L’abominable meurtre de shanda sharer

Depuis 3 semainesCriminologie

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En 1991, Shanda Sharer une jeune pré-adolescente de douze ans, quitte son Kentucky natal avec sa mère pour s’installer à Jefferson dans l’Indiana. Jeune fille pétillante, gentille et insouciante, elle attire l’attention de tout le monde, des garçons comme des filles, dans son école. Rapidement, elle déclenche aussi la jalousie de Melinda Loveless, une lycéenne de seize ans et sa troupe de copines.

Entraînée malgré elle dans un malsain triangle amoureux lesbien, la jeune Shanda ignore tout du plan sordide et machiavélique qui est en train de se tramer derrière son dos, un plan qui sera d’ailleurs mis à exécution avec une rare cruauté.

Dans un climat rythmé par la jalousie meurtrière et la rivalité amoureuse entre filles adolescentes, l’issue sera fatale.

Je vous invite à découvrir, à travers notre affaire criminelle d’aujourd’hui, l’un de pires homicides jamais commis par des enfants dans cette Amérique provinciale du début des années 90.

Source : greelane

Je tiens toutefois à signaler que certains détails seront peut-être considérés comme choquants pour certains auditeurs et d’autres particulièrement horribles, mais mon travail consiste à rapporter les faits le plus fidèlement possible et tels qu’ils se sont déroulés, en les remettant dans leur contexte temporel et culturel. Âmes sensibles, s’abstenir.

Un nouveau départ, Pineville, Kuntucky, juin 1991.

Les vacances d’été facilitent la tâche quand il est question de changer d’école : on n’est pas obligé de faire ses adieux aux professeurs et aux autres élèves. C’est ce que pense Shanda en descendant le dernier carton contenant ses Barbie au rez-de-chaussée pour être rangé avec le reste des affaires. Maman n’a visiblement pas de bol avec les hommes ; d’abord Papa, puis Jim et quand elle divorce, Maman est comme prise de bougeotte, elle doit impérativement changer de lieu, de garde-robe, de voiture et cette fois-ci, d’État.

Pourquoi a-t-elle choisi précisément l’Indiana ? Les loyers y sont apparemment moins chers et la vie tout autant, mais du haut de ses douze ans, Shanda sait que sa mère veut juste mettre autant de distance que possible entre elle et son père qu’elle adore.

Dans l’imaginaire de la fillette, l’Indiana ressemble à une région austère, peuplée d’évangélistes délirants (comme elle en a souvent vu à la télé) et où les écoles séparent encore les enfants blancs des enfants de couleur.

Le voyage d’une durée de sept heures et demie jusqu’à New Albany, où mère et fille vont s’installer, se fait entièrement en voiture. Shanda laisse son père Stephen derrière elle au Kentucky, mais elle espère pouvoir le revoir au plus vite.

Il est clair que de ses deux parents, il est son préféré attitré, même si elle adore sa mère. Fille unique, elle a été éduquée dans une espèce de cocon protecteur, ayant toujours ce qu’elle veut. Depuis que Stephen Sharer s’est séparé de sa femme et de sa fille, ses tendres attentions envers Shanda n’ont fait que redoubler. Lorsqu’elle se rend chez lui un weekend sur deux pour la garde alternée, il la sort, l’emmène là où elle veut, lui achète ce qu’elle veut et se plie au moindre de ses caprices

Surtout, il lui laisse aussi beaucoup de liberté, comme garder la télé allumée toute la nuit si cela lui chante ou manger son dîner devant la télé sans se soucier de débarrasser ou ranger après. Shanda est aussi le portrait craché de Stephen Sharer, ils ont les mêmes cheveux roux, le même regard doux et bienveillant, le même sourire pétillant et franchouillard.

Shanda Renée Sharer est née à l’hôpital communautaire de Pineville au Kentucky, le 6 juin 1979.

Pendant ses premières années, Shanda est scolarisée dans l’école catholique Saint-Paul où elle s’illustre dans beaucoup de disciplines sportives : volley, softball, natation, tennis sur table. C’est une enfant extravertie et pleine de vie qui n’a aucun mal à se faire des amies, même si, parfois, elle peut faire preuve de beaucoup d’égocentrisme.

L’arrivée en Indiana ne se passe finalement pas si mal que cela. Shanda et sa mère finissent même par constater que New Albany, leur nouveau lieu de résidence, n’est pas si différent de Louisville : mêmes maisons blanches en bois, mêmes édifices en pierre rouge et aux cheminées victoriennes, mêmes voitures et pratiquement mêmes voisins un peu envahissants (qui arrivent à tour de rôle un gâteau à la main, comme le veut la tradition de bienvenue américaine).

Shanda est presque amusée en lisant les annonces des églises locales, tapées sur Word, imprimées en couleur et accrochées sur les panneaux avec des punaises :

« Réunion du comité en vue d’organiser une vente de charité au profit des toxicomanes d’Attica. »

« Jésus et les Apôtres » : exposé de Madame Blair, Madame B. White à l’orgue. »

« Atelier de préparation de cookies pour les débutantes, vente organisée sur place, les fonds seront directement versés à l’Association des Anciens Alcooliques de Dearborn. »

« L’organiste Madame B. White met en vente un lot de fourchettes 1912 et deux sets de napperons. Contacter le numéro untel si intéressées. »

« Le révérend D. Hamilton a décidé de bannir toute boisson alcoolisée à la prochaine kermesse annuelle. Toute consommation de cidre devra se faire uniquement sur présentation d’une pièce d’identité aux stands… »

Et ainsi de suite, une entrée de plein pied dans l’Amérique puritaine. Bienvenue en Indiana !

Le reste de l’été 1991 se déroule à meubler la nouvelle maison et à chercher une école pour Shanda.

Sa mère, Jacqueline l’inscrit alors au collège intermédiaire Hazelwood, une école fréquentée par des enfants issus de toutes les couches sociales et de tous les milieux ethniques (la rentrée des classes aux États-Unis a lieu plus tôt qu’en Europe, en général à partir de la deuxième quinzaine du mois d’août).

Du haut de ses douze ans, Shanda a l’air beaucoup plus âgée : sa coiffure, ses vêtements colorés et à la pointe de la mode de cette époque, ses accessoires lui donnent facilement au moins quatre ans de plus. Même la proviseure de Hazelwood ouvre de grands yeux en voyant sa date de naissance dans son dossier scolaire.

Hazelwood est l’une de ses institutions scolaires où les élèves peuvent se rendre accoutrés comme il leur chante, tous les looks sont permis et le maquillage est courant, même chez les petites de première année comme Shanda ; d’ailleurs, elle aussi rejoint bientôt le mouvement.

Dans les toilettes des filles, pendant la récréation, les gloss à strass, les rouges à lèvres saveur cerise et fraise, les ombres irisées mauves et bleu et le mascara passent de main en main, miraculeusement sortis d’une trousse de stylos.

— Non ! Tu as le dernier gloss de Disney Channel ! ?

— C’est mon père qui me l’a acheté…Il est resté au Kentucky, je ne vais plus le voir pendant longtemps… !

— Moi j’aurais aimé ne plus voir le mien, tiens ! D’ailleurs, s’il me voyait maquillée comme ça, sûr qu’il me tuerait avec sa carabine !

— Tu parles sérieusement ?

— Ouais… Eh, passe-moi ton blush, tu veux ?

La rentrée s’est très bien passée. Avec son sourire omniprésent et ses yeux plissés de malice, Shanda a tôt fait de s’attirer la sympathie de tout le monde. Dès sa première journée d’école, elle est revenue avec son agenda « Barbie Hawai » rempli de numéros de téléphones, de dates d’anniversaire de rappel, d’adresses postales et toute une panoplie d’autocollants.

À Hazelwood, Shanda s’inscrit au cours de danse rythmique et joue du piano deux fois par semaine pendant le cours de musique.

Dans les couloirs, tout le monde la remarque, malgré les centaines d’élèves qui défilent par là tous les jours. Est-ce à cause de son look un peu vieillot pour son âge, cet air de dame miniature, ses cheveux déjà permanentés chez le coiffeur de sa mère, ou est-ce à cause de sa capacité à aller vers les autres, à ne jamais dire non et à sourire en toute occasion ? Elle est également devenue la chouchou des professeurs, de celles qui effacent le tableau, écrivent la date du jour et assistent les autres enfants dans leurs devoirs.

Pendant une fraîche journée d’octobre 1991, alors qu’elle referme son casier après y avoir déposé ses fournitures de la journée, Shanda tombe nez à nez avec une grande et svelte adolescente qu’elle n’a encore jamais vue auparavant. La fille semble avoir quinze ou seize ans, pas spécialement jolie avec son large front, ses cheveux bruns lissés en arrière, habillée d’un ensemble en jean déchiré couvert de pin’s du groupe Cocteau Twins. Shanda remarque aussi qu’elle porte un haut noir qui lui couvre à peine sa poitrine plate et qu’un piercing doré lui pend au nombril.

UN PIERCING ! Aussi loin que remontent ses souvenirs, elle n’en a vu que sur des motards barbus et chevelus, et sentant la bière à des kilomètres, que son père lui a montrés une fois à Nashville ! Mais sur une fille du lycée…

Elle est vraiment épatante !

— Salut moi c’est Amanda Heavrin !

— Salut, moi c’est…

L’adolescente au piercing sourit gentiment :

— Shanda ? Je te connais déjà comme la plupart ici, tu es si populaire ! Et puis, ton prénom est tellement inhabituel que j’aurais du mal à l’oublier, même si je le voulais !

Shanda est étonnée ; moi populaire, moi avec un prénom inhabituel alors que quand Maman ou Papa m’appellent, cela sonne tellement normal !?

C’est un compliment. Shanda rougit un peu, Amanda semble la couvrir de toute son ombre et continue à acquiescer de la tête sans la quitter des yeux. Elle lui propose de se revoir après leur dernier cours de la journée, soit à 16 h. C’est entendu.

Elles vont ensemble au centre commercial Spears pour boire des milkshakes, puis Amanda Heavrin sort son paquet de cigarettes et en tend une à Shanda, qui, toute rougissante de confusion, lui fait non de la tête.

— Tu sais ce que c’est qu’un rencard ?

— Oui, peut-être, je l’ai entendu dans un film…

— Il faut qu’on se fasse un autre rencard toutes les deux, oh mais désolée, faudrait peut-être que tu en touches d’abord un mot à ta mère…

— Pas nécessairement, mon père vient me voir un weekend sur deux, lui ne me dit rien, je peux faire presque tout ce que je veux, on se verra alors…

La fumée de la cigarette expirée par Amanda lui entre dans les narines, ses yeux commencent à la piquer un peu.

— Bon, tu as mon numéro de téléphone, on s’appelle, promis ?

— Promis !

Shanda voit s’éloigner sa nouvelle amie. L’image du majestueux piercing ne la quitte plus.

Oui, décidément, il faut qu’elles se voient encore et encore.

Rapidement, une amitié naît entre Shanda et Amanda, au point qu’elles en deviennent carrément inséparables. Les weekends où Stephen Sharer fait expressément le déplacement depuis le Kentucky pour venir la voir, elle reste rarement avec lui et trouve toujours un prétexte pour filer avec Amanda. Parfois, cette dernière vient même à la maison. Elles s’écrivent des mots dans leurs agendas respectifs qu’elles s’échangent, s’octroient des surnoms rigolos et puis une fois, Amanda lui envoie ces lignes, tracés dans une écriture nerveuse, sans les innocents petits cœurs habituels :

–        Il faut que je te dise quelque chose mais pas ici, pas avec des lettres, il faut que je te le dise en vrai…

Quand Shanda l’appelle, Amanda lui dit que c’était juste un test pour savoir si elles étaient encore meilleures amies.

Les jours suivants, Shanda est étonnée et chagrinée de constater qu’Amanda traine à présent au bras d’une brune aux longs cheveux bouclés, et qu’elle les a même vu s’embrasser derrière le casier de l’intruse.

Soudain, elle voit des garçons passer en se moquant « Les grognasses sont de sortie à Hazel, les gars, va falloir changer de bahut pour faire pécho ! », puis elle a vu l’intruse leur faire un doigt d’honneur. Amanda elle, a croisé son regard puis la détourné comme si elle venait de voir une vision dérangeante.

Shanda verse des larmes sur son agenda ce soir-là, son propre chagrin l’étonne et l’effraye, c’est même carrément de la jalousie, pas de cette fameuse jalousie amicale commune à toutes les filles, mais bien d’une jalousie amoureuse dévorante :

« Je suis fâchée contre toi, tu n’es plus mon amie, que faisais-tu avec cette fille ? Pourquoi elle t’embrassait ? Tu l’aimes, avoues ? C’est ça ce que tu cherchais à me dire l’autre fois ? »

Le petit monde de Shanda s’écroule et avec toute l’insouciance qui a toujours caractérisée son existence. L’idylle a été de courte durée.

Le lendemain, elle ne laisse pas l’agenda mouillé de larmes dans le casier d’Amanda qui persiste à l’ignorer dans les couloirs d’un air hautain, parfois, la fille aux longs cheveux bruns l’accompagne et ricane dès qu’elles la croise.

Elle la déteste sans la connaitre, elle la déteste car Amanda semble être intéressée par elle.

« Je suis amoureuse ! » Ecrit le soir-même Shanda sur son journal intime.

Retenue, Hazelwood, novembre 1991.

Amanda Heavrin a su qu’elle aimait les filles en première année de collège et a préféré garder la chose pour elle de peur d’être dénoncer à la direction de l’école où on ne badine pas avec les « comportement immoraux »

Elle a aimé une fille en secret, une blonde répondant au nom de Taylor, un nom unisexe pour une fille tellement féminine, quand cette dernière a découvert les intentions d’Amanda, elle a menacé de le dire à ses parents et à la direction.

À son entrée à Hazelwood Highschool, Amanda fait la rencontre de Melinda Loveless : grande, déterminée, sans scrupules, avec un caractère de charretier et une crinière de cheveux noirs bouclés qui lui mangent la moitié de son corps, c’est le coup de foudre instantané ! Avec elle, Amanda peut finalement vivre son idylle au grand jour car Melinda est une fille qui n’a pas froid aux yeux et qui a des idées arrêtées sur tout, alors qu’Amanda à plus tendance à temporiser et à raisonner. C’est peut-être cette grande différence qui a fini par les rapprocher.

Source : fox19

Mais ce qu’il l’a attiré chez elle le premier jour, est devenu au fil du temps un poids dérangeant, au point qu’elle commence même à l’éviter en se trouvant une excuse. Mais Melinda Loveless ne lâche pas facilement le morceau, fait des scènes de jalousie mémorables, abreuvant sa petite amie d’insultes et de reproches.

Et puis cette Shanda Sharer et son sourire d’ange est arrivée à Hazel, au moment où le couple formé par Amanda et Melinda battait déjà de l’aile.

Amanda est attirée par Shanda, elle essaye de lui parler, la regarde longuement quand elles se retrouvent dans les couloirs. Sortir avec cette fille à peine sortie de l’enfance lui apparait dès lors comme une épreuve insurmontable et tout aussi dangereuse que ses précédentes tentatives.

Jalouse et ne supportant l’idée d’avoir été larguée, Melinda Loveless, trouve l’occasion adéquate pour chahuter et harceler le couple formé par son ex et la nouvelle venue, la fille du Kentucky, cette petite paysanne aux collants Minnie Mouse et chandails colorés faits main. Elle commence à se moquer ouvertement de Shanda, la surnommant « ugly girl » (laideron) ou « Creepy clown »(clown effrayant).

Shanda a une dispute une fois avec un garçon de l’école, et Amanda qu’il l’a beaucoup ignoré ces derniers temps, trouve l’occasion idéale pour s’interposer et prendre sa défense, résultat, la direction de l’école leur colle une retenue d’une semaine à toutes les deux qui consiste à rester après les cours pour nettoyer les classes. Amanda jubile, elle va enfin se retrouver seule à seule avec celle qu’elle convoite.

Le premier jour de retenue, Shanda très fâchée par l’attitude de son amie ces derniers temps, fait mine de l’ignorer. Dans le collège vidé de ses élèves et du corps enseignant, leurs pas résonnent en écho dans les couloirs. Le lendemain, Amanda trouve la force nécessaire pour déclarer sa flamme à Shanda. Cette dernière éclate en sanglots, Amanda aussi et elles finissent par s’embrasser.

Loin de baisser la garde, Melinda apprend par une de ses camarades que les deux filles ont pris une retenue d’une semaine et que chaque soir, elles se retrouvent en tête à tête pour faire le ménage dans les salles.

Envahie par la jalousie, elle prend une décision : elle aussi aura droit à une retenue, elle ne va tout de même pas laisser « Ugly Girl » lui voler son amoureuse !

Pendant le cours de maths, Melinda jette un crayon au dos du professeur et est convoquée par la direction, au terme de laquelle elle ressort avec la retenue tant convoitée. Elle va leur gâcher la fête !

Le soir même à 17h00, Amanda et Shanda ouvrent de grands yeux en voyant arriver une Melinda Loveless souriante, prête à en découdre. Elle essaye tant bien que mal de s’incruster dans le duo, mettant mal à l’aise son ex, tentant d’amadouer Shanda (beaucoup plus jeune et inexpérimentée) en lui parlant gentiment. Le vendredi, la retenue touche à sa fin, Shanda et Amanda repartent ensemble laissant Melinda derrière bouillante de colère.

Les semaines qui suivent, le couple formé par Shanda et Amanda est au paroxysme de la romance écolière. Elles passent leur temps à s’écrire des petits mots, souvent avec des fautes d’orthographe, griffonnés dans une écriture presque enfantine avec des dates, des cœurs, des croquis, des promesses. Amanda semble prendre beaucoup d’ascendant sur sa jeune amie, elle la domine, Shanda en en totale extase.

Voici quelques extraits de leurs nombreux échanges épistolaires et qui laissent transparaitre la naïveté de leurs sentiments :

« Amanda dit : Shanda, je t’aime et toi, tu m’aimes ? Je te parle plus tard, je t’aime, chou !

Shanda dit : NB : Amanda, N’aie pas peur, je t’aime encore ! (cœur et smiley)

Amanda dit : Je t’aime, je t’aime, je t’aime ! Signé : Amanda Heavrin (1991, 1992, 1993 ? Y seras tu ? Toujours dans mon cœur…) <3

Cœur transpercé d’une flèche

S : Douce, hahaha

À : Tu es folle ! Hahaha »

En décembre 1991, peu avant les vacances de Noel, le couple assiste à un spectacle de danse scolaire. Assises main dans la main au premier rang, elles ne remarquent pas que derrière elles se trouve Melinda Loveless. En se retournant, Shanda croise le regard de sa « rivale », un regard noir, dur, plein de ressentiment, elle la fixe intensément, Shanda prend peur et presse la main d’Amanda qui l’interroge du regard en voyant sa mine déconfite.

« C’est encore elle ! Elle veut pas nous ficher la paix ! » Souffle elle.

À la sortie du spectacle, Melinda qui a été rejointe entretemps par trois de ses amies, commence à interpeller Amanda, d’abord doucement puis de plus en plus furieusement. Elle envoie ses trois sbires l’immobiliser dans un coin, tandis qu’elle pousse Shanda contre le mur et commence à la menacer. Bientôt, leurs cris rassemblent une bonne partie des élèves qui s’attroupent pour assister à la scène, certains garçons commencent à pousser des cris obscènes et à encourager Melinda pour initier une bagarre.

Melinda Loveless menace de frapper Shanda si jamais elle la croise en compagnie de son ex. Des « Hourra » accompagnent chacun de ses mots. Déboussolée et apeurée, Shanda essaye de s’extirper de la situation sans trop de dommages mais la belliqueuse et vindicative Melinda ne veut pas lui laisser la chance de s’échapper facilement. Elle la pousse jusqu’à un casier et lui dit les yeux dans les yeux :

–        Ecoutes, morveuse, ceci est mon dernier avertissement : Amanda et moi nous nous aimons et ce n’est pas une affreuse pisseuse comme toi qui viendra tout gâcher ! Compris ?

–        Ne l’écoute pas, Shanda, elle ment ! Lui crie Amanda d’une voix désespérée.

De gros sanglots commencent à monter dans la gorge de Shanda, luttant contre son orgueil et la furieuse envie de pleurer et de se donner en spectacle. En face d’elle, la bouche de Melinda s’étira d’un sourire mauvais où seules paraissent ses incisives. À cet instant, la voix du proviseur Di Maio se fait entendre :

–        Débarrassez moi le plancher tous, retournez dans vos classes, que ceux qui ont fini les cours rentrent chez eux, plus vite que cela ! Loveless, dans mon bureau !

L’altercation traumatise beaucoup Shanda qui part au Kentucky pour Noel. À son retour des vacances, elle apprend que sa mère l’a transférée dans un pensionnat catholique, « Our Lady of Perpetual Help » à New Albany, dans le but de la protéger des menaces de Melinda Loveless et l’éloigner de cette relation toxique et problématique avec cette Amanda Heavrin.

Shanda bien que très chagrinée à l’idée d’être éloignée de son amoureuse, obéit, craignant de faire de la peine à sa mère mais surtout à son père s’il venait à l’apprendre.

Pendant son absence, Amanda continue à lui écrire et à lui téléphoner une fois par semaine, puis un jour, une religieuse lui répond sèchement que Shanda ne veut plus entendre parler d’elle et qu’elle ferait mieux d’arrêter de la harceler au téléphone s’il elle ne veut pas avoir de problèmes avec la police.

C’est à cette époque que Melinda trouve la place vacante pour se rapprocher de son ex et la convaincre de se remettre avec elle. Amanda peut-être par dépit, se remet avec laquelle à contrecœur.

Pourtant, personne ne savait jusqu’à quel point pouvait aller Melinda, qui a vécue toute sa vie au sein d’un foyer extrêmement violent.

Elle est née le 28 octobre 1975 à New Albany, cadette de trois filles, ses parents sont Larry et Marjorie Loveless. Son père est un ancien vétéran de la guerre du Vietnam qui est revenu au bercail complètement détraqué ce qui ne l’a pas empêché pas de décrocher un haut poste dans la police locale. Son épouse et ses filles l’ont vu plusieurs fois déguisé en femme, portant du maquillage et de la lingerie et s’affichant ainsi accoutré, dans le salon familial.

Les parents de Melinda travaillent tous les deux, les revenus sont confortables et la famille vit dans une banlieue blanche de la classe moyenne aisée.

Larry Loveless est décrit comme un père irresponsable et un individu particulièrement déviant et violent, il ne donne pas un centime à sa femme et tout son argent part en armes à feu et dans les bars, c’est aussi un adepte de l’échangisme, pratique qu’il impose aussi à sa femme Marjorie, souvent contre son gré.

Au début des années 80, Marjorie Loveless fait plusieurs tentatives de suicides, parfois même en présence de ses filles, mais cela ne fait pas changer pour autant à son mari qui va même jusqu’à la « prêter » et la prostituer à des amis et collègues contre de l’argent et l’ascension professionnelle.

Dans ce chaos familial particulièrement malsain, les trois filles du couple sont souvent livrées à elles-mêmes, négligées par une mère démissionnaire et souvent déprimée. Des parents de leurs amies de l’école élémentaire, racontent comment Melinda et ses sœurs ainées ne changeaient pas souvent de vêtements, prenaient rarement un bain et étaient constamment affamées.

À la fin des années 80, Larry et Marjorie Loveless s’enrôlent pendant un temps dans une église baptiste à Louisville où respectivement lui devient prédicateur et conseiller matrimonial et elle infirmière dans l’école communale. Le couple sera chassé par la suite de cette même église car Larry est dénoncé par une paroissienne qui l’accuse d’avoir voulu la violer alors qu’elle est venue le consulter pour une affaire personnelle.

Larry Loveless pratique aussi le voyeurisme et dès que ses filles aînées entrent dans l’adolescence, il se met à les épier dans leurs chambres quand elles sont en train de se changer ou qu’elles sont avec des amis. Sa femme le surprend en train d’espionner ainsi Melinda en 1990 et l’attaque violemment avec un couteau. Le couple divorce quelques temps plus tard et Larry part s’installer en Floride avec un homme avec qui il s’est mis en couple. À partir de ce moment, ses filles n’auront plus jamais de ses nouvelles.

En 1990, juste après le départ de son père en Floride, Melinda rencontre Amanda Heavrin au lycée Hazelwood. Elles tombent amoureuses l’une de l’autre et commencent à sortir ensemble.

Melinda fait sont coming out en Mars 1991 alors qu’elle accompagne sa mère pour faire des achats, cette nouvelle met très en colère Marjorie Loveless mais elle finit tout de même par l’accepter.

Melinda est décrite comme une élève chahuteuse et dissipée qui aime provoquer les bagarres. Grande, brune, elle tire une grande fierté de sa crinière de cheveux bouclés qu’elle laisse toujours relâchés dans le dos.

Hormis Amanda, elle est amie avec trois autres filles issues elles aussi de foyers éclatés avec des parents psychologiquement atteints.

Je pense que le moment est venu de les présenter car elles vont jouer un rôle crucial dans la suite des événements à venir :

Nous avons d’abord Laurie Tackett. Grande, mince, le visage pâle, les traits fins et les cheveux courts blond platine coiffés à la mode du début des années 90, Mary Laurine Tackett est née à Madison en Indiana le 5 octobre 1974. Sa mère est une adepte de l’église pentecôtiste et son père travaille dans une usine et a un casier judiciaire chargé dont deux condamnations pour crime au début des années 60.

Pendant son enfance, Laurie est agressée sexuellement par un voisin puis par son père. Sa mère, souvent prise dans des délires spirituels, lui interdit tout, jusqu’à porter des jeans, elle tente même de l’étrangler une fois à cause de cela. Les assistances sociales retirent Laurie plusieurs fois à ses parents pour la placer dans des foyers d’accueil et cela dure de ses douze à quinze ans, l’âge pendant lequel elle revient s’installer dans la maison familiale.

Adolescente fragile, rebelle, revancharde, indisciplinée et bagarreuse, elle est en perpétuel conflit avec sa mère qu’elle déteste.

À côté de cela, Laurie est fascinée par l’occultisme et est une adepte des planches Ouija, elle se vante parfois à ses amis d’être possédée par l’esprit d’une femme vampire ayant vécu en Bulgarie au 17ème siècle. Elle s’automutile régulièrement aussi. En 1989, Laurie qui est lesbienne, se met en couple avec une fille de son lycée et toutes les deux commencent à sortir régulièrement, trafiquant des cartes d’identité pour pouvoir s’acheter de l’alcool. Laurie se met aussi à voler dans les étalages, tout ce qu’il lui tombe sous la main : cigarettes, gâteaux, tampons, shampoing, brosse à dents…

Tout au long de son adolescence, elle passe des séjours plus au moins rapprochés dans des instituts psychiatriques à cause de ses problèmes d’automutilation. Elle est d’ailleurs diagnostiquée de trouble de la personnalité multiple et prend plusieurs traitements contre la dépression.

Elle abandonne l’école secondaire en septembre 1991, quitte ses parents et va s’installer chez des amis chez qui elle vit périodiquement. C’est à cette époque qu’elle fait la connaissance de Melinda Loveless et les deux deviennent rapidement amies.

Nous avons ensuite, Hope Rippey. Elle est née à Madison le 9 juin 1976. Ses parents divorcent en 1984 et elle part vivre avec sa mère dans le Michigan. Hope se lie d’amitié avec Laurie Tackett pendant leur enfance, cette dernière l’aurait d’ailleurs même initié à l’automutilation.

Toni Lawrence, elle, est née le 14 février 1976 dans une famille ouvrière, elle passe son enfance à Madison. Maltraitée et peut-être violée par son frère aîné alors qu’elle a huit ans, puis par un adolescent du quartier (aucun des deux ne sera jamais poursuivi pour ce délit), c’est une jeune fille tourmentée et une adepte de l’automutilation. Elle est l’amie d’enfance de Hope Rippey et de Laurie Tackett.

Melinda Loveless exerce une grande influence sur le quatuor et très vite elle en devient la meneuse, les trois autres se contentant d’agir en qualité d’exécutantes.

Début Janvier 1992, Melinda Loveless apprend que Shanda est rentré chez sa mère. Elle va jusqu’à espionner ses va et vient, tremblant à l’idée de la voir en compagnie d’Amanda. Mais il n’en rien. La vue de cette presque enfant parader sur son vélo avec sa coiffure au carré gonflée de laque l’a met hors d’elle, son sourire franc l’exaspère plus que jamais,

Il lui faut flanquer une bonne correction, sinon je l’aurais toujours dans mes pattes cette saloperie de gamine ! Rumine Melinda, cachée derrière le volant de sa voiture stationnée face à la maison des Sharer.

Depuis le début, Shanda ignorait qu’elle allait se trouver mêlée dans une espèce de triangle amoureux destructeur, elle a peut-être minimisé les menaces de Melinda, son tempérament optimiste a fini par prendre le dessus et elle a préféré oublier l’incident. À présent, même si sa séparation forcée avec Amanda continue de la faire souffrir, elle ne veut plus en entendre parler, de peur du faire du mal à sa mère et lui créer davantage de problèmes, elle prend aussi conscience qu’elle risque de perdre tout contact avec son père s’il découvre son idylle, lui un fervent catholique.

Le 10 janvier 1992, un froid glacial s’abat sur New Alabany, l’éphéméride prévoit même des chutes de neige en début de soirée. Stephen Sharer a fait le déplacement jusqu’en Indiana pour voir sa fille. Il a loué un petit bungalow près de la Rivière Ohio et lui parle du programme pour la soirée : marshmallows grillés au coin du feu, chocolat chaud et un film d’épouvante pour le côté frissons : Poltergeist.

Stephen vient récupérer sa fille et ensemble, ils prennent la route jusqu’au bungalow. Un vent glacial commence à souffler et des morceaux de verglas ont d’ores et déjà figé une bonne partie du fleuve. Autour de Shanda, l’étendue de la forêt aux arbres noirs et nus est fascinante. Elle souffle sur ses doigts engourdis et rouges et les fourrent dans les poches de son anorak rose fluo.

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Source : newsandtribune

Son père qui est entrain de décharger des courses du coffre, lui dit de le précédé pour ne pas rester dehors dans le froid. Le bungalow est charmant, construit en bois et très confortable. Shanda remarque qu’un feu de cheminée flambe et crépite déjà au fond de la pièce principale. Quand son Stephen Sharer referme la porte, sa fille lui saute au cou pour l’embrasser et le remercier.

Le soir tombe, apportant avec lui les premiers flocons de neige annoncés précédemment par le bulletin météo.

–        Mel, ça caille fort dans ta caisse, j’ai les fesses toutes gelées !

–        Ta gueule ! Le chauffage est en panne !

–        Combien de temps on va encore rester ici à attendre ?

–        Le temps qu’il faudra !

Melinda Loveless s’est garé à quelques mètres du bungalow. Sur le siège passager, Hope Rippey est en train de tirer sur un pétard en ricanant, sur le siège arrière, Laurie Tackett qui se plaint du froid commence à s’énerver, seule Toni Lawrence la met en veilleuse et se contente de souffler sur la fenêtre gelée de la voiture pour pouvoir y dessiner un cœur brisé en morceaux (elle vient de rompre avec sa petite amie du moment).

La veille, Melinda a réuni les trois autres filles pour une « mission de la plus haute importance » qui consiste à aller chez Shanda Sharer et lui faire peur, histoire de la faire fuir comme la fois précédente. Les questions ont fusé : et si jamais l’un de ses parents intervient et appelle la police, on fera quoi ? Idiote, j’ai préparé mon plan, il va falloir le suivre à la lettre, faites-moi confiance !

Toc, toc !

Stephen Sharer sommeille dans le canapé, finalement Shanda ne voulait pas voir Poltergeist et ils ont opté pour un Disney.

–        J’y vais ! Claironne-elle.

Devant l’embrasure de la porte, elle voit Laurie Tackett et sa tête en forme d’œuf noyée sous un nuage de frange blonde peroxydée. Plus en bas de l’escalier, elle aperçoit les deux autres filles du groupe de Melinda, Toni et Hope, qu’elle déteste tout autant qu’elle a toujours détesté Melinda Loveless.

–        Qu’est-ce que tu veux, Laurie ? Comment tu as su que j’étais ici ?

–        Oh ça va, on t’as jamais appris à dire bonsoir ?

–        BONSOIR ? Se moque Shanda en s’efforçant de baisser la voix pour ne pas alerter son père.

–        Shanda ? Tu parles à qui ? Demanda la voix de Stephen Sharer de l’intérieur.

–        Rien, papa, des amies de passage…

–        Invite-les donc à rentrer alors !

–        Elles vont partir !

Mais Laurie semble ne pas vouloir bouger, Shanda ne baisse par la garde, d’autant plus qu’en bas, les deux autres, transies de froids, continuent d’observer le silence et jeter des regards en biais d’une manière étrange alors que d’habitude elles pérorent à haute voix dans le couloirs de l’école. Pour Shanda, elles sont à elles trois le symbole vivant des white trash (cassos aux USA).

–        Je suis venue de la part d’Amanda, dit Laurie d’un air mielleux.

Amanda ! Shanda rougit malgré elle ce qui fait pouffer de rire la blonde.

–        C’est beau l’amour, hein et quelque chose me dis que ton papounet ne le sait pas ? Eh bien figure toi qu’elle veut te voir et parce qu’elle est un peu malade et qu’elle n’a pas pu venir en voiture jusqu’ici, elle m’a demandé de le faire à sa place, je suis le chauffeur de mademoiselle pour la soirée !

–        Je ne te crois pas une seconde ! Dit Shanda sur la défensive.

Laurie ouvre grand la bouche et les yeux, simulant l’étonnement. Pour crédibiliser sa requête, elle lui sort une photo d’Amanda dédicacée pour elle « Je veux te revoir Shanda, tu me manques tellement ! »

Hésitant entre la pulsion de courir chez sa petite amie et l’initiative moins attrayante d’être accompagnée en voiture par cette bande de filles vulgaires et dégénérées, Shanda fini tout de même par prendre une décision. Elle leur demande de revenir un plus tard dans la soirée, quand son père sera complétement endormi. C’est entendu. Les filles reviennent dans la voiture où entretemps Melinda est passée derrière pour se cacher sous une grosse couverture.

Vers 23h00, Shanda, chaudement habillée, ferme doucement la porte du bungalow et descend à pas de loup les escaliers, heureusement que la neige absorbe le bruit de ses pas.

Au volant de la voiture, elle trouve Laurie Tackett qui lui envoie un clin d’œil entendu. Shanda monte sur le siège arrière à côté de Toni Lawrence qui détourne la tête pour éviter son regard. Elle n’a pas remarqué la grosse couverture posée à l’arrière où des sièges ont été rabattus. Le rendez-vous, comme l’annonce Laurie d’une voix aigue, est fixé au « château de la sorcière » où Amanda les attend déjà.

Le Château de la Sorcière est au fait une sorte de vieille maison abandonnée qui sert habituellement de refuge de fortune pour les jeunes du coin en quête d’intimité ou pour les toxicomanes qui viennent s’y shooter. À cause de la quantité de seringues usagées qui se trouvent là-bas, la maison est aussi surnommée parfois « The Shot » par les usagers.

Le trajet jusqu’au taudis se passe dans un silence lourd et malfaisant. Laurie allume un moment la radio puis l’éteint. Soudain, bondissant de sa cachette, la main armée d’un énorme couteau de boucher, Melinda Loveless immobilise Shanda par derrière, lui plaçant la lame sous la gorge. Terrorisée et prise au dépourvu, la pauvre fille se met à hurler, Melinda resserre son implacable étreinte :

–        Si tu cries encore une fois ou fait le moindre mouvement, je te saigne, compris ?

À ce stade des événements, Shanda comprend enfin qu’il n’a jamais été question de l’emmener voir sa petite amie mais plutôt de lui dresser un guet-apens. Incapable d’ouvrir la bouche, ayant du mal à respirer, elle donne libre cours à ses larmes et à un moment donné, elle se pisse même dessus, ce qui lui vaut une flopée d’insultes de la part des autres filles : dégeulasse, tu pues, idiote !

Le cauchemar commence.

Le quatuor traine Shanda à l’intérieur, tout en la frappant dans les côtes et lui donnant des gifles. Laurie Tacket lui mord le bras jusqu’au sang.

La maison étant éloignée de tout, il était peu probable que quelqu’un puisse les entendre.

Pendant huit heures d’affilée, Melinda Loveless, Laurie Tackett et Hope Rippey, agressent sexuellement et battent Shanda. Seule Toni Lawrence reste en retrait, préférant ne pas participer à cette horreur.

À ce stade de torture, Shanda qui n’est pas encore morte mais qui n’a plus la force nécessaire de repousser ses agresseuses, s’abandonne à leurs pulsions mortelles. Tour à tour, les trois filles lui cassent des bouteilles en verre sur le crâne, lui brulent les jambes avec des cigarettes et lui aspergent l’intérieur de la bouche avec du produit pour vitres. Au bout de huit heures de torture, elle est encore vivante, ce qui rend Melinda folle de fureur, alors elle se met à lui donner des coups de pieds de plus en plus fort sur le sommet du crâne, le sang gicle, elle éclate de rire.

Par la suite, le quatuor de criminelles trainent le corps inanimé et sanguinolent de Shanda jusqu’au coffre de la voiture où là encore, Melinda tente de l’égorger avec le couteau qu’elle a ramené, mais il se trouve que ce dernier est émoussé, alors elle se mettent à la poignarder sur la poitrine et sur les cuisses. Elle ferme par la suite le coffre, monte dans la voiture et file dans la maison de Laurie Tackett où toutes les quatre, elles se changent et boivent des sodas.

Seule dans le coffre, Shanda qui lutte entre la vie et la mort, trouve assez de force pour se mettre à crier, espérant ainsi alerter un passant potentiel qui passerait par là.

Les filles reviennent quelques instants plus tard, mais cette fois-ci seulement Melinda et Laurie. Elle prennent la route d’un bois éloigné, sortent le corps de Shanda qu’elles poignardent encore avant de la sodomiser à tour de rôle à l’aide d’un démonte-pneu. Au petit matin, elles se rendent dans un autre bois où elles abandonnent finalement le cadavre de Shanda, enveloppé dans une couverture. Les derniers mots qu’elle a prononcé ont étaient « Maman ».

Mais ce n’est pas fini, les deux criminelles aspergent le cadavre d’essence et allument le feu avant de quitter les lieux pour ne pas être surprises par des chasseurs ou des fermiers.

Le lendemain, Melinda et Laurie reviennent encore pour vérifier si le feu a bien pris en intégralité, elles remarquent que non, alors elles répètent le processus, versent de l’essence sur le cadavre déjà calciné et y jettent une allumette.

Mais outre l’horreur des faits, l’autre fait le plus troublant est que les quatre filles se sont donnés rendez-vous au MacDonald pour prendre le petit-déjeuner ensemble juste après avoir brûlé le cadavre de Shanda. Elles poussent le sordide jusqu’à comparer leur repas composé de bacon et de saucisses avec le corps de la victime.

Dans l’après-midi, Melinda Loveless appelle Amanda Heavrin pour se vanter de son crime mais Amanda ne la croit pas, elle pense qu’il s’agit d’une des mauvaises blagues dont Melinda avait le secret.

Quelques jours plus tard, le corps entièrement carbonisé de la pauvre Shanda est retrouvé par Don Foley, un chasseur de Louisville. Il alerte les autorités. Les policiers les plus chevronnés auront du mal à visionner le corps : le visage a été entièrement brûlé et est méconnaissable, il y a une flaque de sang séché sous le crâne. D’autres éléments montrent que la position du corps suggère que la victime a été violée, mais ses mains brûlées empêchent de prendre ses empreintes digitales, seule indice restant, une bague qui a supporté le feu et où il est écrit « Hazelwood High School ».

Toni Lawrence qui avait refusé de participer au massacre de Shanda Sharer, fini par aller d’elle-même au poste de police et tout avouer. Dans la soirée, c’est au tour de Hope Rippey d’aller se dénoncer et tout raconter au shérif.

Le 14 janvier 1992, les quatre meurtrières sont toutes arrêtées et menottées et l’enquête policière commence.

Pendant leur procès, l’Etat de l’Indiana a fait part de la décision de les juger qu’une fois l’âge de la majorité atteint. Toutes les quatre ont également accepté une négociation du plaidoyer de l’Etat pour éviter la peine de mort. Le plus choquant reste peut-être leurs photos durant leur interpellation, où Melinda Loveless et Toni Lawrence apparaissent tous sourires devant l’objectif. Glaçant !

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Source : allthatsinteresting

Toni Lawrence et Hope Rippey, considérées comme moins impliquées que les deux autres dans le meurtre, écopent chacune d’une peine de vingt et cinquante ans de réclusion criminelle. À l’heure actuelle, elles ont étaient relâchées.

Melinda Loveless et Laurie Tackett ont de leur côté écopé d’une peine de soixante ans de réclusion criminelle. Laurie Tackett a été libérée en 2015.

En 2003, elle est apparue dans l’émission à succès, Dr.Phil pour parler des circonstances du crime. À Jacqueline la maman de Shanda, présente sur le plateau, elle a dit depuis l’écran principal « Aujourd’hui je regrette mes actions et toute la peine que je vous ai infligé, je vous prie, pardonnez-moi… ». Jacqueline Sharer s’est contenté de baisser la tête et n’a pas répondu.

En 2015, l’Etat de l’Indiana a tenté de réhabiliter Melinda Loveless au vue d’une potentielle libération conditionnelle. Celle qui purge sa peine à l’Indiana Women’s Prison depuis 1993, a été chargée par le programme Indiana Canine Assistant Network, d’entrainer des petits chiots en vue d’en faire des assistants pour des patients atteints de cécité et d’épilepsie.

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Source : wdrb

En septembre 2019, Melinda Loveless alors âgée de quarante-trois ans, a été remise en liberté. Elle aura passé en tout vingt-six ans derrière les barreaux.

Stephen Sharer, le père adoré de Shanda, est décédé à l’âge de cinquante-trois suite à des problèmes d’alcoolisme étroitement liés avec le meurtre sordide de sa fille qu’il n’a jamais pu supporter. Après l’enquête, Amanda Heavrin a dû quitter l’Indiana et changer de nom. Il n’y a pas d’informations sur elle aujourd’hui.

L’affaire qui a beaucoup choqué aux Etats-Unis a déclenché une tôlée médiatique sans précédent. L’auteure Aphrodite Jones en a tiré un livre « Crual Sacrifice » sorti en 1994.

Le meurtre de Shanda Sharer a aussi mis à nu les défaillances de tout le système social et éducatif Américain, à sa tête, la banalisation des armes à feu et la violence domestique souvent minimisée et rarement dénoncée.

Un affaire similaire où des enfants sont impliqués a eu lieu en 1990 à Liverpool en Angleterre lorsque le petit James Bugler, âgé d’à peine quatre ans a été kidnappé par deux autres petits garçons de dix ans, Robert Thompson et Jon Venables qui l’ont torturé et tué sauvagement puis abandonné sur une ligne de chemin de fer. Ils ont étaient libérés à leur majorité et ont changé d’identité pour fuir le vindicative populaire en Angleterre où l’affaire a beaucoup bouleversé les gens. Les raisons derrière leur crime n’ont jamais pu être clairement établies.

Shanda Sharer une jeune pré-adolescente de douze ans, pétillante, gentille et insouciante attire l’attention de tout le monde, des garçons comme des filles, dans son école. Entraînée malgré elle dans un malsain triangle amoureux lesbien, la jeune Shanda ignore tout du plan sordide et machiavélique qui est en train de se tramer derrière son dos, un plan qui sera d’ailleurs mis à exécution avec une rare cruauté. Dans un climat rythmé par la jalousie meurtrière et la rivalité amoureuse entre filles adolescentes, l’issue sera fatale.

 

Les sources :


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