L’affaire Alexia Daval

Depuis 5 moisCriminologie

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Au matin du samedi 28 octobre 2017 à Gray-La-ville, dans le département de la Haute-Saône, Alexia Daval, jeune femme de 29 ans, disparaît mystérieusement en allant faire son jogging. Son mari Jonathan Daval, ne la voyant pas revenir de la journée, signale sa disparition aux gendarmes avant de partir lui-même à sa recherche, rasant tout le périmètre où elle fait d’habitude son footing.

Les recherches ne durent pas longtemps puisque le 30 octobre 2017, le corps à moitié calciné d’Alexia est finalement retrouvé par les gendarmes de la Saône, soit deux jours après sa disparition.

Dans le petit village de Gray où tout le monde connaît tout le monde, cela provoque un véritable choc et une très vive émotion, sans compter le vent de panique qui s’installe : on s’attaque à présent aux sportifs et aux randonneurs, donc plus personne n’est à l’abri d’être la prochaine victime du mystérieux tueur.

Source : leparisien

Jonathan Daval est effondré, incapable de gérer son émotion et son chagrin. Devant les caméras de télévision, c’est un homme profondément bouleversé que l’on voit, terrassé par le chagrin, incapable de s’exprimer ; lui et Alexia formait un couple aimant et soudé, mariés depuis dix ans, ayant beaucoup d’affinités et partageant une multitude de choses en commun. Du côté de sa belle-famille, Jonathan est le gendre parfait, celui que souhaiterait chaque parent pour sa fille.

Mais aussi étrange que cela puisse paraître, les soupçons vont commencer à peser sur ce mari si fragile et éploré, mettant la lumière sur les zones d’ombre et révélant l’un des problèmes majeurs qui rongeait ce jeune couple d’apparence si idyllique : l’incapacité d’avoir des enfants et la stérilité supposée du mari.

Quand Jonathan Daval, au bout de plusieurs jours de silence et de négation, finit lui-même par avouer le meurtre de son épouse, de nouvelles révélations choc viennent tout remettre en question. Pourquoi avoir tué sa femme puisqu’il en était follement amoureux ? Pourquoi avoir si cruellement menti à sa belle-famille et berné tout le monde pendant des semaines, aussi bien la presse que les gendarmes ?

Je vous propose de revenir ensemble sur cette affaire encore récente et toujours d’actualité afin d’en découvrir les protagonistes et en comprendre le déroulement.

Nous sommes le samedi 28 octobre 2017 à Gray, paisible petit village de 5 000 habitants situé dans la Saône.

Comme tous les matins, Alexia Daval, vingt-neuf ans, part faire ses quarante minutes de jogging quotidien. Elle adore la course à pied, cela lui permet de déstresser et de se libérer des tensions accumulées durant la semaine.

C’est une jeune femme blonde, radieuse, équilibrée, pétillante et à Gray, tout le monde la connaît et l’apprécie. Ses parents, Isabelle et Jean-Pierre Fouillot, sont respectivement conseillère municipale et propriétaire d’un bar PMU qui, comme chacun le sait, est le centre névralgique des villages de Province. Alexia est la fille cadette du couple Fouillot ; sa sœur aînée, Stéphanie Gay, vit aussi dans les environs avec son mari Grégory.

Alexia quant à elle partage sa vie avec Jonathan Daval, un jeune informaticien qui travaille dans une entreprise d’ordinateurs et de matériel bureautique. Ils forment tous les deux un couple idyllique et très amoureux et font tout ensemble : sorties, voyages mais aussi et surtout énormément d’activités sportives : randonnée, course à pieds, ski, escalade et natation.

Très attachée à son bien-être et sa santé, la jeune femme fait très attention à son hygiène de vie, veille à avoir une alimentation saine et diététique et surveille constamment son poids. Côté professionnel, elle passe pour être une employée modèle, très appréciée de ses collègues et de son supérieur. Elle travaille comme responsable de produit dans une agence bancaire du Crédit Mutuel.

Durant cette même matinée du samedi, Jonathan Daval, de son côté, prend le chemin de la maison après plusieurs courses et arrêts effectués chez son patron puis chez la famille. A son retour, il ne trouve pas sa femme. Étrange, Alexia fait habituellement quarante minutes de course et rentre directement. Alors, pour en avoir le cœur net, il lui envoie des textos. Un premier, puis un deuxième, puis un troisième qui restent sans réponse.

Sur le coup de 11 heures et demie, ne la voyant toujours pas revenir, il prend sa voiture et se rend chez ses beaux-parents pour vérifier si elle y est.

La maman d’Alexia, sa fille Stéphanie et Grégory, le mari de cette dernière, sont assis autour d’un café. Isabelle Fouillot monte se préparer pour aller rejoindre son mari au bar-PMU, lorsqu’elle entend sonner à la porte. C’est Jonathan.

— Mais voyons, Jonathan, qu’est ce qui se passe ?

— Alexia est là ? Je ne l’ai pas trouvée à la maison !

— Non, elle vient juste d’envoyer un texto à Stéphanie pour lui dire qu’elle arrive dans quelques instants prendre le café avec elle et Grégory. Mais enfin, pourquoi…

En guise de réponse, le jeune homme éclate en sanglots, tremble de tous ses membres, complétement paniqué. Sa belle-mère le fait rentrer, essaye tant bien que mal de le calmer, lui dit qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter davantage, qu’Alexia va finir par arriver, elle a dû être retardée par une connaissance avec laquelle elle est restée à papoter ou qu’elle s’est arrêtée en chemin pour faire une course à la superette du coin.

Mais Jonathan est pâle, se sent mal, ne veut rien entendre, quelque chose de grave lui est arrivé, il le sent. Les paroles rassurantes de sa belle-mère jointes à celles de sa belle-sœur, n’ont pas l’effet escompté.

— Il faut aller signaler sa disparition aux gendarmes, il n’y a pas une minute à perdre ! Isabelle, accompagnez-moi je vous prie, leur dit-il.

Et c’est ce qu’ils font. Les gendarmes recueillent la signalisation d’Alexia : jeune femme blonde, 1,70 m, coupe au carré, mince, portant un short rose et des baskets fluo.

Face au gendarme qui tape sur sa machine, Jonathan Daval fait sa déposition : « Nous avons pris notre petit-déjeuner ensemble et nous avons regardé la série “Grinder” à la télé, puis Alexia est montée se changer pour son jogging, et elle est sortie ; moi je suis allé vaquer à mes occupations. »

Et il raconte plus en détail ses occupations : quand sa femme a quitté la maison vers neuf heures, lui de son côté a effectué plusieurs trajets dans la matinée. Il s’est d’abord rendu à l’entreprise d’informatique où il travaille pour récupérer une imprimante commandée par son voisin, ensuite il est descendu dans le village de Velet où habite sa mère, Martine ; après cela il est rentré à Gray et s’est rendu au PMU de ses beaux-parents.

Il a discuté un moment avec son beau-père qui lui a offert un café avant de rentrer à la maison. Sur place, il a envoyé un texto à sa femme pour lui demander : « Toujours en train de courir ? Je vais vider les cadavres des bouteilles que tu bois, LOL. À toute ! Je t’aime. » Mais Alexia n’a répondu à aucun de ses messages, c’est ce qu’il l’a fait paniquer.

De retour de la gendarmerie, la journée de samedi se passe dans la morosité et la panique commence à ronger à leur tour les parents de la jeune femme. Jonathan avait raison de prendre ainsi de l’avance et signaler sa disparition à temps au poste !

Puis la nuit arrive et toujours pas de nouvelles d’Alexia. L’espoir de la retrouver saine et sauve s’amenuise à mesure que l’heure avance. L’attente devient insoutenable.

Dans toute la commune, c’est la psychose. Le bruit court partout qu’une joggeuse vient de disparaître mystérieusement dans le Bois des Moulins. Qui a bien pu s’en prendre à elle ? Sans compter que le Bois des Moulins où elle court habituellement est toujours densément fréquenté par les joggeurs dès les premières lueurs du jour, comment se fait-il que personne n’ait remarqué quelque chose ?

Du côté des Fouillot, c’est l’angoissante attente. Depuis maintenant 24 heures, les parents de la disparue vivent dans la peur, appréhendant le moindre coup de fil, la moindre sonnerie à la porte. Leur gendre Jonathan Daval ne les quitte pas d’une semelle. Affalé sur le canapé, il tient sa tête de ses deux mains et sanglote sans discontinuer.

Les habitants du village de Gray, très impliqués dans le drame cette famille, se mobilisent pour organiser des battues dans tout le Bois des Moulins. Près de quatre-cents personnes se portent volontaires lors de ces recherches. Des groupes se relayent pour effectuer le ratissage des lieux.

Les fouilles durent pendant deux jours, deux longs jours durant lesquels les voisins n’abandonnent pas, où ils ratissent partout, continuant les recherches jusqu’à des heures avancées de la nuit. Malheureusement, tard dans la nuit du dimanche, ils sont contraints d’abandonner sans avoir réussi à trouver aucun indice. Aucune trace d’Alexia, comme si elle s’était évaporée !

Le lundi 30 octobre 2017, des patrouilles de gendarmes sont envoyées à leur tour pour ratisser l’endroit. Ils font et refont le même parcours des voisins la veille et sont presque contraints d’abandonner lorsque, quelques heures plus tard, un jeune stagiaire gendarme appelle ses collègues. Il vient d’apercevoir quelque chose par terre au milieu d’un taillis, une sorte de forme blanche, bien dissimulée entre deux troncs d’arbres. Ils s’y rendent sans plus attendre.

Et là, ils comprennent qu’ils sont face à un cadavre. Le jeune stagiaire a vu juste. Ils repêchent le corps, enroulé dans un drap blanc et caché sous un monticule de branchages et de feuilles. Il est à moitié carbonisé. Mais ce n’est pas tout, l’un des pieds a été découpé et la victime présente des traces de lésions et de coups. Pour l’instant, il est encore difficile de l’identifier. Les renforts sont appelés et le corps est acheminé à la morgue pour l’autopsie.

Quelques heures plus tard, le procureur de la Haute-Saône, Emmanuel Dupic, se charge d’annoncer la découverte aux journalistes lors d’une conférence de presse improvisée. « C’est le corps d’un individu homme ou femme encore jeune qui est fortement dégradé. » déclare-t-il, la mine figée.

La nuit même, le verdict du légiste tombe : il s’agit bien d’Alexia Daval, les prélèvements ADN ont parlé. Les gendarmes préviennent alors immédiatement la famille Fouillot.

Le lendemain, malgré l’annonce encore récente et leur douleur, Isabelle et Jean-Pierre Fouillot, accompagnés de leur gendre Jonathan Daval, convient à leur tour la presse à la mairie de Gray où Isabelle est conseillère.

Les parents, très dignes malgré la perte d’Alexia, adressent un message de remerciements à toutes les personnes qui se sont mobilisées pour retrouver leur fille. Assis au milieu de ses beaux-parents, le veuf Jonathan Daval est la douleur incarnée. Son visage fait énormément de peine à tout le monde, il a du mal à ravaler ses larmes et dissimuler son chagrin devant le parterre de journalistes.

A l’issue de ce rassemblement, il est décidé de l’organisation d’une marche blanche en mémoire de la défunte, pour le dimanche suivant, 5 novembre 2017.

La procession où prennent part plus de huit mille personnes s’organise sur plusieurs centaines de mètres. Hormis les habitants de Gray, des personnes sont arrivées depuis d’autres départements, n’hésitant pas à faire une ou deux heures de trajet pour arriver à destination. C’est dire si la mort tragique et cruelle de cette jeune femme a bouleversé tout le monde.

Après la marche commémorative, les participants prennent place dans une tribune dressée expressément pour l’occasion, où les parents et le mari d’Alexia montent lire leurs hommages. En présence des caméras de télévision et toute l’assistance, Jonathan Daval craque encore une fois, à tel point qu’il est obligé d’être soutenu par son beau-père Jean-Pierre qui le pousse presque vers le micro et lui tient fermement le bras tandis qu’il lit son discours.

Jonathan Daval arrive à articuler d’une voix tremblante et faible :

« Alexia aimait nager et courir, passions qui nous réunissaient tant dans l’effort que dans l’épanouissement. De notre couple, elle était ma première supportrice, mon oxygène, la force qui me poussait à me surpasser. »

Son discours n’est pas salué par des applaudissements mais plutôt par un long silence solidaire.

Et cela ne se limite pas qu’au niveau régional ; dans la France entière, les gens commencent à s’identifier à la victime, surtout les femmes joggeuses qui courent en solitaire et qui comprennent les risques que cela pourrait entraîner. Dans le JT, dans la presse, sur les réseaux sociaux, le visage mutin et jovial d’Alexia est partout et crée une vive et sincère émotion. En un rien de temps, elle devient un peu un symbole, la fille, la sœur, l’épouse, l’amie, la collègue que l’on pourrait perdre dans des circonstances similaires.

Et puis derrière, il y a aussi ce mari, trop jeune pour être veuf, avec sa bouille d’adolescent, sa fragilité, sa voix à peine perceptible, accroché aux parents d’Alexia comme on s’accrocherait à une bouée de sauvetage.

Mais justement, qui est ce Jonathan Daval et dans quelles circonstances Alexia et lui se sont-ils rencontrés ?

Jonathan Daval est né le 16 janvier 1984 dans la région de Gray. Il vient d’un milieu ouvrier. Son père décède brutalement quand il a douze ans, les laissant presque sans ressources. Pour pouvoir élever sa nombreuse famille, Martine Henry, la mère, est contrainte de prendre un travail de nuit pour faire des ménages.

La fratrie est composée de huit frères et sœurs. Martine Henry se remarie une seconde fois et donne naissance à son neuvième enfant. Hormis les trois aînés qui sont déjà partis, Jonathan et le reste de sa fratrie ainsi que sa mère et le mari de cette dernière partagent un modeste HLM à Besançon.

Plus qu’une famille, les Daval sont d’abord une espèce de clan qui se serre les coudes à cause des nombreuses difficultés financières auxquelles ils doivent faire face. Les enfants ont été éduqués à la dure, dans des valeurs comme l’honnêteté, le travail et l’épargne.

Mais dans ce milieu ouvrier, le petit Jonathan étouffe et a du mal à trouver sa place. C’est un enfant timide, fragile, complexé par un problème lombaire qui lui vaut de porter pendant un temps un corset orthopédique avec lequel il est contraint d’aller à l’école.

Il est continuellement moqué par les autres garçons, qui le considèrent comme pas assez viril et toujours dans les jupes de sa mère. Il est craintif, fragile et a du mal à riposter et à se défendre. Sa scolarité se déroule normalement, il n’est ni brillant élève ni médiocre. La volonté de s’élever socialement le taraude depuis qu’il est petit car la pauvreté de sa famille lui fait un peu honte.

Et puis en 2005, lors de vacances au ski, il fait la rencontre qui marque un tournant dans sa vie de jeune homme : elle a seize ans, elle est blonde et pétillante et se prénomme Alexia Fouillot. Contrairement à lui, Alexia vient d’un milieu aisé. Avec sa sœur aînée Stéphanie, elles ont toujours été bien entourées par leurs parents, des gens honnêtes, propriétaires d’un PMU, lieu de rencontre conviviale de tous les habitants du village de Gray.

Les deux jeunes gens tombent rapidement très amoureux l’un de l’autre, malgré leurs caractères complétement différents : lui est très timide, un peu introverti, tandis qu’elle est une vraie boute-en-train, une jeune fille vive et pleine d’énergie communicative. Jonathan est impressionné par ce petit bout de femme qui n’a peur de rien et qui aime relever des défis. Ensemble, ils pratiquent la course à pied et Alexia, qui est aussi une excellente nageuse, initie son amoureux à ce sport noble.

Bientôt, la jeune femme présente son amoureux à ses parents qui « l’adoptent » presque instantanément. Jonathan se sent tout de suite à son aise dans cette famille bourgeoise, soignée et chaleureuse, habituée à vivre dans un confort matériel qu’il n’a jamais connu. Les parents l’acceptent tel qu’il est sans le juger, car Jean-Pierre et Isabelle Fouillot sont des gens ouverts qui ne cherchent que le bonheur de leurs deux filles adorées, peu importe la voie qu’elles ont choisies.

Jonathan est totalement subjugué par l’aisance matérielle de sa future belle-famille : ils possèdent une belle maison, Jean-Pierre Fouillot conduit une Porsche, la table de Madame Fouillot est de qualité comme dans les restaurants étoilés, et du cellier surgissent toujours les meilleurs crus pour arroser chaque dîner de famille.

De leur côté, les Fouillot lui ouvrent à chaque fois leurs bras, leur cœur et leur porte, toujours avec une générosité sincère et désintéressée. Lui qui a toujours rêvé de s’élever socialement se fait rapidement à ce standard de vie, s’y habitue avant de l’adopter complétement. Ça sera désormais ça, sa vie.

Après dix ans de vie de couple, les deux amoureux se marient le 10 juillet 2015 à la mairie de Gray. La cérémonie est une réussite, Alexia est rayonnante de beauté et de simplicité dans sa robe blanche, Jonathan porte un costume de velours noir. L’union civile est célébrée par Isabelle Fouillot elle-même, car elle est conseillère municipale. Juste après les célébrations, les deux tourtereaux s’envolent pour les Îles du Pacifique, cadeau de noces du papa d’Alexia.

Source : marieclaire

A leur retour, bronzés et heureux, ils décident de se mettre en quête d’un appartement. Mais la famille de la jeune femme, toujours dans le souci permanent de les épauler dans leurs débuts, leur offre un pavillon ayant appartenu aux grands-parents et que personne n’utilise plus. Ainsi, ils n’auront pas à s’acquitter des charges d’un loyer cher.

Le couple Daval est enchanté ! Le souci du logement résolu, Alexia et son mari s’attellent à la tâche de rénover leur nouveau nid, effectuent eux-mêmes les travaux de peinture, installent chauffage et tuyauterie et meublent tout avec goût. Dès les premières semaines de leur installation dans leur nouvelle maison, le projet de fonder une famille est évoqué par Alexia qui rêve d’avoir un petit bébé. Jonathan se dit enchanté de cette initiative, lui aussi a hâte de devenir papa.

Voilà un aperçu de ce qu’était la vie du couple Daval avant le drame, mais revenons si vous le voulez bien en 2017 pour connaître la suite des événements.

Après les obsèques d’Alexia, célébrées le 8 novembre, contre toute attente et quelques jours seulement après son enterrement, Jonathan reprend le travail dans son entreprise d’informatique. Il continue aussi d’aller dîner chez sa belle-famille presque chaque soir, toujours aussi chagriné et attisant la pitié de tous les gens qui le croise.

Trois mois s’écoulent encore et là, exit le masque de douleur, Jonathan Daval reprend son existence en main sous l’adage de « la vie continue ». Et c’est ainsi qu’il retourne volontiers à ses activités sportives favorites et s’inscrit même à un marathon nocturne organisé dans les montagnes du Jura en pleine saison hivernale. Il passe encore une fois la soirée du nouvel an chez ses beaux-parents qui sollicitent quotidiennement sa présence à leurs côtés, tentant tant bien que mal de combler le vide laissé par leur fille.

C’est que les Fouillot l’aiment tant ce garçon et ont tellement besoin de lui. D’ailleurs, Jean-Pierre déclare même une fois à ses clients du PMU : « Je souhaite à tout le monde d’avoir un gendre comme l’est Jonathan Daval. »

Mais passées les premières douleurs et alors que le village de Gray se remet à peine de cette tempête médiatique créée par ce drame sans précédent, une rumeur commence graduellement à grossir au sujet de Jonathan Daval. Et si, au final, c’était lui, l’assassin de sa femme ?

La rumeur continue ainsi à se propager, gagnant par la même occasion les réseaux sociaux où toutes les théories et hypothèses possibles et inimaginables sont évoquées et débattues. Ébranlés par ce nouveau coup de massue, le couple Fouillot continue d’entourer, de couver son gendre, faisant fi de tous ces racontars.

Isabelle et Jean-Pierre font tout leur possible pour rassurer Jonathan sur le fait qu’ils ne croient pas un mot des rumeurs qui circulent à son sujet et font presque bloc autour de lui pour le protéger du monde extérieur. C’est qu’il semble tellement fragile ce jeune homme ! Hormis le décès tragique de sa tendre épouse, le voilà contraint à faire face à une sordide rumeur, rien ne lui est épargné apparemment !

Mais qui a bien pu lancer une rumeur pareille ? Tout le monde sait que les conjoints sont toujours les premiers en tête de liste des suspects quand un drame de cet acabit a lieu, c’est une chose tout à fait usuelle lors des enquêtes préliminaires, même si beaucoup se voient innocenter au terme de la première garde à vue. Jonathan Daval ne devrait même pas figurer sur cette liste !

Pour les parents d’Alexia, Jonathan est plus qu’un gendre, c’est carrément un fils, LE fils qu’ils n’ont pas eu et c’est ainsi qu’ils l’ont toujours traité depuis qu’il est arrivé la toute première fois chez eux, il y a dix ans de cela.

Mais la rumeur ne se calme pas et devient rapidement une probabilité. C’est ainsi que dès le 29 janvier 2018, moins de quatre mois après la découverte du corps d’Alexia, Jonathan est interpellé par les gendarmes. Son domicile est perquisitionné et le quartier se réveille aux sons des sirènes des voitures de la gendarmerie. Et toujours, la famille d’Alexia est là pour le soutenir au bon moment, d’autant plus qu’il est toujours présumé innocent.

Mais ils ignorent que Jonathan est dans la ligne de mire des enquêteurs depuis le début de l’affaire. Son comportement a été observé par des psychothérapeutes spécialisés dans le langage physique mais aussi par les gendarmes qui ne l’ont pas perdu de vue, et ce, aussi bien lors de la conférence de presse organisée par les parents d’Alexia que lors de la marche blanche et des obsèques. Il semblait toujours sur le point de perdre connaissance, tripotant nerveusement sa mâchoire et s’accrochant désespérément au bras de son beau-père comme pour y chercher du secours.

Source : lexpress

Pour les gendarmes, Jonathan est le suspect numéro un de l’affaire. L’idée selon laquelle Alexia a été assassinée en faisant son jogging est alors écartée ; pour eux, elle a été assassinée bien avant, probablement la veille au soir, dans la nuit du vendredi 27 octobre 2017.

Et ils ne sont pas les seuls à penser cela ! Du côté de la famille, Grégory Gay, l’époux de la sœur aînée Stéphanie, commence lui aussi à douter sérieusement de l’innocence de son beau-frère. La raison ? Il se souvient que durant les premiers jours suivant la mort d’Alexia, Jonathan s’est comporté de façon bizarre ; d’abord en portant l’alliance de sa femme en pendentif autour du cou, ensuite en s’adressant à Isabelle Fouillot en l’appelant « maman ». Certes sa belle-mère n’y voit rien de vraiment méchant mais Grégory soupçonne quelque chose au-delà du simple choc émotionnel qui pourrait marquer un tel tournant dans l’attitude du jeune veuf.

Plus inquiétant, Jonathan qui a dit lors de sa première déposition s’être endormi à minuit la veille du drame aurait menti. L’un de leurs voisins a entendu sa voiture entrer dans le garage vers une heure du matin cette nuit-là. Mais encore, ce véhicule de fonction fourni par le patron de Jonathan pour effectuer ses déplacements professionnels, est en fait équipé d’un traqueur, sorte d’outil de traçage qui enregistre tous les déplacements avec heure et localisation à l’appui.

Il s’avère alors que la voiture n’a pas seulement bougé à une heure du matin mais aussi sept heures plus tard, moment durant lequel Jonathan aurait pu charger le cadavre de sa femme dans le coffre pour l’emmener au Bois des Moulins. Et effectivement, le traqueur de la camionnette blanche signale que Jonathan s’est bien rendu dans le bois en question sur les coups de huit heures et demie du matin.

Un élément de plus : l’un des pneus avant de la voiture contient un défaut de fabrication, défaut qui a bien été retrouvé sur les empreintes laissées par la roue sur la terre. Une autre preuve irréfutable a été révélée au grand jour : le drap blanc dans lequel a été enroulé le corps d’Alexia faisait partie d’un lot de linge qu’elle avait acheté un an auparavant. Sa mère, Isabelle, n’a aucun mal à l’identifier.

À partir de ce moment et avec toutes ces preuves à l’appui, l’étau commence à se resserrer autour Jonathan Daval qui continue pourtant à nier les faits avec énergie : non, ce n’est pas lui l’assassin d’Alexia, il l’aimait beaucoup trop pour cela, il n’aurait jamais pu lui faire du mal, à toucher à un seul de ses cheveux ! Mais les gendarmes ne le croient pas, ne le croient plus. Trop de preuves accablantes et concrètes pèsent à présent sur lui pour qu’il prétende le contraire. Les enquêteurs veulent en savoir plus, et cherchent à connaître un peu mieux la vie que menait ce couple si ordinaire.

Le 30 janvier 2018, dans les locaux de la gendarmerie de la Saône, Jonathan est en garde à vue depuis trente heures déjà, et demande à voir la personne qui l’a interrogé. Il a des aveux à lui faire.

Les gendarmes sentent à ce moment qu’ils ne se sont pas trompés, voilà que le suspect demande lui-même à parler, signe qu’il souhaite probablement libérer sa conscience.

Sans le presser, le gendarme laisse au suspect tout son temps pour prendre sa respiration. Doucement, d’une voix chevrotante, presque atone, Jonathan Daval déclare :

« Je crois que c’est moi qui ai fait ça… Mais ce n’était pas volontaire de ma part, c’était un accident ! »

Il marque une pause, le gendarme ne le perd pas du regard. Il reprend son souffle et raconte la suite des événements :

« Je lui ai mis ses vêtements de sport, ses baskets rose fluo qu’elle a l’habitude de porter pour aller courir, je lui ai mis ses lunettes de soleil, puis je l’ai enroulée dans le drap et j’ai chargé son corps dans le coffre de ma camionnette de fonction… »

On lui donne un verre d’eau, il le boit d’un trait et continue son récit :

« Je ne savais plus du tout quoi faire, j’ai attendu longtemps à bord de mon véhicule, j’étais complétement paniqué, perdu… Vers huit heures du matin, j’ai enfin pris la route, j’ai roulé pendant une heure sans savoir ce que je faisais ni où j’allais, j’étais comme hors de mon corps et de ma conscience, dans un état second… Finalement, j’ai décidé de prendre le chemin du Bois des Moulins. »

Pour la suite, Jonathan crée un scénario de toutes pièces pour faire croire que sa femme a été assassinée par un rôdeur qui passait par là pendant qu’elle faisait son jogging. C’est pour cela qu’il l’a habillée de ses vêtements de sport, qu’il lui a mis ses lunettes de soleil.

Il a cherché longtemps un lieu propice pour la cacher, au fond du bois, où il a placé son cadavre entre deux bûches en le dissimulant tant bien que mal avec des branchages et des feuilles. Puis il a récupéré le portable d’Alexia, a jeté un dernier regard circulaire avant de monter dans sa voiture et rouler dans le sens inverse.

La matinée du samedi 28 octobre, il l’a passée à se déplacer à gauche à droite, repoussant l’heure de rentrer chez lui. Il se rend chez son patron récupérer une imprimante commandée par un voisin, il rend visite à sa mère dans le village voisin, il fait ensuite une halte chez son beau-père qui le trouve bien jovial et souriant, lui offre un café et fait un brin de causette avec lui. Et durant toute la matinée, avec le téléphone d‘Alexia, il envoie des textos. D’abord à Stéphanie Gay, sa belle-sœur, puis à sa belle-mère, Isabelle Fouillot. Des textos où c’est « Alexia » qui parle sur un ton habituel, anodin et jovial :

« Coucou les filles, je passe à la maison tout à l’heure ! Bisous ! »

Ces textos ont bien été reçus par les parentes de la jeune femme qui n’y ont vu que du feu. Donc elles sont restées à l’attendre, même si elle avait un peu de retard ; de toute façon, elle n’est pas à quarante minutes de jogging près.

Et là, Jonathan s’arrête, mais les gendarmes veulent en savoir plus. Maintenant qu’il a lâché le morceau, quel a été le motif pour tuer sa femme ? Reprenant lentement ses esprits, l’assassin fait une révélation des plus inattendues qui jette immédiatement un froid dans la salle d’interrogatoire :

« C’était une hystérique, elle me battait, elle m’a même brisé une côte une fois, c’est qu’elle était sportive, musclée et me dépassait d’une bonne tête… Je ne savais pas comment l’arrêter quand ça la prenait… Il lui arrivait d’avoir des crises terribles et elle pouvait tout fracasser sur son passage… Pour la maintenir, je me jetais souvent sur elle et l’entourais de mes bras jusqu’à ce qu’elle se calme et c’est ce qui est arrivé cette nuit-là, mais sans me rendre compte, je l’ai étouffée ; elle était à plat ventre sur le lit. Elle ne s’est pas réveillée… »

Un mari battu ! L’ultime révélation, le tabou absolu !

Source : letelegramme

Jonathan dresse alors un portrait d’une autre Alexia, bien loin de la jolie blonde équilibrée et facile à vivre que tout le monde connaît. Il se positionne en victime, victime de violences domestiques qu’il n’a jamais osé avouer à personne de peur de moqueries et de représailles. Il la décrit comme une schizophrène, une sorte de docteur Jekyll et de Mr Hyde refoulée : d’un côté calme et normale, d’un côté violente verbalement et physiquement. Daval, en pleurs, raconte que les crises de sa femme surgissaient subitement, sans signe avant-coureur.

D’ailleurs, son avocat, Maître Randall Schwerdorffer, reprend fidèlement ses propos à son tour devant la presse et les caméras, venues en grand nombre devant le poste de gendarmerie le lendemain des aveux choc de Jonathan Daval. Le bâtonnier annonce que son client a été continuellement violenté, rabaissé, humilié par sa femme, sujette à des crises d’hystérie vertigineuses et incontrôlables. Face à une telle furie, Jonathan ne pouvait pas se défendre.

Les propos de Maître Schwerdorffer ne sont pas bien accueillis et génèrent tout de suite beaucoup de malaise parmi les journalistes. En gros, Alexia a été responsable de sa mort en quelque sorte, elle n’avait qu’à ne pas s’en prendre à son mari, c’est un peu ça l’idée générale.

La nouvelle fait l’effet d’une bombe dans le paisible village de Gray, déjà très ébranlé par toute cette affaire et ça ne se limite pas seulement au niveau régional. Les déclarations de Daval jointes à celles rendues publiques par son avocat choquent la France entière et font sortir de leurs gonds les féministes et les associations type SOS Femmes battues.

Même Marlène Schiappa, la Ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, ne reste pas insensible à ces propos, et dès le lendemain, au cours d’une assemblée de la Chambre des Députés, elle fait part de son dégoût et sa colère face à ce qu’elle a entendu la veille dans les médias.

Dans la Saône, les gendarmes sont devant un dilemme : et si Jonathan Daval disait vrai ? Et s’il y avait retournement de situation, lui en victime repentante et sa femme en bourreau ?

Au fur et à mesure des interrogatoires avec le suspect, ils découvrent le revers de la médaille. Vraisemblablement, tout n’était pas si rose dans cette union qui commençait à battre de l’aile depuis quelques années déjà et pour un motif qui a toute son importance : l’absence d’enfant.

Depuis le début de leur mariage, Alexia fait comprendre à son mari qu’elle veut des enfants rapidement, elle se sent prête et ils ont l’environnement adéquat pour concrétiser ce projet de maternité : ils sont jeunes, possèdent une jolie maison, sont en couple depuis longtemps, se connaissent parfaitement bien l’un et l’autre, ont célébré leur mariage, ont de bons salaires, alors il manque le petit plus pour sceller leur union : un bébé. Alexia sait qu’elle souffre du syndrome des ovaires polykystiques qui peuvent faire barrage à une éventuelle grossesse, mais elle décide de tenter le tout pour le tout.

Alors ils essayent, d’abord naturellement, mais en vain. Ils attendent un an, deux ans, trois ans, et Alexia ne tombe pas enceinte. Elle décide alors, d’un commun accord avec son conjoint, d’avoir recours à la science et de suivre un programme médical, voire même d’opter pour la fécondation in-vitro en dernier lieu si rien ne marche. Jonathan accepte contre son gré, mais il veut tellement lui faire plaisir.

Alexia est alors mise sous traitement hormonal. C’est un traitement lourd, composé d’une longue liste de cachets qu’elle doit prendre tout au long de la journée à des heures bien précises sans compter les injections deux fois par semaine. Jonathan de son côté ne comprend pas cette idée pressante d’avoir un enfant à tout prix.

Mais les résultats se font attendre, on demande à Alexia de patienter, que c’est toujours comme ça dans les processus de fertilisation artificielle, mais elle perd espoir.

Graduellement, la situation tourne à l’obsession, Alexia ne supporte plus de voir des femmes enceintes ou accompagnées de leurs bébés, elle se sent terriblement en manque, et commence à reprocher cette situation à Jonathan qui ne fait rien pour l’aider.

C’est à partir de ce moment que les choses tournent véritablement au vinaigre. À cause peut-être des effets secondaires de son traitement hormonal qui la rend irritable, à cause peut-être de Jonathan qui se montre de plus en plus insensible et détaché de la situation, Alexia devient irascible, frustrée, violente, d’abord verbalement puis physiquement.

Il ne se passe plus un soir, plus une journée sans que mari et femme n’aient un accrochage. La jeune femme, au bord du désespoir et très remontée contre l’homme qui partage sa vie, l’accuse d’être le responsable numéro un de leur infertilité, qu’il n’est qu’un moins que rien, un impuissant, incapable d’avoir une éjaculation comme tout homme qui se respecte.

Face aux insultes et aux reproches blessants, Jonathan riposte toujours avec du silence où, quand la situation dégénère, il maintient fortement Alexia dans ses bras pour tenter de la calmer. Mais les choses ne s’arrangent pas ; pire, le malaise gronde et s’intensifie, le ressentiment avec.

Source : francetvinfo

Et cela ne s’arrête pas là ! Quand il n’est pas à « sa portée », Alexia lui envoie plusieurs messages et textos, plus d’une vingtaine par jour, où elle l’insulte, le dédaigne, lui dit qu’il est un incapable. Un harcèlement psychologique quasi-quotidien que le mari tente tant bien que mal d’encaisser et de mettre sur le compte du traitement hormonal qu’elle prend. Mais il a déjà l’impression de la perdre, que leur couple commence à couler petit à petit.

Pour donner écho à ces nouvelles révélations choc, Maitre Randal Schwerdorffer, l’avocat de Daval, choisit la presse pour relayer la vie intime et les problèmes de couple vécus par son client. Une chose est sûre, il n’y va pas avec le dos de la cuillère. Ne mâchant pas ses mots et sans égard pour la famille de la défunte, l’avocat dresse le portrait d’une épouse castratrice, harcelante et dominante :

« Alexia et Jonathan n’étaient pas fait pour être ensemble ; cette fille, vu son âge et ses attentes, avait besoin d’un vrai mec, un mec qui assurait sexuellement et elle le reprochait à Jonathan : t’es un impuissant, tu bandes pas, t’es qu’une merde ! En gros, soit t’es au niveau, soit tu dégages ! » raconte-t-il.

Nous avons donc là un couple qui se déchire à cause d’un problème d’enfants, une épouse qui ne décolère pas face à ce mari qu’elle ne juge pas à la hauteur, et celui-ci, dans un accès de colère qu’il ne parvient plus à contrôler, la tue pour se débarrasser d’elle et du problème qui empoisonne leur vie. C’est là la thèse du meurtre qu’avance Jonathan Daval aux gendarmes, c’est LUI la véritable victime de cette histoire, pas Alexia !

Les parents de la défunte, déjà au bout du gouffre depuis les aveux de ce gendre qui leur a menti sur toute la ligne, qui a abusé de leur confiance, profité de leurs largesses, et qui a surtout si bien joué cette macabre comédie devant tout le monde pendant des semaines, décident de contre-attaquer, horrifiés et bouleversés à l’idée que le souvenir de leur fille soit ainsi publiquement souillé.

Devant les caméras de France 2, la famille Fouillot apparaît digne, sans colère et sans ressentiment. Pour eux, Alexia n’a jamais été violente, elle avait son caractère mais était incapable de tomber dans une telle spirale de haine ! Grégory Gay, le beau-frère de la victime, appuie ces déclarations en disant que Jonathan Daval était toujours prévenant, gentil et aux petits soins avec sa femme et qu’il ne semblait pas craintif d’elle, bien au contraire. Son indulgence était le signe d’un attachement amoureux authentique et sans hypocrisie.

L’image renvoyée par ce papa et cette maman meurtris mais dignes, souriants et gentils malgré leur intense douleur, émeut instantanément la France entière.

La thèse de la mort accidentelle devient alors plus que discutable, presque mensongère et heureusement, la médecine et les légistes sont là pour le prouver. Durant l’autopsie, ils découvrent que le corps d’Alexia a été martyrisé de façon violente. L’étouffement accidentel dont parle Jonathan est balayé : d’un point de vue clinique, on ne peut tout simplement pas étrangler quelqu’un allongé à plat ventre sur un lit, c’est un processus long et douloureux qui dure plusieurs minutes avant que la victime ne rende son dernier souffle.

Au final, le rapport des légistes est accablant et fait froid dans le dos : lésions multiples, traces de strangulation sur le cou, traces de coups violents, asphyxie par voie nasale. En d’autres termes, Alexia a tout simplement été étranglée, rouée de coups, blessée et même amputée d’un pied par son mari.

Suite à ses aveux, Jonathan Daval est envoyé en réclusion provisoire en attendant que de nouvelles pièces viennent s’ajouter à son dossier.

Le 7 décembre 2018, à la demande de l’avocat des parents d’Alexia, Jonathan Daval fait l’objet d’une confrontation avec la famille Fouillot. Elle dure vingt heures et se solde par de nouvelles révélations de l’accusé qui craque devant sa belle-mère et avoue avoir volontairement tué Alexia. Il avoue par la même occasion que la thèse de la mort accidentelle est fausse. Toutefois, il nie avoir brûlé sa femme dont le corps a été retrouvé par les gendarmes à moitié calciné. Mais alors, qui l’a brûlé ? Un complice ? Quelqu’un autre que Daval ?

La réponse à cette question intervient lors d’une dernière reconstitution organisée le 17 juin 2019 dans le Bois des Moulins, à l’aube. Jonathan Daval, menotté et guidé par la police, éclate encore une fois en sanglots et avoue avoir lui-même mis le feu au cadavre d’Alexia, après lui avoir assené plusieurs coups de poing au visage, l’avoir étranglé et lui avoir sectionné le pied gauche avec une hache. Ses propos sont reportés immédiatement après la fin de la reconstitution par le procureur de Vesoul, Emmanuel Dupic, devant les caméras des chaînes nationales.

Pour les parents de la victime, la boucle est bouclée, le soulagement de connaître enfin la vérité après plusieurs mois de calvaire, de mensonges et de comédie.

Le 8 juin 2020, Isabelle et Jean-Pierre Fouillot accompagnés de leur fille Stéphanie Gay ont été les invités de l’émission « Ça commence aujourd’hui » durant laquelle ils ont livré leur propre vision de ce drame qui a brisé leur vie.

En France, entre le mois d’octobre et novembre 2020, l’affaire Daval est revenue sur les devants de la scène médiatique, jusqu’ici saturée par l’actualité Covid et c’est ce qui a permis aux personnes qui ne connaissent pas ou peu l’affaire de pouvoir enfin la découvrir.

Après plusieurs audiences reportées à cause de la pandémie de la COVID-19, le procès de Jonathan Daval, poursuivi pour homicide volontaire, s’est finalement ouvert le 16 novembre 2020 aux assises de la Haute-Saône. Après cinq jours, cinq jours éprouvants de face à face entre tous les protagonistes de cette affaire, le verdict final est tombé le 21 novembre 2020 : Jonathan Daval a été condamné à vingt-cinq ans de réclusion criminelle.

Malgré leurs rares sorties médiatiques depuis la découverte du corps de leur fille, le 30 octobre 2017, le couple Fouillot a su gagner l’estime de tout un chacun par leur approche pacifiste et leur attitude digne malgré une immense douleur. Ils tentent aujourd’hui de mener une vie presque normale malgré les nombreux chocs subis et assurent que le processus de pardon à l’égard de Jonathan Daval, qu’ils ont sincèrement aimé par le passé, sera long et demandera beaucoup de concessions.

Alexia Daval, jeune femme de 29 ans, disparaît mystérieusement en allant faire son jogging. Son mari Jonathann Daval, ne la voyant pas revenir de la journée, signale sa disparition aux gendarmes. Deux jours après, le corps à moitié calciné d’Alexia est finalement retrouvé par les gendarmes de la Saône.

Mais aussi étrange que cela puisse paraître, les soupçons vont commencer à peser sur ce mari si fragile et éploré, mettant la lumière sur les zones d’ombre et révélant l’un des problèmes majeurs qui rongeait ce jeune couple d’apparence si idyllique !

 

Les sources :


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