La disparition de Lena Chapin

Août 29, 2020Criminologie

Cliquez ici pour en savoir plus

Les disparitions d’individus restent parmi les cas les plus complexes à élucider pour la police d’investigation. D’autant plus complexes encore quand on sait que le sujet est adulte et que sa disparition en elle-même est étroitement liée à autre affaire d’homicide plus mystérieuse encore !

L’histoire que nous allons vous raconter aujourd’hui couvre deux cas majeurs : meurtre et disparition. Au cœur de cette affaire, le nom de Lena Chapin, une jeune américaine de vingt ans, disparue dans le Missouri en 2006 dans des circonstances aussi mystérieuses qu’inattendues, en est l’élément clé.

En 2006, cette jeune mère de famille, apparemment heureuse et sans histoires, s’est volatilisée sans laisser de trace, sans laisser un mot ou n’importe quel autre indice qui puisse mettre les enquêteurs sur sa piste et partir à sa recherche.

Une chose est sûre cependant, Lena Chapin a été témoin d’un meurtre et il a fallu l’éliminer pour qu’elle ne crée pas d’ennuis et qu’elle ne précipite pas le coupable, ou les coupables, dans les annales de la justice américaine qui, comme tout le monde le sait, ne badine pas avec les affaires de meurtre et les sanctionnent très sévèrement.

Les investigations sont en cours depuis 2006 et jusqu’à ce jour, aucun nouvel indice n’a pu compléter l’affaire.

Dans cette histoire de famille aux allures d’imbroglio, plane une ombre, celle de la mère de Lena, Sandra Klemp et le mari de cette dernière, Kristopher Klemp. Tout porte à croire que tous les deux forment un couple bourreau et diabolique. La question est pourquoi auraient-ils fait disparaître Lena ? Représentait-elle une menace pour eux ?

podcast Lena Chapin -Sandy Klemp

Source : decider

Il ne faut pas oublier de préciser que par le passé, Sandy Klemp a été mariée plusieurs fois, jonglant entre mariages à courte durée et relations sans lendemain qu’elle a collectionnés au fil des ans à un rythme effréné !

Cette femme, que ses détracteurs décrivent comme une mère indigne et jalouse du bonheur et de la jeunesse de sa fille, serait-elle l’instigatrice et la responsable de la disparition, voire même de la mort de Lena ? Si oui, pour quelle raison l’aurait-elle tuée ?

Disparue, assassinée, séquestrée, qu’est devenue Lena Chapin ? Ce cold case resté non élucidé a refait surface tout récemment, dans l’espoir de pouvoir faire enfin la lumière dessus.

Nous sommes en 2006, dans le comté de Dent dans le Missouri. Lena Chapin, jeune américaine de vingt-un-ans et mère d’un petit garçon, a disparu depuis voilà quelques semaines. Son entourage ne sait pas où elle est partie, et ne s’en inquiète pas davantage, car Lena a l’habitude de mettre les voiles sur un coup de tête, en laissant tout derrière elle pour prendre le large !

Depuis déjà quelques années, fuguer est devenue sa spécialité, elle l’a d’ailleurs déjà fait auparavant pour plusieurs raisons : une rupture sentimentale, un litige avec sa mère ou avec ses sœurs, un souci avec ses patrons au travail.

Sauf que cette fois-ci, sa disparition a comme un air de non-retour. Et ses sœurs sont les premières à s’en rendre compte !

Cependant, le premier à signaler sa disparition est le sheriff du comté de Barry, situé à 200 miles du comté de Kent où habite Lena et son fiancé, ainsi que toute sa famille. C’est une région agricole, rurale, où la plupart des habitants sont des éleveurs de bétail et des représentants en véhicules agricoles.

Le sheriff Mick Epperly sait que ce n’est pas la première fois que quelqu’un disparaît chez les Chapin. Déjà, en 1999, le beau-père de la jeune femme, Gary McCullough, s’est volatilisé sans laisser de trace du jour au lendemain. Sa femme, Sandra, n’a d’ailleurs signalé sa disparition que deux jours plus tard !

Quand elle s’est présentée à son bureau, lui en tant que sheriff, a été grandement surpris par son étonnant aplomb et sa force de persuasion.

Très sûre d’elle, soutenant son regard sans ciller, elle a répondu à toutes les questions d’usage et avait insisté pour être soumise au détecteur de mensonge.

Le sheriff avait préféré ajourné le test en attendant que de nouvelles preuves ou éléments ne fassent surface les jours suivants. Mais les jours passèrent sans qu’aucun nouvel élément, aucune nouvelle ne viennent compléter le fil de l’enquête.

Voilà que sept ans plus tard, une disparition vient encore à se produire chez cette même famille et dans des circonstances quasi similaires !

Le sheriff Mick Epperly a d’ailleurs toujours compris qu’il y avait quelque chose de pas net dans cette affaire. Malgré son statut de sheriff, il se sent impuissant : sans preuves rationnelles, sans présence de cadavre, d’arme, de traces ni d’empreintes, il est juste impossible d’accuser quelqu’un et de le mettre en prison.

Le sheriff connaît Sandra Klemp, la mère de la disparue. Il a eu des échos de son passé mouvementé mais connaît aussi, comme le reste du comté de Dent et tous les alentours, sa réputation de croqueuse d’hommes, de femme insatiable et provocante.

Sandra Klemp est mère de six filles issues d’un premier mariage, et depuis, elle n’a pas arrêté de collectionner les idylles sans lendemain. Elle habite dans un ranch qui compte quelques hectares, possède des chevaux, des cochons, des poules et des bovins. Ce ranch appartient à son mari disparu en 1999, Gary McCullough. Depuis, Sandra Klemp a mis main basse sur tout ce qu’il possède.

Il n’est plus question cependant de l’appeler par le patronyme de son ancien mari, désormais elle porte le nom de son nouveau conjoint, Christopher Klemp, dit « Kris ». De dix ans son cadet, elle vient tout juste de l’épouser une nouvelle fois.

Sa fille, Lena Chapin, la disparue, a eu une relation très mouvementée avec elle, même très houleuse. Les derniers temps, les deux femmes se disputaient souvent, et le petit Colter, l’enfant que Lena Chapin avait eu alors qu’elle était encore adolescente, reste l’un de leurs sempiternels sujets de discorde.

Sandra Klemp voulait à tout prix récupérer la garde du petit garçon, jugeant sa fille trop insouciante et irresponsable pour s’occuper dignement et correctement de lui.

Et justement, en faisant une visite de routine, le sheriff Mick Epperly a trouvé le petit garçon chez sa grand-mère, et a été étonné qu’il l’appelle déjà « maman ».

Derrière son apparence soignée, son sourire aux dents blanches et bien alignées, son look impeccable malgré la vie à la campagne, Sandra Klemp cache certainement quelque chose de louche. Quelque chose qu’elle ne veut absolument pas révéler.

Bien avant d’en venir aux faits, je vous invite à faire une petite rétrospective dans la vie de cette mère de famille sur laquelle commencent à peser les soupçons.

Bien avant d’être marié à son actuel conjoint, Kris Klemp, Sandra que tout le monde appelle Sandy, a été mariée trois fois de suite respectivement avec Robert Chapin, suivi d’Albert McCullough et puis le frère cadet de ce dernier, le récemment disparu Gary McCullough.

Avec Robert Chapin, Sandra a eu six filles. Mais il semble que son mariage n’était pas des plus heureux et elle a choisi de divorcer en ayant la garde entière de leurs enfants. Sandra a par la suite fait déménager sa famille dans le comté de Barry au Missouri.

Dans cette contrée rurale, traversée par les tracteurs, où tout le monde porte des salopettes boueuses et des bottes toute la journée, elle fait tout de suite sensation. C’est une femme belle, élégante, ouverte et abordant facilement les gens. Elle a cette insouciance et cette légèreté citadines qui, dans ce coin paumé des États-Unis, la font passer rapidement pour une attraction exotique.

Sandra, consciente que tous les regards masculins sont désormais braqués sur elle, se lie rapidement avec un fermier, Albert McCullough, fraîchement divorcé aussi et père de deux filles. C’est un homme solide, un fils de paysans, propriétaires terriens mais sans prétention.

Dans la famille McCullough, hors de question de laisser tout le travail aux saisonniers, tout le monde met la main à la pâte, c’est comme ça qu’ils ont été élevés et ils en sont fiers !

Depuis son enfance, Albert vit dans cette contrée rurale connue pour l’élevage de vaches laitières. Comme la plupart de ses frères, il n’est pas allé à l’école longtemps, le travail à la ferme étant primordial et il savait d’emblée qu’il allait reprendre l’affaire familiale plus tard.

Quand il fait la connaissance de Sandra Chapin, c’est le coup de foudre instantané ! Lui, un garçon de la campagne, né dans une ferme défraîchie et coutumier des travaux des champs depuis sa plus tendre enfance, n’aurait jamais pu imaginer être en couple avec une femme aussi moderne et raffinée !

Les parents d’Albert sont Ella et Wayne McCullough, propriétaires terriens qui n’ont rien de paysans nantis, bien au contraire. Avec leur cinq garçons, ils ont toujours abattus le plus dur du labeur eux-mêmes : planter, passer leur vie dans les enclos à assister les femelles qui mettent bas, emmener les animaux dans les foires agricoles.

Quand Albert la présente à ses parents, Sandra Chapin est désappointée : elle trouve qu’ils ont l’air de fermiers crasseux d’une autre époque, repliés dans leur terre et peu coutumiers du monde moderne.

D’ailleurs, ils se vantent de ne pas avoir quitté leur village depuis des lustres ! Le seul qui a vraiment poussé les études parmi eux est le fils aîné, Larry, et seulement grâce à une bourse d’études. Il a même réussi à intégrer l’université, à avoir son diplôme et à devenir enseignant dans un lycée en Arkansas. Une première !

Outre les terrains et les têtes de bétail qu’ils ont dans toute la région, les McCullough possèdent aussi deux « General Stores », sorte de magasins de village très répandus en Amérique du Nord et où on peut s’approvisionner en tout, aussi bien en dentifrice et déodorant qu’en crème glacée, engrais et cannes à pêche.

Albert, malgré une forte carrure, est un homme timide et peu expérimenté en matière de relations affectives avec le sexe opposé. Il tombe rapidement sous le charme de Sandra qui a d’ailleurs beaucoup de sex appeal. En un rien de temps, elle réussit à lui mettre le grappin dessus !

Il accepte sans problème que les six filles de son épouse s’installent avec eux.

disparition de Lena Chapin affaire non résolue

Source : distractify

Albert McCullough s’entend d’ailleurs rapidement avec elles, et pendant les quelques années qu’il passera en leur compagnie, il veillera à toujours maintenir une bonne relation avec elles, cherchant à remplir le vide laissé par leur père, et les traitant sur le même pied d’égalité.

Mais au bout de quelques années de mariage, l’idylle avec Sandra semble déjà à son point de non-retour ! Deux ans à peine après leur mariage, les choses commencent à dégénérer entre eux, en grande partie à cause du comportement aguicheur de sa femme. Sandra veut plaire à tous les hommes, peu importe leur âge ou leur statut social, l’argent ne l’intéresse pas tant que ça, c’est plutôt le pouvoir de s’accaparer l’attention masculine qu’elle veut !

Les disputes deviennent d’ailleurs quotidiennes entre elle et Albert McCullough. Il lui reproche son comportement immature et irrespectueux, elle l’accuse d’être maladivement jaloux, coincé et possessif.

Les choses prennent une tournure dramatique quand Sandra commet l’impair de s’amouracher du frère cadet de son mari, Gary McCullough. La goutte qui fait déborder le vase !

Entre les deux frères, qui ont partagé le travail de la ferme paternelle et qui ont joué ensemble durant toute leur enfance, la guerre est désormais déclarée : Sandra a réussi à les rendre rivaux, ils disputent son affection et sa légitimité !

A cause d’elle, les deux hommes commencent à se détester et entrent en compétition. A plusieurs occasions, ils en viennent même aux mains et c’est toujours des voisins ou les propres filles de Sandra qui doivent intervenir pour les séparer.

Complétement malmené dans cette affaire et se sentant impuissant devant le sans-gêne de sa femme, Albert finit par demander le divorce.

Ravie de ce dénouement improbable et plutôt sans trop de dommages, Sandra n’attend pas longtemps avant de convoler avec Gary, tandis qu’Albert met du temps pour se remettre de ce mariage raté, de ce divorce dans des circonstances humiliantes et surtout avec le sentiment d’avoir été trompé par son propre frère.

Ce mariage avec Sandra a été la pire faute de son existence ! Maintenant avec le recul, il réussit à voir clair dans le jeu de son ex. Il tente même de faire la paix avec son frère, de lui faire changer d’avis à propos de cette femme, mais c’est peine perdue : Gary est déjà fou amoureux d’elle, complétement sous son joug.

Les filles de Sandra sont à nouveau contraintes de suivre leur maman et son nouveau conjoint dans une nouvelle maison. Après leur mariage en 1996, Gary et Sandra font l’acquisition d’une petite propriété d’un peu plus de 30 000 m² à Butterfiled dans le comté de Barry. Sandra travaille et s’occupe exclusivement de ses filles tandis que Gary s’occupe « d’équiper » la ferme, avec son propre argent.

Il fait preuve de savoir-faire, ayant grandi dans une ferme, et travaille tout seul. Du reste, il fait l’acquisition de tous les bovins, des chevaux ainsi que des machines haute performance pour la traite de lait et des distributeurs de grains pour les poules et autres volatiles.

Malgré toute la bonne volonté de Gary et tout l’amour et l’affection dont il l’entoure, Sandra se sent à nouveau prise au piège, et voit déjà le spectre de la routine conjugale s’installer.

En femme toujours en recherche d’adrénaline, il est tout simplement hors de question qu’elle s’enterre dans une relation qui dure des lustres ! Elle sait qu’elle fait toujours tourner la tête à tous les hommes du village de Barry et elle continue à vouloir les séduire.

Loin de s’intéresser aux célibataires, ses proies favorites sont les hommes mariés, car elle aime créer une atmosphère de zizanie, déclencher des scènes de ménage, et voir l’épouse déchue battre en retrait tandis qu’elle emporte son mari.

A présent, elle ne cherche même plus les hommes de sa tranche d’âge, mais bien ceux plus jeunes qu’elle. Pour cela, elle n’hésite pas à faire du charme aux ouvriers agricoles qui viennent donner un coup de main à Gary lors du travail saisonnier de la tonte ou de la transhumance.

Comme son frère avant lui, Gary ne tolère pas le comportement aguicheur de sa femme. A présent, avec du recul, il commence enfin à comprendre les avertissements de son aîné. Sandra n’est peut-être pas faite pour le mariage et ne peut pas se contenter de passer sa vie avec un seul homme !

Durant le printemps 1999, Sandra fait la connaissance de Christopher Klemp, de dix ans son cadet, déjà marié et père d’un petit enfant. Qu’à cela ne tienne, une autre occasion se présente à elle pour faire éclater un nouveau couple et elle n’hésite pas.

Dans la foulée, elle demande le divorce à Gary, qu’il refuse catégoriquement. Sandra change aussitôt de tactique, de la femme charmeuse et enjôleuse, elle se transforme en hystérique, piquant des crises de colère à tout bout de champ !

Elle se met à harceler Gary au sujet du divorce, ce qui ne fait que l’obstiner davantage. Sandra tente une première fois de lui tirer dessus de loin, mais rate sa cible. Aussi grave soit-il, Gary choisit de ne pas informer la police ou sa famille de cet incident.

Surtout pas à ses parents, Ella et Wayne, deux vieux fermiers de l’ancienne génération qui n’ont jamais accepté ce mariage et ont toujours douté de la sincérité de cette femme qui a jeté de l’ombre dans leur famille et rendu leur fils rivaux.

Le jour de la fête des mères 1999 qui a lieu au mois de mai aux États-Unis, Gary McCullough prend son pick-up et s’en va rendre visite à sa mère, pour lui présenter ses vœux et lui offrir des fleurs.

Par la même occasion, il souhaite aussi emprunter à la ferme parentale un cochon mâle car la période de reproduction commence dans quelques semaines. Autour d’une tasse de café, Gary parle à sa mère de ses projets d’agrandir la ferme, de construire un nouvel enclos et d’acheter de nouvelles machines plus performantes.

Il veut également installer un système de surveillance car depuis quelques temps, des individus peu recommandables commencent à roder dans les parages. Si Ella McCullough acquiesce à tout ce qu’il raconte, elle sent que quelque chose ne va pas, que Gary n’est pas vraiment dans son assiette aujourd’hui, et qu’une ombre traverse ses yeux.

Elle ne veut cependant pas aborder le sujet du divorce avec lui, car elle sait que cela ne fera que remuer le couteau dans la plaie. Donc elle préfère orienter et garder le sujet uniquement sur le travail de la ferme.

Sauf qu’au moment des au-revoir, Gary lui fait une bien étrange révélation :

« Maman, j’ai peur qu’il ne m’arrive quelque chose ! »

Ella comprend alors tout de suite ce qu’il insinue par-là, il craint de rentrer chez lui à cause de sa femme, Sandra. La vieille dame, perturbée par ce qu’elle vient d’entendre, insiste pour que son fils reste avec elle, mais Gary préfère partir, malgré ses supplications de rester passer la nuit avec eux, dans la maison familiale.

C’est la dernière fois qu’Ella et son mari Wayne voient leur fils en cette journée de printemps 1999.

L’employeur de Gary est d’ailleurs le premier à remarquer son absence les jours suivants. Ce n’est pas dans ses habitudes de déserter ainsi sans le faire savoir, d’autant plus qu’ils sont également amis et assez proches tous les deux en dehors du travail.

Plus étrange et inquiétant encore, Gary ne répond plus à ses appels ni à ceux de ses collègues. Une chose est sûre, aucun d’eux n’est au courant de sa situation familiale désastreuse car Gary n’en parlait jamais à personne, par pudeur.

De plus en plus inquiet, Jeff Allen, le patron de Gary McCullough, préfère alerter le sheriff Mick Epperly qui se présente dès le lendemain matin chez Sandra.

Quel n’est pas son étonnement quand il trouve devant lui une femme nullement inquiétée, parfaitement sereine et faisant même preuve d’allégresse, un peu sur le qui-vive mais parfaitement naturelle. N’ayant pas un mandat de perquisition, le sheriff préfère commencer par les questions routinières d’usage :

— Quand avez-vous vu Gary pour la dernière fois ? Etait-il malade, déprimé, prenait-il un traitement particulier ? Avait-il un litige avec un voisin, des dettes envers quelqu’un ?

Toutes les questions sont balayées par un non imperturbable, et elle ajoute seulement :

— Tout ce que je sais, sheriff, c’est que Gary est allé acheter des coqs de combat chez un mexicain et qu’il n’est plus réapparu depuis !

Le sheriff est d’autant plus étonné quand il remarque que Sandra a tôt fait de remplacer Gary par un autre homme, bien calé dans un canapé du salon et qui est venu lui serrer la main. Il remarque que cette nouvelle recrue est beaucoup plus jeune que Sandra.

Lui, c’est Christopher Klemp, mais « Appelez-moi Kris » insiste-t-il.

Lui et Sandra se sont rencontrés alors que sa relation avec Gary touchait à sa fin. Comprenant rapidement le caractère possessif et exclusif de sa nouvelle conquête, Kris a souhaité rompre dans un premier temps, mais Sandra a éclaté en sanglots, lui parlant d’une grossesse suite à leurs relations rapprochées et régulières, racontant qu’elle est une femme martyre, victime d’un mari jaloux et abusif qui ne permet pas le moindre écart de conduite et la bat continuellement car il voit des amants partout.

Juste après la disparition de Gary, Sandra et Kris Klemp ont vite fait de s’installer dans la propriété de ses parents avec les filles de cette dernière.

A présent pour la plupart adolescentes, les six filles commencent à avoir un jugement plus sévère sur le comportement de leur mère qui change d’homme comme elle change de chemise. L’une d’elles, Lena, qui était très attachée à son précédent beau-père, ne voit pas la nouvelle conquête de sa mère sous un bon aspect.

Quand Gary a disparu, Lena avait tout juste quatorze ans, avec ses autres sœurs : Jeanne, Robin, Brandy, et deux autres cadettes. Elles ont vécu toute leur vie dans l’ombre de leur mère. Leur existence a été toujours rythmée par de perpétuels déménagements au gré de ses errances et de ses rencontres amoureuses.

Brandi Chapin qui accompagne souvent sa mère pour faire les courses a été présentée à Kris Klemp sous les traits d’une connaissance par Sandra, beaucoup trop honteuse de la présenter comme sa fille, car cela pourrait la vieillir !

D’ailleurs, dès que Sandra s’installe avec son mari, elle se dépêche de leur faire attribuer à toutes son nouveau nom de famille, Klemp. Seule Lena s’y oppose, préférant conserver celui de son père, Chapin.

Malgré son comportement immature et changeant, et tous ses écarts de conduite, Sandra reste une mère proche de ses enfants. C’est une femme qui a une bonne hygiène de vie, et qui veille à ne développer aucune addiction. Elle est d’ailleurs farouchement opposée au tabagisme et à la consommation d’alcool. Du reste, depuis toujours, elle a toujours veillé à garder un travail régulier pour pouvoir subvenir aux besoins de sa famille.

Sandra a tout de même une relation assez mouvementée avec Lena, qu’elle considère comme une rebelle. Depuis la disparation de Gary, elle semble d’ailleurs comme changée, renfermée, taciturne, sûrement parce qu’elle était attachée à lui.

Sandra souhaite d’ailleurs que sa fille se montre plus coopérative et gentille avec Kris Klemp, mais la jeune fille en pleine crise d’adolescence ne semble pas le porter dans son cœur. Déjà parce qu’il est beaucoup plus jeune que sa mère, de plus, cette dernière l’a presque arraché des bras de sa femme, Jennifer Brattin.

Le moment est venu de nous intéresser un petit peu plus au parcours de Lena.

Elle est née Liehnia May Chapin en 1985. Elle a toujours détesté son nom qu’elle trouvait peu commun et imprononçable et depuis toute petite déjà, elle a demandé à ce qu’on l’appelle uniquement « Lena ». C’est une jolie blonde au regard espiègle et au sourire malicieux.

Dès la puberté, elle devient comme une sorte de maman de substitution pour ses sœurs cadettes. Elle se montre possessive et protectrice avec les gens qu’elle aime et tout spécialement avec ses sœurs.

L’une de ses sœurs, Jeanne Decker, se rappelle d’elle ainsi :

« Lena était comme un aimant, elle rassemblait tout le monde autour d’elle. Quand nous habitions toutes chez ma mère, il nous est arrivé de partager une seule pièce toutes les six, c’était toujours Lena qui préparait notre endroit pour dormir, disposait des matelas pour en faire des lits quand ils n’étaient pas suffisants. Elle berçait les plus jeunes dans ses bras et on s’endormait toutes au son de ses histoires, et ça, c’était le rituel de chaque soir. »

Tandis que l’aînée, Brandi Petersen, ajoute :

« Ma petite sœur Lena était une rebelle, une vraie boule d’énergie toujours en mouvement, très sarcastique, ayant un humour noir assez particulier ! Parfois elle pouvait devenir très outrageuse et provocante. C’était toujours l’initiatrice quand il s’agissait de jouer des tours pendables et faire des bêtises en tout genre ! Je me rappelle que l’une de ses activités favorites était le collage, elle adorait faire ça !

Elle pouvait passer des heures et des heures dessus, à découper des images dans des magazines de nos chanteurs et acteurs favoris du moment, et les rassembler avec ses propres photos pour donner l’illusion qu’elle est leur petite fiancée, elle leur écrivaient des dialogues imaginaires, comme pour une bande dessinée ! »

disparition de Lena Chapin -affaire non résolue

Source : hellomagazine

Au début des années 2000, Lena est scolarisée au lycée de Salem. C’est une fille assez douée mais pas très portée sur les études. Dans d’autres disciplines comme le sport, elle ne se distingue pas non plus. Alors que la tradition américaine veut que toutes les filles deviennent pom pom girls et que les garçons deviennent joueurs de baseball, Lena Chapin, elle, n’appartient à aucun club, quitte à perdre en popularité.

Elle déteste par-dessus tout les bals de fin d’année et n’apparaît qu’une seule fois dans une photo de classe, avec ses cheveux blonds platine et ses piercings sur les oreilles. Son look d’alors détonne déjà et est différent de celui plus sage, arboré par les autres filles de son âge.

Pour avoir un peu d’argent de poche, Lena travaille à mi-temps dans une pâtisserie-boulangerie et voue une passion pour le glaçage et la décoration des gâteaux. Avec ses autres apprentis pâtissiers, elle se lie rapidement d’amitié, et ensemble, ils commencent à organiser des parties, sorte de boom dansantes très populaires parmi les adolescents américains.

Nikki, une de ses anciennes amies de la pâtisserie, raconte qu’il leur arrivait de souvent prendre la route après le travail toutes les deux, de traverser la nationale avec de la musique country à la radio. Lena adorait ce genre de musique, les chansons étaient diffusées pendant des heures, et elle chantait en chœur avec les paroles.

Nikki ajoute par ailleurs, que malgré les apparences et son attitude rebelle et contestataire, Lena était aussi une fille capable de beaucoup de générosité et d’altruisme, pas du tout le genre à vous laisser tomber au moindre pépin, au contraire : « Lena était toujours là pour moi quand j’avais besoin d’elle. »

Hormis ce côté de caractère chahuteur, Lena Chapin aime aussi énormément la solitude. Il lui arrive d’aller souvent sur les anciens sites en ruines à la sortie de Sligo, le village où elle habitait avec sa famille.

Ce site a une valeur sentimentale pour elle, elle a même repéré une maison abandonnée qu’elle voulait retaper pour s’installer dedans. Cette maison vieille et défraichie est devenue comme une sorte de refuge, une obsession pour elle. Son seul souhait est d’y vivre et d’y installer sa petite famille plus tard.

Même si très aimée par ses sœurs, Lena est une sorte de « brebis galeuse » de sa fratrie, l’archétype même de la fille paumée de la campagne, une wild trash comme on les appelle en Amérique, à qui il peut arriver de se baigner toute nue dans un fleuve, boire des litres de bière à même la bouteille, et à ne pas prêter attention au regard des autres sur elle.

L’adolescence est d’ailleurs une période tourmentée, car Lena a découvert par la même occasion l’ivresse que procure la fête. Son caractère entier et exacerbé ne fait d’ailleurs que l’inciter davantage à s’affranchir des exigences de sa mère. Elle veut faire ce que bon lui semble et agir selon la circonstance, sans jamais rien prévoir et sans se mettre de ligne rouge ou d’interdit.

Tous les jours ou presque, elle se rend à des fêtes organisées un peu partout dans son village pour rencontrer d’autres jeunes comme elle, mais aussi pour boire à l’abri des regards. La loi sur l’alcool étant très sévère pour les mineurs aux États-Unis, elle a continuellement peur de se faire prendre ou d’être dénoncée par quelqu’un. Sa mère, Sandra, s’y oppose aussi sévèrement, et si jamais elle la surprend, elle sera interdite de sortie jusqu’à sa majorité !

Lena aime surtout une chose : être le centre d’attention, le nombril du monde, même si cela n’a rien d’égoïste en soi. Ceux qui l’ont côtoyé de près durant cette période-là parlent d’une fille qui n’arrive que lorsque la fête battait son plein afin que toutes les têtes puissent se retourner à son passage. Elle veut surtout accaparer pour elle toute seule l’attention masculine, être en permanence sous les feux des projecteurs. Ça ne rappelle pas un peu sa mère, Sandra, tout ça ?

Cette adolescence mouvementée n’est pas sans conséquence. C’est d’ailleurs dans ce tourbillon interminable de fêtes que Lena développe une addiction à l’amphétamine, une sorte de poudre inodore très hallucinogène, qui peut se dissoudre dans l’eau, comme elle peut également être sniffée ou fumée.

Dans le village, les dealers et autres vendeurs de substances illicites trouvent une large clientèle de consommateurs d’amphétamine. Cette poudre a beaucoup de succès à cause notamment de son coût peu élevé par rapport aux autres drogues, et qu’elle ne génère pas une accoutumance très sévère.

Chez ces adolescents de la campagne, mal dans leur peau, ayant peu accès aux attractions, sortir un peu des sentiers battus en consommant de la drogue est l’ultime geste de rébellion. D’ailleurs, beaucoup, pour échapper un quotidien pauvre et morose, développent toutes sortes d’addictions bien avant d’atteindre l’âge légal de dix-huit ans. Lena en fait partie et même si tout le monde s’accorde pour dire qu’elle est gentille et a le cœur sur la main, la drogue a contribué à faire surgir le pire aspect de sa personnalité.

Lena adore aussi les tatouages et ne manque pas d’en faire de nouveaux dès qu’elle a assez d’argent de côté. Son tatouage le plus emblématique est celui qu’elle s’est fait dans le bas du dos, en forme de champignon et portant le message « Je t’aime papa ». Un hommage sensible et maladroit pour un père qu’elle n’a presque jamais connu.

Durant sa dernière année de lycée, la jeune fille tombe enceinte et accouche d’un petit garçon qu’elle prénomme Colter. Cette maternité précoce la freine un peu et fait ressurgir un autre aspect encore méconnu de sa personne.

Désormais, Lena ne vit plus que pour les beaux yeux du petit Colter, et pour lui, elle abandonne tout, études, carrière et amis. En cherchant à avoir ce bébé, elle a sûrement voulu recréer un climat familial stable qui lui manque à la maison avec sa mère.

Justement, entre elle et sa mère, depuis la naissance du bébé, les choses ne vont plus. Les deux femmes se disputent d’ailleurs continuellement, et l’un de leurs sujets de discorde est le petit garçon.

Sandra veut apparemment avoir la garde de son petit-fils, ce que Lena refuse catégoriquement, et c’est ce qui génère une haine sourde entre la mère et la fille. On raconte également que Sandra entre en compétition avec sa fille, allant même jusqu’à demander au petit garçon de l’appeler « maman », elle et pas sa mère.

podcast Lena Chapin et son fils-affaire de disparition

Source : express

A chaque fois que Lena rend visite à sa mère, cela ne se passe pas bien, et Lena est obligée à chaque fois d’écourter son séjour, elle passe habituellement la nuit chez des amis pour ne pas avoir à subir les humeurs de sa mère. Elles ont une relation toxique et très houleuse. Beaucoup de gens qui les ayant connues parlent d’ailleurs d’une famille dysfonctionnelle où il se passe des choses bizarres.

Il ne faut pas oublier que Lena Chapin est restée une rebelle dans l’âme malgré son nouveau statut de mère. A cause de diverses infractions, comme conduire en état d’ivresse, excès de vitesse et dépassement de barrages policiers sans marquer d’arrêt, elle est plusieurs fois condamnée à payer des amendes allant de 50 à 500 dollars.

Une fois, en janvier 2005, elle reste même derrière les barreaux pendant quatre jours pour avoir fait une fausse déclaration et ne pas avoir régularisé les papiers de son véhicule. Cette dernière inculpation est d’ailleurs la seule que conserve la police du comté de Barry à ce jour du passage de Lena Chapin chez eux.

Lena Chapin disparaît en 2006 dans des circonstances mystérieuses. Le dernier à l’avoir vu est son compagnon Jason Bryant. Ils vivent ensemble depuis déjà trois ans et partagent un appartement qu’ils louent à la sortie de Steelville. Bryant a vu Lena pour la dernière fois le matin de la Saint Valentin. Ils se sont séparés tôt le même jour, chacun devant se rendre à son travail respectif, et Jason Bryant lui a alors promis qu’ils allaient se voir plus tard, pour un dîner en amoureux.

Mais en rentrant du travail le soir, une bouteille de champagne et un bouquet de fleurs à la main, Bryant ne trouve pas Lena mais sa mère, Sandra, qui semble très agitée. Elle est accompagnée par une de ses filles et toutes les deux rangent frénétiquement les affaires de Lena dans de grands sacs en plastique.

Jason Bryant ne comprenant rien à la situation demande à Sandra Klemp ce qui se passe, ce à quoi elle répond vertement :

— Lena est partie à Orlando, en Floride avec son nouveau copain et elle m’a demandé de venir récupérer ses affaires dans l’appartement ! Elle m’a même laissé ses clefs pour ça !

Bryant est incrédule et Sandra quitte les lieux avec ses sacs pleins des effets de sa fille sans ajouter un mot.

Dans le bureau d’investigation du sheriff du comté de Kent, le dossier de disparition de Lena n’a été ouvert qu’en 2012 ; c’est seulement à ce moment précis que la police saura qu’elle partageait la vie d’un certain Jason Bryant depuis six ans, avant d’être déclarée disparue.

Lena est-elle réellement partie en Floride comme le prétend sa mère ? Pas vraiment. Revenons trois ans plus tôt, en 2003. Sandra partage toujours la vie de Kris Klemp. Lena et ses sœurs se sont dispersées un peu partout dans la région, chacune s’installant avec son nouveau compagnon.

Gary McCullough est toujours porté disparu et aucune nouvelle à son propos n’est venue compléter le dossier d’investigation à son propos. Sauf que Lena va faire une étrange révélation à l’un de ses amis. Un soir, alors qu’ils sont au bord d’un fleuve, elle lui raconte à demi-mot comment sa propre mère, Sandra, a tué Gary, et qu’elle, Lena, lui a prêté main forte pour faire disparaître son cadavre.

Cette révélation inattendue secoue beaucoup l’ami en question. Lena semble perturbée par la confidence qu’elle vient de faire et lui fait jurer de n’en souffler mot à personne !

Toutefois, son ami lui conseille d’en parler à la police, car il s’agit bien d’une affaire grave, d’une affaire d’homicide volontaire. Le cas échéant, son silence la placera dans la position délicate de complice dans l’affaire si ça venait à être découvert. Cela a l’effet d’un électrochoc sur la jeune fille. Le lendemain, elle décide d’aller frapper à la porte d’Albert McCullough, le frère de Gary et anciennement mari de sa mère. Elle a visiblement quelque chose sur la conscience qu’elle doit déballer.

Albert, sans hésiter, enregistre son témoignage sur un magnétophone et le garde précieusement : il tient là une preuve de taille, l’aveu d’un ignoble meurtre camouflé par une fugue. Albert l’a d’ailleurs toujours pressenti, depuis que son frère n’a plus refait surface en 1999. Il avait la nette impression que quelque chose se tramait derrière, orchestrée par la personne de Sandra Klemp !

Dans son témoignage enregistré, Lena Chapin relate comment sa mère, Sandra, a peaufiné depuis longtemps un plan avec Kris Klemp pour tuer Gary. Les raisons de le tuer sont nombreuses : mettre la main sur toutes ses possessions terriennes et ses magasins du village, s’accaparer son ranch, son bétail, ses hectares de terre, ses chiens de chasse et ses chevaux. Tout cela vaut une coquette petite fortune.

Dans l’enregistrement, Lena ne manque pas de relater le déroulement du meurtre.

« Gary était assis sur le canapé du salon, en train de manger des œufs brouillés, maman est venue et a tiré sur lui à bout portant, trois, peut-être quatre fois. Il s’est effondré. Moi j’étais dans la salle de bains avec la porte entrouverte et j’ai tout vu ! Puis maman m’a appelée pour que je vienne l’aider à tout nettoyer avec de l’eau de javel… »

Kris Klemp a d’ailleurs aussi eu son rôle à jouer dans l’affaire puisque Lena le désigne comme le complice numéro 1 et l’assistant de Sandra. Après avoir emporté le corps à l’arrière de la ferme, ils l’ont brûlé et ont dispersé ses cendres au vent.

Les sœurs de Lena, Brandi Petersen et Robin Shoemaker, ajoutent à ce propos que leur mère avait un comportement bizarre le soir du meurtre :

« Maman nous a ordonné d’aller nous coucher très tôt ce soir-là, peut-être quelque chose comme 21 heures. Elle nous a interdit formellement de quitter nos chambres, même pas pour se rendre aux toilettes ! ».

L’enregistrement du témoignage vocal de Lena Chapin est envoyé aux autorités par Albert McCullough. Quelques jours plus tard, quand elle apprend ce qu’a fait Albert, Lena est convoquée par le sheriff et là, coup de théâtre ! Elle nie tout en bloc, assurant que son témoignage était un faux, qu’elle a tout simplement menti pour se venger de sa mère et de Kris Klemp car ils lui rendent la vie impossible.

Quelques jours seulement après sa convocation par les policiers et le juge d’instruction, Lena disparaît à son tour sans laisser de trace. Tout comme son beau-père des années auparavant, elle laisse tout derrière elle, tous ses effets, et surtout son petit garçon Colter, qui est sa raison de vivre et duquel elle est inséparable.

Il faut attendre l’année 2005, soit six ans après la « disparition » de Gary, pour que l’affaire éclate au grand jour. Un mandat de perquisition est alors lancé contre Sandra et Kris Klemp dont le ranch est fouillé de fond en comble. A défaut de ne pas trouver de traces du crime ou d’autres éléments, la police notera que tous les effets personnels ayant appartenu à Gary ont disparu.

L’enregistrement est envoyé à la cour de justice du Missouri.

Quelques semaines plus tard, le juge d’instruction du comté de Barry, Stephen Hemphill, désigne Christopher Klemp comme complice principal du meurtre de Gary McCullough. Auparavant, Klemp a raconté et s’est même vanté auprès de quelques-uns de ses amis qu’il s’est mis en couple avec une femme d’âge mûr qui cherchait désespérément un moyen d’assassiner son mari.

Que cette femme comptait largement sur lui, Kris, afin de trouver un moyen de se débarrasser du cadavre de la plus façon la plus ludique et discrète possible, sans laisser de trace et sans éveiller le moindre soupçon au niveau de la famille de Gary et du village !

Hormis Gary McCullough et Lena Chapin, un autre témoin de l’affaire disparaît dans la foulée, il s’agit de Jennifer Brattin, l’ex-femme de Kris Klemp.

Parmi les raisons qui ont empêché la police d’arrêter les deux meurtriers, en l’occurrence, le couple Klemp, c’est que l’investigation a souffert d’un problème de taille : l’absence totale et flagrante de preuves.

Il n’est pas besoin d’être magistrat ou enquêteur pour savoir que pour mener à bien une enquête, il faut impérativement avoir sous la main un minimum d’éléments rationnels et physiques, autrement dit le cadavre et l’arme du crime. Un avocat de la cour d’appel du comté de Barry, Johnnie Fox, dit d’ailleurs à plusieurs occasions que sans présence de corps, il serait difficile de condamner quelqu’un.

Sandra Klemp a refusé de coopérer avec les autorités. Restée en liberté, elle a pourtant été condamnée à verser sept millions de dollars à la famille McCullough pour dommages et intérêts. Ce qu’elle ne fera jamais, la demande ayant été annulée par la suite dans le dossier d’instruction.

Après la disparition de Gary, ses parents d’un âge déjà avancé et malades, sont restés inconsolables. Son père, Wayne, plongea dans une terrible et profonde dépression qui eut raison de lui, quelques mois seulement après la disparition de son fils.

Dans le comté de Barry, tout le monde s’accorde à croire que Lena Chapin a été tuée par sa mère et le mari de cette dernière, probablement parce qu’elle savait tous les détails relatifs à la mort de Gary et qu’elle a assisté à sa mise à mort, quand bien même elle a tout nié par la suite avant de disparaître de la circulation.

Avant le retour de cette histoire dans les actualités, l’affaire Lena Chapin a été classée comme non élucidée. Sa mère et son beau-père ont été tous les deux blanchis par la justice et innocentés.

Différentes théories continuent cependant de circuler à son sujet, émises aussi bien par des professionnels que par des investigateurs amateurs. Des détectives qui se sont penchés récemment sur l’affaire, comme Rick Letchworth, de la section d’investigation de l’état du Missouri, est sûr et certain que Lena Chapin est bel et bien morte et que sa mère, Sandra y est pour beaucoup. L’une des raisons majeures était d’ailleurs que cette dernière voulait lui prendre son fils, Colter, pour l’adopter et le garder avec elle.

Les sœurs de Lena, Brandi, Jeanne et Robin, espèrent sincèrement que leur sœur est heureuse quelque part, où elle a enfin trouvé la paix, probablement en Floride comme laisse entendre leur mère, forcément sous une autre identité, mais néanmoins heureuse et sereine.

Sandra a divorcé de Kris Klemp en 2014 et a épousé son cinquième mari, Joe Wink seulement quelques mois après. Elle a recueilli entretemps son petit-fils et tous les trois habitent désormais à Mount Vernon.

La famille McCullough, incapable de faire son deuil, scrute toujours le caveau familial où elle a enterré son père en 1999 et où la place réservée à Gary est demeurée vide. Ses frères, Larry et Albert, ainsi que sa mère, Ella, gardent toujours une petite lueur d’espoir de pouvoir un jour trouver le corps de leur défunt.

« A défaut de lui offrir un cercueil digne de ce nom, nous lui offrirons une pierre tombale. »

Après le non-lieu dont a bénéficié leur ancienne belle-sœur, les McCullough se sont sentis abandonnés de toute part, et surtout par la justice à qui ils reprochent d’avoir agi de manière expéditive avec le dossier d’investigation de leur frère. En gens croyants, ils comptent désormais sur la justice divine après avoir été déçus par la justice des hommes.

Jusqu’à ce jour, aucune autre preuve qui pourrait faire incriminer Sandra Wink ex-Klemp et McCullough, n’a été avancée par les autorités de l’Etat du Missouri. Sa maison et les hectares de terre qui entourent la ferme qu’elle a habitée ont été fouillés de fond en comble, et aucune trace d’ADN ou de fragments d’os n’ont été trouvés.

Contacté par des émissions d’investigation, Sandra Wink ainsi que ses avocats ont refusé tout bonnement de coopérer. Tout ce que l’on sait, c’est qu’elle reste sur ses positions, à savoir que sa fille est partie refaire sa vie ailleurs. Ainsi s’achève notre affaire criminelle d’aujourd’hui.

En 2006, cette jeune mère de famille, apparemment heureuse et sans histoires, s’est volatilisée sans laisser de trace, sans laisser un mot ou n’importe quel autre indice qui puisse mettre les enquêteurs sur sa piste et partir à sa recherche.

Une chose est sûre cependant, Lena Chapin a été témoin d’un meurtre et il a fallu l’éliminer pour qu’elle ne crée pas d’ennuis et qu’elle ne précipite pas le coupable, ou les coupables, dans les annales de la justice américaine qui, comme tout le monde le sait, ne badine pas avec les affaires de meurtre et les sanctionnent très sévèrement.

Les investigations sont en cours depuis 2006 et jusqu’à ce jour, aucun nouvel indice n’a pu compléter l’affaire.

 


See acast.com/privacy for privacy and opt-out information.

À voir aussi