Karla Homolka et Paul Bernardo

Depuis 10 moisCriminologie

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Entre 1987 et 1990, une ombre menaçante plane sur la ville canadienne de Toronto. Des viols en série commis par un agresseur insaisissable secouent la quiétude de ses habitants. « Le violeur de Scarborough », comme il a été surnommé dans les médias, joue avec les nerfs des policiers et ne laisse pas de trace sur son passage. Pire, aucune de ses victimes ne garde un souvenir précis de lui car il prend toujours soin de les droguer et les endormir au préalable avant de les agresser sexuellement.

Quand un prélèvement inattendu d’ADN finit enfin par le pister, la police découvre un univers morbide, violent, immoral, monté et enregistré par les soins de l’assaillant lui-même. Graduellement, la police découvre que « le violeur de Scarborough » n’a jamais agi seul et a toujours travaillé en binôme avec son épouse et complice qui agissait en tant que rabatteuse dans le seul but de le satisfaire et de lui faire plaisir.

Ce couple, c’est Paul Bernardo et Karla Homolka. Jeunes, beaux, très amoureux l’un de l’autre et avec toute la vie devant eux. Derrière les sourires et l’amour qu’ils partagent se cachent deux personnalités troublées et démoniaques, gangrenées par la cruauté la plus vile. Leur secret, nul n’aurait pu le découvrir, pas même leurs familles.

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Formant un véritable duo de dominant/dominé, Karla Homolka et Paul Bernardo ne reculeront devant rien pour assouvir leurs envies sadiques.

Comment cela a- t-il commencé ? Comment ce couple jeune, à peine marié et avec un avenir radieux devant lui a-t-il pu sombrer dans ce cercle meurtrier sans l’once d’une pitié pour les victimes, ne leur épargnant aucun sévice, aucune horreur ? Je vous propose de découvrir avec moi, l’histoire de « Ken et Barbie », les monstres de Scarborough et l’événement inattendu qui a précipité leur arrestation.

Nous sommes à Toronto, dans la soirée du 6 janvier 1993. Dans le poste de police de la petite commune de Saint-Catharines, Karla Homolka, une jeune femme blonde de vingt-quatre ans, vient porter plainte pour coups et blessures en quittant précipitamment le foyer conjugal ce soir-là. C’est par pur instinct de survie, une minute de plus et son mari l’aurait tuée.

Ses blessures sont nombreuses et son visage est entièrement tuméfié, couvert de bleus et d’ecchymoses, il faut dire que son mari n’y est pas allé de main morte : il l’a frappée à plusieurs reprises avec une lampe de chevet, elle n’a pas pu se défendre.

Quand le policier commence à la questionner, Karla Homolka éclate en sanglots, bien trop bouleversée pour répondre à quoi que ce soit. Elle est envoyée quelques instants plus tard à l’hôpital pour y recevoir des soins.

Le lendemain, la police décide de procéder à l’arrestation de Paul Bernardo, le mari de Karla. La violence inouïe dont il a fait preuve envers son épouse n’est pas sans rappeler aux policiers un autre événement arrivé trois ans plus tôt.

Il faut dire qu’en 1993, la police de l’Ontario recherche encore activement un malfaiteur qui a commis plusieurs viols et meurtres dans la région. En 1990, grâce à l’indication de certaines victimes, un portrait-robot a pu être réalisé, il ressemble énormément à Paul Bernardo lui-même.

La police va alors toquer à sa porte pour l’interroger et se laisse complétement berner. Face à elle, au lieu de l’assaillant qu’elle s’est imaginée, se tient un jeune homme très comme il faut, soigné, poli et agréable, qui les invite gracieusement à entrer et se montre prêt à coopérer avec cette assurance propre aux gens qui n’ont rien à se reprocher.

Cela sème le doute chez les policiers qui pensent faire fausse route. Toutefois dans le cadre de l’enquête, ils font des prélèvements salivaires et une prise de sang ; Paul Bernardo accepte de se soumettre sans aucune résistance.

Cependant, dans le cadre de cette enquête, Paul Bernardo n’est pas le seul mis en cause, 229 autres suspects sont soumis aux mêmes tests que lui. 229 suspects, c’est un nombre assez important : le temps de tout vérifier, de tous les interroger, d’attendre les résultats des analyses (et je vous rappelle que nous sommes au début des années 90), tout ceci peut prendre de long mois, voire des années pour avoir enfin des résultats tangibles.

Sauf que Karla Homolka va mettre un terme à toutes ces recherches et ces doutes. Elle avoue tout à son oncle : Paul Bernardo, l’homme qui partage sa vie depuis trois ans, est bien l’insaisissable « violeur de Scarborough » ; l’homme qui, depuis 1988 a violé plus d’une quarantaine de filles et en a assassiné trois, toutes des filles mineures, toutes habitant dans un périmètre proche du leur.

A l’époque des disparitions, toute la ville de Toronto a été bouleversée, sans compter que les disparues n’avaient pas le profil de fugueuses ou de rebelles et étaient pour la plupart issues de la classe moyenne, allant au collège, proches de leurs parents, bonnes élèves et sans signe avant-coureur.

Les révélations inattendues de Karla Homolka provoquent une véritable onde de choc. Devenue l’unique témoin en l’espace de quelques jours, la jeune femme est interrogée par les policiers du commissariat de Saint-Catharines qui veulent en savoir plus. Elle les met alors sur les traces de cassettes VHS mettant en scène Paul Bernardo, son mari, en train de violer et d’agresser ses victimes.

Le soir-même, suivant ses indications, les policiers saisissent une centaine de cassettes vidéos au domicile du couple. Leur contenu fait froid dans le dos, les cris et les supplications des victimes sont insoutenables à entendre.

A partir de ce moment, les choses vont s’accélérer et les pièces de cette abominable machination vont graduellement s’assembler. Maintenant que Paul Bernardo dénoncé par sa femme et pisté par l’ADN est reconnu coupable, la police découvre par la même occasion l’envers du décor et le rôle joué par Karla Homolka dans cette épopée criminelle. Un rôle capital et pas des moindres !

A Saint-Catharines, cette révélation fait l’effet d’une bombe : comment ce couple, jeune, beau, radieux qui avait tout pour être heureux, une bonne situation financière, un mariage digne d’un conte de fées, une famille et des amis qui l’aiment, s’est-il transformé en un véritable binôme meurtrier, traquant, violant et tuant sans pitié des filles qu’il prenait soin de sélectionner au préalable ?

Pour le savoir, je vous invite à revenir avec moi sur la rencontre de Paul Bernardo et Karla Homolka, unis par le hasard, tombés amoureux avant de se transformer en véritables monstres sanguinaires.

Karla est née à Port Credit, en Ontario le 4 mai 1970. Ses parents sont Dorothy et Karel Homolka. Karel est un immigrant tchécoslovaque qui a fui le communisme au début des années 60 pour venir aux États-Unis avant de s’installer définitivement au Canada où il rencontre sa future femme.

Il travaille comme marchant itinérant et vend des lampes et autres objets sur les marchés aux puces. Dorothy, quant à elle, travaille comme assistante à l’hôpital Saint-Catharines de Vancouver. La famille Homolka est très aimée et respectée dans son quartier. Elle possède un joli petit pavillon avec une piscine et tous les jeunes du quartier viennent y nager dès le début des premières chaleurs.

Karla, comme ses deux autres sœurs cadettes Tammy et Lori, sont très choyées et forment un parfait trio de petites blondes espiègles et inséparables. Leur enfance se déroule paisiblement, bien entourées par leurs parents qui ne leur refusent rien et les traitent avec beaucoup de sollicitude.

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Petite, Karla est férue par l’univers des princesses Disney et rêve de devenir comme elles en grandissant, de posséder un château, de belles toilettes et de rencontrer le prince charmant. Elle passe ainsi toute son enfance dans une espèce de bulle protectrice et enchanteresse, entourée de ses poupées.

A l’adolescence, pourtant, la transformation de la jeune femme en devenir est capitale. Elle devient de plus en plus rebelle, dominante, irrespectueuse envers ses parents qui continuent de faire profil bas face à elle et mettent son insolence sur le compte d’une personnalité bien affirmée en phase de construction.

C’est envers son père qu’elle devient de plus en plus ignoble, le traitant à tout bout de champs de « Dumb Czeck » littéralement « connard de Tchèque », se moque ouvertement de sa mauvaise prononciation en anglais et de son métier de vendeur sur les marchés.

Avec ses amies du lycée, même topo, elle les domine toutes, se proclamant comme leader attitrée et décide de ce qui doit se faire ou pas. Comme à la maison avec ses parents, elle reproduit le même schéma et a tellement d’aplomb et d’emprise que ses amies filent doux, presque craintives d’elle.

Karla devient de plus en plus morbide. Le monde des princesses Disney relégué désormais aux oubliettes, elle se tourne vers les polars et les livres de magie noire. Elle est fascinée par les sacrifices humains, par le spiritisme et le monde de l’au-delà et étudie passionnément les sciences occultes.

Côté vestimentaire et suivant la vague gothique du moment, elle commence à s’habiller entièrement en noir et pratiquer des séances de spiritisme à l’aide de planches Ouija. Elle est alors persuadée de posséder des pouvoirs surnaturels. Les cadavres d’animaux la fascine et elle n’hésite pas à déterrer à l’occasion des cadavres de chats, de chiens et de hamsters enterrés par leurs propriétaires.

Un jour, pendant la pause-déjeuner à la cafétéria du lycée, elle dit à l’une de ses proches amies : « Tu sais, j’aimerais dessiner des points au feutre noir sur le corps de quelqu’un, puis relier le tout avec un couteau bien aiguisé et verser du vinaigre sur les blessures. »

Très bonne élève et généralement toujours parmi les premiers pendant son enfance, Karla commence à sécher les cours et ses notes au lycée s’en font ressentir. Les études ne l’intéressent plus, elle veut faire autre chose, medium ou liseuse de tarots, peut-être.

Fidèle à son attitude rebelle, elle se met aussi à fréquenter une bande de jeunes un peu paumés et alcooliques avec lesquels elle se met à sortir tous les soirs. S’il lui arrive de rentrer un peu trop tard et éméchée, ni Dorothy ni Karel Homolka n’y trouvent rien à redire, persuadés que le comportement de leur fille est commun à toutes les adolescentes et qu’elle finira bien par se calmer un jour ou l’autre.

Difficile, entêtée, dominante, insolente, de plus en plus repliée sur elle-même, Karla ne trouve du réconfort qu’auprès des animaux, qu’elle adore plus que tout. Ses études secondaires terminées et pour avoir de l’argent de poche et rester en contact permanent avec ses petits protégés, l’adolescente décroche un travail d’assistante dans un cabinet vétérinaire qui sert également d’animalerie, le « Marlindale Animal Clinic ».

Elle est passionnée par son travail et s’y adonne entièrement, récoltant au passage l’admiration de son patron qui voit en elle l’étoffe d’un futur vétérinaire et l’encourage à orienter ses études dans ce sens.

Karla est d’ailleurs tellement compétente et passionnée par son travail que son patron lui propose de l’accompagner à une conférence sur l’industrie animalière, organisée par une association vétérinaire de Toronto. Elle accepte avec joie.

Nous sommes en octobre 1987, Karla et son patron se rendent dans un prestigieux hôtel, le Howard Johnson à Scarborough, qui abrite souvent des conférences et des meetings en tous genres. C’est là qu’a lieu leur conférence.

Alors qu’elle prend son café dans le restaurant de l’hôtel en compagnie d’une amie venue la rejoindre, elle est abordée par un certain Paul Bernardo, jeune stagiaire en comptabilité et fraîchement diplômé de la prestigieuse University of Toronto. Lui aussi est accompagné par un de ses amis et demande aux jeunes filles s’ils peuvent se joindre à elles.

Les deux filles acceptent, bien trop flattées de se faire accoster ainsi par des hommes en costards et non pas par des adolescents boutonneux. Le regard de Karla croise celui de Paul pour la première fois.

Paul Bernardo présente bien : il est blond aux yeux bleus, habillé avec goût, souriant et très avenant. Karla tombe immédiatement sous le charme. Rencontre hasardeuse, coup du destin ? C’est à partir de ce moment même que l’histoire d’amour des deux jeunes gens commence vraiment.

Paul Bernardo symbolise tout ce que Karla a toujours rêvé. Au lycée, elle faisait partie d’un club féminin, rassemblant quelques adolescentes en fleur dont le rêve est de réussir à mettre le grappin sur un homme riche et idéalement plus âgé, et de se voir offrir une énorme bague en diamant en cadeau de mariage.

En 1987, Karla n’a encore que dix-sept ans et Paul vingt-trois ans, donc assez « vieux » pour correspondre au leitmotiv de son ancien club. Hormis son charme irrésistible et ses yeux bleus incisifs, le jeune stagiaire en comptabilité possède quelque chose de plus que les autres garçons : il a un tempérament entier, fort et dominant et c’est tout ce que veut Karla !

Ils consomment leur première relation sexuelle le soir-même et Paul s’étonne de constater que sa nouvelle conquête n’est pas vierge, ce qui le vexe un petit peu.

Les jours suivants, Paul et Karla se voient de manière assidue, attirés l’un envers l’autre comme des aimants, et quand ils se quittent, Karla emporte avec elle son image qui la hante toute la nuit. Elle soupire quand il est un peu en retard ou quand il reporte un rendez-vous (ce qui arrive rarement) : elle est tombée amoureuse et ne supporte plus de passer une heure sans lui.

De son côté, Paul la couvre de cadeaux coûteux, l’invite dans de coquets restaurants, paye toutes les dépenses sans trop s’attarder sur l’addition, se contentant de sortir fièrement sa Master Card. Il conduit une belle voiture et est en plein dans son rôle de futur expert-comptable. Karla a des étoiles plein les yeux !

Source : filmdaily

Et pourtant, malgré les apparences, elle ignore presque tout de son amoureux. Pour toute réponse un peu trop indiscrète, Paul Bernardo dit qu’il n’est pas le genre à parler de sa famille et étaler ses succès professionnels.

Mais en réalité, le jeune homme cache un caractère beaucoup plus secret et complexe qu’il n’y paraît. Avec lui, l’habit ne fait vraiment pas le moine. Si Karla a eu la chance de grandir auprès de parents sains, aimants et protecteurs, le milieu dont est issu Paul Bernardo est tout l’opposé.

Il est né le 17 août 1964 à Scarborough, dans la région de l’Ontario. Ses parents sont Kenneth et Marilyn Bernardo. Son grand-père maternel était avocat à Montréal et a offert à sa mère, Marilyn, une enfance et une jeunesse de rêve faite de voyages et d’études prestigieuses dans les meilleures institutions privées canadiennes et britanniques. Pourtant, la vie de cette dernière prend brusquement un tour dramatique quand elle croise en 1959 celui qui deviendra son mari et père de ses enfants : Kenneth Bernardo.

Kenneth Bernardo est issu d’une famille italienne, et fait partie de la première génération d’italo-canadiens. C’est un homme violent, dominateur, qui maltraite son épouse et ses enfants et qui règne en véritable tyran dans son foyer. Le couple a trois enfants, Paul en est le cadet.

Dans leur quartier, les Bernardo passent pourtant pour être une famille parfaite et fortunée : les enfants possèdent des jouets chers et dernier cri, le père conduit une voiture luxueuse, la mère est toujours bien habillée et impeccable. Derrière les portes closes, les choses sont tout autre.

La violence de Kenneth Bernardo est d’ailleurs tellement insoutenable pour sa femme qu’elle finit par le quitter momentanément pour renouer avec un ancien copain du lycée. Humiliée suite à ce faux-pas et ramenée de force à la maison par son conjoint qui la traite de tous les noms et la frappe devant leurs enfants, elle sombre dans une terrible dépression.

A partir de ce moment, Paul et sa fratrie sont livrés à eux-mêmes. Marilyn Bernardo vivant désormais en recluse dans sa chambre où elle pleure ou dort durant toute la journée, perd toute notion d’intérêt pour son foyer et sa famille. Elle ne fait plus le ménage, ne cuisine plus, ne sort plus faire les courses, ne communique plus.

La maison familiale se transforme dès lors en véritable taudis, les armoires et le frigidaire sont constamment vides, la vaisselle s’amoncèle dans l’évier de la cuisine sans que personne ne songe à la laver, les affaires traînent partout et Kenneth est souvent absent, nullement inquiété du devenir de ses enfants et de sa femme qu’il néglige volontairement.

Malgré cette ambiance étouffante et dysfonctionnelle, Paul traverse cette période difficile avec une facilité déroutante, presque comme s’il vivait en parallèle avec le chaos familial. C’est un jeune garçon joyeux et souriant, adoré par les mamans du voisinage qui lui donnent souvent des gâteaux, des livres, et l’invitent à goûter avec leurs enfants. Il est aussi boyscout et pratique beaucoup d’activités en plein air, notamment le canoë et la natation. A dix ans, il sait déjà monter une tente, allumer un feu de camp et dresser des pièges pour les animaux nocturnes.

Son père, dont il est le préféré, lui inculque des idées misogynes et le somme de toujours se comporter violemment avec les femmes, de toujours les soumettre et de les corriger si elles lui désobéissent. Pour Bernardo père, mieux vaut être violent et de se faire respecter plutôt que d’être trompé à son insu. Paul avale ces enseignements, bien trop jeune et inexpérimenté pour se faire sa propre opinion.

Kenneth Bernardo est arrêté une première fois à la fin des années soixante-dix, quand il est accusé pour attouchements sur une mineure. Pour éviter le scandale et la prison, il paye une caution. Après ce premier incident passé sous silence, il se tourne vers l’une de ses filles qu’il abuse continuellement, même devant sa femme qui, complétement léthargique, ne réagit pas. Paul a lui aussi assisté aux sordidités de son père plus d’une fois.

Mais le véritable coup de grâce se produit lorsque Paul est âgé de seize ans. Il apprend alors de la propre bouche de sa mère que Kenneth Bernardo n’est pas son vrai père et qu’il est en réalité issu d’une relation extra-conjugale entre elle et son ami de l’époque.

Cette révélation choque et plonge l’adolescent dans une colère noire. Il se met à mépriser sa mère et à la traiter de salope au lieu de « maman » pour s’adresser à elle. Pire, il se range même du côté de Kenneth quand ce dernier la maltraite ou la violente : visiblement, elle a tout ce qu’elle mérite !

A partir de là, l’adolescent comprend que son père avait raison, que la gentillesse et la douceur envers le sexe opposé n’apporte que des ennuis et que s’il faut qu’il se marie un jour, il va falloir que son épouse lui soit soumise aveuglément. Cet état d’esprit macho ne quitte plus le jeune Paul, persuadé que toutes les femmes sont volages, et qu’il faut à tout prix les assujettir pour qu’elles vous respectent.

Déstabilisé par cette révélation, il se met à fréquenter une bande de petites frappes et à s’adonner à l’alcool et aux drogues dures. Néanmoins bon élève, il parvient miraculeusement à s’extirper de ses addictions et réussit son entrée à l’université de Toronto, d’où il ressort diplômé en commerce en 1986.

Embauché dans l’entreprise Price Waterhouse à Toronto, Paul Bernardo siège d’abord en tant que stagiaire avant de devenir employé à temps plein et contractuel. Ce métier, bien payé et offrant plusieurs avantages, lui permet de fréquenter la haute société, d’acheter un appartement et de s’habiller dans les meilleures enseignes.

A cette époque, il fréquente une jeune femme, Nadine Brammer, avec laquelle il file le parfait amour dans un premier temps. La relation ne tarde pas à s’effriter à cause du tempérament possessif du jeune homme qui veut tout contrôler dans leur relation. Nadine finit par le quitter, étouffant dans ce rapport de force. Pour se venger, Paul lui brûle ses affaires personnelles, la harcèle de coups de téléphone, la suit dans la rue et l’intimide avant de se lasser et d’abandonner.

Suite à ce cuisant premier échec amoureux, il se tourne vers les discothèques et les bars dans lesquels il siège assidument chaque soir. Là, il baratine les filles, leur parle de sa position privilégiée et de son métier de comptable, et finit par coucher avec elles pour les oublier dès le lendemain pour repartir « en chasse » dans d’autres spots des quartiers chauds de Toronto. Son rêve, comme il le raconte à l’un de ses amis, est d’acheter une ferme « pour y stocker des femmes et les avoir à disposition à chaque heure du jour ou de la nuit. »

Par la suite, il se met simultanément en couple avec deux ex-petites amies de ses copains du lycée. Toutes les deux finissent par le quitter en découvrant sa part d’ombre. L’une d’elle dépose même une plainte contre lui après qu’il lui a fait des appels téléphoniques obscènes au beau milieu de la nuit. Paul Bernardo, craignant de se faire renvoyer de son travail si les échos de ses scandales amoureux arrivent aux oreilles de son patron, décide de s’assagir pendant un moment. Mais cela ne dure pas longtemps.

Dans la nuit du 4 mai 1987, il commet son premier délit : il accoste une jeune fille à un arrêt de bus, l’embarque dans sa voiture, la drogue et la viole avant de la redéposer au même arrêt quelques heures plus tard, complétement inconsciente. Il récidive en juillet de la même année, en suivant le même stratagème : repérer une fille devant un arrêt de bus, la droguer, la violer avant de la redéposer au même endroit où il l’a trouvée.

Pour ces deux agressions, il ne fait l’objet d’aucune poursuite judiciaire.

Sa rencontre inattendue avec Karla Homolka dans le bar de l’hôtel Howard Johnson à Scarborough marque le début d’un nouvel épisode de sa vie de pervers qui cache bien son jeu.

Si, jusque-là, Paul n’a eu affaire qu’à des femmes qui le délaissent, cette jeune blonde à peine sortie du lycée et un peu naïve semble sortir du lot. Même s’il se sent vraiment amoureux, sa volonté de tout contrôler prend le dessus. Contrairement à ses précédentes relations chaotiques, Karla ne semble pas rejeter son caractère dominateur et possessif, bien au contraire, elle approuve le fait qu’il la harcèle de questions sur ses va-et-vient, sur la tenue qu’elle doit porter ou non pour sortir, sur la couleur de son rouge à lèvres, sur la matière de ses collants.

Mettant ce contrôle exacerbé sur le compte de la jalousie masculine, Karla ne cherche aucunement à le contredire et change de tenue si elle ne semble pas à son goût ou assez appropriée pour lui.

Graduellement, leur vie amoureuse et surtout sexuelle prend une direction sadomasochiste, Paul devenant le maître tandis que Karla se retranche dans celui de l’esclave, faible et voulant lui plaire à tout prix.

Mais cette obéissance aveugle finit par le lasser. Flatter son égo démesuré n’est visiblement plus suffisant pour Paul Bernardo qui prend désormais un malin plaisir à rabaisser Karla pour tout et rien.

Alors qu’il a toujours l’habitude de lui faire des compliments sur son physique, il la trouve maintenant trop moche, trop grosse, trop négligée et ne se gêne pas pour le lui dire ouvertement. Mine de rien, Karla semble prendre ces humiliations pour des compliments ! Malgré ce déséquilibre, leur singulière histoire d’amour est à son apogée.

Les attentes nocturnes devant les arrêts de bus, l’autre petit secret bien gardé de Paul Bernardo, continue parallèlement à sa vie rangée.

Dans la nuit du 16 décembre 1987, soit deux mois après sa rencontre avec Karla, il viole une jeune fille de 15 ans puis une autre femme la veille de Noël.

Sa réputation d’assaillant de l’ombre commence à intriguer les médias qui le surnomment « le violeur de Scarborough ». Cela a le don de l’amuser.

Quand il s’installe avec Karla dans un nouvel appartement du centre de Toronto, son emprise sur elle devient plus vertigineuse. À présent, c’est sur des notes en papier qu’il lui dicte sa règle de conduite et toutes les choses « à faire et à ne pas faire ».

L’une des amies de Karla, en visite chez elle pendant un soir, tombe sur l’une de ces notes sur le comptoir de la cuisine et est scandalisée par son contenu :

« Sois une parfaite petite amie. Si Paul (il parle de lui à la 3e personne) demande à boire, amène-lui une boisson rapidement et avec le sourire. Tout air renfrogné est à proscrire. Surtout, mets-toi bien en tête que tu es stupide, rappelle-toi que tu es moche, rappelle-toi que tu es grosse. Je ne sais même pas pourquoi je suis obligé de ressasser ces choses alors que tu ne sembles rien vouloir changer ! »

Quand l’amie en question questionne Karla à propos des horreurs qu’elle vient de lire, cette dernière se contente de lui enlever le papier des mains en riant « Oh ça ? c’est des plaisanteries de Paul, c’est tout ! » Son amie n’est qu’à moitié convaincue. Elle sent que quelque chose de bizarre lie ces deux-là et ce n’est certainement pas que de l’amour !

Paul Bernardo, de son côté, mue par sa sexualité débridée et de plus en plus en demande, continue sa traque nocturne dans les rues de la ville, idéalement à la tombée de la nuit quand il y a peu de circulation.

Il viole tour à tour deux adolescentes dans une gare routière à une nuit d’intervalle. Le 4 octobre 1988, alors qu’il s’apprête à agresser une jeune fille, cette dernière prend le dessus, le blessant bravement avec un couteau qu’elle lui plante dans les fesses et la cuisse, ce qui lui vaut d’être admis à l’hôpital les jours suivants.

Cela sera le premier incident du genre pour Paul, accoutumé à avoir toujours l’avantage. Il change alors de stratagème pour ne pas s’exposer et commence à épier ses victimes potentielles directement depuis les fenêtres de leurs chambres. C’est ainsi qu’il pénètre chez trois jeunes femmes de Scarborough, qu’il attache et viole à plusieurs reprises avant de disparaître dans la nuit.

Dans une petite localité comme Scarborough, la rumeur de ces agressions sexuelles commencent à faire du bruit. En quête de l’insaisissable violeur de l’ombre, les policiers décident de faire le tour du quartier dans lequel une adolescente a été agressée, sous un abribus dans la nuit du 16 mai 1990.

Comme tous les hommes du voisinage, Paul Bernardo est sommé de fournir des échantillons de salive, de sperme et de cheveux aux autorités dans le cadre de l’enquête préliminaire. Il accepte sans se faire prier et accueille même tout sourire les deux agents venus toquer à sa porte. Il est tellement charmant, poli, bien habillé, que les policiers repartent en lui présentant leurs excuses de l’avoir dérangé !

Avec Karla, devenue entretemps sa fiancée, Paul continue son engrenage et son rapport de maître/esclave. Il sait qu’elle serait prête à faire n’importe quoi pour rester avec lui. C’est alors qu’il commence à s’intéresser de plus en plus à sa sœur cadette, Tammy.

Il est d’ailleurs toujours bienvenu chez les Homolka qui l’accueillent avec beaucoup de chaleur et d’égards, bien trop heureux que leur fille ait trouvé un bon parti qui dépasse largement leurs espérances. A chacune de ses visites de plus en plus rapprochées, Karel et Dorothy le traite en fils et futur gendre et font tout pour le mettre à l’aise dans leur maison.

Paul sympathise avec Tammy, alors en pleine crise d’adolescence, et devient une sorte de confident pour elle. Il va jusqu’à lui ordonner de conserver sa virginité jusqu’au mariage et ne pas la donner au premier venu. Dans sa tête de détraqué, il a d’autres plans pour elle.

En décembre 1990, il commence à faire part ouvertement à Karla de ce qu’il compte faire de sa sœur. Il veut la posséder, la violer, lui faire du mal et la filmer avec un caméscope, mais il faut d’abord qu’elle soit inconsciente, idéalement endormie sous sédatif. Aussi monstrueux que cela puisse paraître, sa fiancée acquiesce et accepte de jouer le jeu.

C’est elle-même qui est chargé de procurer le somnifère en question. Grâce à son travail d’assistante-vétérinaire, Karla a toute la pharmacie à sa disposition et n’a aucun mal à prendre l’ordonnance fatale. Possédant les clés du cabinet, elle s’y rend de nuit, récupère de l’halothane et des comprimés d’Halcion, deux puissants sédatifs utilisés habituellement comme anesthésiants lors des opérations chirurgicales, et rentre à la maison, son butin dissimulé dans son sac à main.

Dans la nuit du 23 décembre 1990, deux jours seulement avant Noël, l’infernal duo met son plan à exécution. Ils sont invités à passer la nuit chez les Homolka.

Alors que toute la famille est rassemblée autour de la télé pour regarder un film, Paul se retire un instant dans la cuisine afin de chercher des sodas pour tout le monde. Il réduit en poudre les comprimés fournis par Karla et les met dans le verre de Tammy avant de le remplir à ras bord de limonade.

De retour au salon, il jubile presque en voyant Tammy vider son verre d’une traite. Vers minuit, les parents montent se coucher à l’étage, laissant les jeunes entre eux. Tammy sombre dans un profond sommeil, le sédatif faisant son effet. Paul la déshabille, la viole tandis que Karla filme le tout avec une caméra.

Mais alors qu’ils s’y attendent le moins, les choses dégénèrent. Tammy commence à reprendre conscience et vomit ; ses spasmes sont tellement violents qu’elle finit par s’étouffer par ses vomissures. Paniqués, les deux bourreaux la rhabillent en hâte avant d’appeler une ambulance et réveiller les parents.

Âgée de seulement quinze ans, la jeune fille décède quelques heures plus tard à l’hôpital, étouffée par ses spasmes et par le vomi que ses poumons ont absorbé.

Ni Karla ni Paul ne sont soupçonnés dans cette terrible histoire. L’autopsie déclare même qu’il s’agit d’une mort accidentelle. Les Homolka, la mort dans l’âme, enterrent leur fille et sont même soutenus par leur futur gendre qui verse de chaudes larmes durant les obsèques.

Ragaillardis de s’en être tirés sans une égratignure, les deux assassins continuent leur épopée du sordide sans l’ombre d’un remord. Paul sait que désormais, il peut compter sur sa fiancée pour lui procurer des jeunes filles, vierges de préférence, pour s’adonner à ses abjectes orgies.

Et c’est dans cette lancée que deux mois à peine après le décès de Tammy, Karla déniche une nouvelle victime, une cliente de sa clinique vétérinaire, une fille du nom de Jane. Les deux femmes ont sympathisé quand le chien de Jane a été soigné et c’est sans arrière-pensée qu’elle accepte l’invitation de Karla de venir passer une soirée chez elle pour papoter autour d’un verre.

Ne soupçonnant en aucun cas le plan machiavélique qui est en train de se jouer à son insu, Jane se laisse facilement berner par Karla. Cette dernière appelle entretemps son fiancé pour lui annoncer que « la vierge est là, qu’elle est prête ». Au comble de l’excitation, Paul saute dans sa voiture et file les rejoindre.

Comme Tammy Homolka, Jane a été préalablement droguée par Karla et a déjà sombré dans un sommeil artificiel. Les deux se mettent alors à la déshabiller, à la caresser avant que Paul ne la viole sous la caméra de Karla.

Cette fois-ci, la victime ne meurt pas. Jane reprend conscience le lendemain dans la chambre d’amis, réveillée par Karla qui lui apporte un mug rempli de café, lui dit qu’elle a tout simplement perdu connaissance la veille après avoir ingéré plusieurs verres d’alcool à la chaîne et qu’il a fallu l’allonger. Jane n’a aucun souvenir de la nuit précédente.

Dans la nuit du 15 juin 1991, Paul Bernardo est à bord de sa voiture. Il conduit lentement, longeant les abribus, regardant discrètement les passantes, essayant de repérer les plus isolées, quand il est abordé par une jeune adolescente.

— Dis, tu as une clope ?

— Euh, oui.

— Je m’appelle Leslie, et toi ?

— Euh, moi c’est, c’est Richard.

— Richard, c’est un nom de pépés, il y a encore des mecs qui s’appellent comme ça ?

Elle est jeune, Leslie Mahaffy, blonde, grande, souriante, presque provocante. Paul a du mal à se contenir. Elle doit être sûrement vierge. Elle lui raconte qu’elle est sortie avec des amies, qu’elle habite à Burlington et qu’elle est rentrée plus tard que prévu cette nuit-là, qu’elle s’est rendu compte qu’elle n’avait plus ses clés et que ses parents, assez pointilleux sur les horaires, vont lui faire passer un sale quart d’heure en leçon de morale. De peur de se faire gronder, elle a décidé de revenir à l’abri de bus pour réfléchir à la manière dont elle pourrait rentrer par l’une des fenêtres sans se faire prendre.

— Et toi alors, qu’est-ce que tu fais là ?

— Je suis cambrioleur.

— Menteur !

— Si, c’est vrai !

— Un mec qui s’appelle Richard et qui cambriole des maisons, décidément on aura tout vu !

— On pourrait faire un petit tour avant, peut-être même aller prendre un verre, un « vrai verre » quelque part, et tu ne le diras pas à tes parents, hein ? Tu sais, je suis aussi gentleman quand l’occasion se présente et je n’arrive pas à résister quand une fille est jolie comme toi.

Elle rit, flattée du compliment. Décidément, lui aussi lui plaît bien. Il faut dire que Paul sait tirer avantage de son charme. Mais une fois dans la voiture, le piège se referme sur Leslie. Paul s’empare d’un couteau caché dans son tableau de bord et lui pointe sous la gorge en lui intimant de ne pas émettre le moindre son au risque de se faire égorger. Il démarre.

Arrivé dans son appartement, il traîne l’adolescente sur le canapé du salon, lui ôte ses vêtements, la viole tout en la filmant. Dans la pièce d’à côté, Karla entend le vacarme. Elle arrive et s’empare de la caméra. Par la suite, Paul étrangle l’adolescente, la découpe en morceaux, puis les coulent dans du ciment frais.

Tard dans la nuit, il jette les restes de l’adolescence dans la rivière Gibson qui traverse la ville de Toronto. De retour chez lui, il dit à Karla :

— Karla, je t’aime, marions-nous !

Le lendemain, la disparition de Leslie Mahaffy est signalée par ses parents à la police du district. L’enquête commence avec un arrière-goût de déjà-vu, les policiers sont persuadés que « le violeur de Scarborough » a encore frappé.

Chez les Homolka, l’ambiance est à la fête. Paul a officialisé sa demande en mariage avec Karla, une nouvelle que les parents de cette dernière ont accueilli avec des larmes de joie. Reste maintenant à procéder aux préparatifs. La date et le lieu de la cérémonie sont d’ores et déjà fixés : ça sera le 29 juin dans la Cathédrale Saint-Thomas qui donne directement sur les Chutes du Niagara.

Des centaines de cartons d’invitation sont envoyés aux parents, amis, collègues, patrons et voisins du couple.

Karla choisit sa robe de mariée qui doit être la plus ressemblante possible à celles des princesses Disney qui ont bercé toute son enfance. Ce mariage, elle en a rêvé toute sa jeunesse !

Source : filmdaily

D’ailleurs la cérémonie en elle-même se doit de ressembler à l’univers des contes de fées, une sorte de réplique kitsch de Disneyland. Il faut que ça détonne, que ça marque les esprits à long terme ! Et pour cela, Paul et Karla mettent le paquet et ne lésinent pas à la dépense.

Une semaine avant le jour J, un maître de cérémonie est engagé pour orchestrer le déroulement des festivités. Karla doit arriver dans sa somptueuse robe nuptiale et sa longue traîne en mousseline assise dans un carrosse. Elle sera accueillie par une nuée de fleurs et de confettis jetés par des demoiselles d’honneur triées sur le volet. Son père ira la récupérer à la descente du carrosse pour la mener vers l’autel. Les mariés insistent pour que leurs familles prennent part aux répétitions car cela relève d’une importance capitale : n’importe quel faux pas pourrait tout gâcher.

Pour le repas, l’inspiration des contes de fées continue : on servira du faisan, des tourtes de volaille, du crabe et du homard et on trinquera avec du champagne français avant de clôturer le tout par une énorme pièce montée.

Le jour du mariage, tout se passe à merveille. Un parterre d’invités accueille les mariés à la sortie de la cathédrale, deux colombes sont projetées dans le ciel lumineux de cette journée du 29 juin 1991. Des dragées blanches fusent de toutes parts, tout le monde est heureux et partage l’allégresse communicative du couple Bernardo qui vient d’échanger ses vœux devant le prêtre. La cérémonie est immortalisée par six photographes, alignés à la sortie de l’église, comme lors des festivals cinématographiques.

Et pourtant …

Personne ne soupçonne que derrière les sourires radieux et les cheveux blonds permanentés des deux tourtereaux se cache un secret aussi sordide qu’inimaginable.

Pendant ce temps, de l’autre côté de la région de Vancouver, un couple fait du canoé sur le Lac Gibson en cette chaude journée estivale, quand leur bateau bute sur quelque chose de dur. Ils croient d’abord à un rocher avant de se rendre compte qu’il s’agit d’un bloc de ciment. Pris dans le bloc, ils remarquent des fragments d’os et de chair humaine. Paniqués, ils appellent la police qui arrive précipitamment sur les lieux.

Après analyse des restes par des légistes, Leslie Mahaffy est finalement identifiée grâce à l’un des fils de fer de son appareil dentaire. Sous la pression des médias et des familles des disparues, la police forme une cellule d’enquête spéciale, la « Task Force », chargée de lever le voile sur ces viols en série qui secouent la région depuis bientôt quatre ans maintenant.

Pendant ce temps, Paul et Karla coulent des jours heureux d’une typique et très kitsch lune de miel sous les cocotiers d’Hawaï. De retour chez eux au terme de leur voyage, ils reprennent leurs activités respectives, ouvrent leurs cadeaux de mariage et envoient des faire-parts de remerciements aux quatre coins du Canada.

Ils patientent encore jusqu’au 16 avril 1992 pour reprendre leur activité criminelle.

C’est Karla la première qui aborde la jeune Kristen French, âgée de quinze ans, à la sortie d’une église. Karla lui dit qu’elle s’est perdue en chemin, qu’elle n’est pas de la région, qu’elle est tout bonnement incapable de déchiffrer une carte et que l’aide d’une locale lui serait d’un grand secours. Kristen French monte à bord de la voiture sans se faire prier et sa ravisseuse s’engage sur la route quand Paul Bernardo surgit de nulle part, monte du côté passager, un couteau à la main qu’il met sous l’oreille de Kristen.

Kristen French ne le sait pas encore, mais le sort qui lui est réservé par les deux assassins, est bien en deçà de son pire cauchemar !

Pendant plusieurs jours, la jeune adolescente est violée à plusieurs reprises par Paul Bernardo et même par Karla Homolka, torturée, blessée par des fragments de flûtes de champagne cassées et brûlée à vif avec des mégots de cigarette.

Le couple pousse le sadisme jusqu’à faire visionner à la malheureuse les vidéos cassettes mettant en scène les viols de Leslie Mahaffy et de Tammy Homolka, qu’ils l’obligent à regarder sans baisser une seule fois les yeux sous peine de se faire tuer.

Au bout du quatrième jour de captivité, Kristen French est étranglée par Paul Bernardo puis violée une dernière fois avant d’être jetée dans un dépôt à ordures. Une victime de plus dans le triste palmarès du couple démoniaque.

Un événement inattendu va pourtant venir précipiter la fin de l’épopée meurtrière du tandem. Tout d’abord, les prélèvements de cheveux, de sperme et de salive, récupérés par des policiers quelques années plus tôt dans le cadre de l’enquête préliminaire sur le mystérieux « violeur de Scarborough » ont enfin parlé : Paul Bernardo ainsi que trois autres individus sont déclarés comme susceptibles d’être l’assaillant en question.

Cette découverte le met dans une colère noire, qu’il déverse sur son épouse. Il se met à la frapper de plus en plus souvent, à lui jeter des objets à la figure, à la pousser volontairement dans les escaliers. Paul sait que l’étau se resserre sur lui, à présent que l’ADN a parlé. Tôt ou tard il sera obligé d’avouer ses meurtres.

Dans la soirée du 6 janvier 1993, Paul décharge sa colère

une fois de plus sur Karla, qu’il assomme de coups violents à l’aide d’une lampe de chevet. La jeune femme, sérieusement amochée, le visage en sang, a juste le temps de s’enfuir avant qu’il ne soit trop tard.

Accusé de violence conjugale, Paul Bernardo est placé sous surveillance policière. Dès sa sortie de l’hôpital, Karla part récupérer toutes ses affaires dans l’appartement et ramène le tout chez ses parents. A son oncle resté auprès de son chevet pendant son hospitalisation, elle a tout raconté dans les moindres détails, les viols mais aussi les meurtres et les cassettes VHS.

Paul Bernardo est alors placé en garde à vue. Plus tard, en visionnant les cassettes, la police découvre que Karla Homolka été une « protagoniste » plus au moins importante dans l’affaire. Pour réduire sa peine d’emprisonnement, elle consent à collaborer avec les policiers.

Le 17 février 1993, Paul Bernardo est condamné pour 43 viols et trois meurtres, celui de sa belle-sœur Tammy, celui de Leslie Mahaffy et celui de Kristen French. Son verdict définitif n’est rendu qu’en 1995 : réclusion criminelle à perpétuité.

Source : filmdaily

Karla, de son côté, écope de douze ans de réclusion criminelle pour homicide involontaire. Son verdict a été largement contesté en Ontario où il a été jugé beaucoup trop clément pour une criminelle de son envergure.

Le couple divorce à l’amiable en 1994.

Karla sort de prison le 4 juillet 2005. Elle a depuis refait sa vie en Guadeloupe où elle s’est remariée et eu trois enfants. Elle travaille comme enseignante dans une école communale et n’accorde presque aucune interview aux médias canadiens et américains.

Paul Bernardo, de son côté, a changé son patronyme en Paul Jason Teale. Il vit depuis son incarcération en 1993 dans une cellule isolée et surveillée 24 h/24 par une caméra de surveillance, avec l’interdiction formelle de voir ou de parler à d’autres détenus.

Ainsi s’achève la terrible histoire de ce duo dont la cruauté et l’immoralité ont été poussées à l’extrême. Les « Ken et Barbie de Scarborough » comme les ont surnommé les médias canadiens ont pris le temps de façonner leur image extérieure idyllique et en total désaccord avec ce qu’ils étaient en réalité.

Leur histoire, la sauvagerie de leurs crimes et leur dépravation mutuelle ont pendant longtemps hanté l’Ontario et une bonne partie du Canada anglophone.

Entre 1987 et 1990, des viols en série commis par un agresseur insaisissable secouent la quiétude des habitants de la ville canadienne de Toronto. « Le violeur de Scarborough », comme il a été surnommé dans les médias, prend toujours soin de les droguer et les endormir au préalable avant de les agresser sexuellement.

Graduellement, la police découvre que le violeur a toujours travaillé en binôme avec son épouse et complice qui agissait en tant que rabatteuse. Ce couple, c’est Paul Bernardo et Karla Homolka ! Leur secret, nul n’aurait pu le découvrir, pas même leurs familles.

 

Les sources :

 


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