John Joubert, le scout tueur

Depuis 2 moisCriminologie

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Entre 1982 et 1983, les cadavres de trois jeunes garçons, étranglés, mordus et poignardés sont répertoriés entre les États du Maine et du Nebraska.

Pour la police, il est difficile d’entreprendre la moindre chose sans le début d’une piste. Les habitants ont peur, tous pensent qu’un tueur en série traîne dans les parages. Mais alors que l’enquête est au point mort, il suffira d’une seule coïncidence pour coincer le coupable.

123 de QI, une érudition rare, une carrière militaire prometteuse, un sens de l’organisation et une rigueur digne d’un vrai boyscout, qui était vraiment John Joubert ?

La police va très vite comprendre que la rage et la haine ont accompagné son parcours, et ce depuis le tout début.

Sans plus vous faire attendre, place à l’histoire de John Joubert, le boyscout tueur.

podcast fr John Joubert-boyscout tueur

Source : psycho-criminologie

Lawrence, Massachusetts, 1968

Dans la salle à manger, Beverly Joubert est en train d’emballer ses dernières affaires. Déjà empaqueté dans du papier journal : assiettes, services à thé, à café, couverts, nappes et soupières. En montant sur une chaise, elle décroche du mur les portraits du Pape et du défunt Président Kennedy, assassiné en 1963.

Année funèbre que celle de la naissance de son fils, arrivé deux mois plus tard, c’est donc tout logiquement qu’elle (et les autres femmes de la maternité) ont donné le prénom de John ou Joan à leurs bébés en souvenir du président décédé, « Le seul catholique irlandais ayant jamais accédé à la présidence des États-Unis d’Amérique, parti tôt, beaucoup trop tôt… » soupire-t-elle.

Beverly Joubert vient de recevoir ses papiers de divorce. Elle n’a pas osé y toucher, comme si leur contenu allait la brûler ; pourtant, c’est elle qui a décidé que tout devait s’arrêter.

Elle a flairé les infidélités de son mari il n’y a pas très longtemps de cela, quand elle venait lui donner un coup de main dans leur cafeteria de Gritty Mill où, pour la première fois, les gens ont goûté à de la pizza italienne.

Les derniers temps, il ne se gênait même plus, allant une fois jusqu’à empoigner par les fesses et embrasser à pleine bouche une jeune femme blonde qui lui envoyait des clins d’œil depuis sa table. Beverly s’était abstenue de tout scandale car elle n’a pas été éduquée ainsi.

En un rien de temps, il s’était taillé une solide réputation de coureur et de violent qui n’hésite pas à persévérer quand les femmes le fuient. À la maison, il a porté la main sur elle qu’une seule fois, puis n’a plus jamais recommencé, sans pour autant demander pardon.

Pour elle, l’épouse légitime, c’en était trop, trop d’humiliation ; elle qui croyait que les vœux échangés le jour de son mariage n’avaient pas de date de péremption.

Le prêtre l’a longtemps sermonnée : « Une épouse ne demande le divorce que dans les cas extrêmes (mais, Mon Père, je suis un cas extrême !), il faut lui pardonner cette offense ma fille, notre Seigneur nous a recommandé le pardon comme quand il l’a fait à ceux qui l’ont crucifié… »

Elle a failli céder puis s’est ravisée, elle ne pouvait plus vivre avec le père de ses enfants, plus après ce qu’il avait fait. Elle a récolté au passage le regard déçu du Père Gavin, qui lui a rappelé vite fait que, seul, le mariage civil dans n’importe quel vulgaire bureau matrimonial lui sera désormais accordé, et plus jamais celui de l’Église.

Tant pis ! Beverly, ex-madame Joubert, ne compte plus se remarier, de toute façon.

Au volant de sa Dodge, ses deux enfants assis à l’arrière, elle laisse derrière elle le Massachusetts et ses cancans, ses dames patronnesses aux aguets des moindres écarts et sa communauté irlandaise médisante et partiale, rangée derrière le prêtre.

Elle a choisi de quitter le quartier en plein jour, précédée par la camionnette des déménageurs. Elle savait que derrière les fenêtres, tous l’épiaient, elle, l’épouse qui a mis son pauvre mari à la porte sans chercher de compromis.

Ce n’est ni le premier ni le dernier, tous font cela, à un moment ou un autre…

C’est sorti de la bouche de sa propre sœur, histoire de banaliser cette histoire d’infidélité. Elle aussi était une femme trompée, mais pour sauvegarder les apparences, l’accès à l’Église et la paye de son mari, elle a préféré fermer les yeux, le temps que les « choses se tassent » et c’est arrivé, grâce à dieu !

Beverly, pourquoi tu dois toujours aller à contre-courant ? Lui a si durement reproché sa mère au téléphone.

Contrairement aux autres femmes de son entourage, Beverly avait un emploi, et même un très intéressant pour l’époque : elle était comptable et gagnait un salaire tous les mois, ce qui faisait qu’elle n’était pas dépendante financièrement de son mari. Une première !

Pour égayer l’atmosphère déjà plombée, l’ex-madame Joubert met un peu de musique. Dans le rétroviseur, elle aperçoit les deux moues de Johnny, six ans, et Jane, quatre ans, collés l’un à l’autre. Leur père leur manque déjà.

Car après la déception et l’humiliation, le choc des papiers du tribunal, la séparation des biens, l’ex qui part avec ses valises sans se retourner, d’autres sentiments font surface pour y rester : la rancœur, la jalousie, la haine et l’idée que les enfants sont désormais une monnaie d’échange n’appartenant qu’à un seul parent.

Beverly décide que ça sera ainsi désormais, et que même s’ils la supplient à genoux, ni John, ni Jane ne reverront plus jamais leur père, quitte à ce qu’elle campe les deux rôles à l’avenir, comme l’ont fait beaucoup de mères avant elle.

Beverly repense à l’année de la mort du Président Kennedy et du grand et bouleversant deuil national qu’il s’en est suivi. Elle se rappelle qu’avec sa mère et ses deux sœurs, elles sont allées allumer un cierge à la chapelle et prier pour l’âme du défunt, sa mère était tout en noir, exactement comme la veuve, Jackie Kennedy. De grosses larmes lui roulaient le long des joues qu’elle s’empressait d’essuyer avec un mouchoir tout blanc. Un John s’en allait et un John arrivait. Deux mois plus tard, elle accouchait en pleine canicule de son premier-né, un petit garçon qui avait la taille d’un prématuré.

Plongée ainsi dans ses souvenirs, Beverly Joubert jette un coup d’œil distrait dans le rétroviseur : le regard noir de son fils croise le sien avec une défiance qu’elle ne lui a encore jamais connue jusqu’ici.

Qu’est-ce qu’il lui prend à ce gamin ? Pourquoi il me jette des regards comme ça ?

— Et papa, il vient nous voir quand ? Hasarde la petite Jane en bâillant.

— Papa est parti avec une vilaine femme parce qu’il ne veut plus de nous, il ne reviendra pas parce que c’est ce qu’il veut ! Désormais, nous serons que tous les trois, vous trouvez pas ça chouette, les enfants ?

— Tu mens !

Le regard glaçant de John pétrifie un moment sa mère dans le rétroviseur. À partir de ce moment, elle sait que les choses ne seront plus jamais comme avant.

John Joubert vient au monde le 2 juillet 1963 à Lawrence, Massachusetts. À cette époque, son père Joseph, qui a de lointaines origines françaises, travaille en qualité de cuisinier et de serveur dans une petite gargote qu’il a rachetée à une famille italienne. Sa mère, Beverly Cassidy, d’origine irlandaise, travaille en tant que comptable dans une petite compagnie d’assurance automobile. Sa sœur unique, Jane, naît en 1965.

John vit au sein d’un foyer stable où la foi catholique est omniprésente. À trois ans, il sait déjà lire, ce qui fait de lui un enfant prodige.

Pendant les premières années de sa vie, le niveau social de la famille est très confortable : son père a réussi à élargir son restaurant dans la petite ville de Gritty Mill, les affaires sont bonnes et les rentrées régulières, ce qui permet au couple Joubert de se payer des vacances et faire un peu d’épargne.

John Joubert boyscout tueur en série

Source : talkmurderwithme

John fréquente l’école paroissiale tenue par l’Église et est désigné comme garçon d’autel lors de la messe dominicale, une « responsabilité » qu’il prend très au sérieux.

Mais à l’âge de six ans, l’univers idyllique dans lequel il a toujours vécu s’effondre brusquement, suite au divorce de ses parents. John qui est très attaché à son père n’arrive pas à se faire à l’idée de vivre éloigné de lui.

Il n’est cependant pas le seul à souffrir de cette situation, la principale concernée, en l’occurrence sa mère, bien que très favorable à une séparation au début suite aux diverses affaires d’adultère de son époux, commence à regretter amèrement son choix.

Il faut rappeler que ce sont les années soixante, le divorce n’est pas encore tout à fait dans les mœurs et le machisme est presque une seconde nature chez les hommes. Une femme qui choisit de divorcer comme l’a fait Beverly Joubert se met à dos toute la communauté, les institutions sacrées et la société civile.

Le père disparaît instantanément de la vie de ses deux enfants et ils resteront longtemps sans avoir une idée précise de sa nouvelle adresse. Beverly Joubert n’a jamais vraiment pardonné à son mari ses nombreuses infidélités, elle va se venger de la plus cruelle des manières : l’empêcher de venir voir Johnny et Jane. À cette époque où la garde alternée n’est pas encore dans les habitudes sociales et que les rôles dans les couples sont prédéfinis, il est donc tout à fait légitime que la maman agisse comme elle l’a fait.

Mère et enfants quittent donc leur Massachusetts natal pour s’installer plus au nord dans l’État du Maine en Nouvelle-Angleterre. La famille monoparentale loue un petit appartement dans un quartier ouvrier et délabré de Portland.

Ayant perdu son emploi de comptable à la suite de son déménagement, Beverly est contrainte de travailler tour à tour comme serveuse puis comme caissière de supermarché. Même si son ex-mari continue de lui envoyer la pension alimentaire de leurs enfants, elle les fait vivre dans une extrême parcimonie ; John, par exemple, se rend tous les jours à pied à l’école, située à la sortie de la ville, sa mère refusant formellement de lui donner de l’argent pour le transport.

Les rapports entre mère et fils commencent graduellement à se détériorer dès qu’ils s’installent dans le Maine.

Beverly devient alors une femme possessive, dominatrice et autoritaire. Ses enfants ne peuvent pas sortir, ni nouer des amitiés avec des enfants de leur âge, elle les prive de toute sorte de divertissement, et même des fêtes scolaires de fin d’année où ils ne se rendent jamais. Elle prend le prétexte qu’elle n’a pas assez d’argent pour leur payer des costumes et des déguisements, ni payer des gâteaux et des boissons.

Le vide laissé par le père fait beaucoup souffrir John et sa sœur. John essaye plusieurs fois de prendre le bus en cachette pour rentrer au Massachusetts et tenter de le chercher. Le choc est tellement intense qu’il se prend à l’imaginer marchant dans la rue, au supermarché, ou encore lui rendant visite pendant la nuit pour lui lire une histoire comme il savait si bien le faire.

Un jour, John chaparde quelques dollars dans la boîte en fer que sa mère cache sur une étagère de la cuisine ; il quitte la maison et fonce droit vers la station de bus pour y acheter un billet. Quelle n’est pas sa surprise lorsqu’il voit sa mère surgir de nulle part, l’attraper par le col de sa chemise et l’entraîner jusqu’à la voiture ! Une personne du quartier l’a vraisemblablement prévenue en voyant son fils traîner tout seul dans la station. Ce jour-là, il est battu, et pour avoir volé de l’argent qui ne lui appartenait pas, et pour être allé à l’encontre des règles qu’elle avait établies.

Chaque jour qui passe voit la haine du petit John croître pour celle qui lui a donné le jour, il est convaincu qu’elle est la seule et unique responsable de la dissolution de leur famille.

En 1970, Beverly Joubert trouve un nouveau travail dans une succursale et est amenée à se déplacer entre Portland et Boston. C’est à cette époque que John et sa sœur commencent à passer de plus en plus de temps avec des baby-sitters.

La présence de ces jeunes filles, souvent encore lycéennes et sans qualification réelle, à part le fait de vouloir se faire de l’argent de poche en ayant un œil sur la télé et un autre sur les enfants, fascinent au plus haut point le petit garçon.

Étrangement, aucune ne remet plus les pieds chez les Joubert après leur premier passage chez eux.

— Est-ce qu’ils ont fait des bêtises ?

— Non, m’dame…

— Est-ce qu’ils ont désobéi ?

— Non, pas vraiment…

— Est-ce qu’ils ont refusé d’aller tôt au lit ?

Il faudra attendre la sixième baby-sitter, une certaine Trixie Davenport, pour lever le voile sur les départs précipités des précédentes nounous :

— Madame Beverly, cela me chagrine de vous dire cela mais Johnny… a des comportements plus ou moins, plus ou moins… comment je vais dire cela sans vous fâcher…  il a essayé de m’étrangler, voilà !

John l’aime pourtant beaucoup cette Trixie : elle sait faire des pancakes bien moelleux et des burgers avec plein de frites, elle est blonde, souriante, et porte des body roses très moulants. Du haut de ses huit ans, il éprouve pour elle de drôles de sentiments contradictoires : il rêve de l’embrasser, de la tuer puis de la manger.

Trixie, qui ignore encore tout de ses plans macabres, joue avec lui aux petites voitures et aux avions ; ce n’est que lors d’une partie de cache-cache qu’il saute de sa cachette et lui empoigne le cou par surprise. Croyant à un jeu de garçon, la nounou le laisse faire en rigolant avant de s’apercevoir que les choses sont en train d’aller loin, et ce n’est qu’au terme d’une lutte féroce pour se dégager de l’impitoyable poigne de John qu’elle comprend que cela n’avait absolument rien d’un simple jeu.

Malgré la mésaventure avec Trixie, Beverly Joubert est dans le déni total, elle sait que son fils n’en fait souvent qu’à sa tête, qu’il se montre parfois très pugnace mais aller jusqu’à vouloir tuer quelqu’un ne lui traverse pas un instant l’esprit. Elle est convaincue que la nounou a exagéré les faits, sûrement pour se dédouaner de son manque d’autorité envers les enfants.

L’expérience avec les baby-sitters s’arrêtera là.

En 1976, alors âgé de treize ans, John découvre ses premiers émois affectifs. Lui qui a passé son enfance à fantasmer sur ses nounous et éprouvait presque un malin plaisir à les terroriser, se retrouve en proie à un problème de taille : il n’éprouve aucune attirance pour les filles ! Son homosexualité le terrorise et le bouleverse au plus haut point. Il n’ose en parler à personne, même pas à la psychologue scolaire, de peur qu’elle n’aille tout raconter à sa mère.

Plus d’une fois, il s’est surpris lui-même à reluquer les autres garçons nus dans les vestiaires après la séance de sport. La virilité naissante de ses camarades et celle plus affirmée des membres de l’équipe de baseball le laisse tout bouleversé, au point que la nuit, seul dans son lit, il y pense encore.

En plus de cela, il a plein de complexes liés à son physique : alors que la plupart des autres garçons de l’école sont grands, blonds, sportifs, énergiques, lui est petit, brun, chétif, avec un air misérable de chien battu.

Son mal-être étant visible, il subit intimidation et harcèlement, et personne ne lève jamais le petit doigt pour le défendre.

Néanmoins, c’est un garçon très intelligent, il possède un QI de 123, nettement supérieur à la moyenne et se distingue par ses notes excellentes dans plusieurs matières, ce qui lui confère le titre de « premier de la classe » et « chouchou des profs » ; sûrement pas le meilleur des attributs.

Solitaire, sans réels amis, John peuple son univers des personnages des livres qu’il lit continuellement. Les romans illustrés et les magazines scientifiques sont une vraie révélation.

Pour gagner son argent de poche, il devient aussi « paperboy » et distribue des journaux dans son quartier pendant les weekends et les vacances scolaires. Il économise et parvient même à payer une partie des frais de sa scolarité au Cheverus High school, un lycée catholique pour garçons, sa mère ayant accepté de financer l’autre moitié.

L’arrivée de Brian LaBecque, un Franco-Canadien, dans sa classe change toutes ses idées reçues sur la désaffection. Les deux adolescents deviennent inséparables, unis par leurs misères personnelles : comme lui, Brian a très mal vécu le divorce de ses parents ; comme lui, il a un physique ingrat, est obèse et porte de grosses lunettes. Bientôt, les autres garçons les traitent de « lopettes », John est surnommé « Jujube » et Brian, « Barbecue ».

À la maison, les choses ne s’arrangent pas non plus, John déteste de plus en plus sa mère et le lui montre ouvertement ; en contrepartie, cette dernière le tourmente, l’humilie, le sermonne pour tout et rien, n’hésitant pas à le rabaisser à la moindre occasion.

Humilié, rejeté à l’école comme à la maison, John se transforme en une espèce de vraie bombe à retardement.

Et puis vient la révélation : les scouts.

Il faut savoir que le scoutisme est une véritable institution aux États-Unis, comme un rituel de passage pour les filles et les garçons. De tradition presque militaire, non-mixte, elle apprend la débrouille et l’art de se sortir du pétrin dans des conditions extrêmes.

John adore son uniforme vert et son béret basque rouge surmonté d’une plume d’aigle. The Boyscouts of Maine, gérée par l’Association pour la Jeunesse américaine, devient en quelque sorte son chez-lui, un foyer de substitution où il se sent pour la première fois utile et valorisé.

Pendant les vacances d’été, John et son équipe campent dans la forêt de Green North Woods. Les nuits passées à la belle étoile, à griller des marshmallows et se raconter des histoires qui font peur, sont les plus beaux souvenirs de cette période de sa jeunesse.

Source : pressherald

John se passionne tellement pour son activité qu’il finit par grimper les échelons et obtenir le rang d’Eagle Scout, le plus haut grade.

Quand les vacances touchent à leur fin, c’est avec regret qu’il remballe sa tenue et ses brodequins pour revenir à l’école.

L’année 1979 est une année décisive puisque c’est celle qui décide si l’élève sera promis à de brillantes études universitaires ou s’il obtiendra un simple diplôme technique. Malgré son intelligence hors du commun, John se désintéresse de plus en plus de l’école, lui qui a toujours été assidu et craintif de ses professeurs, commence à sécher les cours et manifeste un comportement violent et anti-social. Ni les renvois, ni les punitions ne parviennent à le mater. En dépit de tout cela, il réussit pourtant à décrocher son diplôme d’études secondaires avec mention.

Il s’inscrit à l’Université de Norwich, sorte d’établissement militaire semi-privé situé dans le Vermont, où il projette d’entamer des études d’ingénierie. Mais le programme se révèle difficile, même pour l’élève brillant qu’il a toujours été et il finit par abandonner à la fin du premier semestre.

Sans ressources, lâché par sa mère qui lui refuse toute aide financière après ce cuisant échec, incapable de trouver un travail à la hauteur de ses ambitions, il décide de s’enrôler dans l’armée de l’air américaine, la US Air Force, où au moins il est certain d’être nourri, logé et blanchi, et avec cela la possibilité de grimper les échelons. Fort de son expérience d’ancien boyscout, il n’a aucun mal à s’acclimater à la rigueur de la caserne où il échoue à l’âge de dix-neuf ans.

Rebelote ! John se retrouve entouré de mâles de tous les côtés dans une promiscuité et une intimité redoutable : dans les dortoirs, les douches, les entraînements, le réfectoire, des bruns, des blonds et des gars de couleur, les corps se heurtent et se croisent tout le temps. Ses penchants homosexuels reviennent au galop et le voilà en train de refaire le guet dans les douches communes, jetant des regards à la dérobée quand les autres ont le dos tourné.

Il a conscience que, dans l’armée, ce genre d’agissement, bien que prohibé, bénéficie d’une sorte d’omerta, le fameux « Don’t ask, don’t tell » (ne pose pas de question, ne dis rien). L’homosexualité de certains est donc soigneusement dissimulée et vécue en huis-clos, sans courir le risque d’être ébruité en dehors de la caserne ou mouchardé à leurs familles respectives.

C’est durant l’une de ses permissions pour les fêtes de fin d’année que John rentre au Massachusetts, avec ce vieil espoir de retrouver son père. Pendant trois jours, il arpente les ruelles de la ville de Lawrence où il a grandi, persuadé de tomber nez à nez avec son géniteur au détour d’une ruelle, mais Joubert Père ne donne pas signe de vie. Peut-être qu’il a déménagé ailleurs dans une ville voisine, voire dans un autre État ? John feuillette les pages de l’annuaire en quête de tous les Joubert existant aux États-Unis, mais pas de signe de Joseph, son père.

Le sentiment d’abattement et de désespoir qui a marqué toute son enfance et son adolescence se fait à nouveau ressentir, c’est encore une fois sa mère qui en prend pour son grade. Comme un vieux film qui se déroule devant ses yeux, il revoit les images de leur départ de la maison familiale, le camion des déménageurs rempli de leurs vieux meubles, les voisins aux mines sévères les regardant partir comme des parias… sa mère a réussi à se mettre tout le monde à dos, y compris sa propre famille, et le Père Gavin, pourtant si indulgent avec ses paroissiens. Elle a l’art de réussir à tout gâcher, à croire qu’elle le fait exprès…

John passe les nuits suivantes à se saouler dans les bars miteux de la ville, son uniforme de soldat lui confère un panache et force le respect à son égard, il se sent pour la première tout puissant. Mais ni l’alcool ni son addiction aux stupéfiants (développée par la suite) ne parviennent à calmer sa rage intérieure. Il lui faut autre chose.

Le 28 décembre 1979, Sarah Conty, une petite fille de neuf ans, est en train de jouer devant la maison quand un individu passe à toute vitesse et lui plante un crayon dans le dos. Alors que les cris de la petite fille finissent par alerter ses parents, son agresseur a déjà disparu.

Dissimulé derrière un mur, John ricane de toutes ses dents. Dans ses oreilles, les cris de douleur de l’enfant résonnent encore, il en éprouve carrément de l’excitation sexuelle.

En janvier 1980, Vicky Goff, une jeune femme de vingt-sept ans, marche le long de l’avenue Deering pour aller à l’Université du Maine où elle étudie. C’est le moment qu’a choisi un jeune homme pour l’attraper par derrière, lui taillader presque la mâchoire avec une lame de rasoir, tout en essayant de lui fermer la bouche pour l’empêcher de crier et d’ameuter les gens, avant de s’enfuir en voyant venir des personnes dans leur direction. Vicky Goff, qui est contrainte de subir deux interventions chirurgicales, est incapable de décrire le visage de son agresseur à la police.

L’affaire est classée sans suite et John Joubert prend de plus en plus de plaisir à blesser et voir jaillir du sang.

En mars 1980, dans la petite ville de Back Cove dans le Maine, c’est au tour de Michael Witham, neuf ans, de subir une nouvelle attaque. Le petit garçon se promène tranquillement sur Baxter Boulevard quand il se fait littéralement enlever par un mystérieux individu. Michael est ainsi traîné jusqu’à une zone boisée et un peu à l’écart du quartier d’Oakdale.

Là, l’étrange individu commence à lui poser des questions de plus en plus bizarres et incohérentes avant de l’attraper par derrière et de lui trancher la gorge avec un couteau de chasse. Michael échappe miraculeusement à la mort et sa blessure nécessitera douze points de suture.

Bien qu’une recherche ait été ouverte après cette troisième attaque du genre, aucun suspect ne sera arrêté.

Pourtant, ces attaques au couteau et au rasoir choquent beaucoup les habitants, au point que désormais, dans les écoles, il ne se passe pas un jour sans que le corps enseignant et administratif ne donne de recommandations pour empêcher les enfants de rentrer seuls chez eux à la sortie des classes.

En avril 1980, un étudiant de l’Université du Maine se fait à son tour poignarder dans l’estomac avec un couteau alors qu’il traverse la rue. Durant sa convalescence, il parvient à donner une description de son agresseur, un suspect est arrêté avant d’être relâché quand la police découvre qu’il a un alibi.

Pendant ce temps, John Joubert est envoyé dans la base aérienne d’Offutt à Bellevue dans le Nebraska où il intègre une formation de technicien radar.

Bellevue est une sorte de ville de plaisance, comptant environ 22000 habitants à cette époque, et lors d’une de ses rares permission, John Joubert s’y rend en solo, espérant y repérer quelque homme en quête comme lui de relations sans lendemain.

Il rejoint aussi la troupe de boyscouts locale, où il devient assistant en chef, grâce à son ancien grade d’Eagle Scout et sa longue expérience dans le domaine.

Après cette dernière mission et bénéficiant d’un régime d’externe en 1982, John rentre chez sa mère à Portland et s’installe dans la chambre de son enfance pour une période indéterminée.

C’est à cette époque que sa descente dans le crime commence vraiment.

Le 22 août 1982, Richard Stetson, un petit garçon roux de onze ans, au caractère enjoué et sociable, sort faire de la course à pied dans le parc proche de la maison familiale. Le soir tombe et ne le voyant toujours pas revenir, ses parents très inquiets appellent le 911.

Le cadavre du petit garçon est retrouvé le lendemain, le 23 août 1982, par un automobiliste qui s’est arrêté en voyant une étrange forme en bordure de route. L’autopsie révèle que Richard a été poignardé à mort. Il n’avait plus que son t-shirt sur lui, ce qui stipule que son agresseur a tenté de le violer sans y parvenir. Néanmoins, il lui a fait une grosse morsure sur la cuisse gauche. L’endroit où son cadavre a été retrouvé ne comporte aucun indice du meurtrier.

Sans l’ombre d’une preuve solide sur laquelle travailler, la police reste en berne. Un an plus tard, un suspect est arrêté puis relâché et l’affaire, bien que restée ouverte, ne bénéficie plus de l’attention qui lui a été accordée à ses débuts.

Un mois plus tard, Danny Joe Eberle, un jeune « paperboy », a été vu pour la dernière fois en train de distribuer le journal dans son quartier de Bellevue, au Nebraska. Danny avait treize ans et a été assassiné le 18 septembre 1983. L’alerte a été donnée par ses parents quand son école les a appelés pour leur dire que Danny n’était pas venu en cours. Ses restes sont retrouvés deux jours plus tard dans un terrain à la sortie de la ville. Son assassin l’a ligoté, lui a scotché la bouche avant de lui asséner plusieurs coups de couteau. Il est probable qu’il ait fait l’objet d’attouchements, quoique son autopsie révèle qu’il n’a pas subi d’agression sexuelle.

Une semaine plus tard, une habitante du quartier retrouve le sac encore rempli de journaux et le vélo de Danny jetés dans une décharge. Ils sont retenus comme pièces à conviction.

Sous la pression médiatique, qui relie le meurtre de Danny à celui de Richard Stetson dans le Maine, la police du Nebraska fait appel au profiler et agent du FBI Robert Ressler pour l’aider dans ses investigations.

Fort de plusieurs années d’expérience dans la police fédérale, Robert Ressler a depuis commencé à s’intéresser à cette nouvelle tendance : les serial killers. Ses premières constatations stipulent que les cadavres retrouvés en bordure de route et sur un terrain prouvent que l’assassin doit être d’un petit gabarit, ce qui l’a empêché de porter les corps plus loin pour mieux les dissimuler.

Justement, cette non-dissimulation alerte aussi l’agent du FBI, qui est sûr et certain que le tueur est un amateur avec un comportement déviant et probablement pédophile et nécrophile.

L’enquête est prise de cours quand un nouveau cadavre est retrouvé. Il s’agit cette fois-ci de Christopher Walden, douze ans, dont le corps sans vie est retrouvé par des chasseurs dans un bosquet le 2 décembre 1983. Christophe Walden a eu la gorge tranchée avant d’être entièrement vidé de son sang.

Dix jours après la découverte du cadavre de la troisième victime, les enquêteurs découvrent de nouveaux éléments sur la scène du crime : des cordelettes, nouées de façon complexe, une méthode apprise chez les militaires et tous ceux qui ont reçu un entraînement de ce calibre et ont déjà été amenés à camper dehors.

Les cordelettes sont aussitôt envoyées pour analyse au siège du FBI à Washington DC.

Leur analyse fait état d’une composition d’au moins une centaine de couleurs de fibres différentes, un type de corde inhabituel rarement croisé dans les commerces.

Robert Ressler se dit persuadé que celui qui a commis les meurtres est un seul et même individu. Dans son rapport de profiling, il dresse ses caractéristiques, ajoutant un nouvel élément selon lequel le tueur doit sûrement travailler dans un milieu où il côtoie de jeunes garçons, probablement un entraîneur sportif, un moniteur de camp de vacances ou un chef boyscout, puisqu’il sait faire des nœuds de cordage d’une extrême complexité.

Les fiches signalétiques de tous les boyscouts de la région sont passés au peigne fin, certains sont mêmes interrogés, sans résultats.

John Joubert-jeune tueur en série

Source : nydailynews

Les jours suivants voient la succession de quelques témoins oculaires. Trois personnes au moins auraient aperçu Christopher Walden pour la dernière fois avant sa mort. Elles racontent qu’il était accompagné d’un homme jeune, âgé probablement de dix-huit à vingt-cinq ans, pas plus grand de taille que Christopher, avec des yeux et des cheveux noirs. Robert Ressler se dépêche de prendre note et, avec ces éléments en main, un premier portrait-robot est réalisé.

Un quatrième témoignage venant d’une habitante de Bellevue, sortie ce jour-là promener son chien, rapporte que Christopher s’est fait enlever par un homme conduisant une voiture beige. Selon cette même personne, l’immatricule de la voiture commençait par la lettre R.

La police passe en revue les différentes provenances commençant par cette lettre de l’alphabet : Raleigh en Caroline du Nord, Riverside en Californie, Richmond en Virginie, Rockford dans l’Illinois, Rochester dans le Minnesota et la liste s’étire et s’étire encore. Une liste de toutes les marques de voiture de couleur beige produites dans le pays est fournie par les différents concessionnaires automobiles. En vain.

Pressés par le temps, les policiers recueillent tous les témoignages susceptibles de leur fournir un supplément d’information. Début janvier 1984 arrive et l’enquête pour le meurtre de Christopher en est encore à son point de départ.

Mais un événement va venir bouleverser le cours des choses.

Le 11 janvier 1984, Barbara Weaver, une institutrice en maternelle d’une école élémentaire du Maine, est assise à son bureau pour préparer les fiches de ses élèves, lorsqu’elle aperçoit, depuis la fenêtre de sa classe, un homme assis au volant de sa voiture. Ce n’est pas la première fois que l’institutrice voit le véhicule, d’autant plus suspect car n’appartenant à aucun enseignant ni à aucun des parents d’élèves.

Involontairement, le regard de Barbara croise celui du conducteur de la voiture, pendant un moment, elle ressent comme un frisson et un mauvais pressentiment. Sans trop réfléchir, elle s’empare de son stylo et inscrit le numéro de la plaque d’immatriculation de la voiture sur un bout de papier. En levant la tête, elle remarque que la voiture est toujours là mais l’homme a disparu !

À ce moment, la porte de la classe s’ouvre dans un grand fracas. Devant Barbara Weaver, un petit homme d’à peine 1,60 m, aux cheveux noirs, aux yeux bruns et à l’air chétif, il est jeune, pas plus de vingt ans. Il sort un couteau de chasse de sa poche et, sans la quitter du regard, la menace avec, si jamais il lui prend l’envie d’ouvrir la bouche et de le dénoncer. Barbara comprend alors qu’il est probablement en cavale et qu’il cherche à échapper à la police.

Craignant qu’il ne mette ses menaces à exécution, l’institutrice réussit à lui échapper in extremis et court jusqu’à une maison voisine d’où elle appelle finalement la police.

En l’espace d’une journée, la police du Nebraska et du Maine reçoivent les réponses tant souhaitées à leurs interrogations et à leurs doutes : l’assassin de Christopher Walden a été dénoncé par une institutrice et il finit par avouer son crime.

Robert Ressler prend le premier avion pour la Nouvelle-Angleterre et arrive dans la nuit à l’aéroport de Bangor. À présent, il va devoir interroger l’assassin pour en avoir le cœur net.

Dans la salle d’interrogatoire, Ressler est d’abord frappé par l’aspect juvénile et presque délicat du tueur, il a encore un je-ne-sais-quoi d’enfantin dans le regard, et en même temps quelque chose de trouble et de secret.

Durant toute la durée de l’interrogatoire, John Joubert se montre incroyablement calme, coopérant et même parfois souriant. L’agent du FBI, qui a vu tout au long de sa carrière défiler un nombre incalculable d’individus dérangés, dangereux et sans conscience, est à la fois effrayé et fasciné par le personnage qu’il a devant lui, et dont les jambes trop courtes ne touchent pas tout à fait le sol, à la manière d’un enfant de huit ans.

John Joubert avoue les meurtres de Richard Stetson et Danny Joe Eberle. Il donne en détails les circonstances dans lesquelles les deux premiers garçons ont été kidnappé avant d’être tués. Il avoue aussi avoir été attiré par leurs cadavres mais il n’a pas cherché à avoir des rapports nécrophiles avec. Il raconte que la morsure trouvée sur la cuisse du petit Richard a été faite bien après sa mort.

Jeff Davis, l’adjoint du shérif de Portland raconte :

« Quand il (Joubert) a été arrêté, il n’a pas cherché à démentir quoi que ce soit, il a collaboré avec nous avec une facilité déroutante pour un tueur de son espèce ; pour reprendre son expression, il vidait son sac. Il était de surcroît très intelligent, presque un surdoué ! »

Et son sac, John Joubert le vide chronologiquement, encouragé par les deux policiers qui veulent le faire parler davantage. Il relate son enfance malheureuse, le couple éclaté de ses parents, les années de galère et de privation à Portland, le despotisme maternel, les frustrations sexuelles, le lien rompu douloureusement avec son père, les humiliations à l’école, les années dans la caserne, son penchant pour les hommes… Pour conclure, il se déclare apostat de l’Église catholique, source selon lui de tous les malheurs qui se sont abattus sur sa famille.

« Exception faite du Père Gavin, un bon prêtre irlandais qui aidait souvent ma mère… Si vous le croisez un jour, dites-lui que Johnny réclame son pardon… » ajouta-t-il d’une petite voix.

Lorsqu’un des détectives lui demande alors s’il tuerait à nouveau si l’occasion se présentait, John Joubert répond sans broncher : « J’ai bien peur que cela se reproduise, effectivement… »

John Joubert passe en février 1984 devant des experts psychiatres qui le déclarent atteint d’un trouble compulsif du comportement, assorti de tendances sadiques et schizoïdes.

Son procès débute en mars de la même année où il plaide coupable pour les deux chefs d’accusation de meurtre, de Christopher Walden et de Danny Joe Eberle. Il se rétracte à deux reprises et revient sur ses propos, avant de s’avouer à nouveau coupable.

Source : whosdatedwho

Il passe devant un panel de trois juges qui retiennent à son encontre la peine capitale, soit la mort par électrocution. En 1990, il est reconnu coupable du meurtre au premier degré de Richard Stetson. John Joubert fait appel de cette décision de justice peu de temps après.

Il fait cependant une déclaration des plus inhabituelles quand il demande publiquement pardon aux parents de ses victimes et aux personnes qu’il a agressées dans les années 70 à Portland.

« À toutes ces personnes auxquelles j’ai fait du mal d’une manière ou d’une autre, je demande pardon… Pardon pour tout le tort que je vous ai fait… »

Lors de sa demande en appel, il déclare que la chaise électrique est une « punition cruelle et inhabituelle qui va à l’encontre de la dignité humaine. »

Ses recours en grâce parviennent jusqu’à la Cour Suprême des États-Unis mais sont toutes rejetées.

John Joubert reste encore pendant douze ans dans le couloir de la mort, dans une cellule totalement isolée. Il consacre cette longue période à la lecture de plusieurs textes de loi pour en comprendre les rouages, il lit aussi les œuvres d’Ernest Hemingway, « L’étranger » d’Albert Camus et les thèses de Sigmund Freud. Il développe aussi un grand talent pour le dessin et réalise plusieurs croquis où le crime et les corps ensanglantés sont le sujet principal.

Peu de temps avant son exécution, il déclare être un homme changé, qui souhaite se « poser » et mener une vie normale. Il reçoit occasionnellement la visite de « visiteuses de prison » mais renvoie à deux reprises celle d’un aumônier qui a voulu recueillir ses confessions.

En 1994, John Joubert parle pour la première fois d’un prétendu projet de mariage avec une femme habitant en Irlande, qui correspond avec lui depuis un an et qu’il décrit comme étant « son premier et véritable amour ». Son projet n’aboutit pas.

Il meurt sur la chaise électrique le 17 juillet 1996, à sept heures du matin, dans le pénitencier de Lincoln, Nebraska, quelques jours seulement après son trente-troisième anniversaire.

Son dernier repas était composé d’un chicken burger et un Cherry Coke, il a refusé la traditionnelle dernière cigarette et la bénédiction de l’aumônier de la prison.

John Joubert ne s’est jamais marié et n’a jamais eu d’enfants. Sa mère Beverly et sa sœur cadette Jane ne lui ont jamais rendu visite pendant toute la période de son incarcération.

L’adjoint du shérif Jeff Davis dira à son propos :

« Peu importe ce qu’il a dit et ce qu’il a promis avant sa mort, cela n’enlèvera pas l’horreur subie par ses victimes et celle dans laquelle vivront éternellement leurs parents. »

John Joubert ne s’est jamais démarqué des gens qu’il avait l’habitude de fréquenter et avec lesquels il vivait. Pour la plupart, ce n’était qu’un petit jeune un peu intello, très discret, ayant peu d’amis. Les boyscouts avec qui il a travaillé l’ont toujours décrit comme quelqu’un de responsable, de sympathique et sur lequel on pouvait compter à tout moment.

Seulement, entre ce qu’il était vraiment et ce qu’il laissait entrevoir, subsistait une zone d’ombre complexe et impénétrable. Le mobile de ses crimes ne sera jamais non plus vraiment clarifié car lui-même a toujours veillé à laisser planer le mystère sur le sujet.

L’agent fédéral Robert Ressler a rédigé pour sa part un ouvrage sur son expérience de profiling et sa confrontation avec Joubert et d’autres criminels de son acabit. Le livre regroupe plusieurs témoignages provenant des différentes polices, légistes et conversations avec les assassins eux-mêmes ; il est considéré comme “une bible” pour les passionnés d’affaires criminelles. Il s’intitule « Whoever fights Monsters : My twenty years tracking serial killers for the FBI” (Mes vingt ans à traquer des tueurs en série pour le compte du FBI »).

Robert Ressler a également inspiré le rôle de l’agent Bill Tench dans la série télévisée Midhunter.

Aux États-Unis, les condamnés à mort bénéficient d’un système spécial, leur permettant d’user de plusieurs moyens de recours pour éloigner ou ajourner la date fixée pour leur exécution, ce qui explique souvent les périodes à rallonge passées dans le couloir de la mort. Certains y restent parfois au-delà de quinze ans ou décèdent bien avant leur exécution. Les suicides sont courants aussi.

Dans certaines prisons, les condamnés à la peine capitale peuvent également célébrer leurs noces et consommer leur relation à des conditions fixées par le tribunal. Souvent, ces romances sont entretenues pendant la période d’incarcération par voie épistolaire mais rares sont celles qui aboutissent vraiment à quelque chose de sérieux.

Outre le meurtre au premier degré, le viol avec préméditation, le détournement d’avion et le trafic de stupéfiants à grande échelle sont des délits passibles de la peine capitale aux USA.

L’Oklahoma, le Texas, l’Alabama, le Colorado et le Mississippi restent encore en tête de la liste des États ayant le plus fort taux d’exécution par injection létale à l’échelle nationale.

Il s’appelait John Joubert et c’était un maître de la tromperie. Joubert a atteint le plus haut rang de la BSA, avant de devenir chef assistant scout. Personne ne savait à quel point il était dangereux, jusqu’à ce que l’on découvre les cadavres de 3 jeunes garçons.

 

Les sources :


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