Matthew Vaca : Rencontre Mortelle

Depuis 4 semainesCriminologie

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Dans l’imaginaire populaire, les autostoppeurs et plus particulièrement les autostoppeuses sont les personnes les plus vulnérables lorsqu’il s’agit de se déplacer à bord de la voiture d’un parfait inconnu.

Parfois, c’est exactement l’inverse qui se produit.

Le 23 mai 2000 dans une petite ville de l’Ohio, Brandi Hicks et Elizabeth Reiser, deux meilleures amies, ne s’imaginaient pas vivre l’un de leurs pires cauchemars en embarquant à bord de leur voiture un parfait inconnu, un certain Matthew Vaca.

Rapidement, ce qui avait l’air d’un simple service se transforme, pour les deux filles en calvaire, car Matthew Vaca n’est pas du tout l’homme qu’elles croyaient être.

podcast mathew vaca Brandi Hicks et Elizabeth Reiser

Source : publicpolicerecord

Dans notre épisode d’aujourd’hui, nous aborderons également une affaire similaire qui date des années 50 et qui est celle de Billy « Cockeyed » Cook, impliquant également un autostoppeur d’un genre particulier.

Nul doute qu’après cela, les usagers de l’autostop ne verront plus les choses sous le même angle !

Les petites bourgades tranquilles américaines, nous en avons déjà vu un grand nombre à la télé. Elles séduisent par leurs dimensions à taille humaine, leurs ruelles proprettes, leurs porches de maisons peints en blanc où flotte partout le Stars and Stripes, la bannière étoilée. Elles séduisent surtout par leur convivialité alliée à une simplicité toute bourgeoise et il est impossible d’imaginer qu’un événement fâcheux puisse s’y produire.

New Philadelphia en Ohio fait justement partie de ce genre de villes de province où la criminalité avoisine zéro et où tout le monde connaît tout le monde. Ici, c’est tellement tranquille que les enfants peuvent sortir jouer dehors sans que cela inquiète leurs parents.

Comme dans la plupart des villes de province, l’église est le centre névralgique de la ville, et également le point de repère de l’ensemble de la communauté, qui s’y rencontre lors des services religieux, pour les événements de charité et autres buffets et kermesses.

Nous sommes en mai 2000 et Brandi Hicks est en terminale.

Brandi Hicks est une charmante brune de dix-huit ans, elle vit à New Philadelphia depuis quelques années avec sa famille. Cette année est spéciale pour elle puisqu’elle vient d’acheter sa propre voiture, une d’occasion. Elle vient aussi d’emménager toute seule pour la première fois.

Ce sentiment nouveau d’indépendance la rend très heureuse et très fière. Toutefois, c’est une jeune fille responsable avec la tête sur les épaules, pas le genre à se libérer du carcan familial uniquement pour rentrer et sortir à des heures improbables du jour et de la nuit. Brandi Hicks est d’ailleurs réputée pour être une « fille comme il faut », un peu à l’ancienne. Cela lui convient parfaitement, ainsi qu’à ses convictions religieuses.

Comme la quasi-majorité des habitants de New Phili, Brandi fréquente l’église assidûment, que cela soit lors du service du dimanche ou pendant la semaine pour y effectuer des travaux de bénévolat. Il y a quelques années, c’est au sein de cette même structure qu’elle fait la connaissance de celle qui allait devenir sa meilleure amie, Elizabeth Reiser, dite « Liz ».

Entre les deux filles, le courant passe instantanément, un vrai coup de foudre amical. Elles deviennent rapidement inséparables, telles des jumelles.

Brandi n’a qu’une année de plus que Liz mais cela lui donne l’air d’être « l’aînée » et la « protectrice », avec tout ce que cela implique.

Liz, de son côté, est une jeune fille souriante, épanouie et généreuse. Son embonpoint, qu’elle traîne depuis son enfance, lui a créé au fil des années un frein, arrivé à son apogée pendant son adolescence. Surtout, cela l’a rendu très timide avec les garçons qu’elle n’ose jamais aborder de peur de se couvrir de ridicule. Elle a tenté divers régimes sans succès, rechignant toutefois à se rendre à la gym ou au cours de natation pour ne pas se mettre en maillot de bain devant tout le monde.

Liz passe son temps à se cacher derrière de gros vêtements difformes et larges dans l’espoir de ne pas trop se faire remarquer, même si sa meilleure amie l’encourage à faire le contraire et à se mettre en valeur. Liz est contente d’avoir Brandi comme mentor, c’est d’ailleurs la seule qui a le don de lui changer les idées quand tout semble noir autour d’elle.

En dehors des cours, les deux adolescentes se retrouvent souvent pour aller au cinéma, faire du shopping et lors de soirées pyjamas organisées chez l’une comme l’autre, généralement un weekend sur deux, et ce, même si les parents sont absents.

Elles font toutes les activités communes aux filles américaines de leur âge et de leur statut social, des plaisirs simples en harmonie avec leurs convictions religieuses et leurs personnalités.

Quelques semaines seulement après son installation dans son nouvel appartement, Brandi fait la première chose qu’elle avait envie de faire depuis qu’elle a emménagé : inviter Liz à venir dormir chez elle.

Brandi n’habite pas seule dans cet appartement mais en colocation avec deux autres filles de leur paroisse. La mère de Liz Reiser donne son accord sans discuter : elle connait Brandi comme sa propre fille, ainsi que ses colocataires, car tous se rencontrent à l’église le dimanche.

Dans la soirée du 23 mai, Brandi vient récupérer son amie en voiture. Liz est déjà prête et assise sous le porche, elle était beaucoup trop excitée pour rester attendre à l’intérieur.

Comme dans la plupart de ce genre d’escapades, l’humeur est légère et au beau fixe, et durant tout le trajet, les deux amies bavardent, écoutent de la musique, parlent du lycée et de leurs autres camarades, discutent à bâtons rompus de leurs projets futurs. Brandi veut entamer des études de photographie et travailler plus tard dans un magazine de mode, tandis que Liz évoque le souhait de faire des études de marketing et travailler dans une boîte de publicité pour cosmétiques bio.

Liz ne peut s’empêcher de dire à Brandi combien elle envie son indépendance : tu finiras par partir un jour aussi. — Oh non tu ne connais pas ma mère, elle ne me laissera jamais faire comme toi, elle dit que je suis trop naïve. — Tu racontes des bêtises…

— Si tu loues avec moi l’année prochaine, elle ne dira absolument rien ! Lance malicieusement Brandi qui a appris à lire dans les pensées de l’émotive Liz.

À cette seule mention, Liz Reiser se met à pousser des Youhooo et à taper des mains. Ne t’inquiète surtout pas, je trouverai un job pour m’acquitter des dépenses du logement et du reste, oh, mais j’aurais mes propres « clés de chez moi » !

La joie communicative de Liz finit par atteindre son amie qui se met à rire aux éclats.

Pendant le trajet, elles s’arrêtent un moment pour aller dire bonjour à la mère de Brandi et lui parler de leur projet pour la soirée : louer un film d’horreur, commander des pizzas et frissonner sur le canapé.

À 21 h 30, Brandi Hicks se gare devant un blockbuster, le Hollywood, où elle a l’habitude de louer des films.

— Salut, bonsoir !

L’intérieur peint en bleu est baigné par une lumière jaune, typique de ces magasins de chaîne qui se ressemblent tous, peu importe où on se trouve aux États-Unis.

Une odeur caractéristique de vieilles pellicules, d’encre, de produit à vitres et de désodorisant flotte dans l’air. Au fond, assis près du comptoir, un jeune homme vêtu d’un uniforme bleu, les cheveux verts et le piercing au nez, est en train de mordiller nonchalamment dans un hamburger gras tout en plongeant des frites molles dans une sauce cocktail. C’est Jim, l’employé qui assure le relai entre 19 h et 00 h. Brandi, qui le connait, sait qu’il ne bougera pas de sa place pour les conseiller ou les orienter dans leur choix.

Sans se départir de leur bonne humeur, les deux filles lui font un signe de la main auquel il ne répond pas, en continuant de mâchouiller son sandwich. Elles haussent les épaules amusées et pénètrent dans le dédale des rayonnages qu’elles se mettent à arpenter, suivant l’ordre alphabétique de classement et le genre : comédie, mélodrame, comédie romantique, thriller, épouvante, action, aventures…

— Que dirais-tu de Madame Doubtfire ?

— On l’a vu au moins une centaine de fois !

— La Famille Addams ?

— On l’a vu pour la dernière soirée d’Halloween, tu te rappelles ?

— E.T. ?

— Oh non !

— Bon, choisis-toi, alors !

— Massacre à la tronçonneuse !

— T’es folle, je vais faire des cauchemars toute la nuit !

Devant le comptoir maculé de traces de gras laissées par le hamburger, l’employé aux cheveux verts qui a fini de manger sort nonchalamment un registre pour y inscrire les références des deux cassettes sortantes, et demande à Brandi sa pièce d’identité dont il inscrit le numéro sur un fichier Excel.

Les filles quittent la boutique quelques minutes plus tard avec deux films en main, une comédie et un film d’horreur, histoire de faire plaisir à chacune.

Dehors, il fait déjà très sombre, elles feraient mieux de se dépêcher de rentrer à présent pour profiter pleinement de leur soirée. D’ailleurs, les ruelles commencent à se vider et certains magasins, à fermer.

— Hey, salut les filles !

Brandi et Liz se retournent à l’unisson. Devant elles, debout, un jeune homme d’environ vingt-cinq ans, vêtu d’un jean, d’un t-shirt délavé et d’une casquette qui lui couvre la moitié de son visage, leur fait un signe amical. De son autre main, il tient un petit paquet comme celui donné par la boutique pour emporter les vidéos chez soi. Il fait d’ailleurs signe du doigt pour montrer qu’il vient de prendre un film dans le même endroit.

podcast mathew vaca -Elizabeth et Brandi

Source : outlineofamurderpodcast

Brandi parle la première :

— Salut ! Je peux vous aider ?

Le jeune homme jette un regard à la dérobée sur le contenu du plastique dans la main de Liz.

— Je m’appelle Marc, se présente l’inconnu.

La conversation tourne d’abord autour des films : « Vous avez loué quoi ? Ah pas mal ? Vous comptez le voir là, tout de suite ? Super ! »

Brandi Williamson (son nom de mariée) évoque ce souvenir :

« Nous vivions dans une petite localité très soudée et sans histoires. Pour nous, les faits divers sont du ressort des grandes métropoles comme New York ou Los Angeles, pas chez nous à New Philadelphia… ».

Et puis, Marc se tait. Brandi et Liz commencent à se regarder, elles lui disent que la conversation était sympa mais qu’elles doivent rentrer à présent car il se fait tard.

— Vous pourriez me déposer en chemin ? Je n’habite pas très loin…

Cette entrée en matière laisse les deux filles perplexes. Elles se consultent du regard, elles n’ont pas l’habitude de faire monter des inconnus en voiture avec elles. Le silence tombe, l’homme à la casquette guettant toujours la réponse affirmative qui tarde à venir.

Pour se sortir délicatement d’affaire sans paraître malpolie pour autant, Brandi prétexte qu’elle n’a plus assez de carburant et plus d’argent pour prendre de l’essence à la station-service. Je regrette vraiment, mais…

Marc n’en démord pas, il insiste même : « Allez, ce n’est pas loin ! Je suis très fatigué, je travaille à l’autre bout de la périphérie, il m’a fallu marcher toute la journée pour arriver au centre-ville. Je n’ai plus de voiture, il me tarde d’arriver chez moi pour embrasser mes enfants avant qu’ils n’aillent se coucher. Vous pouvez me faire cette faveur ? Vous semblez être de chics filles ! »

Brandi jette un énième regard interrogateur à son amie. À ce moment, Marc sort un billet de 20 dollars de sa poche et le lui tend :

— Tenez, vous pouvez dépanner avec ça à la station d’essence, ne me remerciez pas, vous me rendez un grand service !

Brandi hésite un moment puis finit par empocher le billet de vingt dollars, convaincue qu’elle a affaire à une personne sérieuse qui propose de monnayer son trajet.

Il est déjà un peu plus de 22 h quand les deux jeunes filles et l’homme à la casquette montent à bord de la voiture.

Les premiers instants se passent dans le silence que confère la présence d’une tierce personne inconnue dans un endroit fermé. Brandi, concentrée sur la route, ne se rend pas compte qu’elle est en train de s’éloigner de plus en plus du centre-ville.

Liz, assise sur le siège passager et tout aussi muette, remarque de son côté que les habitations se font de plus en plus rares dans le coin, qu’il fait de plus en plus sombre. Mais tout de même, elles sont de bonne foi et pensent que la maison de leur passager n’est vraiment plus très loin.

— Toujours tout droit ! Répond Marc à chaque question de la conductrice.

L’homme est très loquace, il parle volontiers de sa femme, de ses enfants, de sa famille, de son cursus scolaire et professionnel. Il donne son âge : vingt-sept ans. Brandi et Liz prêtent une oreille distraite à ses racontars, mais font mine de s’y intéresser pour rester courtoises.

À présent, les trois roulent en pleine périphérie, New Philadelphia est restée loin derrière. C’est à ce moment que Marc demande à Brandi :

— Arrête-là un moment s’il te plaît.

Brandi se met en contrebas de la route et l’inconnu descend précipitamment :

— Ne bougez pas, je reviens tout de suite !

À bord de la voiture, les filles restées seules sont perplexes. Sans pour autant tomber dans la paranoïa, elles sentent que quelque chose ne tourne pas rond dans cette histoire mais elles n’osent aborder le sujet à voix haute. Tout de même, ce sont elles qui ont accepté de l’emmener, elles auraient pu se contenter d’un simple et neutre : « Ce n’est pas possible, désolées, une autre fois peut-être ! » mais leurs convictions et la profonde éducation religieuse qu’elles ont reçue les empêchent d’agir de façon égoïste et indifférente. Quitte à se mettre dans le pétrin ?!

À leur grand soulagement, Marc finit par réapparaître avec un sac à la main. Il s’excuse :

— Désolé, j’abuse de votre gentillesse, c’est que je suis allé récupérer ce sac que j’ai laissé ici tout à l’heure, il était trop lourd à porter et comme j’avais pas ma bagnole…

Il parle d’un ton neutre et détaché comme s’il s’agissait de quelque chose de tout à fait usuel et dont les deux amies ont l’habitude : accompagner un parfait inconnu en pleine nuit pour qu’il aille récupérer ses affaires au beau milieu d’une route perdue !

La patience de Brandi a ses limites néanmoins, et à cet instant, elle espère juste que cet homme finisse par rentrer chez lui et leur ficher la paix. Pressentant probablement le malaise de la situation, Marc préfère le prendre sur l’air de la plaisanterie tout en s’excusant de s’imposer ainsi.

Tous les trois continuent leur trajet dans la nuit. Sur la route adjacente, les véhicules se font de plus en plus rares. Brandi se rend compte que l’endroit lui est complétement inconnu, qu’elle n’y a jamais mis les pieds auparavant. Quand elle lève la tête, la pancarte de signalisation lui indique qu’ils sont à présent proches de la petite localité de Roswell, ils ont donc roulé tout ce chemin ?

Du côté des filles, la panique commence à monter crescendo et elles le font savoir à Marc qui, visiblement, semble avoir oublié son adresse. Quand il demande à Brandi de continuer à rouler et de ne pas s’inquiéter, qu’ils y sont presque, cette dernière ne mâche pas ses mots :

— Écoute, il se fait un peu tard, il va falloir qu’on rentre chez nous maintenant, on ne peut vraiment pas aller plus loin, on est presque arrivé à Roswell et c’est pas là que tu devais aller, à ce qu’il me semble…

Liz la rejoint en hochant affirmativement la tête en direction de l’inconnu assis immobile sur le siège arrière, jetant un regard à l’une et à l’autre.

Brandi veut tout de même sauver la face :

— Je te propose de te laisser sur le bord de la route, un routier pourrait passer par là et t’embarquer avec lui, c’est fréquent pendant la nuit.

Derrière, c’est le silence. Marc n’ouvre pas la bouche, ne dit pas un mot, il semble scotché sur son siège.

Puis, les choses dégénèrent. L’homme à la casquette sort à ce moment une arme de son sac qu’il braque sur les deux amies, il leur ordonne de garder le silence, de ne pas bouger et de faire comme il dit.

Tremblantes de frayeur et commençant à réaliser le pétrin dans lequel elles se sont mises, les deux amies obéissent à l’homme, désormais leur ravisseur, sans protester.

Le pistolet braqué sur le cou, Brandi reprend la route et continue de conduire tout droit, avec l’intime ordre de s’arrêter que lorsque lui l’aura décidé.

C’est ainsi qu’ils abandonnent la nationale et s’engagent sur une route champêtre à Harmond Hill Road dans le canton d’Auburn.

Marc ordonne à Brandi de tourner à droite et prendre un petit raccourci, en réalité une sorte de piste sablonneuse entourée par des arbres.

Ici, aucune maison, aucune voiture, pas âme qui vive, uniquement le silence et le noir de la forêt alentour. Arrivés au beau milieu d’une clairière, Marc demande à Brandi Hicks d’arrêter la voiture à ce niveau.

— Vous allez sortir à présent de la voiture, l’une après l’autre et vous vous déchaussez. Vous enlevez les lacets aussi, allez, rapido !

Pieds nus et tremblantes de peur, n’osant ouvrir la bouche à cause du pistolet braqué sur elles, les deux amies commencent à redouter la suite des événements. L’homme à la casquette marque une pause puis commence à donner ses directives : — Toi (à Brandi), tu remontes sur le siège conducteur, toi là, tu lui attaches les poignets avec ses lacets sur le volant, vite !

Liz Reiser, qui ne parvient pas à retenir ses larmes, lutte contre les tremblements de ses mains pour réaliser un nœud de lacet, sa maladresse énerve l’homme qui lui aboie de faire plus rapidement. Puis, il se penche pour vérifier si les liens sont étroitement serrés et approuve de la tête. C’est bon, on y va !

On y va ?

Désormais prise au piège dans sa voiture, Brandi voit sa meilleure amie s’éloigner dans la forêt en compagnie de leur ravisseur, leurs regards désespérés se croisent une dernière fois, celui de Liz est enfantin, suppliant. Brandi l’a toujours protégée comme une grande sœur, pourquoi ne peut-elle pas le faire encore maintenant ?

Elle ne peut s’empêcher de se remémorer leurs derniers instants d’insouciance au blockbuster, Jim l’employé aux cheveux verts et aux doigts poisseux de sauce cocktail et de gras, les rayons VHS avec leurs couvertures criardes et leurs titres de films en rouge… Entre cela et les événements qu’elles sont en train de vivre, une éternité semble s’être écoulée.

Liz suit l’homme à tâtons dans la nuit noire, elle ne sait pas où elle pose les pieds, elle sait juste que Brandi est restée seule dans la voiture, se reverront-elles un jour ? Et si on la pinçait et qu’elle se réveillait en sursaut en ce moment ? Liz, ce n’était qu’un mauvais rêve, réveille-toi, on a histoire-géo à 8 h, tu l’as oublié ?

Dorénavant, elle serait prête à assister à tous les futurs cours d’histoire-géo, même les plus monotones, même ceux à rallonge chez Mr Brown au crâne chauve et aux chemises hawaïennes !

— Avance, fais-attention où tu mets les pieds, t’es vraiment qu’une idiote ! Tu vas manquer à ton petit copain.

Marc se retourne pour la reluquer dans le noir…

— Mais t’as pas de petit copain, toi, qui voudrait de toi ?!

Ces derniers mots blessent beaucoup Liz, au point que dans une fraction de seconde, même sa situation actuelle ne signifiait presque rien !

Perdue dans ses remords et ses pensées, elle ne voit pas Marc s’arrêter au beau milieu du chemin, ce qui signifie qu’elle doit s’arrêter aussi.

Et maintenant ? Va-t-il lui demander d’enlever l’intégralité de ses vêtements ? Va-t-il lui faire du mal ? Liz, comme pour prendre les devants, se met à dégrafer la fermeture de son soutien-gorge, car en temps normal, cela lui prend du temps, mais son ravisseur lui demande tout autre chose :

— Qu’est-ce que tu fous dans ton dos ? Mets-toi à genoux !

Liz abandonne la fermeture métallique où l’ongle de son index reste un moment coincé. Ce « retard » risque de lui coûter cher !

Dans la pénombre, seul le regard furibond de Marc brille d’une mauvaise lueur. Liz obéit, ses genoux viennent heurter la terre, elle pense voir une libellule toute translucide et brillante passer devant ses yeux larmoyants.

Marc ne dit pas un mot, réfléchit peut-être à son stratagème. De lourds sanglots viennent emplir l’espace, ceux de Liz contre lesquels elle luttait depuis tout à l’heure.

— Je vous en prie, ne me tuez pas, je vous en prie, ne faites-pas ça ! Supplie-t-elle d’une voix gutturale rendue grave par les larmes.

Marc semble être dans un état second, il ne l’écoute même pas. Il sort un grand couteau du paquet qu’il est allé récupérer quelques heures auparavant et tranche la gorge de la malheureuse jeune fille. Le corps décapité vient s’affaler par terre. L’assassin continue son horrible besogne et poignarde à plusieurs reprises le cadavre sans tête sur le dos, les bras et les cuisses avant de l’envoyer valser d’un coup de pied.

Assise seule dans la voiture, en proie aux frayeurs les plus noires, Brandi se met à prier intérieurement puis d’une voix de plus en plus forte. Quand elle voit resurgir l’assassin, les vêtements maculés de sang, le regard fou, elle ne peut s’empêcher de trembler. Liz ?

« Les vitres étaient fermées, je n’entendais rien… Une petite voix me disait de m’enfuir mais je ne pouvais pas partir sans Liz ».

— Qu’est-ce que vous avez fait d’elle ? Où est Liz ?

Marc fait mine d’ignorer les questions, le visage fermé, les yeux fixes et baissés. Il lui détache les mains du volant et Brandi se frotte les poignets, mais il ne lui laisse pas un moment de répit : il faut qu’elle le suive dans les champs à son tour, là, tout de suite sans répliquer !

Comme une automate, Brandi suit machinalement l’homme dans les bois. Restée seulement en chaussettes, elle a mal aux pieds à chaque fois qu’elle trébuche sur quelque chose : un tronc d’arbre, un caillou, un morceau de verre.

Arrivés à un certain point, l’homme s’arrête et lui fait signe de l’imiter. C’est là qu’elle distingue comme une forme ramassée sur elle-même et inclinée sur le bas-côté. Brandi rétrécit ses pupilles à la manière d’un chat pour y voir plus clair mais ne parvient pas à voir grand-chose.

Ils retournent dans la voiture où Marc lui annonce qu’il vient de tuer son amie, c’est la forme qu’elle a vu tout à l’heure dans le bois.

Brandi Williamson se remémore :

« Quand il m’a annoncé ça, j’ai arrêté de respirer pendant un moment… Il y a eu comme un trou noir, comme si j’étais sortie de mon corps et que j’étais moi-même spectatrice de la scène qui était en train de se dérouler sous mes yeux… Je n’arrivais pas à croire que tout cela était vrai… »

Marc lui fait un sourire narquois :

— Je rigole voyons, la tête qu’elle fait, wouaaah ! Je voulais juste voir comment tu allais réagir à une annonce pareille, décidément vous êtes deux pauvres imbéciles l’une comme l’autre ! »

« Oui, suffisamment imbécile pour m’embarquer dans un pareil merdier et entraîner avec moi cette pauvre Liz, ça c’est sûr ! » pense-t-elle.

Marc aime décidément marquer des pauses pour réfléchir à la suite des événements. Brandi remarque qu’il ne s’emporte que très rarement, même si son comportement reste très imprévisible. Il ne faut pas qu’elle le mette en colère davantage, plutôt jouer le jeu et faire comme il décide. Mais qu’a-t-il fait de Liz ? et s’il mentait à son propos, et s’il l’avait vraiment tuée ? À cette seule pensée, elle sent son cœur lui monter à la gorge.

— Si tu m’écoutes et fais exactement comme je dis, il t’arrivera rien du tout et tu pourras rentrer tranquillement chez toi ! Compris ? Maintenant tu vas enlever tes chaussettes et me les donner !

Brandi s’exécute en silence, elle ôte ses chaussettes et les lui tend. Marc les enfile sur ses mains avant de s’installer sur le siège conducteur, elle comprend alors que c’est une tactique classique pour éviter de laisser des traces d’empreintes digitales sur un objet, en l’occurrence ici le volant. L’homme a l’air plus lucide qu’elle ne l’aurait cru.

Marc réalise un double tour en pétaradant, traverse la piste et revient sur la route principale. Brandi ne perd pas une miette de ses faits et gestes. À un moment donné, la jeune fille remarque qu’ils commencent à se rapprocher de la ville de Roswell, elle reprend espoir en apercevant les phares d’un véhicule qui semble être un camion mais à peine veut-elle lui faire un signe de détresse que Marc l’aperçoit et lui assène un coup sur l’omoplate.

— Pourquoi tu lui fais signe comme ça ? Tu crois que je ne t’ai pas vue, hein ? Tu n’es pas très fute-fute et l’autre non plus, alors laisse tomber ce genre de stratagème ou tu le payeras cher !

Brandi avale péniblement sa salive tout en luttant contre l’envie de passer une main sur son omoplate douloureuse.

Ils roulent ainsi pendant près d’une heure non-stop, puis l’homme prend une route qui aboutit directement sur une succession de voies ferrées. Brandi dresse la tête pour voir l’environnement alentour : elle se rend compte qu’ils sont dans une espèce d’ancienne gare désertée.

Les fils d’aciers suspendus dans les airs et la présence d’anciens wagons aux silhouettes noires confèrent à ce lieu un air encore plus lugubre et effrayant qu’il ne l’est déjà.

Marc arrête la voiture à cet endroit. Il ordonne à Brandi de descendre lui chercher un pack de bières qu’il a placé tout à l’heure dans le coffre avant de partir en forêt avec Liz. Il ouvre une cannette, avale une première gorgée et la tend en direction de Brandi qui lui fait « non » de la tête. Allez ! lui dit-il sur un ton badin, rien qu’une gorgée, tu verras, ça va détendre l’atmosphère dans cette saloperie de bagnole et toi aussi par la même occasion.

Brandi sait qu’elle fait une grosse bêtise en continuant à repousser la cannette de bière offerte par son ravisseur, cela risque de le faire entrer dans une colère noire.

Devant le refus répété de Brandi, le ravisseur hausse les épaules, reprend sa cannette qu’il se met à serrer contre sa joue mal rasée avant d’avaler encore une longue rasade et se pourlécher les moustaches.

— On descend !

Sur la voie ferrée, chargée du pack de bière, Brandi avance en tête à grand peine. Si, tout à l’heure, le contact de la terre battue sous ses pieds déchaussés était supportable, marcher sans chaussettes sur le fer froid est une tout autre sensation. Bientôt, elle commence à se plaindre d’avoir mal, de s’être blessée et là, l’inimaginable se produit. Marc s’arrête, enlève ses propres chaussures (des Caterpilar) et les lui donne.

Etonnée par cet improbable élan de générosité, Brandi ne se fait pas prier pour les enfiler illico sans discuter et tous les deux continuent d’avancer ainsi en silence. Arrivés au niveau d’un ancien wagon vide, Marc monte en premier puis lui tend la main pour l’aider à escalader la rampe à son tour.

Brandi n’arrive pas à distinguer l’intérieur, elle sent juste une odeur nauséabonde de pisse de chat mélangée à celle plus tenace d’excréments humains. D’un mouvement vif, Marc saute et s’installe sur une banquette, ouvre une seconde canette de bière et allume une cigarette qu’il sort de sa poche. Brandi recule de son côté à l’extrémité du wagon, les bras croisés étroitement sur le ventre, elle se laisse glisser par terre en fléchissant les genoux. Quelle sera la suite de ce calvaire ?

Marc joue à présent dans un registre plus sentimental : il tente de se rapprocher de la jeune femme apeurée pour tenter de la rassurer à sa manière, elle ne réagit pas. Il descend de sa place, s’avance vers elle et tente de l’embrasser, mais elle se dégage violemment. Quand il essaye de lui abaisser son pantalon, elle se met à pousser de tels cris qu’il finit par battre en retraite. Brandi remarque qu’il est en train de se masturber.

— Tu sais, j’ai vraiment tué ton amie, ce que tu as vu tout à l’heure dans les bois, c’est son corps. Là, je plaisante pas, faudra t’y faire !

Sans lui laisser le temps de répliquer, il s’avance vers elle, l’empoigne avec violence et la force à sauter hors du wagon, puis fait de même. Brandi se blesse aux genoux, elle ressent la désagréable brûlure du caillou lui pénétrer la chair.

« Liz est morte, Liz est morte ! » Se répète-t-elle intérieurement. En proie au choc de cette seconde annonce qui présage le pire, elle sent que, physiquement, elle au bord d’un précipice et qu’en bas, il y a comme un bruit aqueux, comme celui d’un cours d’eau. Mais oui, ils sont en hauteur et sous le chemin de fer, il y a bien une rivière qui passe, Brandi l’entend maintenant distinctement. Il s’agit de la rivière Tuscarawas.

Marc choisit le bon moment pour décliner sa vraie identité : en réalité, il ne s’appelle pas Marc mais bien Matthew Vaca, puis il commence à parler de lui le plus sereinement du monde et pose même des questions à sa victime : quelles études tu aimerais entreprendre l’année prochaine ? Brandi joue le jeu de la conversation et répond : photographe. — Super, moi je suis inscrit en troisième année de psychologie, très intéressantes comme études, et ainsi de suite.

En les voyant converser ainsi, qui aurait cru à ce moment qu’il pouvait s’agir d’un ravisseur et de sa malheureuse victime.

La conversation dure ainsi une quinzaine de minutes avant que Matthew Vaca ne s’empare d’un de ses lacets de chaussures et n’étrangle Brandi, avant de balancer son corps inanimé dans la rivière en contre-bas.

Brandi, avec un courage surhumain, se laisse faire, joue la morte à la perfection, ne bouge pas, ne tressaille pas pendant toute la durée du processus. En se faisant passer pour morte, elle sait que c’est sa dernière chance de se tirer saine et sauve de ce cauchemar.

L’eau de la rivière Tuscarawas est peu profonde et Brandi se retrouve à flotter sur le ventre tout en continuant sa simulation de la morte. Pendant ce temps, Matthew Vaca est descendu la rejoindre, s’empare d’un bâton et commence à la manipuler avec, comme pour s’assurer qu’elle est vraiment morte.

Brandi se laisse faire, quand Matthew lui empoigne les cheveux sans ménagement et lui plonge la tête sous l’eau, elle ne trépigne pas, elle ne fait pas un seul geste de rejet, l’eau lui entre par les narines et la bouche, elle étouffe mais n’en montre rien. Pourvu qu’il ne s’amuse pas à répéter ce petit jeu malsain et ne finisse par la noyer pour de vrai !

Probablement lassé par ce petit jeu, Matthew Vaca finit par abandonner sa victime dans la rivière avant de disparaître. Trempée jusqu’aux os, luttant contre la menace d’une hypothermie, Brandi ne quitte pas sa silhouette des yeux et attend de le voir s’éloigner complétement, afin de ne pas tomber dans un piège. Puis, sans trop s’attarder davantage, elle commence l’ascension pénible du talus dans l’espoir de parvenir en haut.

Ses pieds engourdis glissent dans la boue, ses mains agrippent désespérément les herbes montantes pour y trouver un appui et produire l’effet ressort. Sa peau est devenue bleue et elle n’a pas remarqué que l’une de ses molaires s’est cassée à force d’avoir tremblé de peur et de froid.

Il est presque deux heures et demie du matin quand elle aboutit sur une route, elle attend alors impatiemment la première voiture qui passera pour pouvoir la héler de toutes ses forces restantes. La peur de revoir surgir Matthew Vaca à bord de sa voiture l’immobilise de peur, mais elle ne peut plus reculer à présent, c’est le tout pour le tout !

Et puis, elle croit apercevoir une lumière jaune arriver de loin, puis deux phares lumineux, elle se met à prier comme elle l’a fait quelques heures auparavant. « Pourvu que cela ne soit pas lui qui revienne, pourvu que cela ne soit pas lui ! ».

Ses prières sont exaucées. Brandi Hicks saute presque sur le capot de la voiture qu’elle vient de héler désespérément. Elle perd aussitôt connaissance. Le conducteur l’installe sur la banquette arrière, appelle la police avant de se diriger vers l’hôpital le plus proche.

Quand elle se réveille le lendemain en fin de matinée, Brandi voit à son chevet deux agents de police en uniforme, prêts à prendre sa déposition.

— Liz, murmure-t-elle avant de sombrer encore dans le sommeil.

Son second et difficile réveil n’a lieu qu’en début de soirée, les policiers sont de retour et attendent de recueillir des informations sur ce qui s’est passé. Brandi leur raconte tout en détail et donne même une description très visuelle de la route empruntée par leur ravisseur, ainsi que de l’endroit de la clairière où elle a vu pour la dernière fois le corps inanimé de sa pauvre amie, incliné sur le côté.

Le lendemain, suivant les indications de Brandi Hicks, la police parvient à retrouver l’itinéraire qu’elle leur a indiqué, ils retrouvent surtout le corps d’Elizabeth Reiser dans la même position fœtale dans laquelle il a été laissé, sa tête décapitée est retrouvée un peu plus loin.

Les parents de la victime sont mis au courant et l’un des faits qui a certainement marqué toute l’affaire est que le père de Liz Reiser a déclaré publiquement, à propos du meurtrier de sa fille : « Nous lui pardonnons son acte, aussi ignoble soit-il ».

Depuis les déclarations de Brandi, la nouvelle de leur terrible périple fait le tour de New Philadelphia et tout l’État de l’Ohio. La presse s’y intéresse et en fait sa une mais l’affaire ne reçoit pas d’écho dans le reste des États-Unis.

Un matin, une petite dame se présente au poste de police local : son fils, qu’elle n’a vu depuis des jours, l’a contactée pour lui annoncer qu’il vient de commettre quelque chose de très grave, que même elle serait incapable de le lui pardonner.

La mère de Matthew Vaca donne son adresse aux policiers et ce dernier est finalement interpellé et mis en état d’arrestation.

Matthew Vaca passe rapidement aux aveux, même si, dans un premier temps, il dit qu’il n’a jamais cherché à tuer ses victimes, juste à leur faire peur pour leur voler leur voiture. Les policiers ne sont pas dupes, car les deux amies ne semblaient pas rouler sur l’or et la voiture de Brandi n’avait rien de luxueux au point d’exciter les convoitises d’un malfrat.

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Source : outlineofamurderpodcast

Des experts psychiatres le déclarent atteint d’un trouble de la personnalité multiple mais le jugent tout de même lucide et apte à faire la différence entre le bien et le mal. L’abominable crime d’Elizabeth était donc prémédité et il savait exactement ce qu’il faisait depuis qu’il les avait abordées, elle et son amie devant le blockbuster.

La peine capitale à son encontre a, quant à elle, été refusée par les parents d’Elizabeth Reiser et la procureure Amanda Spies Bornhost, qui s’y est opposée elle-même afin de leur éviter l’épreuve des nombreuses audiences qui suivent généralement la condamnation à la peine de mort. Pour Matthew Vaca, la procureure a eu ces mots percutants :

— La peine capitale n’offre pas la justice rapide à laquelle a été destinée. Est-ce que je pense que vous méritez de mourir pour les crimes que vous avez commis ? Absolument !

Pendant l’audience publique, la procureure va honnir le meurtrier sans impartialité :

— Je veux que vous compreniez ce à quoi il faut vous attendre en prison : vous serez battu à plusieurs reprises, vous serez brutalement violé, vous perdrez chaque once de dignité qu’il vous reste dans le corps !

Du côté du coupable, aucun motif connu pour ce crime ne sera jamais révélé devant la cour, ni même après. Crime volontaire, involontaire, le mystère reste complet.

En termes de kidnapping par des autostoppeurs ou des itinérants, il y a eu une autre histoire qui a fait beaucoup de bruit dans les années 50 dans le comté du Missouri et en Californie.

Pendant deux semaines entières, William « Cockeyed » Cook a fait régner la terreur sur les routes du sud-ouest des États-Unis en agressant des personnes auxquelles il demandait de le prendre en stop.

podcast William Cockeyed -crime autostop

Source : dailymail

L’un de ses premiers délits remonte à la veille du Nouvel An 1950, lorsqu’il kidnappe un automobiliste à Houston dans le Texas. La victime, bâillonnée, a été placée dans le coffre de sa voiture mais a réussi tout de même à s’enfuir.

En janvier 1951, la famille Mossler composée du père Carl, de la mère Thelma et de leurs trois jeunes enfants, Dean, Gary et Pamela, prennent Cook en stop le long d’une autoroute du Nouveau-Mexique. Peu après être monté à bord, l’autostoppeur meurtrier a braqué son arme sur la tempe de Carl Mossler tout en lui ordonnant de continuer de conduire tout droit sans s’arrêter. Quelques heures plus tard, il abat de sang-froid les cinq membres de la famille sans mobile apparent.

Les cinq cadavres des Mossler sont retrouvés dans un puits de mine au large de Joplin dans le Missouri, tandis que la voiture de Carl Mossler est retrouvée en Oklahoma.

Pendant ce temps, Cook a continué son épopée criminelle en Californie où il kidnappe encore un adjoint du shérif du comté de Fresno. Pendant tout le trajet, il se vante devant le policier du quintuple meurtre de la famille Mossler. Bien que menaçant de l’abattre, il finit par abandonner le policier sur une route déserte.

La dernière victime connue de William Cook est Robert Dewey, un automobiliste qui le prend en stop à la sortie de Baltimore. Il l’abat de deux balles dans la tête après l’avoir forcé à conduire pendant une heure. Après quoi, il s’enfuit pendant un temps au Mexique dans l’espoir de se faire oublier.

Aux États-Unis, la police récupère un reçu laissé dans le coffre de la voiture des Mossler avec lequel Cook s’était approprié l’arme qui lui a servi à les tuer. La police n’a jamais su si le meurtrier a délibérément laissé la feuille de papier ou si c’était au contraire un acte de négligence de sa part.

Le FBI lancé à ses trousses repère sa trace à Acapulco et l’extrade sur le territoire américain. Sa cavale n’aurait duré que quelques jours. Jugé et reconnu coupable du meurtre de la famille Mossler et de l’automobiliste Robert Dewey, William Cockeyed Cook est condamné à la peine de mort.

Il meurt asphyxié dans la chambre à gaz de la prison de Saint Quentin le 12 décembre 1952.

Pour en revenir à Matthew Vaca, celui-ci a été condamné à 96 ans de réclusion criminelle, ce qui équivaut à une peine à perpétuité. En 2096, Vaca pourrait néanmoins être éligible à la libération conditionnelle.

Sept ans après les événements, Brandi a pu réaliser son rêve de devenir photographe. Elle s’est mariée à Justin Williamson et a eu deux petites filles, Emma Elizabeth et Gracie. Elle a été invitée de nombreuses fois en qualité de « témoin survivant » dans le cadre de plusieurs talkshows ayant comme sujet le rapt criminel.

Le 23 mai 2000 dans une petite ville de l’Ohio, Brandi Hicks et Elizabeth Reiser, deux meilleures amies, ne s’imaginaient pas vivre l’un de leurs pires cauchemars en embarquant à bord de leur voiture un parfait inconnu, un certain Matthew Vaca. Rapidement, ce qui avait l’air d’un simple service se transforme, pour les deux filles en calvaire, car Matthew Vaca n’est pas du tout l’homme qu’elles croyaient être.

 

Les sources :


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