L’histoire vraie du monstre de Fouke

Depuis 4 moisCriminologie

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Entre 1971 et 1974 dans une petite bourgade rurale de l’Arkansas , les habitants vivent sous la menace d’une étrange bête  aperçue plus d’une fois en train de roder dans les environs des fermes et des ranchs.

A quoi ressemble-t-elle ? Grand mystère ! Certains la décrivent comme une créature sauvage à cheveux oranges, d’autres comme un grand singe bipède noir aux yeux rouges et à l’odeur pestilentielle , d’autres plutôt comme un homme sauvage et difforme , vivant probablement dans les marais avoisinantes et sortant la nuit pour chasser.

Dans le village de Fouke où ont lieu l’essentiel de ces manifestations, il n y a pas une seule famille qu’il n’a pas son propre témoignage sur le sujet !

Malgré les battus, les recherches, les prélèvements d’empreintes et de poils , les autorités locales ne trouvent rien : la bête demeure insaisissable et toujours aussi menaçante ! La légende de The Boggy Creek Monster ou plus communément Monstre de Fouke est née !

Mais qu’en est-il vraiment ? Où réside la réalité de la fiction ? S’agit-il vraiment d’une ancienne race primate non identifiée , une sorte de yeti vivant caché dans les bayous du sud des États-Unis ou carrément une psychose hallucinatoire et collective ?

C’est ce que je vous propose de découvrir avec moi à travers notre affaire d’aujourd’hui.

En quittant la ville de Little Rock , l’épicentre de l’Etat de l’Arkansas , il faut environ trois heures pour arriver dans la petit village de Fouke , à cheval entre les Etats de de la Louisiane et du Texas.

Source : bigfooteruption

A l’entrée de la ville , une bannière en granit proclame « Bienvenue à Fouke , une communauté de la foi , de l’amitié et de la famille, fondée en 1890 » , hippies et autres marginaux , passez votre chemin !

Au début des années soixante, la petite bourgade ne compte que 390 habitants , tous fermiers , agriculteurs , éleveurs ou négociants en matériel agricole. D’ailleurs, l’essentiel de l’économie de la région dépend en grande partie de l’agriculture et de l’élevage.

Faire le tour de toute cette petite ville ne nécessite qu’une demi-heure , tant il n’y s’y passe pas grand-chose. Ici et là , quelques maisons construites en bois , une église , des pick-up poussiéreux  , des tracteurs , quelques magasins , trois ou quatre stations-service ainsi que deux cafés où se rencontrent les voisins éloignés qu’ils n’ont pas le temps de se voir comme ils le voudraient.

La dernière vente de tel ou tel cheptel , de tel ou tel cheval , de tel ou tel tracteur constituent l’essentiel des discussions de ces fermiers aguerris et attachés à leur terre et à leur région dont ils tirent un grand orgueil.

Quand elle ne travaille pas à la ferme ou à la forge , l’essentielle de la gente masculine (tous âges confondus), pratique la pêche et la chasse , ses deux passe-temps favoris. Ici , on apprend à manier , à charger et à tirer au fusil très tôt, dans le pur instinct de survie hérité des aïeux en guerre avec les autochtones.

Du côté des femmes , les rôles sont aussi très bien délimités : elles font les courses, cuisinent , s’occupent des enfants, fréquentent le club de bridge le samedi soir et vont au service religieux le dimanche.

La communauté de Fouke (à l’instar des autres bourgades du sud des États-Unis à cette époque) gravite autour de l’église méthodiste protestante et la foi occupe le devant de la scène. Des valeurs telles que le travail, l’entraide , la pudeur et le respect mutuel entre voisins est de mise sinon souhaitable. Ici , on est fermier de père en fils, on hérite d’un lopin de terre ou deux, on le travaille, on économise pour acheter son premier tracteur, évitant les dettes et les grandes dépenses matérielles trop futiles pour les gens du terroir qu’ils sont.

L’unique bureau du shérif , seule figure d’autorité locale , est installé à Texarkana , et sert à la fois de siège administratif, pénal et civil.

Mais le comté ne se limite pas uniquement à cela. Il faut plutôt  descendre du côté des basses terres , les célèbres Bottomland ou tout simplement « Bottom » pour voir de ces propres yeux tout le relief naturel que la région a à offrir.

Loin du centre du village et de son animation quotidienne, on se retrouve ici dans un tout autre décor : des terres vaseuses à moitié englouties sous les eaux, des saules-pleureurs , des branchages déployés , une faune active qui nage , chasse , construit des tunnels , des airs de jungle tropicale humide , sombre , infinie, solitaire : c’est le Bayou, que beaucoup de chanteurs Country ont cité nostalgiquement dans leurs chansons.

Mais nous nous arrêtons pas en si bon chemin , car au-delà de ce bayou , subsiste l’un des endroits les plus terrifiants, les plus isolés et les plus mystérieux de tout l’Arkansas : Boggy Creek.

Boggy Creek , c’est cent soixante-quinze  kilomètres d’étendu d’eau d’une profondeur de cent-vingt mètres qui serpente la région, où vivent castors , serpents , alligators , truites, poissons-chats, rongeurs et oiseaux. Dans cette étendue vaseuse et sauvage, seuls les chasseurs et les trappeurs les plus intrépides, arrivent à se frayer un chemin à bord de leurs barques sans se perdre en cours de route.

Mais dès que le soleil se couche , les braves chasseurs se dépêchent de rebrousser chemin et rentrer chez eux , les petites créatures de Boggy Creek , tellement actives pendant la journée, se hâtent de regagner leurs tanières et leurs tunnels souterrains. Tous flairent quelque chose , une présence , une odeur , un cri.

Ce cri , tous le redoutent car il ne ressemble à aucun autre, et les hommes qui ont eu le malheur de l’entendre une fois dans leur vie , disent avoir été paralysés de terreur au point qu’ils leur arrivent de l’entendre encore de loin, bien distinct, mélange de râle aigue, de plainte et de grognement féroce.

Si on pose la question aux employés de la station-service de Fouke , tous vous diront :  «  Oh ! Il parait qu’il y a eu des attaques du côté des Bottomland dans les années quarante ! C’est pour ça que même les femmes savent tirer au fusil ! Faut bien se défendre ! »

Mais le sujet reste tabou et les plus vieux habitants du village préfèrent changer de sujet à l’évocation de « la bête » comme s’ils craignaient que le seul fait de l’évoquer suffise à la faire surgir de ses marées et déchainer sa colère.

Source : aymag

Il faut avouer que le coucher de soleil dans ce pays est en lui-même effrayant et quasi-apocalyptique tellement tout semble être incendié par les derniers rayons, cela est donc tout à fait évident qu’une créature monstrueuse ne songe à sortir qu’à ce moment de la journée.

Mais pas que , certains l’ont vu en plein jour comme l’atteste Fred Crabtree , le propriétaire de la forge : «  En le voyant pour la première fois surgir de derrière un rocher , j’ai cru qu’il s’agissait de quelque homme sauvage ! »

Bien avant lui, son oncle James , avait fait la même rencontre fatidique alors qu’il chassait : « C’est en allant déposer des pièges à lapins lors d’une chaude journée de printemps que je l’ai vu…Il était à environ deux cent mètres de moi , il restait là figé, me fixant du regard, il avait un pelage noir et ressemblait à un grand singe bipède, avec des bras démesurés qu’il balançait . Lentement ,  j’ai pointé mon fusil sur lui et il a fini par rebrousser chemin et disparaitre dans les bois. »

Il semblerait que la bête aurait suivi James Crabtree tout le long du chemin et l’a observé pendant qu’il posait ses pièges.

Fred et James Crabtree n’ont jamais voulu partager leur expérience avec les autres habitants du village de peur d’être raillés, persuadés que personne ne les croiraient.

Déjà dans le Memphis Enquirer datant du 2 juillet 1851, il est fait allusion à une créature similaire rodant dans les bois à côtés des fermes , décrite comme étant plutôt timide et craintive des Hommes.

Entre les années 30 et 50, plusieurs témoins ont raconté avoir vu la bête parcourir les pâturages , s’attaquer aux troupeaux quand elle avait faim et s’introduisant de nuit dans les poulaillers. A cette époque , elle est surnommée « Le monstre de Jonesville » en référence à la petite communauté rurale où sa trace a été répertoriée pour la toute première fois .

Durant leur enfance , les Crabtree ont longtemps entendu colporter ces histoires et certaines mères les utilisaient aussi pour inciter les enfants à aller dormir.

Et pourtant, quelques mois plus tard , l’expérience se renouvelle.

Alors que le printemps s’est bien installé , un autre voisin, John P.Hixon, propriétaire de Apache Ranch, se retrouve lui aussi nez-à-nez avec la bête. Il raconte : «  Ce matin-là, je devais partir en ville pour affaire , alors que je m’apprêtais à monter dans mon pick-up , je l’ai vu, debout derrière mes clôtures !  Il portait sa main droite sous son aisselle pour se gratter…J’ai crié à ma femme de ne pas sortir puis j’ai pris mon fusil et j’ai tiré un grand coup en l’air , ça l’a surement dissuader de s’approcher davantage , car il s’est enfui en courant ! »

Durant les nuits suivant cette « première visite » , les Hixon diront avoir entendu le bruit de pas lourds sur le porche de leur maison ainsi que des grognements. Un soir, deux de leurs chiens ont aboyé à la mort jusqu’au petit matin , contraignant Mr.Hixon à sortir pour faire plusieurs aller-retour dans le jardin , armé de son fusil et d’une lampe-torche , en vain. Seul un vase a été renversé et ne sera retrouvé que le lendemain dans l’après-midi, fracassé par terre.

Car pour l’instant à Fouke , la rumeur ne s’est pas propagé encore, et ceux qui ont vu ou assisté à quelque manifestation effrayante ne le crient pas encore sur tous les toits , convaincus que personne ne le croiraient même avec preuves à l’appui , la police elle-même ne bougerait pas dans un cas pareil , car pour elle , ces fermiers seraient capables de confondre les ours bruns , présents dans les bois environnants avec quelque créature sortit tout droit de la préhistoire.

Source : thv11

Pourtant à la fin de l’été 1971, la mystérieuse créature bipède fait son retour. Il semblerait que le manque de réactivité de la population à son égard , l’a en quelque sorte encouragé à s’aventurer un peu plus du côté des ranchs les plus isolés dans les Bottomland.

John W.Oates, jeune négociant en matériel agricole , raconte comment lors d’une chaude matinée d’aout , il a découvert que le terrain qui jouxte sa maison a été partiellement vandalisé pendant la nuit : «  J’avais installé des fils barbelés autour d’un lopin de terre de ma propriété , mais le lendemain matin , j’ai trouvé les fils arrachés , il y avait des traces de pas que je ne pouvais pas identifier , ça ressemblait à une grosse empreinte de patte , et il restait une odeur épouvantable que je serai incapable de vous décrire… »

Même écho chez son beau-frère, Willie E.Smith , habitant une petit ferme à quelques kilomètres de là, des fils barbelés que John lui-même l’avait aidé à installer, ont étaient tous arrachés en l’espace d’une nuit :

« Certains parlent d’attaques nocturnes d’ours bruns , mais à votre avis que ferait un ours de fils barbelés , à quoi cela pourrait bien lui servir ? » Dit John Oates.

Doucement mais sûrement, ces manifestations étranges commencent à devenir une évidence et dans le village, on ne parle plus que de cela. Les autorités qui ont préféré se tenir à l’écart de l’affaire depuis le tout début , finissent par demander aux quelques témoins oculaires de leur faire des croquis , afin de mettre aux clair les choses et tenter de calmer les esprits.

Munis de crayons , tous les fermiers cités auparavant , commencent à faire des dessins plus au moins ressemblants de ce qu’ils ont vu , le résultat bien que peu convaincant , converge plus au moins vers quelque chose de commun : une gueule de primate sombre , des yeux enfoncés , un nez proéminent , une grosse mâchoire tombante, de longs poils, des bras démesurément longs , des jambes arquées, certains ont ajouté des canines , tandis que d’autre ont indiqué « red » « rouge » sur les poils pour faire comprendre qu’ils n’étaient pas noirs mais bien d’un rouge virant sur du roux. Pour les mensurations, on estime qu’il mesurerait environ deux mètres et pèserait deux cents kilos.

Seuls les Crabtree se tiendront à l’écart de cette mascarade de portrait-robot réalisés à la sauvette sur le comptoir de la cafétéria du village.

L’enquête de la police n’ira pas plus loin et les croquis seront perdus les jours suivants par manque de vigilance ou tout simplement jetés à la poubelle par l’adjoint du shérif qui a jugé la chose trop farfelue pour faire l’objet d’une véritable investigation.

Durant tout le mois de septembre 1971, la petite bourgade de Fouke connait une trêve et des histoires avec la mystérieuse bête comme protagoniste ne font plus l’objet des cancans quotidiens, même le shérif considère l’affaire comme désormais reléguée aux oubliettes , d’ailleurs il n’a même pas pris le temps d’en aviser ses supérieurs à Texarkana , tant il redoutait leurs reproches.

Travis Crabtree , adolescent de quatorze ans à cette époque , aime faire du canoë dans les bayous de Boggy Creek. Sorte de Tom Sawyer débrouillard et intrépide, déscolarisé, sachant tiré au fusil et pêcher des poisson-chat à la pèle , Travis connait la région comme sa poche  pour y avoir passé toute son enfance en compagnie de son père et de son grand-oncle, qui lui ont appris tout ce qu’ils savaient.

Comme la plupart des villageois, le jeune Travis est à la fois terrifié et subjugué par la créature bipède cachée quelque part , alors il commence à employer tout son temps libre à la chercher, aussi bien dans le bayou que dans l’étendue d’eau de Boggy Creek, ne rentrant souvent qu’à la nuit tombée , bredouille et le fusil encore chargé balancé sur son épaule frêle.

Smokey Jo Turner , sorte d’ermite local vivant à l’autre bout des bois depuis des années , confie un jour au jeune Travis (qui vient parfois lui rendre visite pour lui ramener quelques vivres et des cigarettes), qu’il n’y a jamais eu aucun monstre du genre Bigfoot marchant sur ses pattes arrières dans le coin , que cela tient plus du fantastique et de l’imagination un peu trop exacerbée de ces fermiers .

En  finissant de rouler sa cigarette du bout de son ongle long , Smokey Jo dit à l’adolescent «  Depuis des années que je vis tout seul dans cette foret , dormi plus d’une fois à la belle étoile , jamais je n’ai vu de monstre dans les parages, jamais je ne me suis fait attaqué dans mon sommeil ! »

En remontant dans son petit canoë et en agitant son chapeau pour dire au revoir à son vieil ami, Travis Crabtree rentre chez son père , beaucoup plus en proie au doute qu’il ne l’était en allant voir Smokey Jo. A présent , qui croire , l’ermite des bois ou les gens sensés du village ?

Nous sommes au printemps 1972 dans un petit bois des Bottomland , traversé par Boggy Creek. C’est ici que vit la famille Searcy. Leur petite exploitation agricole  d’allure modeste et quelque peu délabrée , tient à peine debout sur des pilotis. Les Searcy font partie de cette fraction non négligeable de fermiers Américains qui ont collectionné les périodes de vache-maigre et ce malgré le boom économique d’après-guerre.

La maison des Searcy est située à l’embouchure d’un bois, ce qui l’isole du reste des habitations. Sur le terrain qui la jouxte, il y a un moulin à eau , un puits , des débris de vélos et d’outillages , le tout  entouré d’une clôture brimbalante et pas assez solide. Une tornade , un ouragan , une forte tempête , et la maison pourrait complétement tomber en miettes.

Mary Beth Searcy, la cadette de la famille, est une jeune adolescente de quinze ans venue passer ses vacances en compagnie de sa famille. Bientôt, elle va devoir retourner en pension à Texarkana où elle poursuit ses études secondaires dans un lycée pour filles. Elle a hâte de retourner voir ses amies , aller au café boire des milkshakes et manger des cookies et surtout , aller essayer les rouges à lèvres des présentoirs de la pharmacie de Madame Guilbert. D’ailleurs, cette dernière ne les grondent jamais, même si elles prennent toujours les choses qu’à l’essai, à cause de leur budget limité.

La vie modestement rurale que mène les parents de Mary-Beth ne lui convient plus et elle se demande encore comment elle a bien pu tenir tout ce temps sans chercher à fumer une cigarette en cachette à l’arrière de la maison, il faut dire sa mère peut à tout moment la surprendre et la sermonner sur le sujet.

Ce qui dérange surtout l’adolescente dans la ferme familiale , c’est le manque flagrant d’intimité et le confort spartiate et d’un autre âge qu’il lui est imposé. Ici pas de ligne téléphonique, pas d’eau courante, pas de radiateurs , pas assez d’espace pour avoir sa propre chambre. La promiscuité inculque d’ailleurs très vite des règles de vie : ne jamais rester en petite tenue dans la maison quelqu’un  pourrait te voir, ne jamais s’attarder aux toilettes, ne jamais abuser de tel ou tel produit il n’en restera pas pour les autres , ne jamais laisser trainer ses affaires personnelles à savoir petites culottes et produits féminins …Etc.

Comme s’ils n’étaient pas assez nombreux comme ça, il a fallu que sa sœur Sue débarque du Missouri avec son nouveau-né pour passer des vacances. Si on peut appeler cela des vacances ! Soupire Mary-Beth , exaspérée de devoir dormir sur le canapé du salon et laisser son lit à l’invitée.

En cette journée de mars 1972, Le père de famille qui travaille comme commis dans entreprise d’engins agricoles , est en déplacement professionnel à Texarkana et l’un des frères passe la nuit chez des amis. Mary Bath, sa mère et sa sœur, passeront donc la nuit toutes seules dans la maison.

Au coucher du soleil, Mary Beth  est envoyée par sa mère puiser de l’eau au puits, l’adolescente chausse ses bottes en caoutchouc et sort. Elle remarque que la campagne environnante est noyée dans une lumière ocre qui contraste avec les tons bleus des arbres. Elle saisit le seau en fer blanc, le jette dans le puits, puis commence patiemment à le remonter en tournant la manivelle. La jeune fille ne sait pas pourquoi , mais elle est soudain prise de chair de poule comme l’atteste le duvet de son bras droit. Au loin, elle entend l’aboiement saccadé des chiens.

En versant l’eau recueillie dans une petite citerne , elle ne peut s’empêcher de se retourner à chaque fois pour jeter un regard furtif vers la clôture, elle se sent comme épiée , observée dans ses moindres faits et gestes, par qui , par quoi ? Ou est-ce son trop plein d’imagination qui lui joue des mauvais tours ?!

Empoignant son fardeau , Mary Beth se dépêche de rentrer à la maison en hâtant le pas. Elle jette un dernier regard par-dessus le porche , puis rentre ou refermant soigneusement derrière elle la porte moustiquaire puis celle en bois.

Il est déjà presque vingt-et-une heures et dans la petite ferme des Searcy , Mary Beth , sa mère , sa sœur qui ont diné plus tard que prévu, s’apprêtent à aller tout de suite au lit .Madame Searcy prépare une infusion pour tout le monde et Mary Beth qui n’a pas encore sommeil , dit préférer rester encore à lire un peu à côté du feu rassurant de la cheminée.

Le feu flamboyant éclaire gaiement la pièce tout en la réchauffant. Comme il n y a pas de chauffage central , les fenêtres sont couvertes à grand renfort de couvertures pour servir d’isolant au cas où les températures descendent tout à coup pendant la nuit , ce qui arrive souvent en cette période de l’année.

Libérée de sa frayeur de tout à l’heure, assise confortablement dans un fauteuil à côté du feu, Mary Beth qui est littéralement plongée dans la lecture d’un livre, ne voit pas l’heure passer : 21h30, 22h0, 23h00.

  • Betsy , peux-tu couvrir la fenêtre en face, s’il te plait ? Le bébé a toujours froid et a du mal à dormir ! Lui demande sa sœur.

Mais l’adolescente , beaucoup trop absorbée par sa lecture, ne l’entend même pas.

Impatientée , sa sœur reformule sa demande en haussant un peu plus la voix et en lui demandant carrément d’éteindre la lumière de la cuisine.

«  Ok , Ok , j’arrive ! Pas la peine de crier , je t’ai entendue ! »

Poussant un long soupir, elle s’empare d’une des couvertures posées sur le rebord du lit et s’apprête à monter sur une chaise pour couvrir la fenêtre de la chambre.

Mais là  …

Sa frayeur de tout à l’heure revient au galop , la figeant sur sa chaise , les mains suspendues au plafond, comme paralysée. Ce qu’elle redoutait depuis tout à l’heure était donc vrai , sinon comment expliquer cette masse noire surgissant de derrière la clôture , marchant d’un pas lourd vers la ferme en se balançant d’un côté sur l’autre , une silhouette impressionnante , couverte de poils bruns , une gueule de primate , et surtout il y a ces grognements haletants, et ce regard , rouge fixé sur elle.

Mary Beth pousse un cri de terreur , retombe inconsciente sur le lit , tandis que sa mère et sa sœur se précipitent et tentent de la réveiller.

«  Betsy , Betsy , réveille-toi ! Parles-nous ! Dis quelque chose ! Qu’as-tu vu ? Qu’as-tu vu ?  » Supplient les deux femmes en lui tapotant les joues.

Dehors, la terrifiante apparition a déjà rebroussée chemin en poussant son cri coutumier , visiblement aussi effrayée que la jeune fille.

Au petit matin, les Searcy retrouvent l’un de leurs chats raide sous le porche, les yeux exorbités de terreur , probablement mort de peur à la vision de la créature bipède.

Mais le cas des Searcy n’est pas isolé. Il semblerait même que le village de Fouke n’en n’ai pas encore fini avec la bête !

Les jours suivants l’incident , des bergers remarquent que des têtes viennent à manquer dans les cheptels. Dès le coucher de soleil , les chiens commencent à s’agiter nerveusement et refusent de s’approcher des bois , même ceux qui ont l’habitude d’accompagner les chasseurs.

L’histoire des Searcy a ravivé de vieux souvenirs que beaucoup-dont le shérif- ont préféré ignorer pour se donner bonne conscience.

Source : carolinatheatre

Dans la nuit du 23 avril 1972, DC Woods Jr., sa femme Wilma et leur voisine Roisin Sedgass reprennent la route de Fooke après avoir disputé un tournoi de bridge à Texarkana. La voiture roule tous phares allumés, entourée par les bois des deux côtés. DC Woods allume la radio et une vieille chanson country remplie instantanément l’habitacle. Egayé par la mélodie de Dolly Parton, DC se mit à  tapoter sur son volant pour donner la mesure, a côté , son épouse lui donne la réplique car elle aussi connait la chanson par cœur.

Attention ! Crie Roisin Sedgass.

DC Woods donne un coup de frein puis la voiture s’immobilise.

  • Bon sang !
  • Qu’est-ce que …Qu’est-ce que c’était ?
  • Tu l’as vu , toi aussi , Wilma ?
  • Je crois que oui…
  • Ne restons pas là, il faut rentrer !

Le lendemain, la rencontre furtive mais suffisamment terrifiante des Woods avec la bête était déjà sur toutes les lèvres. Selon le témoignage de Roisin Sedgass qui l’aurait vu en premier, il s’agirait d’une grosse forme noire , galopant presque le long de la route avant de faire un bond et sauter de l’autre côté du bois , laissant à peine à DC Woods le temps de freiner pour immobiliser la voiture.

«  On a vu une grande créature ressemblant à un gorille traverser la nationale 71, nous n’avons pas pu entrevoir sa figure mais on a vu ses gros bras prendre appui sur l’asphalte  pour avancer plus vite ! »

Les femmes racontent qu’elles étaient glacées de terreur et ont ordonné à DC de reprendre la route sans s’arrêter avant d’arriver à destination.

Pour la première fois en deux ans , les journaux locaux de Fouke et de Texarkana , s’emparent du sujet et titrent :

«  La Bête du bayou qui a terrorisé les fermiers est de retour ! »

«  Le Monstre de Boggy Creek aperçu par un couple sur la nationale 71! »

Cela sera la toute première fois que le surnom de « The Boggy Creek Monster » lui sera attribuer en Arkansas et il ne sera plus appelé qu’ainsi.

Selon certains , la bête aurait gagné en confiance, allant à présent jusqu’à enjamber les clôtures des fermes et essayer d’entrer dans les granges , comme si elle n’avait plus peur de rien , pas même des hommes prêts à l’abattre à coups de fusils.

Les mois se passent encore , la bête retourna dans sa tanière et les choses se calmèrent pendant un moment. Un moment seulement.

Nous sommes dans une ferme isolée de Miller County. Arrivés de Texarkana pour y passer trois jours de congé, Don Ford , son frère Bobby, sa femme Elizabeth, ainsi que leurs amis , Charles Taylor et sa femme Cecil , s’extasient devant la simplicité et l’austérité du lieu.

Don avait auparavant hérité de cette ferme de son grand-père avant de comprendre que la vie à la campagne n’était pas vraiment faite pour le citadin qu’il est devenu , depuis qu’il a été embauché comme agent de prospection à Little Rock .

A défaut de vendre cette vieille maison encombrante (qui songerait à l’acheter et pour en faire quoi ?) , il a choisi de la convertir en sorte de résidence secondaire pour les weekends ou les grandes vacances.

L’intérieur jure beaucoup avec l’aspect extérieur délabré. En bonne maitresse de maison, Elizabeth Ford a pensé à tout : apporter des matelas confortables , changer les rideaux, mettre un grand tapis  et installer un coin salle à manger à côté de la cuisine. La cheminée que Bobby vient d’actionner , donne instantanément une apparence beaucoup plus chaleureuse à toute la pièce.

Dans la nuit du 1er mai 1972, alors que Bobby , son frère Don et Charlie Taylor étaient partis à la pêche du poisson-chat, Elizabeth et Cecil restèrent seules dans la ferme.

Il est presque 22h00 et Elizabeth somnole déjà sur le canapé, laissant tomber de ses mains le magazine qu’elle lisait. Assise sur un rocking chair , Cecil allume une cigarette. La voix de l’animateur d’une publicité pour détergent empli la pièce :

«  Tide ultra , maintenant disponible en liquide et en capsules , dites adieu aux taches rebelles ! »

Une publicité pour de la pâte brisée surgelée et de la chantilly industrielle Kraft suivirent :

«  Pour des apple pies toujours croustillantes comme chez maman ! » Proclame l’annonceur d’une voix un peu trop enthousiaste.

  • Tu peux mettre sur une autre station ? Demande Elizabeth.

Cecil Taylor tourna le bouton et tomba sur l’éphéméride , annoncée par la voix chantonnante d’une speakerine au fort accent trainant du sud des États-Unis :

«  Du beau temps sur l’ensemble de l’Arkansas jusqu’à la fin de la semaine ! Des pluies orageuses prévues pour la semaine prochaine , routes glissantes , soyez vigilants quand vous prenez la nationale 71 et la Sherbrook Highway ! »

Et puis encore une publicité.

Exaspérée , Elizabeth se lève et éteint la radio d’un geste sec.

  • Là , on est plus tranquilles ! Dit-elle en revenant sur le canapé.
  • Chut , écoutes ! Dit Cecil Taylor , le visage soudain décomposé.

Elizabeth lui jette un regard interrogateur, mais son amie lui fait signe de se taire , l’oreille tendue et le regard fixe.

Un grognement , puis un deuxième , probablement un phacochère , mais ce n’est pas un bruit de sabots. Les pas commencent se rapprocher , de plus en plus lourds. Terrorisées , les deux amies se recroquevillent dans le coin le plus éloigné possible de la fenêtre dont les volets sont fermés , à un moment, elles pensent même apercevoir une ombre passer , les pas continuent de battre le plancher en bois , faisant le tour de la maison à deux reprises comme si cette individu cherchait une issue pour s’introduire dans la maison.

La frayeur des deux femmes est à son comble quand elles voient tourner le poignet de la porte d’entrée , mais à leur grande chance, elle était verrouillée de l’intérieur. La poignet continua de tourner,  après plusieurs tentatives vouées à l’échec , la personne derrière la porte finie par abandonner. Puis , plus rien, plus un bruit. Il est parti.

Immergeant lentement de leur « cachette » en se serrant les bras, Elizabeth Ford et Cecil Taylor prennent la décision de quitter la maison , craignant que le présumé voleur ne revienne plus tard. A pas de loup, elles ouvrent doucement la porte , dehors l’obscurité a tout noyé sur son passage et seul le son des cigales rompe le silence devenu soudain effrayant. Les deux femmes courent jusqu’à la route principale , espérant ainsi tomber sur un voisin qui rentrait un peu tard chez lui et qui proposerait gentiment de les raccompagner.

Une heure plus tard, les deux femmes accompagnées d’un fermier des environs qui fut étonné de le trouver en bordure de route en pleine nuit, rentrent finalement chez elles. Pour les rassurer davantage , le fermier propose de faire le tour de la ferme pour vérifier si quelque malfrat s’y cache.

  • «  J’ai tout vérifier et il n y a absolument rien , ni dans le poulailler ni dans la grange , vous pouvez aller  dormir tranquilles à présent !  
  • Encore désolées de vous avoir dérangé pour cela , mais vous s’avez , nous avons eu si peur et…
  • Allons donc ! Bonne nuit mes petites dames ! Dit-il en touchant son chapeau pour saluer à l’ancienne.

Le fermier parti , les deux femmes quelque peu tranquillisées décident d’aller se coucher. Pourvu que les garçons reviennent rapidement de leur satanée partie de pêche ! Implorent-elles intérieurement.

Une demi-heure plus tard, les frères Ford et Charles Taylor sont de retour et les femmes se dépêchent de leur faire le récit effrayant de cette nuit, les paroles se bousculent dans leurs bouches, décousus et sans queue ni tête.

Pour les rassurer , Don Ford alla chercher son fusil qu’il chargea de cartouches Winchester et le déposa à côté de l’embrasure de la porte d’entrée.

Seulement , c’est là que les choses vont déraper.

Une grosse main noire et velue cassa soudainement le carreau de la fenêtre-moustiquaire , s’emparant des cheveux d’Elizabeth qu’elle agita comme un pantin dans tous les sens , la panique gagna toute la maisonnée , à présent, ce n’est plus que cris et ricochets de balles de fusil sur le plancher.

Son fusil à bout de bras , Bobby Ford et les autres hommes se précipitèrent dehors, et se mirent à tirer à bout portant sur le présumé cambrioleur de tout à l’heure , mais ils ne sont pas au bout de leur surprise , car devant , eux , ce n’est ni un voleur ni un rodeur mais bien une espèce de créature simiesque d’à peu près deux mètres de long , au poil noir et aux yeux rouges. Pour ce qui est des balles , elles semblaient n’avoir aucun effet sur elle.

Les trois hommes persistèrent à tirer à bout portant comme face à un mur. La créature  finit par battre en retraite et s’enfoncer dans les bois.

Sous le choc , encore tremblants de terreur , maris et femmes tentent tant bien que mal de retrouver leur calme , mais les questions se bousculent sur toutes les langues :

Qui était-ce ? Que voulait-il ? Quel genre de bête était-ce ?

Charles Taylor décida de coincer une chaise sur la porte , piètre tentative quand on connait la force surhumaine de la créature. Puis , on essaya d’aller se coucher , mais le sommeil ne vint pas , alors tout le monde revint s’installer à la salle à manger, un regard inquiété sur la porte principale. Et si elle revenait ?

Vers une [2:00] du matin, le cauchemar reprit de plus belle : la créature revint à la charge , cette fois-ci , avec la ferme intention de pénétrer à l’intérieur, et c’est ce qu’elle fait en défonçant carrément la porte lors de cette troisième tentative. Probablement dans un élan de vengeance , elle jette automatiquement son dévolu sur Bobby Ford qu’elle projette au sol et le blesse au niveau du dos. Encore une fois, seuls les coups de fusil réussissent à l’éloigner tandis qu’une ou plusieurs balles ont probablement fini par faire leur effet et la blesser grièvement.

Bobby Ford est conduit à l’hôpital pour se soigner et le reste de la famille atterrie au bureau du shérif pour témoigner de sa mésaventure, toujours en état de choc.

Quelques jours plus tard, la police de Texarkana prélève des empreintes de pas à trois orteils non loin de la ferme des Ford. L’attaque en corps à corps avec le monstre du Creek est une première du genre, car jusqu’ici , il se contentait de ne pas trop faire de dégâts.

Quant aux empreintes, un expert en cryptozoologie proposa ses services pour les étudier. Ce dernier dans un rapport qu’il remit à la police par la suite , atteste qu’il s’agirait d’une créature non-identifiée, probablement un singe bipède très poilu qui aurait vécu dans les marécages et les bayous environnants sans se faire remarquer pendant des années. Un dernier de son espèce , mais qui nous dit qui n’en subsiste pas d’autres , notamment des femelles , voire carrément des petits ?

A sa sortie d’hôpital , Bobby Ford qui est appelé à témoigner dans un journal , est formel : ce n’était pas un singe, mais plutôt une sorte d’humanoïde à gueule de primate , courant rapidement avec une démarche galopante , il se rappelle surtout de son odeur , qui rappelle celle du putois ou du « chien mouillé ».

La mésaventure des Ford et de leurs amis fait pendant un long moment la une des gazettes à sensations au point que des chasseurs venus de tout l’Arkansas , accompagnés de cryptozoologues amateurs et de toute une armada de journalistes , décident de mener leur propre enquête sur le terrain. Accompagnés de chiens habitués à chasser le renard et le lièvre, ils ratissent pendant des jours le secteur de la ferme des Ford en remontant jusqu’à Boggy Creek , dressant des pièges, déposant des appâts de viande grasse et de gibier , en vain. La bête ne se manifeste pas. et cela dure ainsi jusqu’en 1974 , où elle fait parler d’elle pour la dernière fois.

Nous sommes à quelques kilomètres d’Apache Ranch , là où se trouve la ferme de Scott Keith , patron de l’une des station-service de Fouke. Chaque jour avant de se rendre à son bureau au-dessus de la station, Mr Keith a pour habitude d’aller inspecter l’un de ses champs où il a récemment fait planter du soja. Tout en évitant soigneusement de ne pas marcher sur les pousses, il fait ce jour-là une terrible découverte : au beau milieu du terrain , il tombe sur deux grandes empreintes de pieds , comme il n’en a jamais vu auparavant.

En prenant les mesures, Scott Keith constate qu’elles font chacune quarante-trois centimètres de long et environ vingt centimètres de large. Son fils , qui possède un appareil photo , prend çà et là des clichés de la découverte. Des clichés qui ne seront d’ailleurs jamais exploités à proprement parlé.

Rebelote, The Boggy Creek Monster revient semer la psychose chez le fermier des envions au point qu’une station de radio locale, Little Arkansas , propose carrément une prime de 1090 dollars à toute personne capable de donner un témoignage véridique sur le monstre suite à une rencontre furtive avec lui. La cagnotte promise impliqua bien des témoignages inventés de toutes pièces et tirés par les cheveux , incitant ainsi  la radio à revenir sur sa décision.

Source : tiedyetravels

Dans les bois, la guerre des fermiers contre le monstre fait aussi des émules. Pendant des jours entiers , les coups de carabine et de fusil retentissent dans toute la contrée , avec une telle frénésie que Leslie Greer , le nouveau shérif de Fouke, est contraint d’établir un « cessez le feu » pour préserver la sécurité publique.

Au début des années 80, l’histoire du mystérieux monstre de Fouke retombe peu à peu dans l’anonymat , en grande partie à cause de l’agrandissement et de l’urbanisation de ces zones rurales , autrefois gardiennes de ce folklore locale qui maintenant fait plutôt sourire jaune et provoquer les railleries des jeunes générations.

L’histoire du monstre de Fouke pourrait trouver son écho dans une histoire similaire survenue en Géorgie au 19ème siècle. La dramatique histoire de Zana aurait pu rester confinée dans la mémoire populaire locale de cette ex-république soviétique du Caucase , avant que des chercheurs ne finissent par s’y intéresser au début des années 2000.

Source : exemplore

Zana , que ses contemporains ont décrit comme une femme-singe , a été capturée en Abkhazie par un riche propriétaire terrien , Irakli Genaba. Dans le petit village de Tkhina , elle vécut avec son ravisseur qui la tenait en cage toute la journée.

Zana ne communiquait que par le biais de grognements , et les villageois pris de pitié pour elle, lui jetait parfois de la nourriture car elle n’en avait jamais assez.

Réussissant à l’apprivoiser , son maitre commença à lui donner quelques peu de libertés. Elle finit par quitter sa cage , commença  à se promener dans la propriété, marchant tantôt à quatre pattes, tantôt sur ses pattes arrières dans une démarche presque humaine .

Cherchant par tous les moyens à la christianiser, la vieille cuisinière d’Irakli Genaba lui donna des vêtements de femme et une croix qu’elle arracha instantanément , préférant restée dans le plus simple appareil.

On raconte qu’elle était pourvue d’une grande force physique, qu’elle avait un pelage roux , des traits proéminents , une poitrine velue et un regard triste.

Homme lubrique et sans scrupules, Irakli Genaba l’exploita comme il le souhaita , il n’initia aux travaux de la ferme , la réveillant aux aurores à coups de martinet. Il faut se rendre à l’évidence : Zana pouvait facilement abattre le travail de cinq ou six hommes sans se fatiguer.

Mais sa rentabilité lui vaudra cher. Quelques années plus tard, Zana se fait violer par son propriétaire ainsi que par des employés de sa ferme. De ces unions d’un genre particulier , naquirent plusieurs enfants, que la parturiente se dépêchait de noyer dans une rivière environnante dès leur naissance.

Un seul enfant échappa aux mains maternelles assassines et survécut jusqu’à l’âge adulte , sauvé in-extremis par des villageoises. Son nom était Khwit.

Comme le démontre certaines photos , Khwit avait hérité de beaucoup de traits physiques de sa génitrice , il était aussi doté de la même force musculaire qu’elle avec une capacité d’avaler d’une traite une bouteille de vodka sans s’enivrer.

Il est cependant difficile de savoir à qui revient sa paternité, à Irakli Genaba ou à un autre homme du village. Khwit mourut dans les années soixante ou soixante-dix dans un petit village d’Adjari en laissant six enfants , tous ont plus ou moins hérité d’un trait physique de leur singulière grand-mère.

Zana est décédée vers 1890 mais certains affirment qu’elle serait morte bien avant, de tristesse , de solitude voire même d’alcoolisme car Genaba l’avait initié à la boisson très tôt.

En 2013, des restes des descendants de Zana ont été déterré pour être étudier , le résultat est mitigé : un biologiste découvre que le crâne de son fils Khwit, comportait un os supplémentaire à l’arrière du crâne et que les orbites de ses yeux étaient beaucoup plus grandes que la normale humaine.

Des chercheurs ont avancé la thèse selon laquelle Zana était une esclave ougandaise capturée par les Turcs et malmenée depuis jusqu’à tomber entre les mains d’Irakli Genaba en Géorgie. Cela pourrait expliquer le fait qu’elle ait pu tomber enceinte et mener sa grossesse à terme sans complication, or si elle était primate , cela aurait été tout bonnement inconcevable biologiquement parlant.

D’autres thèses viennent réfuter cette dernière attestant qu’une esclave aurait au moins garder un souvenir de sa langue maternelle , or dans le cas de Zana , ce n’était pas le cas , elle ne s’exprimait qu’en poussant des grognements incompréhensibles et elle n’a jamais appris à parler géorgien même si elle a passé l’essentiel de sa vie dans ce pays du Caucase.

Humaine , humanoïde, femme singe , Almasty (yéti russe) , le mystère sur les origines de Zana reste à ce jour non élucidé et en Abkhazie et en Géorgie , rares sont ceux qui se rappellent encore de sa triste destinée.

Après l’effervescence des premiers témoignages , accompagnés de la sortie d’un film-documentaire culte réalisé par Charles B.Pierce « The Legend of Boggy Creek » , l’histoire du monstre de Fouke a fini par rejoindre la longue liste des légendes urbaines de l’Amérique profonde.

L’un des derniers témoins de cette affaire reste le petit chasseur Travis Crabtree. Apparut dans le film de Charles B.Pierce pour y jouer son propre rôle, il a tout de suite après quitté l’Arkansas. D’après certaines personnes , il serait toujours vivant en Floride où il coule aujourd’hui une paisible retraite.

Entre 1971 et 1974 dans une petite bourgade rurale de l’Arkansas, les habitants vivent sous la menace d’une étrange bête aperçue plus d’une fois en train de roder dans les environs. Certains la décrivent comme une créature sauvage à cheveux oranges, d’autres plutôt comme un homme sauvage et difforme. Malgré les battus et les recherches, les autorités locales ne trouvent rien ! C’est là où la légende de The Boggy Creek Monster ou plus communément Monstre de Fouke est née !

 

Les sources :

 


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