La vérité sur le projet Blair Witch

Depuis 2 semainesCriminologie

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En 1999, un film pas comme les autres arrive sur les grands écrans américains : The Blair Witch Project. Tourné en quelques jours dans un bois perdu des environs de Baltimore, porté par trois acteurs méconnus du grand public, c’est carrément du jamais vu dans le cinéma de ce registre !

Pour résumer, The Blair Witch Project, ce sont trois étudiants en cinéma partis enquêter dans la forêt de Black Hills sur la légende d’une sorcière qui hanterait ces bois depuis des siècles.

Tournage cocotte-minute, acteurs livrés à eux-mêmes sans directive précise, frayeur réelle… Tout porte à croire que le film n’est qu’un leurre et que les événements ont bien eu lieu exactement comme sur grand écran !

Mais au-delà de la légende urbaine, qu’en est-il vraiment ? Où finit la fiction et où commence la véritable histoire, celle rarement évoquée ?

Que vous soyez fans du film depuis sa sortie ou nouveaux venus, je vous propose de découvrir avec moi cette affaire palpitante et pleine de rebondissements qui nous a été proposée par Jonathan Graveron.

« Je veux juste m’excuser auprès de la mère de Josh, de la mère de Mike et de la mienne. Je suis désolée car tout est de ma faute, c’est moi qui ai les a amenés ici, c’est moi qui ai dit “continuons de marcher vers le sud”, c’était de ma faute car c’était mon projet… Qu’est-ce que c’est ? J’ai peur de fermer les yeux, j’ai peur de les ouvrir, j’ai tellement peur, je ne sais pas ce qu’il y a là-bas… Nous allons mourir ici ! »

En octobre 1994, trois amis et étudiants en cinéma, Heather, Mike et Josh, s’apprêtent à partir dans la forêt de Black Hills au Maryland, afin d’enquêter sur la légendaire Sorcière de Blair. Le but de cette excursion est le tournage d’un documentaire ayant pour sujet la magie noire et les sacrifices rituels.

Mais tout ne se passe pas comme prévu.

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Source : tripadvisor

Avant l’avènement du phénomène du vlogging, le film annonce déjà la couleur, à une époque où internet n’est pas encore à usage généralisé.

Les premières minutes de The Blair Witch Project sont déroutants de réalisme : vidéo amateur, montage approximatif, séquences intimistes et maladroites, on voit trois jeunes adultes en plein préparatifs pour un voyage qui nous tient déjà, nous, spectateurs, en haleine.

Ce projet commun de film-documentaire leur tient à cœur et ils veulent absolument le réussir, même s’ils ne maîtrisent pas totalement les techniques de montage, mais cela n’a pas d’importance. Leur professeur leur assure que le contenu doit être sensationnel au détriment de la qualité visuelle, considérée comme de moindre importance.

Première halte : Burkittsville, petit village aux maisons en bois où on les voit faire des courses de dernière minute dans une supérette et le plein d’essence. Heather joue alors aux reporters et interroge les habitants sur la légende de la sorcière. Les plus âgés sont unanimes : il vaut mieux qu’ils rebroussent chemin, le bois est hanté tandis que les plus jeunes prennent la chose à la dérision et les encouragent à continuer leur aventure.

Dans la supérette, les trois étudiants croisent deux pêcheurs qui renouvellent les avertissements, mais les amis sont formels : leur projet dépend justement de l’originalité du sujet et les frissons sont les bienvenus.

Heather, Michael et Josh laissent derrière eux Burkittsville et plongent littéralement dans les bois. Ils stationnent leur voiture en contrebas d’une clairière, sortent leur sac à dos et leur matériel de camping et s’engouffrent dans Black Hills.

Première étape : Coffin Rock où, selon la rumeur, cinq hommes auraient été assassinés rituellement dans les années 1800. Le crime est resté irrésolu depuis cette époque.

En marchant, le trio tombe sur des cairns, sorte d’amas de pierres placés dans les reliefs pour marquer le passage vers un lieu particulier, une technique largement répandue dans les pays celtiques. Ils trouvent cela très atypique.

Le soir tombant généralement vite pendant l’automne au Maryland, Heather, Josh et Mike trouvent un endroit pour installer leur campement et y passer la nuit.

Lumière blanche, chuchotements étouffés, que se passe-t-il ?

D’étranges bruits de craquement réveillent les trois amis en sursaut, quelqu’un marche à côté des tentes, un animal peut-être, voire un trappeur. Heather et les garçons restent recroquevillés sur place, espérant que les bruits cessent.

Puis le silence, le bruit a cessé comme par enchantement.

Le lendemain, les trois amis marchent vers l’endroit où ils ont laissé leur voiture afin de récupérer deux trois petites choses oubliées la veille, mais à leur grande surprise, ils ne la retrouvent pas. Désorientés et très inquiets, ils reviennent à l’endroit où ils ont campé la nuit dernière. L’angoisse est palpable. La journée se passe péniblement : l’inquiétude a même gagné Heather, généralement plus optimiste et réputée pour être la « tête forte » du trio. Le soir arrive et ils n’ont pas d’autre choix que d’aller regagner leurs tentes. La nuit sera courte cette fois encore ponctuée par d’inquiétants rires d’enfants.

Les trois étudiants sont littéralement terrorisés. D’où proviennent ces voix ? À leur connaissance, il n’y a personne qui campe à côté, quelle famille serait d’ailleurs capable d’emmener des enfants pour dormir dans un lieu aussi lugubre que cette forêt !

Le lendemain matin au réveil, ils découvrent que trois cairns ont été bâtis autour de leur tente durant la nuit. Luttant contre la panique qui les guette de plus en plus à cause de l’étrangeté de ces derniers événements, ils décident d’utiliser leur boussole pour retrouver un chemin de traverse ou carrément un raccourci pour quitter ce bois devenu de plus en plus menaçant ; ils ont le pressentiment que quelqu’un les observe depuis leur arrivée et s’amuse à leur faire peur dans l’espoir de les voir déguerpir. À ce moment, ils gardent encore l’espoir de retrouver la voiture.

Irrités, à bout, désorientés, leur réserve de vivres s’amenuisant dangereusement, les trois amis d’humeur si joyeuse au début du voyage commencent à se disputer pour un simple regard de travers, un simple avis donné qui commence à sonner comme un ordre.

Heather, qui conduit en quelque sorte les opérations en tant que leader, est à présent boudée par les deux garçons qui font bande à part et ne prennent même plus la peine de lui répondre quand elle leur pose une question. Bientôt, les attaques verbales de plus en plus virulentes commencent à être échangées entre eux mais le soir venu, ils se réconcilient autour d’une dernière cigarette qu’ils se partagent au coin du feu, se forçant à paraître sereins, même si, en réalité, ils ne le sont plus.

Et rebelote, les rires enfantins reviennent troubler cette nouvelle nuit d’angoisse, le pire, c’est qu’ils sont de plus en plus proches, de plus en plus démoniaques : et si les habitants de Burkittsville avaient raison en fin de compte ? Et si l’esprit de la sorcière de Blair planait encore dans cette forêt ?

Le tournage du documentaire pour lequel ils sont venus n’est plus qu’un souvenir, le plus urgent maintenant est de parvenir à sortir de cette trappe, de ce piège qui leur a été volontairement tendu. Pour couronner le tout, Mike commence à perdre les pédales et bientôt Josh aussi.

La forêt inhospitalière s’est transformée en un personnage à part entière, sombre, menaçant, prenant comme un réel plaisir à les voir ainsi perdus. Ce n’est plus qu’un labyrinthe où le trio ne fait que tourner en rond.

Au bout du quatrième jour, éreintés de tourner, fatigués par de longues heures de marche forcée, les garçons déclarent forfait et menacent d’abandonner Heather toute seule si elle s’obstine à marcher vers le sud tout en filmant leur mésaventure. Ils savent qu’elle espère ainsi épater le prof à son retour, en ajoutant ces scènes manquées en bonus, preuve qu’elle s’est donné du mal. Mais la sauce ne prend plus, comment peut-elle encore penser à filmer ce foutu projet dans un tel état d’esprit ?!

Mais ils ne sont pas au bout de leurs surprises, car bientôt, ils se retrouvent carrément en territoire « hostile » avec la découverte de mystérieuses petites poupées fabriquées avec des brindilles et accrochées aux arbres. Mais que veut dire cette mascarade ? Le plus inquiétant est que les trois figurines semblent avoir été fabriquées à leur effigie. Quel est le fou qui s’amuse tant à les tourmenter comme cela ?

Se peut-il que la sorcière vive toujours ici ? Ils rebroussent chemin en courant.

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Source : artstation

Dans la nuit, réveillés par quelque chose qu’ils ont entendu ou vu, Heather, Mike et Josh, quittent précipitamment leur campement et partent à l’aveuglette dans la forêt, c’est une question de vie ou de mort. Il est clair à présent qu’on cherche à les chasser d’ici ou à les égarer encore davantage.

Au milieu d’une clairière, ils se retrouvent face à une vieille maison en pierre grise, visiblement abandonnée depuis des années. En pénétrant à l’intérieur, Heather, Michael et Josh découvrent que tout est sens dessus dessous. Quelqu’un habite encore ici ? Pas sûr. Intrigués, ils se séparent et se répartissent dans l’habitation, qui au rez-de chaussée, qui à l’étage, qui dans la cave.

D’étranges inscriptions écrites dans une langue inconnue sont tracées le long des murs. Ils n’ont d’autre choix que de marcher dans les détritus de nourriture et d’emballage qui jonchent le sol pour pouvoir passer d’une pièce à l’autre.

Tout a l’air lugubre, sale, glauque dans ce lieu. Les amis commencent à s’interpeller dans le noir, ils ont peur, très peur…

Les dernières images filmées par la caméra de Heather montrent Josh, debout face au mur, complétement figé, comme hypnotisé et les cris et les supplications de Heather ne le font pas bouger. Tout porte à croire qu’elle est entraînée hors de la pièce par quelqu’un dont on ne voit pas le visage.

Ce sont les dernières images glaçantes et terrifiantes sur lesquelles se conclut le jeu de la caméra qui débouche après sur un écran noir.

En investissant la somme de 60 000 dollars dans un long métrage amateur dans lequel ils ne croyaient pas tant que cela, Daniel Myrick et Eduardo Sanchez, les deux réalisateurs de The Blair Witch Project, ignorent encore qu’ils viennent de réaliser l’un des plus grands coups de bluff de l’histoire du cinéma contemporain, à l’époque où les réseaux sociaux n’existent pas encore et ne s’occupent pas de relayer l’information à la vitesse de l’éclair.

Quelle est la recette secrète de la réussite de cet OVNI cinématographique pourtant pas si prétentieux, ni par son casting, ni par les moyens mis à sa disposition ?

Des personnages véridiques, un fait divers qui a vraiment eu lieu et que Hollywood a essayé tant bien que mal de couvrir ?

Plutôt une ingénieuse stratégie marketing hors du commun et avant-gardiste. En effet, bien avant sa sortie en salles aux États-Unis, Le projet Blair Witch est déjà sur toutes les bouches, le film a réussi à gagner son public avant même de sortir en avant-première ! C’est possible de réaliser tout cela en 1999 ?

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Source : theguardian

Quelques jours avant sa sortie, des flyers avec la mention Missing (disparus), sont distribués aux gens devant les guichets des cinémas et des théâtres de tout le pays. Les flyers minimalistes, en noir et blanc, montrent les photos des trois protagonistes principaux, avec le nom des trois acteurs : Heather Donahue, Michael Williams et Joshua Leonard (qu’ils ont aussi gardé pour les besoins du film) et puis tout en bas, une requête :

« Si vous avez la moindre information, veuillez prévenir le poste de police le plus proche ! »

Le ton est donné, les gens mordent à l’hameçon et sont persuadés que les trois acteurs ont réellement eu un accident ou ont été victimes de quelque maniaque en allant tourner dans la forêt de Black Hills.

Il suffit de quelques jours seulement pour que « l’affaire Blair Witch » devienne le sujet de conversation et de préoccupation de tous les jeunes Américains âgés entre seize et vingt-cinq ans.

Du côté de l’équipe du film, silence radio car en effet, Daniel Merryck et Eduardo Sanchez ne répondent ni au téléphone ni au courrier, ajoutant davantage de poids au mystère. En agissant ainsi, leur stratégie marketing prend encore des proportions pharamineuses, d’autant plus que sur le site officiel du film, il y a des rapports de police qui crédibilisent davantage la thèse d’acteurs assassinés ou disparus.

Le site IMDb lui-même (une base de données cinématographique) en remet une couche en présentant les trois acteurs comme étant présumés morts.

Tous les éléments sont là pour faire croire à la supercherie savamment orchestrée par l’équipe du tournage.

Bientôt, le phénomène « Blair Witch » gagne aussi les autres pays de l’autre côté de l’Atlantique. En Angleterre mais aussi en France, en Espagne, en Italie, en Allemagne, « le film aux acteurs disparus » fait couler beaucoup d’encre et donne matière à discuter et à spéculer.

Le genre cinématographique de found footage, partant du principe que la trame commence par la fin avec la découverte d’une cassette ou d’une bande audio qui explique l’histoire centrale, souvent filmé en caméra amateur pour un rendu imparfait et volontairement réaliste, ajoute encore à la dimension émotionnelle. Dans le Projet Blair Witch, il y a aussi cette absence flagrante d’effets spéciaux, tout se fait dans un décor naturel. Les dialogues et les attitudes spontanées, le recours à l’improvisation, le témoignage réel des habitants de Burkittsville laissent croire que les trois amis ont réellement été capturés et assassinés par la sorcière de Blair.

La « recette » finit par marcher tellement bien que pendant longtemps, les producteurs du film laissent volontairement planer le doute quant au déroulement des faits. Le physique banal et quelconque des trois protagonistes laisse, lui aussi, penser qu’il ne peut en aucun cas s’agir de « vrais » acteurs de cinéma. La légende voudrait que les caméras des trois étudiants aient été retrouvées dans les bois et que leur contenu ait été monté pour en faire une sorte de film-documentaire à titre posthume.

À partir de ce moment, les forêts de l’État du Maryland sont envahies de groupies venus à la recherche de preuves potentielles. Beaucoup se la jouent détectives et des équipes improvisées commencent à mener des investigations dans l’espoir de trouver une preuve ou un indice.

Les petits pantins en bois laissés délibérément dans les arbres après la fin du tournage sont découverts par des fans estomaqués et complètement bouleversés. Pour beaucoup, la présence de cette espèce de poupées vaudou ne peut que suggérer un rituel de sacrifice. Le fameux pantin deviendra par la suite un symbole du film, et largement repris par la culture pop des années plus tard.

Le phénomène prend de telles proportions que même les parents et familles des acteurs Heather Donahue, Michael Williams et Joshua Leonard commencent à recevoir des messages de condoléances. Ce que le grand public ne sait pas, c’est que la production leur a demandé de jouer le jeu afin d’entretenir la supercherie aussi longtemps que possible.

Daniel Myrick et Eduardo Sanchez ont réussi le pari de produire un film sensationnel avec très peu de moyens, ils ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin. Toujours sous couvert du mensonge, ils tournent conjointement The Curse of The Blair Witch (La malédiction de Blair Witch), sorte de maquette-documentaire où ils parlent du film comme d’un véritable fait divers.

Mais comme toute bonne (ou surprenante) chose a une fin, la supercherie est finalement découverte par des fans qui ont vu le film des dizaines de fois de suite dans l’espoir d’y déceler un indice potentiel. En prêtant attention au défilement du générique de fin, ils comprennent enfin qu’ils se sont fait rouler.

Une œuvre purement fictive, toute personne, location, nom ne sont que produit de l’imagination.

Eh oui ! Blair Witch a été une supercherie habilement orchestrée ayant généré un véritable phénomène pop culture et rempli les caisses de la société de production.

Alors que cette découverte fait pousser des soupirs de soulagement (et d’agacement) à la plupart, les trois compères, tous bien vivants, sortent enfin du placard pour parler des conditions du tournage.

Heather, Michael et Joshua, comme dans le film, racontent comment ils ont reçu très peu d’informations sur le déroulement du tournage une fois qu’ils ont été acceptés après le casting. Pour tout matériel, ils ont eu droit à la voiture, à deux caméras et à un GPS. La seule information dont ils disposaient était que tout devait se dérouler dans un bois perdu du Maryland à la sortie de Baltimore.

Comme les trois rôles qu’ils jouent, ils sont laissés livrés à eux-mêmes afin de donner de l’authenticité à leur jeu d’acteurs. Pendant toute la durée des prises, ils ne voient pas un seul membre de l’équipe du film et ne sont guidés que par radio par le metteur en scène et son assistante, ce qui est déroutant pour un acteur débutant peu habitué à ce mode opératoire. L’actrice principale avoue même avoir voulu abandonner.

En somme, tout ce qui se passe dans le film a donc été vécu VÉRITABLEMENT par les trois comédiens :

Ils ont réellement campé dans la forêt, ils ont volontairement été poussés à se perdre et à improviser. Quant aux étranges bruits entendus pendant la nuit (et qui sont du ressort de l’équipe de production), aucun des trois acteurs n’était au courant, ce qui explique que la frayeur de Heather Donahue n’était pas feinte, elle était réellement terrorisée à cet instant, dans le film.

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Source : thedrum

En huit jours, il a fallu tout boucler pour pouvoir passer au montage.

Résultat : plans mouvants, tremblements, bruits de respiration, bruits de pas, défauts accentués, presque pas de maquillage, c’est comme si on assistait à une vidéo de camping filmée par un membre de la famille ou un voisin de palier.

Ces irrégularités et ces défauts prémédités confèrent un cachet à Blair Witch : la tension dans le film monte crescendo, elle est palpable et est pleinement ressentie par le téléspectateur.

L’objet de frayeur des trois étudiants n’est jamais visible puisqu’ils n’arrivent pas à le filmer, ce qui fait redoubler d’inquiétude, et puis il y a cette effrayante et mémorable scène finale qui a marqué tous les esprits, celle pour laquelle tout le monde se précipite dans les salles obscures, rien que pour la voir et tenter d’en comprendre le mécanisme. Car, en fin de compte, qui se tient en dernier derrière la caméra : Michael ? Heather ? La sorcière ? On ne le saura jamais !

Avec toute cette histoire de coup monté, Blair Witch Project devient l’un des films les plus rentables de l’histoire du cinéma, un véritable succès commercial avec près de 250 millions de dollars récoltés rien qu’au box-office, relayé par une curiosité morbide du grand public, avide de frissons au naturel, sans effets spéciaux et sans prise de tête. En quelques mois, le film devient culte et connu à travers le monde entier. Des DVD collector et toute la panoplie d’accessoires qui les accompagnent constituent le must have de tout fan qui se respecte.

Voilà, on pourrait se limiter à cette version fictive de l’histoire ; pourtant, dans l’État du Maryland, l’histoire de la sorcière de Blair est loin d’être considérée comme une simple fable racontée au coin du feu durant la soirée de Halloween. Il s’agit d’un pan de l’histoire humaine qui a débuté avec les premiers colons arrivés en Nouvelle-Angleterre, à une époque où les États-Unis n’existent pas encore dans leur intégralité, comme on les connaît aujourd’hui.

“Ah sure, Brendan where have you been ?

Ellie Keward débarque à Baltimore en novembre 1769, après une traversée de plusieurs semaines sur un océan Atlantique agité et menaçant de renverser à chaque moment le voilier « Seafarer », avec à son bord un millier d’immigrants venus essentiellement du nord de l’Europe.

Ellie Keward est Irlandaise, la chanson gaélique Roisin Dubh (Rose noire), elle l’a fredonnée sur le pont pendant toute la traversée, les derniers vers sont ses préférés :

“I was born and reared there

Where the Mountains of Mourne

Come down to the sea,

Is such a long, long way from Tipperary.”

Comme tous ses misérables compatriotes, Ellie Keward est sentimentale et pétrie de nostalgie, mais contrairement à ceux qui voyagent en couple ou en famille de cinq, dix ou même quinze membres, elle ne laisse rien derrière elle, plus de parents pour pleurer son départ, plus de maison pour l’abriter.

Au pays, elle a pensé un instant à entrer dans les ordres et se retirer dans un couvent, faute de mieux, mais un autre destin l’attendait de l’autre côté de l’océan. Ellie ne s’est jamais mariée. Le Brendan de sa chanson, qu’elle n’a jamais rencontré en Irlande, elle compte bien le croiser ici, dans ce Nouveau Monde si plein de richesses, d’hommes mariables et de bon augure.

Elle s’installe à Blair, alors dans la Province du Maryland. Dans ce village de colons abritant chaque saison de nouveaux venus débarqués du continent, la forêt et sa faune abondante constitue un terrain privilégié pour la chasse, et ce malgré les attaques épisodiques des autochtones, jaloux de préserver leur territoire contre ces parasites à peau claire et aux coutumes si étranges.

Ellie Keward ne trouve pas de maison dans le centre de Blair, elle trouve refuge dans une chaumière en bordure du bois. Avec le savoir-faire hérité de sa grand-mère guérisseuse, elle cultive des plantes médicinales et en fait des potions pour guérir beaucoup de maladies de l’époque.

Peu à peu, la réputation d’Ellie commence à gagner les villages alentours et des femmes viennent la consulter pour prendre conseils mais aussi acheter ses fioles remplies d’un liquide violacé ou verdâtre, selon la couleur de la plante qui y a été concoctée. Elle fabrique aussi du savon, des hydrolats et des onguents qu’elle revend, c’est ainsi qu’elle garantit sa subsistance à une époque où les femmes ne gagnent pas encore leur vie de leur plein chef.

La chaumière de la guérisseuse est la réplique exacte de la masure misérable où elle a grandi, même le foyer de la cheminée a été peint à la chaux blanche pour rappeler l’odeur de l’ancien logis irlandais. Sur le mur, elle a accroché un crucifix et son médaillon de baptême.

Quand elle fait ses courses au village, Ellie guette la gent masculine récemment arrivée, celle non accompagnée, celle en tenue débraillée, preuve qu’aucune femme ne s’occupe encore d’elle. Elle guette, dérobant son regard, rougissant légèrement dans l’espoir d’être remarquée. Mais qui voudrait d’une femme qui vit toute seule depuis si longtemps ?

En effet, à cette époque, il n’est pas bon d’être une femme célibataire, plus vraiment jeune et habitant retirée du village, dans un pays encore neuf où l’inquisition a fait des ravages il n’y a pas si longtemps de cela.

Ce sont d’abord des enfants qui dénoncent Ellie Keward à leurs mères, l’accusant de leur avoir jeté un sort et leur avoir fait saigner du nez. L’affaire est finalement étouffée car ces mêmes mères de famille ont l’habitude de se rendre chez Ellie, boivent volontiers son thé, mangent son gâteau d’avoine et ses confitures de guimauve. Toutes connaissent sa bonté, ses manières franches et son hospitalité naturelle. Elle leur rappelle à toutes une sœur parlant dans un accent campagnard et étranger, en blaguant sans retenue.

Une femme malfaisante n’aurait jamais agi ainsi !

Mais la rumeur va en grandissant malgré le sceau du secret, car quelques semaines plus tard, c’est au tour d’un groupe de jeunes adolescentes de l’accuser d’avoir tenté de les attirer dans sa maison pour boire leur sang afin de conserver un teint lumineux. Ellie Keward, qu’une minorité d’habitants de Blair tentent encore de défendre, est appelée chez le shérif de la localité afin d’être interrogée sur la nature de ses activités. Elle est retenue au poste pendant la nuit.

Le lendemain, sa maison fait l’objet d’une perquisition. Des fioles, des entonnoirs, un alambic, un chaudron, des livres écrits dans une langue inconnue (gaélique irlandais) sont saisis en guise de pièces à conviction. Très vite, l’accusation de sorcellerie et de magie noire tombe sur la pauvre femme (nous sommes au xviiie siècle) qui jure sur ses grands dieux ne pas pratiquer autre chose que de la médecine ancestrale, mais on refuse de l’écouter.

Ses affaires saisies sont envoyées au chef du tribunal de Baltimore qui émet un décret donnant le feu vert aux habitants de Blair pour la punir. Le souvenir des terribles procès de Salem est encore bien présent dans l’esprit de bien des gens et il est hors de question que l’expérience se renouvelle dans le Maryland !

Dans la cellule du shérif, Ellie Keward prie dans le latin de la Bible et évoque des forces protectrices dans son gaélique natal, l’assistant du shérif l’accuse alors de s’exprimer dans la langue de Satan et de l’invoquer pour la protéger du châtiment qui lui est réservé.

Le lendemain, en plein soleil, elle est livrée aux villageois qui lui réservent une punition des plus cruelles. Attachée à une charrette, Ellie Keward est traînée par deux hommes du village jusqu’au fin fond de la forêt de Black Hills où elle est abandonnée.

C’est un mois de janvier particulièrement glacial, les supplications de la présumée sorcière ne réveillent pas une once de pitié chez ses bourreaux. Ils rentrent au village, la laissant seule dans le bois sombre et froid.

Les loups commencent bientôt à rôder autour d’elle, braquant sur elle leur regard rouge et affamé.

Quelques jours plus tard, un groupe de village revient dans la forêt afin de vérifier si la femme Keward est toujours bien vivante : elle l’est !

Ils repartent, songeurs, bon, laissons-la encore quelques jours de plus.

Mais leur surprise est grande quand ils constatent qu’elle est toujours bien vivante lors de leur second passage. Ils ont à présent l’intime conviction que, seule, une créature protégée par les forces obscures peut survivre aussi longtemps dans le froid sans être mangé par les fauves.

Ils rentrent au village, et pendant la nuit, armés de massues éclairées, accompagnés d’une horde d’enfants et de chiens, ils se mettent à frapper cruellement la guérisseuse jusqu’à ce que son sang gicle et qu’elle rende son dernier soupir. Ils détachent alors son cadavre et le pendent à un arbre avant de quitter précipitamment les lieux, de peur d’être hantés par son esprit vengeur.

Le massacre d’Ellie Keward a eu lieu en 1784.

Deux ans plus tard, pendant l’hiver 1786, les enfants du village de Blair commencent à mourir ou à disparaître les uns après les autres, puis c’est au tour des adultes de subir la même tragédie. En apprenant la nouvelle, les habitants de la ville de Baltimore n’y remettent plus jamais les pieds, considéré désormais comme un village maudit.

Ellie Keward est revenue pour se venger et son esprit, torturé et sans repos, rôde à présent dans tous les recoins du village.

En 1820, avec la construction de la nouvelle ligne ferroviaire reliant Washington à Baltimore, le village déserté est enfin découvert par des ouvriers qui travaillent sur la ligne. La rumeur d’un village inhabité et resté intact arrive jusqu’aux oreilles des notables de la ville, jusqu’à un certain Henry Burckitt qui, conscient de l’importance de ce genre d’investissement à l’avenir, décide de racheter Blair et la rebaptiser Burkittsville en son honneur.

Cinq ans plus tard, le village désormais agrandi grâce aux fonds d’investissement de la société de Burkitt redevient un endroit habitable qui attire de plus en plus de familles récemment immigrées aux États-Unis.

La famille Treacle, qui vient d’arriver d’Angleterre il y a tout juste deux ans, s’installe dans l’une des maisons de Burkittsville. Bientôt, de nouveaux voisins arrivent et le village retrouve sa quiétude d’avant les lugubres événements de 1784.

C’est lors d’une fête de village organisée pour célébrer la fin de la saison des moissons qu’Eileen, la benjamine de la famille Treacle, s’éloigne de ses parents et des groupes de pique-niqueurs pour aller se baigner dans la rivière Tappy East Creek, située juste en contrebas. Si la fillette obtient l’accord d’aller se baigner toute seule, c’est que toute sa famille et les autres voisins sont installées au bord de l’eau, en train de festoyer.

Mais alors qu’elle s’avance lentement dans l’eau tiède et douce, la fillette est happée soudainement par une main sortie du fond, qui l’agrippe fermement par le bras et l’entraîne avec elle dans les abysses, le tout sous le regard pétrifié de la famille d’Eileen et de plusieurs autres villageois, incapables de réagir sur le moment.

L’enfant n’est jamais remontée à la surface mais il se raconte que quelques semaines plus tard, un petit pantin en roseau relié avec du gros fil est remonté à la surface de l’eau.

Pendant l’automne 1886, la jeune Robin Weaver, une fillette âgée de douze ans, sort jouer dans le bois de Black Hills en attendant le retour de sa mère, partie en visite chez une parente.

Robin Weaver se perd en forêt et n’arrive pas à retrouver le chemin du retour. Pendant trois jours, elle ne donne pas signe de vie, avant de finalement revenir par elle-même, le regard étrangement voilé, comme si elle avait vu quelque chose de terrifiant. Ce n’est qu’au bout de quelques jours que Robin consent enfin à raconter sa mésaventure. Alors qu’elle s’était perdue et s’était mise à pleurer, elle a rencontré une étrange femme qui flottait presque au-dessus du sol et qui lui a proposé de l’accompagner chez elle.

Elle l’a fait entrer dans une espèce de masure abandonnée et l’a enfermée dans un sous-sol, en lui donnant l’ordre de ne pas bouger de là et d’attendre son retour. Mais Robin a pris peur et est parvenue à s’enfuir par un passe-muraille ; elle a couru dans la forêt en pleine nuit avant de finalement se rappeler le chemin jusqu’à Burkittsville.

Suite aux aveux de la petite Robin Weaver, deux équipes d’expédition sont envoyées dans la forêt de Black Hills pour trouver la fameuse femme qui flotte au-dessus du sol. Cinq hommes ne reviennent pas de cette expédition et leurs cadavres sont retrouvés dans la clairière de Coffin Rock, disposés en croix et entourés de cairns, comme pour une cérémonie rituelle païenne. De même, cinq pantins sont retrouvés accrochés aux arbres.

Est-ce l’œuvre d’Ellie Keward qui n’est jamais parvenue à trouver le repos ?

Après cet incident, les choses vont commencer graduellement à se calmer. Comme toutes les villes américaines, Burkittsville connaît elle aussi son lot de changements en tous genres.

Au début des années 40 et à Burkittsville, les pick-up ont remplacé depuis des lustres les charrettes à bœufs d’antan, la plupart des maisonnées ont leur propre radio et leur frigidaire est bien garni ; le confort a changé les mentalités et les villageois sont à présent tournés vers l’avenir, plus civils et nettement plus tolérants.

Et pourtant, entre 1940 et 1941, huit disparitions mystérieuses d’enfants viennent à nouveau secouer la quiétude de la petite ville qui pensait en avoir fini avec cette vieille légende maudite. Les recherches engagées par les autorités ne donnent rien.

— C’est moi, c’est moi qui ai tué les enfants, venez avec moi, venez je vais vous montrer !

Les habitants de Burkittsville connaissent tous Rustin Parr et ses divagations qui le prennent par moment, quand il est un peu saoul. En temps normal, ses propos les plus insensés font sourire les hommes, debout devant le comptoir du seul bar-café de la ville, mais cette fois-ci, une lueur sombre et étrange éclaire le regard de Rustin sans qu’ils ne sachent pourquoi.

Cet homme sans âge, gringalet, les cheveux bruns et gras aplatis sur son crâne, le regard vide, attise plus la pitié chez la plupart qu’un tout autre sentiment.

Parr fait partie de ces naufragés de la société américaine, de ceux qui n’ont réussi ni à étudier, ni à travailler, ni à faire de l’épargne, ni à fonder une famille pour pouvoir entrer dans le moule. Personne ne sait rien de sa vie d’avant, ni dans quel genre de famille il a grandi. Tout ce que les habitants de Burkittsville savent, c’est qu’il habite seul dans une maison en pierre au fin fond de la forêt de Black Hills et qu’il vient au centre-ville deux fois l’an pour y faire ses achats et son ravitaillement en vêtements, en tabac et en alcool. Le reste du temps, il le passe en intégralité dans la forêt.

Dans le langage courant, Rustin Parr est ce qu’on peut appeler un ermite.

— C’est moi, c’est moi qui ai tué les enfants, venez avec moi, venez, je vais vous montrer ! C’est ELLE qui m’a ordonné de les tuer, de m’arrêter au nombre 7 et venir tout déballer…

L’inquiétude commence à se dessiner involontairement dans les regards de toutes les personnes présentes ce jour-là dans le bar. Et s’il disait vrai ? Accompagné de deux membres de la police locale et d’un groupe de villageois, Rustin Parr descend dans sa cave, suivi de près par les torches allumées des agents de police.

Dans un coin de la pièce sombre et humide où flotte de la pellicule de poussière et une étrange odeur de pourriture et de moisi, les témoins découvrent sept tombes creusées à même le sol et recouvertes d’un petit amas de pierre, à la manière des cairns, souvenez-vous.

On apporte des pelles, et tandis qu’un policier met les menottes à l’assassin, les restes des sept petits cadavres commencent à apparaître les uns après les autres. Certains sont là depuis une année et demie et en état de squelette, d’autres depuis quelques mois seulement. Huit enfants ont disparu. Où est passé le huitième ?

Rustin Parr part alors dans un rire spasmodique :

— Posez-lui donc la question directement !

— De qui parlez-vous ?

— La vieille, celle qui me parle chaque nuit… Elle me fait peur, elle me menace, c’est elle qui m’a dit pour les enfants !

Puis il se met à hurler :

— Pas l’asile, pitié pas chez les cinglés, j’irai aux travaux forcés s’il le faut !

À l’étage, le huitième enfant et unique survivant de la tuerie est retrouvé débout dans un coin de la pièce, le visage face au mur, tremblant de terreur. Cet enfant, c’est Kyle Brody, le premier à avoir été kidnappé par Rustin Parr et le seul témoin des autres rapts.

Encouragé par les policiers, il raconte comment Rustin Parr l’a obligé à assister à la mise à mort des autres petits avant de l’obliger à retourner dans la position dos tourné vers le mur. À la question de la potentielle présence d’une complice âgée qui donne ses directives à l’assassin, Kyle Brody dit n’avoir jamais vu de vieille femme roder par ici.

Pendant son procès, Rustin Parr continue à évoquer cette étrange et menaçante présence qui lui aurait donné toutes les directives concernant les assassinats, kidnapper huit enfants, en sacrifier sept et garder le huitième en vie, puis aller se dénoncer en ville.

Des équipes de recherche fouillent la forêt de Black Hills pendant des jours sans parvenir à trouver la trace de la mystérieuse femme.

Le 17 juillet 1941, Parr est jugé devant la cour pénale de Baltimore pour les sept meurtres. Il ne dira rien pour sa défense, et ce, même si lui et son avocat se sont mis d’accord pour plaider l’aliénation mentale. Sa demande sera rejetée par les juges car il est considéré avoir agi en plein conscience.

Pendant l’audience, Kyle Brody est appelé à témoigner. Ceci est l’un des extraits de sa déposition :

« Parr m’a ordonné de me tenir dans le coin, le visage face au mur… J’entendais Emily crier… Il était en train de la découper je crois, j’ai vu qu’il lui inscrivait quelque chose au couteau sur la joue…

Juge : Qu’a-t-il fait des autres enfants ?

Kyle : Il les vidait de leurs organes puis les enterrait…

Juge : As-tu noté la présence d’une femme pendant la tuerie ?

Kyle : Non, jamais…

Juge : Que te disait Parr quand il te voyait pleurer ?

Kyle : Il me disait que ça va aller comme ça, qu’il allait bientôt aller me chercher quelqu’un d’autre…

Les sept victimes sont identifiées en tant que : Emily Hollands, Terra Shelly, Stephen Thomson, Michael Guidry, Eric Norris, Julie Forsyth et enfin Margaret Lowell.

Au terme de son procès, Rustin Parr est condamné à la peine de mort par pendaison. La veille de son exécution, il avoue à son confesseur que ce n’est pas lui qui a tué les sept enfants mais une autre personne.

Il est exécuté le 22 novembre 1941. Sa maison est entièrement brûlée par les autorités quelques jours plus tard.

Kyle Brody, unique survivant du carnage, connaît par la suite des difficultés à se réintégrer dans la société, même au sein de la structure familiale. Tout donne à penser qu’il a également subi des agressions sexuelles de la part de Rustin Parr alors qu’il était séquestré chez lui.

Kyle Brody Blair witch podcast fr

Source : gravediggerslocal

Devenu un adolescent à problèmes, accusé de plusieurs actes de délinquance et souffrant de plusieurs névroses, Kyle effectue plusieurs séjours en prison en Floride, puis en hôpital psychiatrique à Atlanta en Géorgie, avant d’être finalement admis dans le Maryland State Institute for the Criminally Insane à Baltimore, un centre spécialisé qui abrite les cas psychiatriques irrécupérables et à tendance criminelle.

Quelques semaines avant sa mort, Kyle Brody commence à évoquer lui aussi une vieille femme monstrueuse qu’il trouve chaque nuit assise au bord de son lit ou carrément allongée sur lui, l’empêchant de respirer – Kyle devait sûrement souffrir d’une forme aggravée de paralysie du sommeil qui peut se manifester par ce genre de symptômes.

Lors d’un reportage télé sur les institutions psychiatriques aux États-Unis, une séquence montre Kyle en train d’inscrire de curieuses inscriptions sur un mur dans une langue inconnue. Selon des experts, il pourrait probablement s’agir de Transitus Fluvii, langage secret maîtrisé par les adeptes de la magie noire.

Il est retrouvé mort suicidé dans sa chambre en 1971, après s’être ouvert les veines avec un objet contondant.

Que reste-t-il aujourd’hui de la légende de la sorcière de Blair ? Un folklore ou plutôt une terrible injustice faite à une femme qui avait le seul tort de vivre un peu en retrait de son village ?

Le film de 1999 qui a rendu célèbre cette histoire locale, longtemps reléguée aux oubliettes faute de transcription écrite, a réussi à créer un climat anxiogène et malfaisant en pleine nature, un malaise et une panique tellement palpables que tous ceux qui ont l’ont déjà visionné sont restés longtemps marqués par le profond mal-être des protagonistes qui va crescendo à mesure que s’approche la terrible séquence finale.

Daniel Myrick et Eduardo Sanchez ont réussi le pari de produire un film d’épouvante où, pour la première fois, le méchant ne se montre jamais et où la source et la provenance de la frayeur est invisible à l’œil nu, dissimulée tout du long mais dont on peut ressentir la présence menaçante à chaque minute.

Source : Youtube

La fameuse scène de clôture du film a mobilisé à elle seule l’attention de tous les fans de Blair Witch et certains évoquent une possible similitude avec la position face au mur que Rustin Parr obligeait ses victimes à adopter avant d’être assassinées.

Quant à la personne qui tient la caméra en dernier lieu, on ne le saura probablement jamais ; s’agit-il de l’un de trois personnages, de Rustin Parr, de Kyle Brody, voire de la sorcière en personne ? Difficile de le dire. L’énigme reste complète à ce jour, les réalisateurs ayant volontairement choisi de laisser « une fin ouverte » pour permettre toutes les spéculations possibles et inimaginables.

Le concept de found footage qui a popularisé le film a été utilisé par le passé dans d’autres productions, comme dans l’épouvantable Cannibal Holocaust ou encore quelques années plus tard dans la trilogie The Ring.

The Blair Witch Project, ce sont trois étudiants en cinéma partis enquêter dans la forêt de Black Hills sur la légende d’une sorcière qui hanterait ces bois depuis des siècles. Tournage cocotte-minute, acteurs livrés à eux-mêmes sans directive précise, frayeur réelle… Tout porte à croire que le film n’est qu’un leurre et que les événements ont bien eu lieu exactement comme sur grand écran ! Mais au-delà de la légende urbaine, qu’en est-il vraiment ? Où finit la fiction et où commence la véritable histoire, celle rarement évoquée ?

 

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