu Guillet sort en catimini un petit carnet noir de sa poche et tente de le jeter discrètement par la fenêtre, mais l’inspecteur Dautel chargé de son arrestation, l’en empêche à la dernière minute.

Une fois dans les locaux de la Sûreté, il a fini par avouer se nommer en réalité Henri Landru Désiré, né à Paris, dans le 19ème arrondissement, en 1869. Landru,  dissimulé sous de faux noms, est un escroc bien connu de la police. Il est déjà inculpé de plusieurs vols qualifiés, d’escroquerie et d’abus de confiance.

Source : wikipedia

Il collectionne même les condamnations à des peines d’amende et de prison (deux ans en 1904, treize mois en 1906), mais après une tentative de suicide dans sa geôle, parvient à sortir de détention grâce aux expertises de médecins psychiatres. En effet, ceux-ci le déclarent dans « un état mental maladif qui, sans être de la folie, n’est plus du moins l’état normal ».

En 1909, il est condamné à trois ans de prison ferme pour escroquerie : à la suite d’une annonce matrimoniale, il avait fêté ses fiançailles avec une certaine Jeanne Izoret, puis s’était fait remettre les titres de celle-ci avant de disparaître. Dès sa sortie de prison, il ne perd pas de temps et monte une nouvelle escroquerie : il achète un garage, qu’il revend immédiatement sans avoir payé le précédent propriétaire.

La justice l’identifie assez vite comme étant l’auteur de ce délit ; cependant, il prend la fuite. En 1914, il est condamné par contumace pour cette affaire à quatre nouvelles années de prison. Devant l’inspecteur Dautel, Landru nie toutes ces inculpations, sans toutefois donner la moindre explication, se contentant de répondre à toutes les questions par : « Je n’ai rien à vous dire ; vous vous débrouillerez avec mon avocat. »

L’inspecteur Dautel aborde, alors, la question  des disparitions mystérieuses des femmes de Gambais. Mais ce fut en vain. Landru tourne sa tête avec une grimace et se réfugie dans le plus grand mutisme.

En sa présence, on procède à une perquisition au domicile où il habitait en dernier lieu avec une jeune femme, Fernande Segret, qu’il faisait passer pour sa femme ; il l’avait  aussi emmenée à Gambais, mais elle elle en était revenue. Cette perquisition amène la découverte de quantité de petits souvenirs, mèches de cheveux de femme de toutes nuances, de rubans, de linge fin de différentes marques, de bibelots féminins donte Landru refuse d’indiquer la provenance.

Sur la première page du fameux carnet noir, on retrouve onze noms dont Buisson et Colomb, les deux disparues de Gambais ! Cela veut dire quoi ? Que les disparues ne sont pas que deux, mais plutôt onze ?

Le commissaire Dautel interroge Landru :

  • Ce sont les noms de vos victimes, n’est-ce pas ?
  • Je n’ai rien à vous répondre. Si vous voulez m’accuser de onze crimes, c’est à vous, Monsieur le commissaire, d’en faire la preuve.

Mais s’il a assassiné toutes ses femmes, où sont les corps ?

À ce stade, la police s’intéresse sérieusement à ces disparitions successives. Les premières recherches n’avaient été faites que dans l’intérêt des familles. Maintenant, il y a présomption de crime et le parquet de Mantes ouvre une instruction. Landru est écroué à la prison sous l’inculpation d’escroquerie, d’abus de confiance…et d’assassinat.

L’examen approfondi du petit carnet noir révèle, alors, une vaste opération d’escroquerie au mariage. Landru tient méticuleusement un planning comptabilisant pas moins de 283 femmes qui sont entrées en contact avec lui. La Première Guerre mondiale laisse de nombreuses veuves qui ne souhaitent pas demeurer longtemps en deuil, mais désirent se remarier pour améliorer leurs faibles pensions.

Onze d’entre-elles ont disparu, celles dont on retrouve les noms dans la liste à la dernière page… Sa première victime est Jeanne Cuchet, lingère et veuve de 39 ans qu’il rencontre en février 1914 dans le jardin du Luxembourg. Landru flairant la bonne affaire pour faire fortune, passe des annonces matrimoniales dans différents journaux, avec des noms différents comme Dupont et Freymet.

Il procède après à une petite enquête sur chacune des femmes qui lui répondent et ne choisit que les moins entourées. Landru se fait passer pour un homme veuf, esseulé et disposant d’une certaine aisance ; il entreprend de séduire ces femmes seules qui, sans être véritablement riches, possèdent quelques économies et surtout, mènent une vie suffisamment isolée de leur entourage. Il leur fait miroiter le mariage, jouant sur la fibre des sentiments et de l’amour éternel.

Source : edition-originale

Ses victimes sont subjuguées par son charme et lui signent sans la moindre hésitation des procurations lui permettant ensuite de faire main basse sur leurs économies. Il les invite à séjourner brièvement dans une villa isolée qu’il loue, d’abord à Chantilly, puis à Vernouillet, et enfin à Gambais. Il ne lui reste plus qu’à les assassiner, puis à faire disparaître leur corps. Mais tout cela reste des suppositions sans preuves, des écritures sur carnet. Landru nie en bloc et tourne la tête comme à chaque fois.

Une perquisition est ordonnée dans la villa Tric. On découvre des débris humains dans un tas de cendres retrouvé dans un hangar, dans la cheminée et dans la cuisinière ; on trouve également des agrafes, des épingles, des morceaux de corset, des boutons en partie brûlés.

En tout, la police retrouve 4,176 kg de débris d’os calcinés, dont 1,5 kg provenant de corps humains, ainsi que 47 dents ou fragments de dents. Le médecin légiste annonce à la presse que ces os correspondent à trois têtes, cinq pieds et six mains…de femmes! Pour se débarrasser de ces malheureuses, il les brûle !

Dans les affaires de ce mythomane méticuleux qui note tout et garde tout, la police trouve enfin des preuves d’achat de plusieurs scies à métaux, de scies à bûches et de beaucoup de charbon. L’un des éléments les plus accablants est fourni par des reçus de billets de train : Landru achetait, lors de ses déplacements en train à Vernouillet ou Gambais, un aller-retour pour lui et un aller simple pour la supposée fiancée…

L’affaire passionne la presse qui l’intègre instantanément à un imaginaire de conte de fée terrifiant et l’appelle désormais «le barbe-Bleue de Gambais». L’affaire Landru occupera régulièrement la une des journaux depuis le début du procès. On se régale des rebondissements de cette histoire qui fait oublier un peu cette morne guerre qui se termine.

L’instruction va durer plus de 18 mois et rien, aucune confirmation de sa part.

« Vous voulez me faire porter le chapeau ? A vous de le prouver ! »

Il ne reste plus qu’à juger Monsieur Landru.

Le 7 novembre 1921, le procès débute et il attire le Tout-Paris. La personnalité du tueur en série passionne les foules et même des célébrités de l’époque sont là au premier rang : Mistinguett, Colette et Maurice Chevalier, entre autres. La couverture médiatique est exceptionnelle.

Alors que  toute la salle est debout, les gendarmes introduisent Landru. L’accusé est correctement vêtu d’un complet gris. Le front est chauve, la barbe rousse et très longue. Les yeux très enfoncés dans l’orbite sont brillants et narquois. La salle éclate de rire à la lecture du passage de l’acte d’accusation disant que Landru fut en relations avec 283 femmes.

Le journal « L’Ouest-Eclair » du 8 novembre 1921 raconte ainsi l’ouverture du procès d’Henri Désiré Landru, qui a eu la veille au tribunal de Versailles, et l’apparition théâtrale de l’accusé. Le procès se tourne d’emblée en spectacle, mais ce n’est vraiment pas une fiction !

L’homme n’a pas seulement tenté d’escroquer 283 femmes à la suite d’annonces matrimoniales passées dans les journaux, mais il en a tué dix de 1915 à 1919 (plus le fils de l’une d’entre elles) et ce, après leur avoir promis le mariage et fait main basse sur leurs possessions ( meubles, comptes bancaires, etc).

Source : france-pittoresque

Les corps n’ont jamais été retrouvés, mais les victimes étaient vraisemblablement découpées. Les troncs, les jambes et les bras étaient enterrés, tandis que les têtes, les mains et les pieds étaient incinérés dans la cuisinière de la villa louée par Landru à Gambais. Durant son procès, Landru niera encore les faits et son sens de la répartie sera à toute épreuve.

Mais les faits sont contre lui et le mobile est évident : en moins de cinq années, il a ramassé plus de 35 000 francs de l’époque : un vrai pactole !

Les psychiatres se refusent de le déclarer fou, il est tout à fait normal, car il a prémédité, programmé et préparé ses actes criminels. Il a même trouvé le moyen de se débarrasser des corps, en les brulant dans le four de la villa de Gambais.

Maitre Vincent de Moro-Giafferi, son avocat d’une grande éloquence, dans un dernier  mouvement pour le sauver, s’écrit :

« Ces femmes dont vous dites qu’elles sont mortes, elles vont maintenant faire leur apparition ».

Tout le monde est effaré et regarde les portes du tribunal, même les juges, évidemment. Alors, l’avocat ajoute :

« Vous avez regardé, vous n’êtes donc pas sûr que ces femmes soient mortes ». Mais malheureusement, Landru n’a pas regardé vers les portes, et le juge l’a vu. Alors, le juge ajoute : « Toutes les têtes se sont tournées, maître, sauf celle de votre client ».

Le 30 novembre 1921, Henri Désiré Landru est reconnu coupable et condamné à la peine capitale à l’unanimité. Le 25 février 1922, Il est guillotiné dans la cour de prison de Versailles, emportant ainsi son secret à jamais.

Alors que la France pleure ses hommes partis au front durant la Première Guerre mondiale, deux veuves répondent à une petite annonce…ainsi commence une étrange histoire de disparitions qui va se transformer en une des plus célèbres affaires judiciaires du pays… il y a plus 100 ans déjà !

ASSASSINÉE : Françoise Desnoue

ASSASSINÉE : Françoise Desnoue

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Le 30 août 2013,Françoise Saffer, âgée de 56 ans, disparait du jour au lendemain. Son mari, Eric Desnoue, chauffeur routier de son état, rentre d’un déplacement de plusieurs jours au domicile conjugal de Bourogne, un petit village du Territoire de Belfort. Son épouse est absente. Il la cherche partout, téléphone à ses filles, à son frère… rien, elle est introuvable !

À 20 h 30, il appelle les gendarmes pour leur dire son inquiétude : sa femme a disparu et il n’arrive pas à la retrouver. Il leur explique qu’elle a dû quitter le domicile entre le 28 et le 30 août. Elle est partie sans sa voiture, sans argent ni effet personnel. Il ne manque que son téléphone portable et son trousseau de clefs.

Source : programme-tv

Les 3 filles de Françoise, nées d’un premier mariage, ne sont pas convaincues de cette disparition douteuse et inquiétante. D’autant plus, leur mère n’allait pas bien moralement, depuis un certain temps. Dépressive, elle s’était confiée à elles : son mari la trompe ! Il serait infidèle… Cela fait des semaines que Françoise Desnoue est rongée par le démon de la jalousie.

Des semaines que cette jolie petite femme rousse aux cheveux bouclés soupçonne son mari, Eric, d’avoir une maîtresse et de fréquenter une certaine Sandra. Et ça, elle ne pouvait le tolérer. De dispute en dispute, elle était en pleine crise de couple ;  tantôt elle avait des envies suicidaires, tantôt elle envisageait de quitter son mari.

En tout cas, elle ne se sentait pas bien. Une de ses filles, Céline, tente de la joindre sur son portable. Elle tombe sur le répondeur et lui laisse un message. Mais Françoise ne la rappelle pas. Céline se rend alors sur place, dans l’appartement de Françoise. En vain. La petite maison de Bourogne est vide. Et ça ,c’est vraiment bizarre !

Françoise a-t-elle décidé de s’enfuir pour changer de vie ? Ou bien a-t-elle mis fin à ses jours, comme elle avait déjà tenté de le faire ?

Bien entendu, Eric Desnoue assure qu’il entretient « une relation parfaitement normale » avec son épouse.

Les gendarmes interrogent, alors, Marcel Saffer, le frère de Françoise, gérant de société à Dasle. Il révèle que sa soeur Françoise a rencontré Eric Desnoue sur un site de rencontres et qu’ils se sont ( un peu trop vite á son gout ) mariés en 2008. Le frère rajoute : « Jamais Françoise ne serait partie quelque part sans prévenir les filles, c’est incompréhensible ! » Quant à  Eric Desnoue, un taciturne qui ne communique pas beaucoup, d’ailleurs, il ne sait pas grand-chose sur lui si ce n’est qu’il arrive d’Orléans et que Françoise a dû éponger ses dettes… «  Ils se sont aimés, au début, et on ne pouvait que s’incliner devant le bonheur apparent de notre soeur… »

En tout cas, la famille est suspicieuse et n’arrive pas à faire confiance à ce nouveau mari, rencontré sur le net. Cela a bien l’air d’un coureur de jupon qui passe son temps à draguer derrière l’écran. Il fricoterait même avec une certaine Sandra depuis 2009. Françoise en était sûre, elle pleure beaucoup et se lamente auprès de ses 3 filles. Elle se plaint de l’humeur changeante de son mari, tantôt gentil et doux, tantôt rustre et violent…

Source : telescoop

Ainsi rapidement , dans le pavillon de la rue Haute où le couple s’est installé, Françoise qui travaille comme vendeuse dans une boulangerie toute proche se met à dépérir. En septembre 2012, elle tente même de se suicider . Elle en réchappe mais se plaint ensuite de sévères douleurs au ventre. Elle souffre tant qu’on doit l’hospitaliser. Elle va devoir subir l’ablation d’une partie de l’estomac.

Pourtant elle-même entretenait des relations périodiques sur des sites de rencontres. Une façon pour cette femme casanière d’exprimer son mal-être conjugal. D’ailleurs, elle demande à l’une de ses filles de vérifier le numéro de téléphone d’un prénommé Alain avec lequel elle s’est longuement entretenue sur ses difficultés de couple par messageries électroniques.

Elle soupçonne le prétendu Alain d’être son mari. Pas faux ! Eric est très assidu sur les sites de rencontres et les sites d’échangisme sur le net, se faisant appeler tantôt Alain, tantôt Benjamin. Le moins qu’on puisse dire, c’est que cet Eric Desnoue est bien étrange ! Amour via des sites de rencontres, tromperies, manipulations et jalousies, violences et mensonges ! Voilà de quoi est constituée cette affaire dont les investigations minutieuses menées pendant plus de dix mois par les gendarmes de la brigade des recherches de Belfort conduisent à un seul suspect : le mari.

D’autant plus, les gendarmes découvrent qu’Eric a vite fait d’utiliser l’argent de son épouse en dépensant toutes les économies de la disparue : et il y en avait beaucoup : plus de 100.000 euros ! il était en plus vite parti vivre chez sa maîtresse, avec laquelle il pratiquait l’échangisme. Il n’avait même pas joué au veuf éploré !

On ordonne une perquisition au domicile des Desnoue et des recherches techniques mettent en évidence des traces de sang, grâce à une nouvelle méthode qui consiste à utiliser le Bluestar Forsenic, un révélateur de traces de sang avec une formule chimique à base de luminol.

Les gendarmes dépistent rapidement du sang humain qui a été lavé, dans le salon et dans l’escalier qui mène au garage du domicile. Le laboratoire est formel : c’est le sang de la disparue ! Le pôle de l’instruction de Montbéliard est saisi et une information judiciaire du chef de meurtre est ouverte.

Le 17 juin 2014, Eric Desnoue et Sandra X, sa maitresse, sont placés en garde à vue.  Sandra est rapidement mise hors de cause. Les enquêteurs, par contre, ont des doutes dans le récit de l’époux, bien qu’il nie toute implication dans la disparition de son épouse.

En effet, sur son téléphone, il a effacé des messages échangés avec son épouse, pourquoi ? Le GPS de son camion synchronisé avec le téléphone de Françoise active les relais téléphoniques dans les mêmes zones géographiques, fin août, date de la disparition. Cela ne veut-il pas dire qu’il était avec elle, ce jour-là ? Et puis, comment explique-t-il qu’il ait lavé le sang dans plusieurs pièces de la maison,  juste après la disparition de Françoise ?

Face aux éléments accumulés par les enquêteurs et les incohérences de ses explications, il finit par craquer et reconnaît avoir menti. Il livre une nouvelle version des faits. Selon lui, le jour du drame, il s’est violemment disputé avec sa femme. Il est bien responsable de sa mort, mais plaide l’accident ; il assure qu’il n’avait pas l’’intention de la tuer.

« Je l’ai bousculée, et elle est tombée… » Il explique avoir donné un coup d’épaule à sa femme qui était, selon lui, tombée dans l’escalier, lors d’une dispute conjugale à leur domicile, dans la nuit du 27 au 28 août 2013. Constatant sa mort, il avait placé le corps dans des sacs-poubelles et l’avait déposé dans un bois, avant de rentrer nettoyer les traces de sang. Après ses aveux, il  indique  aux enquêteurs l’endroit où il a abandonné le corps de sa femme, dans une forêt d’ « Urcerey » des environs de Belfort.

Les gendarmes retrouvent effectivement un corps déposé dans les bois à l’endroit indiqué. Françoise reposait sous deux grands arbres dans une forêt épaisse proche de Bavilliers, mais il ne restait plus que des ossements et une bague portant son prénom. L’autopsie réalisée sur ses os, retrouvés 10 mois après les faits en pleine décomposition du corps,  n’a  malheureusement pas permis d’établir les causes exactes du décès.

Eric Desnoue comparaît devant la Cour d’Assises de Vesoul. Il risque la perpétuité.

« C’est moi qui ai donné la mort à ma femme, mais c’était tout à fait involontaire » avoue l’homme posé, au crâne dégarni et au visage impassible, au début de l’audience.

« Ils se disputent ; elle tombe ; elle meurt ; ensuite, il agit dans un état de panique et se débarrasse du corps », plaide l’avocat de l’accusé, Maitre Patrick Uzan. L’état de décomposition du corps n’a pas permis de confirmer cette version des faits.

Par ailleurs, l’ombre du décès de la première femme d’Eric Desnoue, mystérieusement retrouvée morte à seulement 41 ans, sans raison apparente, a plané sur tout le procès. À l’époque, il venait justement de rencontrer Françoise… Se peut-il qu’Eric Desnoue soit un serial killer, auteur de féminicides à répétition ? La salle semble prendre position.

Source : programme-television

Maitres Randall Schwerdorffer et Julien Robin, avocats de la partie civile, continuent dans leur lancée et mettent en doute  la version de l’accident. Le crâne de la victime est « sans stigmates », alors qu’elle serait tombée sur la tête dans l’escalier, ont-ils notamment souligné. «M. Desnoue était dans une phase d’élimination de sa compagne pour prendre son argent et mettre en place sa maitresse.

La mort de Françoise repose sur un processus criminel nourri depuis de nombreux mois pour s’emparer de son argent et préparer l’arrivée d’une autre maitresse», clament-ils ! Les deux avocats ont également pointé du doigt le fait que l’accusé avait abandonné le corps nu de la victime en voulant «faire accroire à un crime sexuel». Eric Desnoue apparait de plus en plus comme un monstre.

Et bien que Maitre Patrick Uzan plaide sa cause du mieux qu’il peut : «C’est un homme en pleine duplicité entre des jeux amoureux !» ; «Eric Desnoue n’a pas voulu tuer votre maman», a-t-il par exemple lancé aux 3 filles de la victime , les jurés n’ont finalement pas cru à la version de l’accident.

Eric Desnoue est condamné à 25 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de sa femme Françoise Saffer. Dans le deuxième procès en appel, la sentence est encore plus lourde, la cour d’assises de Haute-Saône et du Territoire-de-Belfort a suivi les réquisitions de l’avocat général.

«Nous sommes dans une société où l’on n’admet pas qu’un mari inflige la mort à sa femme. On n’admet pas que le membre d’un couple dispose de l’autre selon son bon vouloir» a déclaré le procureur général, Christophe Barret,. L’accusé a refusé la séparation «pas par amour, mais par intérêt, par domination, par contrôle» a-t-il fustigé.

La victime était sa seconde épouse, rencontrée il y a une quinzaine d’années, alors qu’il était encore marié avec une première femme. Âgée de 41 ans, cette dernière avait été retrouvée morte dans son lit, fin 2005 ; un décès resté, d’ailleurs, inexpliqué, incompris . . Eric Desnoue est un homme machiavélique qui « objetifiait » ses femmes, les utilisait accessoirement et s’emparait de leur argent sans scrupules.

Eric est condamné par la cour d’assises d’appel de Besançon à 30 ans de réclusion, dont 20 ans de sûreté, pour avoir tué sa femme,  dissimulé son corps pendant plus de 10 mois, puis s’être emparé de son argent et refait sa vie sans aucun remord.

Les femmes restent en France les premières victimes des violences conjugales. Selon le ministère de l’Intérieur, 122 ont été tuées par leur compagnon, ex-compagnon ou amant en 2019, soit une tous les trois jours. Ce triste décompte reste constant depuis des années ! Que faut-il en déduire !

Nous allons évoquer aujourd’hui une affaire de féminicide : un homme qui tue sa femme et s’empare de son argent. Une affaire qui fait écho au phénomène actuel du mouvement social contre les violences faites aux femmes…

 

Les sources :

ASSASSINÉ : Christophe Sion

ASSASSINÉ : Christophe Sion

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L’affaire débute en 2008, le jour où Monsieur Christophe Sion, homme de 46 ans, maladroit avec les femmes dans la vraie-vie, décide de faire des recherches via internet pour trouver l’amour. Il fait la connaissance de Dina Sysoeva sur un site de rencontres.

Christophe est séduit par les photos de la jeune russe de 30 ans. Il entre en communication avec elle et passe des heures à lui parler par l’intermédiaire de la  vidéoconférence. De fil en aiguille, il en tombe amoureux. Dina est jolie, sincère et a un vrai sens de l’écoute qu’il apprécie beaucoup.

Sans nul doute, c’est elle la partenaire qu’il cherche depuis des années. Ayant hérité de ses parents, Christophe a habilement fructifier son argent en bourse. Persévérant et rigoureux, il est devenu riche de plusieurs millions d’euros. Il souhaite maintenant fonder un foyer. Christophe se projette de plus en plus, il ne pense plus qu’à Dina et son avenir avec elle.

En 2009, ne voulant plus perdre de temps, Christophe prend la décision de s’installer à Saint-Pétersbourg, la ville de sa dulcinée. Il retrouve Dina dans un petit café. Quand il arrive, elle n’est pas encore là ; elle est en retard, il l’attend. La rencontre fut un aboutissement : elle est encore plus belle que sur l’écran de l’ordinateur.

Le coup de foudre est immédiat pour tous les deux ; ils se marient rapidement et s’installent dans un grand appartement d’un luxueux immeuble de Saint-Pétersbourg, la ville des arts. Christophe est subjugué par le charme et de la ville et de la jeune Russe. Il paye tout cash, rien n’est trop beau pour son bonheur avec Dina. Un an plus tard, le couple donne naissance à une petite fille qu’ils appellent Christina.

Source : facebook

L’heureux papa est aux anges ! Avoir sa propre famille est un rêve qu’il vient de réaliser. Il ne pouvait espérer plus beau cadeau de la vie… Pour le baptême, il organise une fête mémorable.

Sa soeur Barbara et son mari Pierre sont invités et partagent avec lui les moments symboliques de la cérémonie à l’église et les photos souvenirs de Christina en longue robe de dentelles. Dans la foulée, Dina demande à Barbara de devenir la marraine de Christine. Barbara, très proche de son frère, apprécie beaucoup l’attention, elle est émue jusqu’aux larmes.

En août 2013, alors que la famille de Christophe pense qu’il file le parfait amour en Russie, il cesse brusquement de donner de ses nouvelles. Cela ne lui ressemble pas ! Normalement, il appelle sa sœur, au moins,   une fois  chaque semaine. Et là, il ne donne plus aucun signe de vie !

Barbara remet en boucle les vidéos que Christophe lui a déjà envoyées, mettant en scène la petite Christina et lui, jouant ensemble à cache-cache dans l’appartement ou dessinant paisiblement devant la télévision. Barbara a toujours trouvé curieux que Dina ne soit jamais avec eux, elle en a discuté avec son mari Pierre, mais ne l’a jamais mentionné à Christophe, de peur de le contrarier.

Et puis, maintenant, ce silence si étrange, si inhabituel ! Elle est terriblement inquiète… Barbara appelle Christophe sur son portable… aucune réponse, il reste injoignable ! Elle essaie sur Skype, à travers  le fixe et par mail… rien, toujours aucune réponse ! C’est vraiment anormal ! Il ne répond pas,  alors que d’habitude, quand il trouve un appel en absence, il rappelle immédiatement. Barbara essaie sur le portable de Dina, pas de réponse non plus. Elle est également injoignable…

Qu’est-il arrivé à Christophe et à sa petite famille ? Où sont-ils passés ?

Barbara commence à être très inquiète et avec son mari Pierre, ils se demandent ce qu’ils doivent faire en pareilles circonstances. Ils se font en tête tout un tas de scénarii et se demandent si Christophe n’a pas été victime d’un kidnapping.

Source : leparisien

La Russie est un pays réputé dangereux. Prendre un homme riche en otage et demander une rançon à sa famille y est tout à fait possible… Barbara et Pierre ne savent plus quoi penser. Dans l’incertitude, ils contactent Ekatrina Sologoub, une avocate de Russie qui parle français. Ils l’appellent et lui expliquent la situation.

Maitre Sologoub va déposer plainte pour disparition de Christophe. Les enquêteurs de la police russe se rendent à l’appartement, sonnent et sont surpris que Dina leur ouvre la porte. Tranquillement, elle explique à la police que son mari est en voyage d’affaires au Luxembourg et qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter…

À défaut de les convaincre, les explications que Dina a donné à la police ne rassurent que partiellement Barbara et Pierre. Le 16 octobre 2013, ils décident d’appeler Dina sur Skype et de la filmer, histoire d’en savoir un peu plus et d’obtenir des preuves à soumettre aux autorités. Dina accepte l’appel vidéo et se met devant l’écran ; la petite Christina est à ses côtés et elle est en bonne santé ; ils sont soulagés de la voir. Mais où est Christophe ?

Tout d’’abord, Barbara et Pierre commencent à parler de choses et d’autres avec Dina pour  la mettre en confiance ; ils ne veulent pas la brusquer, de crainte qu’elle ne mette fin à la conversation. Ils craignent aussi qu’elle soit menacée par des ravisseurs potentiels, mais Barbara ne peut s’empêcher de lui poser la question qui lui brule les lèvres : que se passe-t-il avec Christophe ? Où est-il ?

Dina se rembrunit, hésite, puis arborant un sourire forcé, elle leur explique que son mari a dû partir en urgence au Luxembourg, qu’elle ne comprend pas ce voyage précipité et qu’elle n’a plus aucune nouvelles de lui… La vidéoconférence se termine normalement. Dina semblait  sincère. Barbara et Pierre ne savent donc plus quoi penser.

Quelques jours plus tard, Barbara prend son agenda et appelle toutes les connaissances de Christophe. Qui sait ?  Il se peut qu’il se soit confié à quelqu’un d’autre qu’elle. Elle a vu juste. Paul Dupuis, le meilleur ami de son frère, lui apprend que Christophe et Dina étaient séparés depuis des mois, qu’il n’habitait plus l’appartement de Saint Petersbourg, et pour voir sa fille à laquelle il était très attaché, il devait verser de l’argent à Dina.

Barbara est accablée. Christophe a dû avoir honte de lui parler de tout ça, il est tombé sur une femme qui n’en voulait qu’à son argent et il a gardé cela pour lui le pauvre chéri.

En Russie, la police poursuit ses investigations. Les enquêteurs découvrent que Dina a récupéré 100 000 euros sur le compte de son mari grâce à une procuration falsifiée.  Elle a entièrement vidé le compte de Christophe. Les soupçons se concentrent sur elle.

En novembre 2014, la perquisition réalisée dans l’appartement révèle une importante trace de sang sous le plancher du salon. Du sang  appartenant à Christophe, certes nettoyé, mais toujours évident sur le sol. Il ne fait aucun doute ! Christophe a été frappé et blessé à l’intérieur de cet appartement. Est-il séquestré quelque part ? Est-il encore vivant ? S’est-il enfuit au Luxembourg ?

Petit à petit, les enquêteurs recollent les morceaux du puzzle. Ils apprennent que Christophe n’a jamais quitté la Russie et que l’histoire de départ précipité au Luxembourg est fausse. Dina ment ! Elle cache quelque chose de terrible. On l’interroge, on vérifie son portable, et là, on trouve des messages envoyés à une amie ; le contenu est très clair : « Dina a un amant, elle n’aime pas Christophe, elle le trouve radin et s’il ne lui donne pas ce qu’elle veut, elle est prête à le frapper ! »

On imagine alors le pire : et si Dina est impliquée dans la disparition de Christophe ?

Dina est placée en détention provisoire. Elle est reconnue coupable d’avoir tué Christophe Sion, son mari et le père de sa petite fille. Mise sous pression, elle ne veut toujours pas avouer et continue de mentir. Elle invente l’histoire d’un certain Vassili, associé de Christophe dans un trafic d’art.

Selon Dina , ce serait Vassili qui a tué Christophe et lui a ordonné de se débarrasser du corps si elle veut rester en vie. Mais personne ne connait ce Vassili et aucune trace ou indice n’indique la présence de cet homme dans l’appartement. Le comité d’enquête russe ne la croit pas et il est sûr de sa culpabilité.

Il reconstitue la scène de crime qui lui paraît plausible : «  le 28 août, Dina frappe Christophe à la tête dans leur appartement ; elle utilise un objet contondant en fer. Tombé sur le plancher, Christophe va perdre beaucoup de sang et au lieu de l’aider, Dina va le menotter et ne lui apporter aucun secours.

Elle appelle son père pour l’aider à le transporter en voiture dans une forêt de la région de Pskov à 300 km au sud de Saint-Pétersbourg. Elle le démembre et le brûle partiellement, car elle est pressée de rentrer et de l’oublier. Les enquêteurs recueillent le témoignage du père de Dina qui lui , avoue avoir aidé sa fille à se débarrasser du corps.

En avril 2016, dans la cour d’assises de Saint Petersbourg, se tient le procès où Dina est jugée. Calme et froide, elle ne montre aucune émotion ni aucun regret vis-à-vis de ses actes criminels. Depuis le début de la relation, elle n’était attirée que par l’argent de Christophe. Apres 17 jours de délibérations, Dina est condamnée à 11 ans de prison à Saint-Pétersbourg pour «assassinat et escroquerie».

Barbara et Pierre sont atterrés ! Christophe est mort et Dina la meurtrière n’a écopé que de 11 ans !Ironie du sort, son père, le complice qui a avoué  l’avoir aidée à démembrer et à bruler Christophe se retrouve libre et obtient la garde de Christina, sa petite fille… Le chagrin est immense et l’incompréhension est totale.

Pour Barbara ce n’est pas possible ! Son frère doit hurler de désespoir, là où il est. Elle se bat, désormais, pour sa nièce, Christina. La fillette a 10 ans. Elle veut coute que coute la ramener en France. Elle doit bien ça à Christophe, son malheureux frère. Elle se lance dans un long combat judiciaire pour adopter sa nièce, actuellement chez ses grands-parents maternels en Russie, au fin fond de la Sibérie. Elle est persuadée que cette famille russe ne s’accroche à Christina que pour l’héritage.

Source : leparisien

Avec l’aide de leur avocate russe, Maitre Sologoub, Barbara et Pierre ont entamé des démarches pour adopter la fillette. Mais plusieurs obstacles administratifs se dressent devant eux. Alors qu’elle avait été déchue de ses droits parentaux après sa condamnation, Dina est rétablie ensuite dans ses droits en appel et elle s’oppose à cette adoption avec force et véhémence. Elle compte raccourcir sa peine et sortir pour profiter de l’héritage.

Dégoutés, mais toujours décidés, Barbara et Pierre n’hésitent pas à faire des milliers de kilomètres pour aller voir Christina. Ils n’ont eu le droit de la rencontrer qu’à quatre reprises depuis 2014, dont une dernière visite en octobre 2018. Ils ne s’avouent pas vaincus, même si le chemin s’annonce long et difficile.

Ils se sont désormais mis en tête d’adopter la petite fille coute que coute : «On n’abandonnera pas, Christina est notre unique priorité» lâche ce couple déterminé à se battre pour la dignité de Christophe et la délivrance de Christina. Ils doivent absolument annuler l’appel de Dina pour reprendre la procédure d’adoption.

Pour cela, ils lancent un double appel aux présidents Macron et Poutine et courtisent les plateaux de télévision. Pour sauver Christina, ils sont prêts à tout ! Pour les soutenir, vous pouvez les retrouver sur le site web « sauvonschristina.org ».

 

Les sources :

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MEURTRIER : O.J. Simpson

MEURTRIER : O.J. Simpson

Nous allons aborder aujourd’hui, l’affaire d’OJ Simpson, le célèbre athlète, accusé d’avoir poignardé et égorgé son ex-femme et son amant en 1995 à Los Angeles. OJ a bénéficié d’un acquittement après un incroyable procès qualifié du « procès du siècle » retransmis en direct par la télévision, tenant en haleine plus de 100 millions de téléspectateurs. Oui il y a eu acquittement mais OJ Simpson la célébrité adulée fut déchue. Il passera quand même 9 ans de sa vie derrière les barreaux, mais pas pour meurtre ,pour vol à main armée en 2007 ! Un destin tragique qui continue de fasciner toute l’Amérique.

Pour comprendre cette incroyable affaire, il faut opérer un retour en arrière sur la vie exceptionnelle de OJ, une rétrospective nécessaire

Originaire des quartiers pauvres de San Francisco en Californie, Orenthal James Simpson fait carrière grâce à son talent pour le football américain. Surnommé « The Juice » pour sa capacité d’accélération, il devient une star, aussi populaire auprès des noirs que des blancs, c’est un self-made man pur et dur. A la fin de sa carrière sportive, il se reconvertit dans le cinéma et décroche des contrats de publicité. Très charmant, il sait séduire les gens et la caméra. Il incarne à lui seul le « rêve américain ». En 1985, il déménage à Bailey le quartier le plus huppé de Los Angeles, gage de sa réussite. Il se marie avec Nicole Brown, une blonde plantureuse et ensemble ils ont eu deux beaux enfants. Une image parfaite qui ne dure qu’un temps car les ennuis arrivent vite..

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ASSASSINÉ : Gianni Versace

ASSASSINÉ : Gianni Versace

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Aujourd’hui nous allons parler de Gianni Versace, le flamboyant styliste italien qui a marqué l’histoire de la mode et qui meurt assassiné à l’âge de 50 ans, devant la porte de sa propriété.

Originaire de Reggio di Calabria, à l’extrême-sud de l’Italie, Gianni Versace hérite de sa mère Franca, le goût de la mode et de la création. En 1978, il présente une collection sous son nom dont la réussite lui permettra d’ouvrir sa première boutique.

Source : theguardian

L’entreprise familiale Versace, avec son frère Santo, en président, et sa sœur Donatella, en directrice artistique, est née. Les réussites des collections de cette maison de couture pour femmes et hommes lui permettent de créer successivement des lignes de produits de luxe de parfums, de cosmétiques, d’accessoires de mode, d’articles d’intérieur ou encore d’ameublement.

Il réussit tout ce qu’il entreprend et son ambition est sans limites. Dans les années 80,  sa réussite est fulgurante. On ne parle que de Versace qui travaille désormais pour les spectacles de Maurice Béjart et pour Elton John pour ne citer qu’eux. Il connaît la consécration lors des années 90 et devient le styliste de vedettes comme Madonna.

Versace a un don de saisir l’air du temps et possède une flamboyante audace qui lui permettent de diriger un empire évalué à un milliard de dollars, 300 boutiques décorées comme des palais à Paris, Londres, Tokyo ou New York. Versace bouscule littéralement le monde de la mode pour imposer son emblème à la tête de méduse et il semble que rien ne puisse lui résister.

À l’âge de 50 ans, riche et célèbre, Versace déménage en Floride pour s’installer avec son petit ami le mannequin et styliste italien Antonio D’Amico, dans leur nouvelle propriété sur Ocean Drive, à Miami Beach : «la Casa Casuarina». Il compte ouvrir un nouveau chapitre de vie. Le destin sera au rendez-vous mais autrement…

Source : vogue

Gianni Versace va normalement rarement chercher les journaux. C’est Arthur, un de ses employés de maison qui s’en charge. Mais, le mardi 15 juillet 1997 à 8heures, Gianni laisse son compagnon Antonio D’Amico se réveiller et décide d’aller lui même chercher ses journaux. Il se dirige vers le News Cafe, trois blocs plus loin. Ses magazines sous le bras, il retourne chez lui, à la villa Casa Casuarina. L’emblème de sa marque, une tête de méduse, est partout : des portails aux grilles, en passant par les pots de fleur… Il arrive vers 8h45 et monte les marches.

Pendant une fraction de seconde, Versace fait face à son tueur. L’homme sort un calibre 40 mm de son sac, vise et tire deux fois à bout portant, sans une once d’hésitation. Une balle atteint Versace à la joue, l’autre à la nuque. Le tueur détale…

«Gianni, Gianni !». Les cris désespérés d’Antonio D’Amico, l’ami, le confident, l’ombre fidèle de Versace qui le suit partout depuis des années, ne sont pas parvenues à ranimer son compagnon foudroyé. Mardi, peu avant 9 heures, Antonio attendait Gianni pour prendre le petit déjeuner avec les journaux et les croissants, quand, il a entendu deux détonations provenant de la rue.

Source : people

Debout sur la plage, Ken Ashford, un jogger matinal, apercevant l’homme affalé sur les marches ensanglantées de la Casa Casuarina, a d’abord cru que l’on y tournait un film. De jour comme de nuit, Ocean Drive est un spectacle passionnant…

Contrairement à Madonna et à Sylvester Stallone, qui ont fait ériger autour de leur quartier de Coconut Grove, à Miami, une grille en fer forgé qui les isole totalement du public, Gianni n’a jamais eu peur pour sa sécurité. Les portes de sa maison, sont certes surveillées par deux caméras vidéo, mais  sont ouvertes à tous ses amis. Le créateur répétait d’ailleurs souvent :

«Tout le monde m’aime. Qui voudrait s’en prendre à moi ?»

Le tueur, identifié s’est évaporé dans la nature. Il s’appelle Andrew Philip Cunanan et c’est la vidéosurveillance du Tides Hotel, situé près de la villa, qui l’a trahi, car la scène du crime a été complètement filmée. De plus son portrait-robot, un homme blanc, 1,78 mètre pour 77 kilos, correspond bien à la description des témoins, les passants de cette matinée sanglante. D’ailleurs comme pour signer son acte, Andrew Philip Cunanan abandonne le véhicule de l’une de ses précédentes victimes à proximité et dans lequel il était arrivé sur les lieux quelques heures auparavant.

Cet homme est connu des agents du FBI. Ils sont donc sûrs d’avoir affaire au « spree killer», le tueur en rafale, qu’ils sont entrain de traquer. Une semaine plus tôt, ils l’avaient même intégré la liste des « dix criminels les plus recherchés » du FBI. C’est un psychopathe qui a déjà tué quatre fois en ces derniers trois mois. Versace est sa 5e et dernière victime…

Et bien sur le monde entier est bouleversé par la nouvelle de la mort de Versace, les images de traces de sang passent en boucle à la télévision. Les célébrités, les stars et les gens de la mode pleurent la perte d’un génie. Les plus grands top models de la planète comme Carla Bruni, Naomi Campbel et tant d’autres ont perdu leur Pygmalion… Le temps est au deuil. Les cendres de Versace sont ramenées en Italie et déposées dans le cimetière de Moltrasio, pour qu’il repose en paix et pour toujours, sur les rives du lac de Côme.

En parallèle, une chasse à l’homme surmédiatisée commence pour le meurtrier. Le soir même, le nom est lâché dans les médias par Richard Barreto, le chef de la police de Miami : Andrew Philip Cunanan , un Californien de 27 ans, sans lien apparent avec Versace. Dès le lendemain, l’envoyé spécial du FBI Paul Philip surenchérit : « Il est armé et très dangereux. Il fréquente surtout les lieux de rencontre des homosexuels mais, avec lui, tout le monde est menacé. » Il n’en fallait pas plus pour que la terreur gagne la communauté gay…

Le FBI révèle alors que cela fait des semaines que les spécialistes de leur institution à Quantico, en Virginie, traquent les mouvements de ce tueur en série à l’aide de petites pastilles rouges collées sur une carte de la côte Est, il le savent en Floride depuis 3 mois déjà. Mais ils l’imaginaient 100 kilomètres plus au nord, près de la ville de Palm Beach, où deux serveurs ont signalé sa présence.

Le FBI sait que Cunanan a commencé un road-trip sanglant d’un côté à l’autre de l’Amérique. Sa première victime, Jeffrey Trail, est retrouvée le crâne défoncé à coups de marteau dans l’appartement de David Madson, l’amant de Cunanan, à Minneapolis. Quelques jours plus tard, c’est le corps de Madson qui est repêché dans un lac de la région.

Nouvelle découverte macabre dès le lendemain, le 4 mai, dans l’Illinois : un riche agent immobilier de 72 ans est assassiné avec un sécateur. Le 9 mai, à 2 000 kilomètres de là, dans le New Jersey, un gardien de cimetière devient sa quatrième proie. Cunanan suit un itinéraire macabre dont le but n’est connu que par lui.

A la mort de Versace, le FBI ouvre l’une des plus grandes chasses à l’homme qu’aient connues les Etats-Unis : 400 agents fédéraux sont lancés aux trousses du tueur. Son portrait est placardé partout , et même 10 000 dollars de prime sont promis pour une information déterminante.

Concernant son mobile, les interprétations s’accumulent : Cunanan connaissait Versace et n’aurait pas supporté d’avoir été éconduit par le couturier… Cunanan, qui prétendait avoir contracté le sida, aurait juré de se venger des homosexuels… Sur la foi des personnes qui l’ont connu, les experts psychiatriques, eux, décrivent un psychotique en proie à la paranoïa.

Paniqué par cette poursuite à forte envergure et très médiatisée, Cunanan trouve refuge dans une maison flottante fortuitement vide de la « crique indienne » de Miami. Le 23 juillet, alors que la maison flottante est encerclé par la police, il retourne son arme contre lui. Un coup de feu dans la bouche met fin à huit jours de cavale.

Il ne voulait pas être pris vivant par la police, il ne voulait pas que l’on connaisse le secret enfoui au fond de lui. Pour la police et le FBI c’est la désillusion, tout espoir d’obtenir des réponses à propos de ses motivations meurtrières et de connaitre son lien avec Versace est enterré définitivement. Tout ce qu’on peut faire alors c’est une rétrospective sur la vie antérieure de Cunanan, à la recherche de réponses quelconques, pour comprendre comment peut-on avoir un destin aussi tragique…

Andrew Cunanan naît en 1969 à National City, en Californie. Dernier enfant d’une fratrie de quatre, il est particulièrement choyé par sa mère italienne, Mary Anne, et son père, Modesto « Pete » Cunanan. Pour lui, rien n’est trop cher : ses parents vont tout faire pour cet enfant bavard, charmant et brillant. C’est leur petit préféré et ils ne s’en cachent pas .Andrew fait ses études à la prestigieuse école privée Bishop de La Jolla, près de San Diego , alors que ces trois autres frères et sœurs , eux sont á l’école publique.

Il garde, pour ses anciens camarades, une réputation de garçon flamboyant, voulant toujours s’approprier les projecteurs, être au centre des discussions. Pour cela, il ment énormément : un jour, il est juif. Le lendemain, son père est un richissime propriétaire philippin.

Le but est toujours le même : cacher aux autres son ascendance, cette vie ordinaire qu’il méprise, ce mariage bancal entre ses parents, qui le prennent souvent plus comme un confident qu’un enfant. Andrew est un joli garçon mais il est narcissique, mythomane, escroc et ambivalent avec son homosexualité.

Abandonné ensuite par son père, il devient un étudiant raté qui ne connait que désillusions et déboires. Andrew Cunanan fréquente les bars et clubs gay de San Francisco dès l’âge de 15 ans. Il se drogue et se prostitue pour se payer des vêtements coûteux mais prend de l’embonpoint, si bien qu’il connaît moins de succès.

Peu avant le début de ses meurtres, il pense avoir le sida, ce qui accentue sa paranoïa et son délire. Il emploie son intelligence exacerbée à rêver de luxe, à séduire et à vivre aux crochets de multiples vieux « sugar dandy », de riches amants, avec qui il vit dans un monde huppé mensonger, déconnecté du monde réel…

Ses motivations pour le meurtre de Versace resteront pour toujours mystérieuses. Cunanan prétend, l’indiquant à des amis, avoir connu dans le passé Gianni Versace, mais rien dans les faits n’a jamais pu corroborer cette version.

En 2018,  la série télévisée  « L’assassinat de Gianni Versace, American Crime Story», s’intéresse au choc de la mort de ce styliste talentueux et à la grande question que tout le monde se pose : pourquoi diable est-ce que Cunanan a jeté son dévolu sur le styliste et a voulu coute que coute l’éliminer ??

La série de 9 épisodes superpose passé et présent pour essayer de cerner ce mythomane invétéré. Elle met l’accent sur la jeunesse de Cunanan , vide et sans idéal. Et c’est une certitude, le jeune homme est véritablement prêt à tout pour de l’argent. Avec cela il peut acheter les dernières baskets, faire de la musculation ou encore bronzer et se vautrer toute la journée devant la piscine à ne rien faire que se droguer et boire de l’alcool…

Le metteur en scène pose aussi le doigt sur le problème d’homophobie dans une Amérique bling-bling  mais pas si libérée que ça. Dans les années 80-90 , insultes, moqueries, violence… sont monnaie courante vis-à-vis de cette communauté marginale, même au sein de la police.

Source : caesuramag

Il n’y a qu’à voir avec quel mépris les flics interrogent le compagnon de Versace, Antonio d’Amico, juste après le meurtre pour comprendre qu’à l’époque, même à Miami, l’une des villes les plus ouvertes des états unis, l’atmosphère est remplie par le mépris, le rejet, ou la haine envers des personnes, des pratiques ou des représentations homosexuelles ou supposées l’être.

L’homophobie est partout avec ses préjugés et ses discriminations et cela peut se manifester par de la peur, de la haine, de l’aversion, du harcèlement, de la violence ou encore de la désapprobation intellectuelle intolérante envers l’ensemble de la communauté LGBT. Gianni Versace, l’empereur de la mode italienne, malgré les circonstances abominables de son décès , a laissé derrière lui un héritage d’envergure que sa soeur Donatella honore plus que jamais aujourd’hui, vingt ans après sa disparition.

Aujourd’hui nous allons parler de Gianni Versace, le flamboyant styliste italien qui a marqué l’histoire de la mode et qui meurt assassiné à l’âge de 50 ans, devant la porte de sa propriété.

 

Les sources :

FAITS DIVERS : Les époux BAC

FAITS DIVERS : Les époux BAC

Aujourd’hui nous allons évoquer l’affaire exceptionnelle des époux Bac qui au-delà des effets immédiats sur les protagonistes Ginette et Claude Bac, aura des répercussions sur la vie de toutes les femmes et des familles en général . Eh oui car le fait divers en apparence anodin dont nous allons vous parler aujourd’hui a conduit à la légalisation de la contraception en France.

Pour comprendre ce curieux cheminement, il faut s’intéresser à ce qui s’est passé chez les Bac, une famille tout ce qu’il y a de plus ordinaire, tout ce qu’il y a de plus banal en ce début des années 50.. A l’heure du baby-boom !

Ginette et Claude se rencontrent juste après la guerre à Saint Ouen, ce qu’on appelait à l’époque la banlieue rouge de Paris, une banlieue ouvrière et communiste. Ils n’ont pas 20 ans au moment de leur mariage en 1948, elle bonne à tout faire et lui ouvrier ajusteur travaillant à l’usine. Leur petit appartement dispose de l’eau courante et de toilettes intérieures. Ce sont deux jeunes gens qui s’aiment et qui se créent un petit nid modestement douillet rien que pour eux. Le premier bébé arrive très vite, un très beau bébé en bonne santé qu’ils nomment Christian. Ginette a accouché sans problèmes et semble heureuse de sa vie de futur maman. 

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