Elizabeth wettlaufer, l’infirmière tueuse

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Métier noble, métier plein de sagesse, de patience, de dévouement, les infirmiers ont la tâche dure de veiller sur les malades, de répondre à leurs besoins, de se voir solliciter 24 h sur 24. Certains embrassent ce métier par volonté d’aider son prochain, de veiller sur les autres, d’autres encore suivent ce cursus parce que c’est un métier qui offre des revenus stables et intéressants au fur et à mesure du cumul des années d’ancienneté et d’expérience, et puis il y a ceux qui exercent ce métier pour assouvir des instincts bien plus bas.

Les exemples de cette dernière catégorie ne manquent pas : l’infirmier Niels Högel a tué 85 de ses patients en Allemagne, par le biais d’injection entre 2000 et 2005 ; dans les années 70 en Angleterre, le docteur Harold Shipman aurait tué près de 250 de ses malades, profitant de la confiance aveugle qu’ils avaient en lui ; ou bien encore, l’aide-soignant américain, Richard Angelo, surnommé « L’Ange de la mort », qui en 1987, a tué 25 patients dans un hôpital du New Jersey.

Une liste non exhaustive qui n’exclut pas d’autres cas moins connus restés dans l’ombre. Beaucoup ont avoué lors de leur arrestation, s’être sentis supérieurs face à des personnes plus amoindries physiquement et à leur merci et que le fait d’avoir de l’ascendant, les a motivés à commettre d’autres meurtres du même registre !

Notre affaire d’aujourd’hui est celle d’un autre serial killer en blouse blanche, Elizabeth Wettlaufer. Personne n’aurait soupçonnait cette sympathique et rondelette dame d’une cinquante d’années, originaire de l’Ontario, commettre des crimes d’une telle cruauté et avec autant de méthodisme et de sang-froid. Employée dans la maison de retraite de Caressant Care à partir de 2007, elle se met rapidement à intenter à la vie des personnes âgées et impotentes qu’elle a sa charge.

Source : toronto.citynews

Travaillant généralement la nuit, elle profite de ses shifts nocturnes et du peu de mouvement dans les couloirs de la maison de retraite pour passer à l’acte, étant l’une des seules à pouvoir administrer leurs médicaments aux résidents du home.

En proie à la dépression et aux troubles compulsifs de la personnalité, Elizabeth, d’abord motivée par son travail, commencera de plus en plus à le haïr.

Ayant la pharmacie à son entière disposition, elle en profite aussi pour chaparder des amphétamines et des antidépresseurs pour son usage personnel.

Au total, Elizabeth Wettlaufer fera huit victimes parmi ces personnes âgées, sans compter les tentatives vouées à l’échec. Quatorze inculpations en tout.

Cette infirmière utilisera comme mode opératoire de prédilection, des injections d’insuline fortement dosées pouvant entrainer des comas et des morts imminentes.

La surdose d’insuline étant difficilement détectable dans le sang, la mort des patients passait toujours pour être d’origine naturelle, au vu de leur âge avancé et de leur état de santé très fragilisé.

Personne ne soupçonnera une seule fois l’infirmière d’être la cause de ces décès.

Elizabeth Wettlaufer ne sera jamais prise sur le fait, mais avouera ses crimes de son propre chef au département de la police de la région avec un calme et un sang-froid hors du commun, assurant qu’elle serait passée à l’acte à cause d’une voix diabolique qui lui disait quoi faire dans son oreille. Son affaire provoquera un choc terrible et une révision des conditions de vie dans les maisons de retraite dans tout le Canada.

Je vous invite à découvrir avec moi, l’affaire de cet ange de la mort en blouse blanche !

Le 29 septembre 2016, dans le département des enquêtes criminelles de la police de Toronto, un interrogatoire pas comme les autres a lieu dans l’un des huis clos, entre un inspecteur et une quinquagénaire à l’aspect banal. L’entrevue est enregistrée par des caméras à l’intérieur de la pièce exiguë où a lieu l’interrogatoire.

La femme face au policier qui l’interroge semble sereine, détendue et très loquace. Son nom est Elizabeth Wettlaufer, une aide-soignante de 49 ans qui est venue avouer huit meurtres qu’elle aurait commis il y a dix ans de cela. Le policier est interloqué par l’aisance et la banalité du ton employé par cette femme pour parler des faits graves dont elle semble être l’unique responsable.

Quant aux victimes, elles sont toutes très âgées, entre 70 et 90 ans en moyenne, résidant dans les maisons de retraite où Elizabeth Wettlaufer a travaillé par le passé. Dans ces institutions spécialisées, elle ne reste d’ailleurs jamais longtemps, se faisant renvoyer pour son manque de professionnalisme et pour négligence, face à des patients qui requièrent une attention toute particulière.

Son mode opératoire s’effectue sans douleur, affirmant ne pas être d’une nature sadique et ne voulant pas infliger une mort douloureuse à ses victimes !

Elle raconte comment elle n’a jamais eu recours à des méthodes barbares et traditionnelles comme l’étranglement avec un oreiller, qui auraient laissé des traces suspectes sur le corps. Non, elle employait une méthode moins flagrante : une surdose d’insuline mortelle pour chacun des patients ! Un choix mûrement réfléchi, voulu par cette infirmière, qui connait les effets secondaires que provoque ce médicament. L’insuline étant difficilement décelable dans le sang et compte tenu de l’âge avancé et de l’état de santé très fragile des victimes, tout le monde a cru à une mort naturelle, aussi bien le personnel des maisons de retraite que leurs propres familles.

L’interrogatoire qui dure plus de deux heures, laisse des trêves à Elizabeth Wettlaufer que la caméra de surveillance montre en train de siroter tranquillement un café, chantonner et méditer en l’absence du policier qui l’interroge.

Source : theedgeleaders

Quand l’inspecteur lui pose la question fatidique sur les raisons qui l’auraient poussée à commettre de tels meurtres, elle raconte être en proie à des crises de colère passagère, d’entendre des voix étranges et surnaturelles lui parler dans sa tête. Elle ajoute que la plupart des patients étaient incontinents, amnésiques, immobilisés, dans un état presque végétatif, et souffraient aussi bien physiquement que psychiquement de leur état de santé. Son unique souhait était d’abréger leurs souffrances et de mettre fin à l’humiliation qu’ils vivaient chaque jour dans les maisons de retraite.

L’enquête qui suivra révèlera d’autres zones d’ombre sur la personnalité tourmentée de l’infirmière : alcoolisme, dépendances aux psychotropes, longs séjours effectués dans des instituts psychiatriques de la région de l’Ontario.

La police, après mûre réflexion, décide qu’il est de son plein devoir d’avertir les proches des victimes, même si la tâche ne s’annonce pas facile.

Hormis les huit meurtres déjà avoués par Elizabeth Wettlaufer, l’enquête aboutira sur d’autres faits restés longtemps non élucidés : tentatives de meurtre à répétition sur d’autres patients de différentes maisons de repos, non-assistance à personne en danger, vols de médicaments non prescrits, erreurs à répétition dans le dosage et l’administration de remèdes aux malades, faux et usage de faux.

La police comprend que l’affaire s’annonce épineuse et difficile, car le plus grand problème des enquêtes sur les meurtriers en série est que leurs assassinats sont souvent étalés sur plusieurs années et dispersés sur différents périmètres. Elizabeth Wettlaufler n’échappe pas à cette règle, vu sa longue expérience dans les homes et autres résidences privées pour seniors. Son périple commence d’ailleurs dès l’obtention de son diplôme d’infirmière et son premier emploi.

Entre 2007 et 2016, date de sa démission du poste d’aide-soignante, elle a travaillé dans trois de ces instituts spécialisés pour personnes âgées : Le Caressant Care, où elle restera le plus longtemps, suivi d’une brève période au Telfare Place et puis dans les derniers temps, au Meadow Park et à Ingersoll, des résidences privées offrant de meilleurs services et prestations, étant donné qu’elles sont financées par les familles des résidents.

Mais revenons quelques années en arrière, afin de mieux cerner la personnalité tourmentée de cette femme serial killer.

Elle est née Elizabeth Tracey Mae Parker le 10 juin 1967 à Woodstock en Ontario. Ses parents sont Doug et Hazel Parker, des gens stricts appartenant à l’Église baptiste et à un courant rigoriste. Depuis son plus jeune âge, tout le monde l’appelle « Bethe Parker ».

Elle est inscrite au lycée Huron Secondary School où elle chante aussi dans la chorale de l’école et se passionne pour le théâtre. Son plus grand souhait est de mener une carrière artistique et d’étudier l’art dramatique une fois arrivée à l’université.

C’est surtout une adolescente mal dans sa peau, un peu godiche et complexée par son physique qu’elle ne trouve pas très féminin ; son acné et son embonpoint précoce la dérangent et l’éclipsent souvent face à ses autres amies physiquement plus gâtées.

Sa sexualité aussi la tourmente et elle n’ose en parler à personne, surtout pas à sa mère qui risque de la juger trop sévèrement. Dès l’adolescence, elle se sait bisexuelle, mais elle persuadée que personne ne s’intéresse vraiment à elle, fille ou garçon. Ses anciennes camarades de classe parlent d’une adolescente mesquine et fausse, qui masque bien sa vraie nature derrière un sourire innocent et omniprésent.

Ses parents, mais surtout son père, Doug, ne lui donnent pas assez de liberté. Il refuse qu’elle se rende à des booms et à des bals dansants avec ses amis, même quand ils sont organisés par l’église de leur paroisse.

La poésie est sa seule consolation. Elle écrit elle-même des vers ayant pour thématique l’amour, la sexualité, le désespoir et la solitude.

La morne période de l’adolescence aura aussi un rôle à jouer sur son futur comportement de femme adulte. Sa vie cloisonnée dans l’ambiance religieuse de la maison familiale en fera plus tard une adulte au comportement incertain et très immature.

Ayant baigné dans la religion depuis sa plus tendre enfance, c’est tout naturellement qu’elle choisit de poursuivre son cursus dans une institution tenue par l’Église baptiste. Elle obtient son baccalauréat en Éducation des Religions de la « London Baptist Bible College ». Elle change toutefois complètement de cap quand elle décide de se tourner finalement vers des études d’infirmerie. Elle s’inscrit au Conestoga College toujours à Woodstock, en Ontario. Elle obtient son diplôme d’aide-soignante en 1995 et se met à exercer peu de temps après.

Deux années plus tard, lors du service baptiste du dimanche, elle fait la rencontre de son futur mari, Daniel Wettlaufer. Les deux jeunes gens tombent rapidement amoureux et se marient seulement quelques mois après leur rencontre.

Daniel Wettlaufler est un homme simple, issu d’un milieu modeste et n’a pas poussé ses études bien loin. Il est chauffeur de poids lourds et de ce fait est souvent absent du domicile. Les années passent sans que le couple n’ait d’enfants et la relation se met à battre de l’aile. Elizabeth reproche à son mari de ne pas être assez impliqué dans leur couple, et d’être émotionnellement distant et froid avec elle. La relation se dégrade encore plus quand Daniel, découvre à son grand dam, qu’Elizabeth « le trompe » en nouant une histoire d’amour virtuelle avec une femme sur les réseaux sociaux.

Cette relation, bien que platonique, mettra à mal le couple qu’ils forment. Daniel, très religieux, et n’arrivant pas à concevoir qu’une telle chose puisse détruite son couple, quitte le domicile bien avant l’annonce de son divorce avec Elizabeth.

Ils divorcent à l’amiable en 2008 après onze ans de mariage.

Elizabeth, même si elle n’est plus amoureuse de son mari, vit très mal cette rupture.

Elle sombre dans la dépression, commence à consommer de plus en plus d’alcool et à recourt aux somnifères pour avoir un semblant de sommeil. Lors de son jour de repos hebdomadaire, elle fréquente les nightclubs dans l’espérance de rencontrer une nouvelle fois l’âme sœur.

Hormis ses problèmes sentimentaux, c’est surtout son travail, qui est une autre source interminable de fatigue, de stress et de colère permanente. Depuis 2007, elle est aide-soignante dans une maison de retraite de la région, Caressant Care. Elle a essentiellement des shifts de nuit et est chargée de la distribution des médicaments aux pensionnaires.

Plusieurs soirées par semaine, elle est la seule à assurer le service et doit prendre des amphétamines pour pouvoir tenir jusqu’aux premières heures du jour.

Mais surtout, Elizabeth Wettlaufer n’aime pas ce métier qu’il l’a motivé tant au début ; les résidents de la maison de retraite, pour la plupart atteints d’Alzheimer et incontinents, la tourmentent et la découragent. Certains sont également atteints de démence ou sont amnésiques, d’autres encore, sont complétements immobiles, nécessitant un soin et une attention permanente et particulière.

Bien qu’elle se fasse aider quotidiennement par d’autres infirmières, Elizabeth se sent de plus en plus malheureuse dans son travail. Certains patients, compte tenu de l’âge et de la maladie, deviennent abusifs et colériques, et nombreux sont ceux qui refusent obstinément de prendre leur traitement, de se laver, de se changer ou de manger.

Malgré tout, ses collègues l’a décrivent comme une personne joviale, gentille et attentionnée avec tout le monde.

Côté sentimental, Elizabeth commence à chercher des relations lesbiennes à distance par le biais de sites de rencontre et de réseaux sociaux. C’est là qu’elle fait la connaissance d’une femme, Sheila Andrews. Les deux amies se rencontrent quelque temps après, entament une relation et emménagent ensemble.

Source : globalnews

À cette même époque, Elizabeth fait l’objet de plusieurs avertissements dans son travail au Caressant Care pour s’être trompée plus d’une fois dans l’administration des traitements et avoir donné accidentellement de l’insuline à un patient alors qu’il n’est même pas diabétique.

Un interne la trouvera même une fois, évanouie dans le soul sol de l’établissement, certainement très ivre ou droguée par les psychotropes qu’elle ingère tous les jours.

Cet épisode fera douter ses supérieurs de sa crédibilité en tant que responsable d’une unité de soins spécialisés. Suite à cela, elle fera l’objet d’une enquête du « Département de la Santé de l’Ontario ». Hormis ce premier problème d’ordre pratique, le « Département de la Santé de l’Ontario » reçoit aussi des plaintes d’étudiants internes qui affirment avoir subi à plusieurs reprises des avances à caractère sexuel de la part de Madame Wettlaufer.

Elle réussit quand même, avec beaucoup de persuasion auprès de ses supérieurs, à conserver son travail avec la promesse de ne pas laisser sa vie privée prendre l’ascendant sur sa vie professionnelle. Une promesse qu’elle aura bien du mal à honorer par la suite.

Avec sa compagne Sheila, tout n’est pas parfait non plus ! Leur relation commence à être compromise quand cette dernière fait venir sa mère malade et dépendante pour vivre avec elles. La vieille femme est une source perpétuelle de litige dans le couple et quand Sheila demande à Elizabeth de venir lui donner un coup de main pour laver sa mère impotente, elle répond : « Laisse-moi tranquille, j’en vois des comme elle tous les jours dans mon boulot! ».

Mis à part le fait que la présence de sa mère sous le toit de sa petite amie ne soit pas très bien acceptée, Sheila décèle également dans le comportement d’Elizabeth beaucoup de changement d’émotions et d’humeurs, une sorte de bipolarité qui se manifeste à l’improviste et de différentes manières. Elle raconte aussi qu’Elizabeth a parfois tendance à se comporter comme une petite fille et à faire des caprices d’enfant, alors qu’elle est déjà une femme d’âge mûr.

Afin de calmer ses tourments, Elizabeth se met à boire de façon immodérée tout en essayant de faire bonne figure dans son travail où elle essaye tant bien que mal de ne pas arriver en état d’ébriété comme ce fut déjà le cas une fois. En effet, elle sait que cette fois-ci, le licenciement sera imminent !

Ayant la responsabilité de la pharmacie et étant chargée d’administrer les médicaments aux patients pendant la nuit, elle n’hésite pas à chaparder dans le placard contenant les différents traitements, et à voler des psychotropes de type opioïdes pour son usage personnel. Son état ne s’améliorant pas du tout, elle rentre de son plein gré dans un centre de désintoxication à Toronto où elle séjournera pendant quelque temps. Son diagnostic parle d’un trouble de la personnalité et d’un comportement antisocial. Elle en sort quelques mois plus tard et retourne à son travail.

Dans la nuit du 11 août 2007, James Silcox, un résident de l’établissement de Caressant Care âgé de 84 ans, décède alors qu’Elizabeth Wettlaufer est de service. Cet ancien combattant, vétéran de la Deuxième Guerre mondiale et père de six enfants, résidait depuis peu dans la maison de repos.

L’autopsie fait le constat d’une mort naturelle due à l’âge avancé et à l’état de santé très affaibli du quadragénaire. Sa famille vient emporter son corps pour l’inhumer et l’affaire s’arrête là. Elizabeth est même remerciée pour ses bons et loyaux services et pour avoir tenu compagnie à ce pauvre Mr Silcox jusqu’à son dernier souffle.

Sauf que, comme vous l’avez certainement compris, le décès de James Silcox n’était nullement d’origine naturelle, mais il s’agissait bien d’un meurtre. Le premier commis par Elizabeth Wettlaufer. Elle manifestera même du chagrin devant la famille du défunt, prendra soin de ranger elle-même ses affaires et parlera de lui dans les meilleurs termes. La famille Silcox sera d’ailleurs très touchée par la gentillesse de cette infirmière restée au chevet de leur parent jusqu’à la fin.

Les jours suivants, elle avoue le crime à sa compagne ; elle dit avoir tué James Silcox en lui injectant une forte dose d’insuline. Personne ne l’a soupçonné ni ne l’a vu le jour du meurtre, puisqu’elle était seule dans l’unité de soins. Sheila, bien que choquée par cette révélation, ne fera rien pour verbaliser Elizabeth et lui dira tout simplement d’arrêter de faire des choses pareilles à l’avenir, sous peine d’être prise en flagrant délit et d’être arrêtée par la police.

Elizabeth n’écoute cet avertissement qu’à demi. À présent, l’irrésistible envie de voir agoniser ces pauvres vieilles personnes ne la quittera plus, pire, le décès de James Silcox ne fera que l’encourager à commettre d’autres meurtres.

Quelques mois plus tard, en décembre lors des fêtes de Noël, une autre résidente, une italo-canadienne de 86 ans, Clotilde Adriano, sombre dans un profond coma pendant la nuit. Elizabeth est évidemment à son chevet cette nuit-là. Personne ne la soupçonnera d’avoir voulu essayer d’intenter aux jours de Madame Adriano. La vieille dame finit par s’en tirer malgré sa santé déjà défaillante. Elle ne décèdera qu’un an plus tard, en 2008, de mort naturelle cette fois-ci, semble-t-il.

Sa sœur, Albina Demeideros, résidente comme elle dans le même home, décèdera deux ans après elle dans les mêmes circonstances : coma, rémission et puis décès dans son sommeil. Encore une fois, c’est Elizabeth Wettfauler qui est à son chevet lors de son malaise.

Il est d’autant plus curieux de constater qu’aucun de ses collègues n’a pu faire le lien entre les décès, survenus presque tous de la même manière, à la même tranche horaire où elle est en service et avec des patients présentant les mêmes symptômes !

Entre 2008 et 2009, deux autres pensionnaires de Caressant Care, Michael Pridle et Wayne Hedges, survivent comme les deux sœurs à un surdosage d’insuline, dans les mêmes conditions. Leur âge, ne dépassant pas les soixante-dix ans, jouera d’ailleurs un rôle dans leur convalescence rapide.

Sauf qu’Elizabeth en a assez de voir ses victimes s’en tirer après seulement quelque temps, et l’envie de les voir mourir lentement commence à la tourmenter de plus en plus. Pour assouvir son instinct meurtrier, elle se sent prête à doubler, voire à tripler la dose ! Les meurtres reprennent entre décembre 2007 et mars 2014, et ils sont bien six pensionnaires du Caressant Care à succomber à des overdoses mortelles.

Ces nouveaux pensionnaires, Wettlaufer les choisit très âgés et très décharnés physiquement, ayant le minimum de chance de s’en tirer.

Source : thestar

Maurice Granat 84 ans, Helen Matheson 95 ans, Gladys Millard 87 ans, Mary Zurawinski, Helen Young 90 ans et la dernière, Maureen Pickering âgée de 79 ans, meurent les uns après les autres durant la nuit, sans éveiller une seule fois des soupçons quant à l’étrangeté et les circonstances dans lesquelles leur décès a lieu : une injection de « vitamine D », allongés dans leurs lits respectifs, sans cris et sans douleur et surtout sans la moindre trace !

Si Elizabeth a choisi l’insuline, ce n’est évidemment pas un choix bénin ! De par sa longue expérience dans le domaine, elle sait pertinemment que l’insuline est difficilement détectable lors d’analyses sanguines, et ce, même à fortes doses dans le sang. Son pouvoir de « dissolution » immédiat en fait une substance beaucoup moins suspecte que les psychotropes, l’alcool ou les poisons comme l’arsenic et sa forte odeur d’amande ou le cyanure qui provoque des ecchymoses et un changement de couleur de l’épiderme. Ces poisons sont d’ailleurs facilement répertoriés dans les analyses sanguines et marquent à long terme la peau, le cuir chevelu ou encore l’intérieur des ongles.

Elizabeth Wettlaufler, qui est de garde pendant les nuits, a sa propre méthode pour persuader ses patients de l’injection d’insuline. Quand ils la questionnent à propos du médicament, elle répond de sa voix la plus neutre et la plus professionnelle possible : « C’est de la vitamine D, ça ne peut vous faire que du bien! Vous n’êtes presque jamais au soleil! ».

Si la mort par surdosage d’insuline peut paraitre indolore, il n’en est rien dans la réalité ! Elle peut générer de nombreuses complications avant trépas, dont de la suffocation, de la coagulation sanguine, l’immobilisation graduelle des membres, et des spasmes conduisant à une agonie des plus terribles.

Et pour une tueuse en série aussi sadique qu’Elizabeth Wettlaufer, voir trépasser ses victimes constitue un vrai sentiment de triomphe !

Durant cette période, sa vie familiale et sentimentale n’est plus au beau fixe. Sa campagne Sheila Andrews, fatiguée de son mauvais caractère imprévisible, décide de la quitter.

Suite à cette nouvelle séparation, Elizabeth se tourna vers la religion et vers Dieu, espérant trouver un peu de réconfort dans sa vie très chahutée et déséquilibrée. Elle commence à fréquenter à nouveau le service dominical de l’église baptiste de son enfance.

Elle assure cependant que des voix ne cessent de la tourmenter et lui intiment de commettre des choses horribles, que ces mêmes voix la narguent souvent, se moquent d’elle et rient aussi dans son oreille. Parfois, elle pense aussi entendre la voix de Dieu et racontera lors de son interrogatoire qu’elle aurait agit sous son commandement !

Après une énième grosse erreur professionnelle, et après plusieurs nouveaux avertissements, Elizabeth est finalement congédiée du centre de Caressant Care en 2014.

Elle est suspendue de ses fonctions pour faute professionnelle grave : prescription de médicaments, dosages erronés et manque de responsabilité et d’organisation. Toutefois, l’organisme provincial, « L’Ontario Nursing Association », intervient dans son dossier de licenciement et se montre clément envers elle : on accepte de lui verser une somme de 2000 dollars et on lui fournit une lettre de recommandation. Cet argent, elle se dépêche de le claquer et se retrouve bientôt sans ressources.

Quelques mois plus tard, elle trouve un poste équivalent à mi-temps, au Meadow Park, une autre maison de retraite. Lors de cette période, elle commence à parler ouvertement des crimes qu’elle a commis dans le Caressant Care, donnant le nom des patients et leur état de santé, et raconte avoir agi ainsi afin d’abréger leurs souffrances.

Elle confie ses crimes à plusieurs personnes de son entourage : aussi bien à un couple d’amis, qu’à un interne qui travaille avec elle au Meadow Park, sans compter un avocat et même le pasteur de sa paroisse et son épouse. Connaissant son passé psychiatrique, ces personnes ne sont pas convaincues par ses révélations et restent persuadées qu’Elizabeth aurait inventé toute cette histoire pour attirer l’attention sur elle et croient qu’elle serait incapable de faire du mal à une mouche !

Au lieu de la dénoncer à la police, ce sont plutôt leurs conseils qu’ils lui offrent, lui recommandant « de ne plus recommencer » ! Une grave erreur qui aurait pu empêcher le reste des événements à venir.

Pendant cette période, elle consulte aussi régulièrement un psychologue, chez qui elle se rend chaque mois pour son suivi. Ce dernier, qui la traite depuis quelques années déjà, lui prescrit encore à sa demande, deux nouveaux médicaments, l’un pour le trouble compulsif de la personnalité et l’autre pour la dépression. Toutefois, le traitement n’apporte aucune amélioration à son état de santé mentale. Elle décide de suivre une cure dans un centre de désintoxication.

Sauf qu’une fois embauchée à Meadow Park, l’instinct meurtrier d’Elizabeth Wettlaufler refait surface ; avec le même mode opératoire que lors de ses précédents meurtres, elle injecte une dose mortelle d’insuline à un résident de 75 ans, Arpad Horvath, en lui assurant de lui avoir fait un shoot de vitamines pour qu’il se sente mieux au réveil et qu’il ait moins mal aux articulations. Le vieil homme se laisse persuader et sa terrible agonie se déroulera sous les yeux de l’aide-soignante.

Elizabeth, pour ne pas éveiller les soupçons, décide encore de quitter l’établissement pour un autre, toujours dans la région de Toronto. Elle jette cette fois-ci son dévolu sur une résidence privée assez huppée accueillant les personnes âgées et atteintes de démence. Le lieu s’appelle Telfer Place et elle y restera jusqu’en 2016, date à laquelle elle quitte définitivement son poste d’infirmière.

À Telfer Place, une nouvelle fois, une patiente frôle la mort de justesse suite à une overdose d’insuline ; il s’agit de Sandra Towler âgée de 77 ans ; puis c’est au tour de Beverly Bertram âgée de 68 ans, logée dans la résidence privée d’Ingersoll qui subit à son tour la folie meurtrière d’Elizabeth Wettlaufler.

Beverly Bertram, considérée comme « la plus jeune » des victimes de Wettlaufer, sera l’une des témoins clés encore en vie lors de l’ouverture de son procès.

En 2016, Elizabeth raccroche finalement sa blouse et quitte pour de bon le métier d’aide-soignante. Elle revient occasionnellement au centre de désintoxication CAMH, où elle se fait encore traiter pour ses addictions aux médicaments et à l’alcool et où elle est devenue également bénévole. Quand l’un des responsables de l’établissement lui demande de donner de l’insuline à de jeunes patients diabétiques, elle redoute tellement de passer à l’acte qu’elle refuse sans fournir d’explication, ce qui étonne le responsable la sachant infirmière de métier !

Ces crimes lui pèsent et l’empêchent de se concentrer. Elle recommence donc à en parler aux autres aides-soignants du centre de désintoxication, leur raconte que les huit pensionnaires morts, elle a eu fermement l’intention de les tuer et que ce n’était absolument pas un accident ! Ces derniers, effrayés et choqués par les propos d’Elizabeth, décident d’alerter les autorités afin de mettre les choses au clair.

De son côté, elle envoie un long mail à l’organisme provincial de régulation de la profession, le « College of Nurses Of Ontario » pour leur parler de ses délits commis à Caressant Care, mais aussi à Meadow Park et plus récemment à Tefler Place.

Dans son courrier de quatre pages, elle donne tous les détails personnels des patients qui étaient à sa charge, leur âge, et l’intention préméditée de les tuer. Elle en profite pour déposer également sa démission de l’Ordre des Infirmiers et demandera à ce qu’une investigation soit ouverte. Suite à quoi, elle va elle-même se dénoncer à la police.

Le 25 octobre 2017, c’est au sein d’une unité du département d’enquête de Toronto, dans un huis clos, filmé par des cameras cachées, qu’à lieu l’interrogatoire de « l’Ange de la mort ».

Lors de cet interrogatoire de plus de deux heures, le policier va de surprise en surprise : au lieu de la coupable repentante qu’il a cru avoir face à lui, il trouve une femme obèse, visiblement très à l’aise et très loquace, qui lui relate sans peine et avec enchainement les différents délits commis entre 2007 et 2015 dans les maisons de retraite.

Elle raconte comment avant chaque crime, elle voyait comme tout en rouge, qu’elle rentrait dans une colère noire et qu’une voix lui disait alors quoi faire à ce moment-là. Le policier qui l’interroge lui fait faire plusieurs pauses. Il sait qu’il a affaire à une serial killer d’un genre particulier : de ceux qui tuent dans les hôpitaux, harassés par des malades incontinents et difficiles. Mais Elizabeth assure qu’elle ne voulait aucunement se venger de ces personnes, bien au contraire, elle voulait juste mettre fin à leurs souffrances et leur permettre de quitter ce monde avec dignité.

Le policier a devant les yeux le courrier du « College of Nurses of Ontario « ,  qui fournit les différents détails sur les personnes tuées par Wettlaufer. Il apprend également que la coupable a effectué de longs séjours en désintoxication et dans des instituts psychiatriques de la région, qu’elle prenait des traitements lourds pour réguler ses troubles comportementaux.

Eileen Gilles, la juge chargée du dossier d’inculpation, donne le feu vert pour que des témoignages soient recueillis au sein de la communauté, afin d’aider les enquêteurs.

Les familles des victimes aussi devront être confrontées à la vérité sur la mort de leurs parents. À L’inspecteur Rob Hagerman, de la branche des investigations criminelles de Toronto et le Sergent Elisabeth Brown, incombe la lourde tâche d’annoncer la nouvelle aux proches. Ils savent que ça sera difficile et veulent faire les choses dans les normes. De ce fait, avec leurs autres collègues, ils rédigent pour chaque famille un texte avec toutes les informations sur l’enquête en cours et leur rendent visite une par une, compatissant réellement à leur peine.

Pour chacune des familles des huit victimes de Wettfauler, la nouvelle cause un choc terrible ; d’après la police, ces personnes ont placé leurs parents dans des maisons de repos en espérant qu’ils reçoivent beaucoup d’attention et de protection de la part du personnel soignant ; d’autant plus que ces institutions, qu’il s’agisse de Caressant Care, Meadow Park, Terfle Place ou encore Ingerscoll, ont toutes une bonne réputation dans la région.

Il est donc inconcevable qu’une personne chargée de s’occuper d’eux puisse songer à leur faire du mal comme l’a fait Elizabeth Wettlaufer, sans que personne ne remarque rien et sans qu’elle n’éveille le moindre soupçon.

Toutefois, les enquêteurs demandent aux familles de garder le secret tant que l’enquête n’a pas encore élucidé tous les points.

Malgré son dossier médical et ses attestations de séjour dans des institutions psychiatriques qui pouvaient lui garantir des circonstances atténuantes, Elizabeth Wettlaufer sait qu’elle risque désormais une lourde peine de prison. Mis à part les huit meurtres prémédités, elle est aussi accusée de quatre tentatives de meurtre et deux chefs de voies de fait et envoyée en détention provisoire le 13 janvier dans l’attente de son procès.

Son procès s’ouvre à la Cour d’appel de Toronto, début juin 2017.

Contre toute attente, l’accusée renonce à son droit à une audience préliminaire en huis clos et plaide coupable pour tous les chefs d’accusation qui lui sont attribués. Son verdict est finalement annoncé le 26 juin 2017 en présence des membres des familles des victimes ainsi que de Beverly Bertram, sa dernière victime âgée de 68 ans, qui a échappé de peu à la mort.

Lors de son audience, elle avoue avoir été parfaitement lucide quand elle tué ses victimes et que même si elle connait la différence entre le bien et le mal, étant élevée dans un milieu conservateur, elle insiste cependant qu’elle a agi sous l’influence d’une entité.

« Dieu ou le diable voulait que je le fasse! » lâche-t-elle devant la Cour interloquée.

L’ancienne infirmière décrit l’étrange rire qu’elle entendait dans son oreille avant de commettre chaque meurtre, une espèce de caquetage comme venu des gouffres de l‘enfer, selon elle. Elle parle d’une sensation bizarre et terrible, comme quelque chose lui serrant la poitrine, tandis qu’une voix lui dictait ce qu’il fallait faire : s’emparer de la seringue, introduire le liquide, et l’injecter au patient ou à la patiente, puis le regarder agoniser.

Aux termes des délibérations du jury, la Cour condamne Elizabeth Wettlaufer à la réclusion criminelle à perpétuité, dont huit peines de prison à vie sans possibilité de remise ou d’allégement de sa peine avant 25 ans.

Le juge Eileen Gilles dira à propos de la condamnation de l’aide-soignante que

« C’est une trahison complète de la confiance lorsque le personnel soignant ne prolonge pas la vie, mais y met fin! »

Quand la Cour demanda à Elizabeth Wettlaufer si elle a quelque chose à ajouter, elle dira juste qu’elle regrette tout ce qu’elle a fait, et espère que les familles puissent lui pardonner un jour.

Le Procureur général de la province de l’Ontario, Yassir Naqvi ainsi que le ministre de la Santé et des Soins de Longue Durée, Eric Hoskins, ordonnent que le gouvernement canadien ouvre une investigation publique pour le cas de l’infirmière meurtrière.

Lors d’une conférence de presse, ils assurèrent d’un commun accord que désormais, le personnel soignant appelé à exercer dans les maisons de retraite fera l’objet d’une enquête préalable et d’un suivi psychiatrique, en ajoutant qu’au moindre problème, la personne concernée sera démise de ses fonctions sans espoir d’être embauchée ailleurs. Ils insistent sur la vigilance des autorités compétentes et l’implication de la communauté entière.

Déplorant le manque de vigilance dans ces unités hospitalières spécialisées, ils concluent par ailleurs que tout sera mis en œuvre pour « Qu’une tragédie comme celle-ci ne se reproduise plus à l’avenir! ». Concernant le cas Wettlaufer, les deux hauts responsables insistent auprès des enquêteurs pour vérifier toutes les sources et les lacunes dans le parcours de l’aide-soignante, ainsi que les conditions qui lui ont permis de continuer d’exercer malgré plusieurs avertissements et fautes professionnelles graves.

Toutefois, ils ajoutent sur un ton plus optimiste que les 78 000 résidents actuels des maisons de retraite et des unités de soins de longue durée financés par l’état canadien ont tous une réputation irréprochable et que la sécurité des seniors est la priorité, tout en insistant que tout sera encore fait pour que les normes de ces lieux soient absolument conformes et de qualité.

Du côté du parquet, sur l’ordre du Juge Eileen Gilles, le signal est donné pour enquêter sur les conditions d’admission et de vie des pensionnaires dans les différentes unités de la province. Cette enquête va durer deux ans, commençant en août 2017 et prenant fin en juillet 2019.

Ce ne sont pas moins de 91 recommandations qui seront données dans le rapport de l’enquête dont : une surveillance plus assidue du personnel  – une augmentation de financement dédié aux formations du personnel des maisons de retraite, ainsi qu’une augmentation de l’effectif des médecins, aides-soignants et auxiliaires de vie.

De son côté, « l’Ordre des Infirmiers de l’Ontario », scandalisé par cette affaire qui entache le métier qu’il représente, intente à Elizabeth Wettlaufer son propre procès afin de l’éradiquer complètement de son panel, en se basant sur le témoignage écrit qu’elle leur a fait parvenir par courriel. L’Ordre requiert une audience officielle au tribunal, qui lui est accordée. Pourtant le jour de l’audience, Wettlaufer ne se présente pas, refusant d’y assister, probablement par peur d’être confrontée à ses anciens collègues et supérieurs hiérarchiques.

Au terme d’une audience unique, il sera décidé que Madame Wettlaufer soit officiellement interdite d’exercer le métier d’infirmière, et ce de façon définitive, dans un périmètre englobant l’ensemble des territoires de la Colombie-Britannique.

Après sa condamnation à perpétuité, Elizabeth Wettlaufer a été détenue dans l’établissement Grand Valley puis au Centre Vanier pour femmes, en Ontario. En mars 2018, elle a été transférée dans un autre centre de détention à Montréal. Elle continue d’être suivie par un spécialiste et écrit des poèmes qu’elle publie en ligne sous le pseudonyme de Bethe Parker, son nom de jeune fille. On ignore cependant tout des conditions de sa détention. Elle sera éligible à la libération en 2041, bien que des voix s’insurgent déjà contre cette décision.

Certaines familles des victimes, notamment les enfants de James Silcox et d’Arpad Horvath, ont déposé conjointement plainte contre Elizabeth Wettlaufer et les établissements où elle a exercé par le passé, notamment Caressant Care, Meadow Park et Terfle Place. « L’Ordre des Infirmiers de l’Ontario » n’y échappe pas non plus et se voit intenter un procès par la fille de Mr Horvath, Susan Horvath.

Cela provoquera un tel scandale médiatique, qu’en janvier 2017, le gouvernement de la province de l’Ontario se voit obligé d’interdire formellement à la maison de retraite de Caressant Care d’accepter de nouveaux pensionnaires. Cet arrêt a été déclaré suite à de nombreuses failles au sein de l’établissement. Toutefois, les activités retournèrent à la normale en décembre suivant.

Le 1er août 2017, l’enquête publique menée par la juge chargée de l’affaire et portant sur la sécurité des résidents des foyers de soins de longues durées est officiellement votée au parlement et a été adoptée par le conseil de la province de l’Ontario.

L’affaire Elizabeth Wettlaufer a suscité beaucoup d’émois et a provoqué le scandale au Canada, qui peut se targuer d’avoir l’un des meilleurs services de soins hospitaliers au monde. Avec ses quatorze chefs d’inculpation, elle est l’une des tueuses en série les plus prolifiques en Amérique du Nord.

Source : washingtonpost

Sa condamnation mettra le gouvernement de l’Ontario face à ses propres lacunes : les centres spécialisés sensés accueillir les personnes âgées ou en fin de vie, méritent-ils vraiment leur réputation irréprochable ? Quelles sont les solutions face à une demande de plus en plus accrue pour faire interner les seniors dans ces institutions avec la garantie que les choses se déroulent de la meilleure des façons, aussi bien pour le pensionnaire que pour le personnel soignant ? D’autant plus quand on sait que le Canada recense une population de plus en plus vieillissante depuis déjà plusieurs années ! Et puis, quelles preuves concrètes peuvent garantirent les conditions durant les prochaines années ?

Le Premier ministre du Canada, Julien Trudeau, prend d’ailleurs ce dossier très à cœur et insiste pour que tous les gouverneurs des différentes provinces puissent sensibiliser les citoyens et contribuer aux efforts communs, afin de garantir une fin de vie confortable, digne et humaine aux personnes du 3e âge.

La condition de vie des seniors reste à ce jour un sujet très sensible, presque tabou dans les sociétés industrialisées. Avec lui, son lot de culpabilité des familles auxquelles on reproche d’avoir carrément mis à la porte des parents vieillissants et dépendants.

Si interner les seniors dans des homes et autres maisons de retraite est la norme dans l’Europe de l’Ouest et en Amérique du Nord, il demeure que dans plusieurs pays du Moyen-Orient, du Maghreb, et de l’Asie, la chose est considérée comme choquante et condamnable par la société, compte tenu des croyances religieuses et de la culture de la collectivité au détriment de l’individu en vogue dans ces pays-là.

Même si les chiffres actuels affirment que la chose commence petit à petit à rentrer dans les mœurs, elle ne fait tout de même pas l’unanimité. On serait bien d’accord pour dire que ces chiffres ne pourront jamais égaler ceux de l’Amérique du Nord à elle seule.

Le problème de la maltraitance dans les maisons de retraite est également un sujet tabou que les sociétés essayent de dissimuler. Parfois, des vidéos captées par des caméras de surveillance montrent des conditions de vie tout à fait inhumaines et déplorables. Beaucoup décèdent d’ailleurs dans l’indifférence totale, aussi bien de la part des institutions que des familles qui « n’ont pas de temps à consacrer à leurs ainés ».

Beaucoup ne viennent d’ailleurs jamais de leur plein gré et y sont forcés par leurs familles, qui ne peuvent pas s’occuper d’eux surtout dans les cas de maladies de longue durée telles qu’Alzheimer, amnésie et démence. La cohabitation entre enfants et parents devient alors très difficile. D’autres toutefois, disent se sentir mieux dans les maisons de retraite, où ils ont la possibilité de nouer des liens avec des personnes de leur génération et se faire prodiguer des soins difficiles à effectuer à domicile.

En Italie et en Grèce, deux pays où le statut de parents ou de grands-parents reste sacré on choisit de faire garder sa population vieillissante à domicile par une aide à la personne. Cette approche permet non seulement à la personne âgée de ne pas quitter sa maison et ainsi d’éviter un éventuel choc de changement de lieu et de chambre, mais aussi d’avoir toujours la famille et les voisins à proximité. Ce sont aussi les deux pays européens où la population vit le plus longtemps et de manière plus saine.

Aujourd’hui, avec l’augmentation de l’espérance de vie et l’amélioration des soins médicaux et sanitaires, les populations mondiales auront tendance à vivre plus longtemps. Mais à quel prix ?

Elizabeth wettlaufer est une ex-infirmière…une serial killer en blouse blanche. Personne n’aurait soupçonnait cette sympathique et rondelette dame d’une cinquante d’années, originaire de l’Ontario, commettre des crimes d’une telle cruauté et avec autant de méthodisme et de sang-froid.

 

Les sources :


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