Le célèbre exorcisme d’Anneliese Michel

Depuis 10 moisCriminologie

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Le 1er juillet 1976, Anneliese Michel, une jeune allemande de vingt-trois ans, décède dans des conditions mystérieuses : morte de malnutrition, de négligence médicale ou à cause des nombreux exorcismes qu’elle a subi à la chaîne ? Dans cette affaire où se côtoient culte catholique, paranormal et différentes pathologies, il est difficile de désigner un coupable.

Malgré de longs séjours dans différentes cliniques dès la fin des années soixante, Anneliese n’a jamais su de quoi elle souffrait vraiment et les traitements prescrits par ses différents médecins n’ont jamais amélioré sa condition.

Persuadés que leur fille est possédée, ses parents font appel à deux prêtres exorciseurs pour faire dégager l’éventuelle entité qui semble la hanter. Mais les choses ne se déroulent pas comme prévu : son état se dégrade à vue d’œil, sa métamorphose physique et vocale est effrayante et ses crises deviennent incontrôlables. Pour son entourage, c’est le diable en personne qui s’est emparé d’elle.

Si vous préférez écouter cet épisode, il vous suffit de cliquer ici!.

Source : mirror

Au terme de dix mois de souffrance continus, la jeune femme décède dans une condition physique épouvantable, rachitique, édentée, elle n’est plus que l’ombre d’elle-même. Ses parents ainsi que les prêtres qui l’ont exorcisée sont poursuivis par les hautes instances juridiques pour négligence et non-assistance à personne en danger. Sont-ils cependant les seuls responsables de sa mort ?

Je vous propose de découvrir avec moi cette sombre histoire, toujours et encore auréolée de mystères dont le bruit est arrivé jusqu’au Vatican et a inspiré Hollywood.

Nous avons tous vu au moins une fois dans notre vie le film « L’Exorciste », nous avons tous été horrifiés et traumatisés par ces scènes devenues cultes et qui font l’unanimité dans le cinéma d’épouvante. La preuve, le film fait encore parler de lui aujourd’hui et même la génération née au début des années 2000 le connaît.

Mais au-delà de la production hollywoodienne, des vrais cas d’exorcisme éparpillés un peu partout dans le monde sont arrivés jusqu’à nous grâce à des reportages télévisés et des enregistrements sonores archivés et conservés dans leurs états originaux. On peut citer notamment le cas tristement célèbre du québécois Maurice Thériault, une affaire couverte par le couple de parapsychologues qu’on ne présente plus : Ed et Lorraine Warren.

Le cas qui nous intéresse aujourd’hui nous vient d’Allemagne où l’affaire est retombée aux oubliettes à mesure que l’emprise de l’église catholique s’est amenuisée dans ce pays d’Europe du nord, où le sens pratique légendaire laisse rarement la place à l’imaginaire morbide et exacerbé. Et pourtant, la vie d’Anneliese Michel n’a rien d’un roman. Sa vie a été des plus normales et des plus communes avant que les événements qui vont suivre ne viennent la bouleverser de façon dramatique.

Tout commence à Leiblfing en Bavière où Anneliese Maria Teresa Michel est née le 21 septembre 1952. Ses parents, Jozef et Anna sont des catholiques, un couple bien comme il faut et surtout, extrêmement religieux. Anneliese est l’ainée d’une fratrie composée de trois autres filles : Klaudia, Gerta et Ann-Frid.

La famille Michel est une famille assez traditionnelle et typique du début des années soixante. Jozef, le papa, qui voulait être prêtre dans sa jeunesse et dont deux de ses sœurs sont nonnes capucines, travaille comme manœuvre dans une scierie et apporte tout ce qu’il gagne à la maison, n’en gardant qu’une infime partie sur un compte épargne.

Anna, la maman, femme au foyer, s’occupe de ses quatre filles, du ménage et de la cuisine. Tous les six vivent tranquillement dans un petit village de Würzburg à dominance catholique romane, entouré par l’idyllique et verdoyante compagne bavaroise, un endroit sain pour élever des enfants, loin du tumulte des grosses métropoles saturées comme Berlin et Munich, des tentations incitatrices et du péché originel qu’elles offrent à chaque coin de rue. C’est du moins ce que pensent Anna et Jozef.

Anneliese et ses sœurs grandissent donc au sein de ce foyer catholique où une ligne rouge séparant le bien du mal est strictement mise en place par leurs parents. Elles se rendent à la messe deux fois par semaine où elles expient régulièrement leurs « péchés » au confessionnal :

« Mon père, j’ai arraché les cheveux de la poupée de ma sœur ! »

« Mon père, j’ai mangé plus de gâteaux que maman m’en a permis ! »

« Mon père, j’ai oublié de dire mes prières avant de dormir hier soir ! »

Et ainsi de suite.

De son côté, la mère, Anna, qui est presque dévote, ne raterait pour rien au monde la messe de l’aube où elle se rend au premier son de l’Angélus alors qu’il fait encore noir dans les ruelles du village et que tout le monde dort encore. Il faut dire qu’elle éprouve le besoin de faire pénitence à cause d’un secret bien gardé dans la famille : avant même d’épouser son mari, elle est tombée enceinte et ils ont eu une première fille en 1948, décédée de maladie en bas-âge, cinq ans avant la naissance d’Anneliese.

La maman est restée persuadée que la mort de cette enfant illégitime, née hors des liens sacrés du mariage, n’est que le résultat de la redoutable colère divine qui s’est abattue sur elle. Pour ce fait, elle est devenue au fil du temps, une mère protectrice et possessive avec les quatre filles nées par la suite, craignant qu’il leur arrive malheur comme avec la première.

L’enfance d’Anneliese se déroule de manière tout à fait classique. C’est une petite fille gentille, réservée et une élève assez douée. Toutefois la maladie marque une bonne partie de cette enfance, et elle souffre de plusieurs pathologies : rougeole, scarlatine, typhoïde et angines pour lesquels elle subit une ablation des amygdales. Peu avant sa puberté, elle contracte encore une pneumonie, puis quelque chose qui ressemble à de la tuberculose, ce qui l’amène à intégrer le sanatorium de Mittelberg.

Cette longue série de maladies contraint la petite Anneliese à s’absenter longuement de l’école et à rester alitée pendant de longues périodes successives. D’ailleurs à cause de sa condition, elle ne parvient pas à nouer des amitiés longues durées et de s’entourer de copines. C’est une enfant solitaire et même ses sœurs lui tiennent rarement compagnie de peur d’attraper un microbe.

A l’adolescence, elle fait la connaissance d’un jeune garçon de sa classe, Peter, avec lequel elle sympathise d’abord avant d’en tomber amoureuse. Les relations affectives étant règlementées strictement par les parents de la jeune fille, elle ne peut voir son petit copain que dans le contexte familial et quand ils sortent ensemble au café et au cinéma, la mère d’Anneliese veille toujours à les accompagner en qualité de chaperon !

Voulant devenir professeur de littérature allemande, Anneliese projette d’entamer des études universitaires juste après l’obtention de son diplôme de secondaire. Son rêve : aller à Munich, la grande métropole pour entamer ses études, une idée qui n’enchante guère sa mère mais son père l’encourage quand même sur cette voie, allant jusqu’à lui promettre de lui louer sa propre petite chambre estudiantine au centre-ville, à condition qu’elle soit acceptée avec les honneurs lors de la sélection.

N’ayant plus que cette idée en tête, la jeune fille redouble d’efforts en classe, écume les bibliothèques, travaille dur pour être toujours classer parmi les premiers.

En septembre 1968, un événement sans précédent vient pourtant couper court à cette effervescence.

C’est pendant son cours de littérature comparée, qu’Anneliese est prise d’un étrange malaise. La douleur est tellement lancinante qu’elle en perd connaissance et tombe inconsciente au beau milieu de la salle de classe. Sa mère est mise au courant et vient immédiatement la chercher.

Anneliese ne se réveille que quelques heures plus tard en pyjama, allongée dans son lit et sans un souvenir de ce qui lui est arrivée. Pendant la nuit, les choses ne s’améliorent pas, alors qu’elle somnole dans ses draps, elle est prise d’une paralysie soudaine.

Pendant environ une vingtaine de minutes elle reste là, prostrée, incapable de bouger ou de crier, sa gorge lui fait terriblement mal, sa tête aussi. Elle ne retrouve un état normal qu’aux premières lueurs du jour mais cet événement, un premier du genre, la marque extrêmement et elle redoute d’avoir une autre crise.

Les jours puis les mois suivants se déroulent de façon normale, Anneliese regagne les bancs de son lycée, revoit avec plaisir Peter, continue d’aller à la messe deux fois par semaine, fait du vélo et aide ses sœurs à faire leurs devoirs.

Mais en Aout 1969, sa « crise » tant redoutée, revient sans prévenir. Anneliese revit alors le même épisode qu’un an plus tôt, avec les mêmes symptômes et la même frayeur. Le lendemain matin, elle relate tout à ses parents qui sont catastrophés.

Anna déclare qu’il est inutile d’attendre une troisième crise pour se prononcer et que l’intervention urgente d’un médecin s’avère nécessaire. Accompagnée de sa mère, l’adolescente est conduite dès le lendemain chez leur médecin généraliste. Ce dernier après l’avoir ausculter ne lui détecte rien d’anormal mais pour en avoir le cœur net, il lui conseille néanmoins de consulter un neurologue. Ce qu’elle fait.

Chez le confrère de son médecin de famille, un neurologue d’une clinique privée à Nuremberg, le Dr Van Hala, Anneliese subit un encéphalogramme. Après avoir longuement étudié les ondes émises par son cerveau, le Dr Van Hala, lui déclare que ses résultats sont bons : inutile de se faire du mauvais sang, tout semble tout à fait normal, elle ne souffre de rien du tout et peut dès maintenant rentrer à la maison.

Source : mentiras-evanglicas-e-outras

Mère et fille soupirent de soulagement. Toutefois, le médecin n’a pas fini : il prévient Anneliese que si les symptômes qu’elle a évoqué persistent ou récidivent, elle risque de développer une épilepsie à long terme. Il lui prescrit une ordonnance d’antidépresseurs et de somnifères pour l’aider à dormir et s’en tient là.

Dans un premier temps, le traitement la soulage quelque peu et ça se voit : elle dort relativement bien, mange bien, fait du vélo et aide même son père à réparer une clôture. Décidément, le docteur avait raison, tout finira par s’arranger. Forte de cette amélioration, Anneliese prend la dangereuse décision d’arrêter de prendre ses médicaments et ceci, sans prendre la peine d’aviser son neurologue. D’ailleurs, pourquoi s’inquiéter outre mesure ? Puisque son état s’améliore, à quoi bon continuer un traitement qui ne sert à rien ? Pur raisonnement des années soixante où les gens étaient en meilleure santé, probablement !

C’est dans cet état d’esprit qu’Anneliese retrouve avec plaisir le chemin du lycée, reprend en mains ses études et réussie même son bac avec mention. Seule ombre au tableau : elle doit abandonner ses projets d’inscription à l’université de Munich car elle n’a pas été retenue lors de la sélection.

Pour qu’elle ne désespère pas tout à fait, son père l’inscrit à l’Université de Leiblfing, géographiquement plus proche et lui fait même cadeau d’une machine à écrire pour la consoler. Elle adore écrire et ça l’occupe, d’ailleurs si elle ne devient pas professeur, elle sera écrivain !

Toujours empreinte de sa foi, Anneliese fait régulièrement pénitence pas seulement pour elle-même mais également pour les autres, comme cette fois où dans un sincère élan d’altruisme, elle passe la nuit à même la dalle nue pour expier les péchés des héroïnomanes qu’elle voit régulièrement endormis au milieu de leurs seringues usagées devant les stations de train et de métro. Ce rituel, Anneliese l’exécute régulièrement pendant trois ans, espérant que Dieu puisse ainsi pardonner les péchés des tous les toxicomanes qui vivent en Allemagne.

Mais alors qu’elle s’apprête à faire son entrée à l’université à la rentrée 1970, Anneliese a une troisième crise foudroyante qui la contraint à retourner une nouvelle fois à la clinique de Nuremberg. Là, elle subit de nouveaux examens plus approfondis au terme desquels on lui détecte des problèmes cardio-vasculaires. Elle reste hospitalisée pendant dix jours avant de retourner chez elle.

A partir de là, les « crises » vont s’enchaîner, plus lancinantes que jamais : la jeune fille perd épisodiquement l’usage de ses jambes ou d’un de ses bras qu’elle ne peut plus bouger et sa mère est obligée de l’aider pour s’habiller et pour se laver. En juin 1971, Anneliese est prise soudainement d’une paralysie générale. Le lendemain elle emmenée en urgence chez son neurologue qui lui fait un autre encéphalogramme et détecte finalement un début d’épilepsie.

Il lui prescrit un traitement pour cette maladie couplé à toute une ordonnance d’antidépresseurs à savoir du Pericyazine et du Tegretol avec ordre formel de se conformer à l’ordre chronologique de la prise de son traitement, insistant que ceci n’est pas un jeu et qu’il ne faut pas le prendre à la légère.

Adieu les études universitaires, adieu ses projets d’avenir, adieu son mariage futur avec Peter. Anneliese est au bord du gouffre ; « épi-lep-sie », ce mot sonne à ses oreilles comme une sentence, la fin de tout ce qu’elle espérait réaliser dans les années à venir.

Sa mère qui devient en quelque sorte son infirmière et son assistante, essaye de lui remonter le moral, l’aide pour sa toilette, lui prépare ses repas, prie chaque soir avec elle.

«  Ceci est la volonté de Dieu, ma chérie, ainsi soit-il. »

Et joignant le geste à la parole, elle lui met son chapelet dans ses mains, récite avec elle un Ave Maria, puis l’embrasse sur le font et sort en éteignant la lumière.

Dans le foyer des Michel, déjà très bouleversé par la récente maladie d’Anneliese, les choses ne seront plus jamais comme avant. Dès la fin de 1971, l’adolescente est aux prises avec une nouvelle épreuve sans précédent et complétement différente de toutes les choses vécues jusqu’à maintenant :

«  Je l’ai vu, maman ! Je l’ai vu, là sur le mur ! »

« Tu as vu quoi au juste ? »

«  Je l’ai vu ! Il est répugnant, affreux, il se moque de moi ! J’ai peur, n’éteins pas la lumière en t’en allant ! »

Des figures démoniaques, voilà de quoi parle Anneliese. Elle raconte qu’elle sont apparues sur le mur de sa chambre, des personnages à cornes et à queue fourchue tout droit sorties de l’enfer qui se moquent d’elle en lui tirant la langue et en lui faisant des grimaces effrayantes. La jeune fille leur donne même un surnom, les « Fratzen » !

Mais les choses ne s’arrêtent pas là, car Anneliese parle à présent de voix et de coups dans le mur, comme des coups de poings violents qu’on assène et qui la font sauter de son lit. Pourtant ni ses parents, ni ses sœurs ne semblent les étendre ces fameux bruits.

Pour en avoir le cœur net, Jozef Michel fait le tour de la maison, inspecte toutes les chambres, la tuyauterie de la chaudière, vérifie s’il n y a pas de souris dans le grenier, et quand il a tout passer au peigne fin, il descend annoncer qu’il n’ y absolument rien. Sa fille n’en est pas convaincue, il y’a bel et bien des bruits et les entend aussi clairement que quand il lui parle.

Pendant des semaines entières, Anneliese continue d’entendre ces coups, distinctement et pendant plusieurs nuits d’affilée. Simple fruit de son imagination ou phénomène de paralysie du sommeil ? On n’en sait rien.

Mais les choses ne font que commencer.

Car aux coups dans le mur, s’ajoutent bientôt d’autres phénomènes plus « physiques », plus inquiétants aussi. Anneliese commence à sentir des odeurs étranges et nauséabondes. Elle parle d’odeur de soufre, de charbon qui brule, de feu et de matières fécales. Des odeurs que les catholiques et la bible attribuent généralement à l’enfer.

Sa mère, paniquée, court chercher de l’eau bénite à l’église et en asperge toute la maison. Elle en met même dans les draps, les vêtements et le matelas de sa fille. Mais rien n’y fait, les odeurs sont toujours là et de plus en plus insoutenables pour Anneliese qui dit vouloir vomir continuellement à cause de cela.

Source : allthatsinteresting

En 1972, Anneliese visite encore une série de médecins auxquels elle parle de ses visions. Les différents praticiens, neurologues, psychologues et psychiatres, pensant qu’elle fait l’objet d’hallucinations à cause de son épilepsie et lui prescrivent pour ce fait différents traitements neurologiques, sensés la soulager mais qui ont l’effet l’inverse. Cependant, à ce stade, personne ne croit qu’elle est possédée par des forces démoniaques et ses parents mettent tous leurs espoirs dans le savoir médical, persuadés que tôt ou tard, leur fille finirait par guérir tout à fait de son mal.

Mais quelque chose laisse cependant les médecins perplexes : cette jeune fille, diagnostiquée épileptique et prenant un traitement adéquat ne semble pas guérir ou du moins ne montre aucun signe encourageant d’amélioration, cela est hors du commun.

Anneliese subit encore une batterie de radiographies du cerveau, d’analyses sanguines et à chaque fois, rien d’anormal n’est déceler. Certains de ses médecins avancent même l’hypothèse qu’elle pourrait avoir inventer tout cela, le fameux « Syndrome de Munchausen par procuration », où le patient se crée une ou plusieurs pathologies pour attiser la pitié générale et attirer l’attention sur lui. Pas dans le cas d’Anneliese en tout cas.

Alitée continuellement, ne sortant que pour aller chez le médecin, ne voyant plus son petit copain et ses amies, ses études mises en suspend, l’adolescente sombre graduellement dans une profonde dépression.

Entre mars et avril 1973, sans se faire attendre, les visions de « Fratzen » et les odeurs de feu et charbon font leur retour. La jeune fille est terrorisée à l’idée de rester seule dans sa chambre et sa mère est obligée de lui tenir la main chaque nuit pour qu’elle s’endorme, un sommeil d’ailleurs très agité et de courte durée, puisqu’elle se réveille jusqu’à dix fois par nuit !

Pour lui apporter un peu de réconfort, ses parents proposent de l’emmener faire un pèlerinage à San Damiano, à la frontière italienne. Mais les choses ne se passent pas comme prévue. En passant devant les statues de la Sainte Vierge, Anneliese se cache les yeux avec effroi et dégoût, pire, elle s’en prend même physiquement à l’une de leurs accompagnatrices qu’elle menace d’étrangler avec son chapelet, lui assène une gifle et la pousse violemment part terre sans raison évidente.

A cause de cet incident, le pèlerinage est interrompu plus tôt que prévu et les Michel rentrent au plus vite en Allemagne, très ébranlés par ce qu’ils viennent de vivre.

Après cet épisode désastreux, l’adolescente commence à perdre graduellement son indépendance physique : elle souffre de blocages articulaires, n’arrive plus à se mettre proprement débout sur ses deux jambes, doit être soutenue par Anna pour pouvoir marcher, sans compter qu’elle ne peut plus contrôler ses flux biologiques, urinant dans ses vêtements et mouillant son lit chaque soir.

Dans de telles conditions, le recours à la religion n’est que plus en plus urgent. Anna Michel, fait appel au prêtre de leur paroisse, le Père Kristian Fassbinder afin de venir voir sa fille le plus rapidement possible. Anneliese, quelque peu apaisée par sa présence, lui confie :

«  Mon père, aidez-moi, je crois que je nage en plein milieu de l’enfer ! Aidez-moi à m’en sortir, je vous en supplie ! ».

Il lui récite alors un chapelet, l’a béni et s’en va en promettant de revenir aussi souvent que cela sera nécessaire. L’adolescente dort un peu mieux cette nuit-là. Mais l’apaisement n’est que de courte durée.

Au cours d’un dîner qu’elle juge suffisamment apte à prendre avec sa famille, Anneliese fait l’objet d’une nouvelle « manifestation » : ses mains se mettent à gonfler de façon anormale, elle est tellement terrorisée parce qu’elle voit qu’elle en tombe de sa chaise, occasionnant la panique autour de la table. Elle se met à crier hystériquement :

« Mes mains ! Mes mains ! Elles sont toutes noires ! Que m’arrive-t-il, Oh Jésus ! » « Seigneur, ayez pitié de moi, les Fratzen sont de retour ! Ils ont sept couronnes et sept queues fourchues ! »

Au même moment elle croit apercevoir les horribles images démoniaques l’entourer de toute part. Ses parents et ses sœurs, épouvantés, courent vérifier les murs de la salle à manger, ne remarquent rien dessus, retournent auprès d’elle, l’entourent et tentent de l’apaiser mais Anneliese perd connaissance instantanément.

A partir de cette funeste soirée, l’idée qu’Anneliese serait possédée commence à tarauder sa famille. Ses parents ne ferment plus l’œil de la nuit, la présence du Père Fassbinder à la maison devient une nécessité quasi-quotidienne. De quoi souffre réellement Anneliese ? Qu’arrive-t-il à notre enfant? Pourquoi son traitement d’épilepsie ne semble pas améliorer sa condition ? Ses questions, Anna et Jozef Michel passent leur temps à les ressasser sans trouver de réponse. Les voies du Seigneur sont impénétrables.

Comme la famille est assez catholique, l’intrusion du diable dans l’âme de la jeune fille devient une probabilité. Oui et pourquoi pas après tout ?

Rapidement, le voisinage et les amis de la famille sont mis au courant de l’état d’Anneliese, il se murmure qu’elle serait possédée par une force démoniaque particulièrement harcelante et féroce, alors, on organise chaque soir des cercles de prière pour apaiser son âme tourmentée, on récite des Pater Noster, on pratique des génuflexions auxquelles même la concernée est obligée de participer pour faire pénitence.

Accompagnée de sa mère et des gens du cercle de prière, elle s’agenouille et se relève en cadence pendant quarante minutes voire une heure entière ! Sauf que cela occasionne encore un autre problème puisqu’Anneliese se rampe les ligaments des jambes à force de faire des génuflexions effrénées !

De la simple rumeur, la piste surnaturelle devient alors une certitude. Exit la science, les médecins et leurs traitements couteux et qui ne servent à rien, seule la foi est en mesure de sauver la pauvre enfant ! Sous la pression de la communauté, Anna et Jozef ne peuvent que s’incliner. Et si, en fin de compte, les gens avaient raison ?

Rapidement, la chose tant redoutée par les parents prend forme et appuie toutes les rumeurs: Anneliese devient très hostile envers les objets religieux : elle a arraché son médaillon de baptême et l’a balancé par la fenêtre, renversé l’eau d’un bénitier, devant les portraits représentant les saints, le Christ et la Vierge Marie, elle reste longtemps silencieuse, les fixant avec des yeux dilatés, entièrement noirs et sans pupilles. Ce regard, sa mère l’attribue à celui du démon en personne.

Jozef et sa femme, désespérés, déposent auprès de l’autorité épiscopale de leur paroisse plusieurs demandes pour que leur fille subisse un exorcisme, mais leurs demandes sont toutes rejetées. En 1975, grâce à l’amie d’Anna Michel, cette dernière fait la connaissance d’un prêtre de Würzburg, un homme encore jeune et plein de sollicitude : le Père Ernest Alt.

Ce dernier apprend le cas d’Anneliese et en est chagriné. Sans hésiter un moment, il propose à la mère de venir rendre visite à sa fille le plus rapidement possible. Anna Michel perçoit alors une petite lumière au bout du tunnel, peut-être la fin proche de tous leurs soucis.

Anneliese noue rapidement une relation très amicale avec le Père Alt et cela est réciproque. Au fil de ses visites, la jeune fille commence à s’ouvrir à lui, à lui parler de ses malheurs, à lui confier ses secrets, notamment son histoire d’amour avortée avec son petit ami Peter. Le prêtre, du compte tenu de sa vocation, l’écoute patiemment sans la juger et lui prodigue même des conseils comportementaux. Il est vrai que c’est un homme compatissant qui sait écouter.

La jeune femme se sent bien à son contact. Lui à ce moment-là, appuie la thèse de la possession démoniaque car certains indices ne trompent pas : Anneliese à l’haleine fétide, ses yeux sont dilatés, les aliments salés lui donnent la nausée, le contact de l’eau la répugne.

Au fil de ses visites, le Père Alt remarque les changements qui s’opèrent dans le comportement de la jeune fille, et ils ne présagent rien de bon. A part le fait qu’elle refuse à présent s’alimenter tout à fait, elle commence aussi à pousser des cris étranges avec une voix gutturale quand ce n’est pas carrément des râles effrayants.

La nuit, elle se sent parfois projeter dans les airs hors de son lit, elle ne compte plus les fois où elle sent qu’on lui retire sa couverture dans son sommeil ou qu’on lui chatouille la plante des pieds. L’automutilation devient aussi une de ses activités favorites ; sa mère lui coupe ses ongles courts pour l’empêcher de se lacérer le visage et les bras, alors pour diverger, elle se met à mordre tout, ses bras, ses mains, ses oreillers qu’elle vide de leurs plumes.

Au paroxysme de ses crises, elle commence aussi à se projeter la tête contre les murs et à la cogner tellement fort jusqu’à ce qu’elle se mette à saigner, elle dit entendre des voix qui lui vocifèrent dans les oreilles. Elle urine sous les tables, commence à hurler comme un loup pendant la nuit et ricane de façon bizarre. Aucune de ses sœurs n’osent l’approcher de peur de se faire attaquer par elle.

Devenue ainsi agressive et incontrôlable, sa mère n’a d’autre choix que de l’attacher à son lit pour éviter qu’elle ne se blesse ou ne fasse du mal à quelqu’un.

Mais l’horreur ne fait que de commencer.

Nous sommes en 1975 et l’étrange mal dont souffre Anneliese n’a pas encore été guéri. L’exorcisme revient encore sur la table mais il faut savoir que cette pratique n’est pas une chose qui se décide à la légère, il faut en général l’approbation d’une autorité religieuse supérieure et des raisons valables pour pouvoir procéder.

Les parents d’Anneliese renouvellent encore leur demande mais tous les prêtres auxquels ils s’adressent refusent net d’y participer, n’arrivant pas à comprendre le fait qu’une fille qui a été baptisée à la naissance puisse être possédée par le diable ou par une force maléfique.

Le Père Alt conseille alors au couple d’attendre un peu et de voir l’évolution des choses, mais justement, les choses ne s’améliorent pas, elles empirent même ! Ayant conscience qu’il est désormais le seul à pouvoir faire quelque chose pour cette famille qui s’accroche désespérément à lui, il décide de consulter l’archevêque de Würzburg, Monseigneur Jozef Stangl, et le supplie presque de trouver une solution à cette malheureuse avant qu’il ne soit trop tard pour agir.

Finalement, ce dernier lui donne le feu vert pour effectuer un exorcisme et lui propose même un « assistant » dans cette entreprise qui n’est pas des plus simples à réaliser. Un simple courrier et Le Père Arnold Renz, originaire de Berlin et exerçant depuis peu à Würzburg, devrait venir le rejoindre dans quelques jours.

Source : aminoapps

La première séance d’exorcisme se déroule le 24 septembre 1975. Dès que le Père Alt sort son crucifix, Anneliese sauta sur lui pour le lui arracher et le jeter par terre, le prêtre conclu que c’est un agissement typique d’une personne possédée par le démon. Le lendemain soir, accompagné de son assistant le Père Renz, ils pratiquent sur Anneliese le rituel d’exorcisme romain, rapidement, la jeune fille est prise de convulsions et commence à leur parler d’une voix étrangère à celle qu’elle a d’habitude. Les deux prêtres, se tenant à une distance de sécurité, lui demande :

«  Qui es-tu ? »

«  Je suis Caïn, je suis Néron, je suis Adolf Hitler, je suis Lucifer…. »

Anna Michel, présente lors de la séance, tente de retranscrire les paroles de sa fille dans un calepin, mais celle-ci parle avec tel débit qu’elle est incapable de la suivre.

Le lendemain, même topo, Anneliese déclare être Valentin Fleischmann, un moine franciscain mort sur le bûcher au 16ème siècle pour apostasie. Cette révélation choque énormément les deux prêtres qui assurent que seuls les gens de l’église sont aptes à connaître l’histoire dramatique et tenue secrète de ce moine.

Au cours des semaines suivantes, l’adolescente subit deux exorcismes par semaine avec à chaque fois un ajout supplémentaire de rituels sans que cela ne parvienne à la soulager. Pire, ses symptômes s’aggravent tout à fait, et son aspect physique commence lui aussi à se décharner, son visage s’émacie, son teint vire à une pâleur effroyable, elle n’a plus que la peau sur les os et des cicatrices de morsures partout sur les avant-bras, morsures qu’elle s’inflige elle-même et souvent jusqu’au sang.

Pour le reste, elle refuse de prendre son bain, de changer de pyjama, urine un peu partout dans sa chambre et défèque même une fois dans la salle à manger. Elle refuse aussi de s’alimenter et à la place, elle se met à manger des insectes, avec une préférence accrue pour les mouches et les araignées.

Sa mère, qui ne la quitte pas d’une semelle afin d’éviter toute éventuelle catastrophe, tente même une fois de lui lire des passages de la bible mais cela fait tellement enrager Anneliese qu’elle lui arracha le livre des mains pour le balancer de l’autre côté de la pièce.

Au cours d’un de ses exorcismes, mené de front par le Père Renz, la jeune fille après avoir poussé une série effroyables de râles, déclare :

«  Il n y’a pas de paix ici-bas ! »

Pour pouvoir garder des preuves, la famille commence à enregistrer les séances sur des bandes audio. Elle enregistre ainsi pas moins de quarante cassettes avec date et durée à l’appui afin de constituer une preuve de la réelle présence des forces du mal.

Durant cette période, Anneliese déjà très affaiblie physiquement, contracte une pneumonie. Elle est souvent tremblante de fièvre mais les deux prêtres ne lui laissent aucun répit, il leur faut en venir à bout du ou des différentes entités qui se sont emparées de son âme. Chaque exorcisme peut durer une à deux heures et à son échéance, Anneliese se retrouve souvent inconsciente et perd l’usage de sa voix pendant les jours suivants.

Durant les séances qui se succèdent, elle déclare être une nouvelle fois, Judas. Parfois, il lui arrive aussi d’être pourvue d’une force physique tellement spectaculaire, de se débattre avec une telle frénésie qu’il lui faut trois ou quatre hommes pour la maintenir tranquille ! Souvent les deux prêtres reçoivent des gifles, des morsures quand ils ne sont pas carrément projetés par terre ou contre un meuble.

Pour éviter toute éventuelle blessure, on pris soin de dégager le maximum de meubles hors de la pièce, ne gardant que le tapis, deux sièges et le lit sur lequel dort Anneliese. Ce dernier aussi ne connaît pas de répit puisque Anneliese qui se débat souvent, le secoue tellement fort qu’elle en laisse des trous béants dans le plancher.

Au début du mois de juin 1976, soit dix mois après son premier exorcisme, Anneliese est à bout de force. Sa pneumonie ne guérie pas, elle n’est plus que l’ombre d’elle-même. Elle a arrêté depuis longtemps tout traitement médical, même celui pour l’épilepsie. Ses rituels d’exorcisme l’affaiblissent davantage, l’une des séances qu’elle a subit a même duré huit heures d’affilée, huit heures de torture non-stop, même les deux prêtres sont tombés d’épuisement à la fin !

Mais Annelise est réfractaire à toute forme de prière. Elle manifeste beaucoup d’agressivité à l’égard de tout le monde et plus particulièrement devant les objets religieux qui la mettent dans une rage noire.

Physiquement, elle reste souvent pieds et mains liés dans son lit, respirant avec difficulté, hagarde, les yeux noirs de cernes violacées, le teint blafard, la bouche ouverte et commence même à perdre ses dents et ses cheveux. En dix mois, elle a pris l’aspect d’une vieille femme. Malgré son état plus qu’épouvantable, les Pères Alt et Renz ne veulent rien lâcher et veulent encore tenter le tout pour le tout.

le 30 juin 1976 a lieu le dernier exorcisme d’Anneliese Michel, une séance qui dure près de cinq heures et qui est particulièrement éprouvante, encore plus que toutes les autres. Dès que le Père Renz commence à prononcer la prière d’usage, l’adolescente pousse un cri effroyable. Les deux hommes, mains jointes, continuent cependant à réciter en latin, tout en essayant de manipuler le déroulement de la « conversation » avec l’entité qui hante Anneliese.

Dans la pièce où la lumière a été tamisée et tous les rideaux tirés, les grognements et les cris d’animaux poussés par Anneliese, font grincer des dents. Elle couvre les prières de sons obscènes, simulant un orgasme, elle crache au visage du Père Renz à plusieurs reprises, tente de mordre le Père Alt avant de pousser des éclats de rire diaboliques. Très démontés, les deux exorciseurs continuent pourtant à prier de plus en plus fort afin couvrir les grognements d’Anneliese.

Ceci un extrait de l’enregistrement de cette séance.

« – Que ton âme exalte le Seigneur ….

–        Foutez moi l’camp ! Je suis maudit !

–        Qui êtes-vous ? Judas ? Demande le Père Alt.

–        Non …

–        Alors, Fleishmann ?

–        Oui …Et je dois partir maintenant …

–        Où ca, en enfer ?

–        Oui…

–        Tu sais ce qu’il te reste à dire ?

–        Oui ….

Anneliese, de sa voix la plus gutturale, pousse encore un long râle effrayant.

–        Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, je vous ordonne de sortir à jamais du corps de la dénommée Anneliese Maria Teresa ….

–        J’ai dis, foutez-moi l’camp !

–        Sortez de ce corps, maintenant !

–        Santé, santé, santé ….Sainte ….Maria ….

–        Oui, l’encourage le prêtre, Maria, je vous salue,

–        Je vous salue …Répète Anneliese d’une toute petite voix.

–        Pleine de grâce,

–        Pleine de grâce ….

–        Que votre volonté soit faite, dit le prêtre en détachant ses mots.

–        Que votre volonté soit…Faite …Amen …Le Seigneur est mon maitre…

–        A présent, rendez-lui son propre corps au nom du Dieu Trinitaire !

–        Non ! Non ! Non ! Non !

–        Je vous ordonne de partir ! Partez maintenant et ne revenez plus jamais !

–        Je vous salue Marie plein de grâce … Que votre volonté soit faite.

Et puis le silence tombe sur toute la pièce. Au terme de ce dernier échange, Anneliese semble pour la première fois retrouver un peu d’apaisement et surtout une voix tout à fait normale. Avant de prononcer la prière rituelle qui clôture tout exorcisme, le Père Alt commence à lui poser lui demander si elle va bien, si elle se sent heureuse et en paix, l’adolescente répond par l’affirmatif «  Oui, je me sens heureuse, tellement libre, totalement libre, comme jamais je ne l’ai été de ma vie ! » Sa mère à côté, éclate en sanglots et tombe à genoux devant les deux prêtres tous pâles et encore tremblants d’émotion et de frayeur.

Le lendemain, 1er Juillet, Anneliese est retrouvée morte dans son lit. Rapidement la nouvelle arrive aux oreilles du procureur de la République qui décide d’ouvrir une enquête. Auparavant, aucun des médecins qui ont traité Anneliese n’ont voulu lui renouveler d’ordonnance sous prétexte qu’aucun médicament ne peut venir à bout d’une prétendue possédée.

Le rapport d’autopsie déclare qu’Anneliese est décédée à cause d’une sévère déshydratation et de malnutrition, raisons pour lesquelles elle a perdu la moitié de sa dentition et plus de quarante kilos ! Son calvaire aurait duré dix mois, dix mois durant lesquels elle aurait subit pas moins de soixante-sept séances d’exorcisme !

Aussitôt un mandat d’arrêt est lancé contre les parents d’Anneliese, Anna et Jozef Michel ainsi que les deux prêtres, Ernest Alt et Arnold Renz pour les chefs d’inculpation d’homicide, de négligence et de non-assistance à personne en danger.

Le procès qui s’ouvre en septembre 1976, est suivi aussi bien en Allemagne, qu’en Italie, en France, en Espagne et dans tous les pays européens à dominance catholique. Dans le box des accusés, les quatre inculpés plaident non coupables.

Pour leur défense, les deux prêtres font entendre quelques cassettes enregistrées lors des séances d’exorcisme, récupérées entretemps par l’Eglise et « prêtées » uniquement pour le procès. Au cours de l’écoute, les pères Renz et Alt insistent sur le fait que la voix du diable est bien distincte de celle d’Anneliese, que cette dernière aurait été habitait par plus de dix entités démoniaques et que son haleine exhalait une odeur de soufre dès qu’elle ouvrait la bouche pour parler.

Le rapport d’une orthophoniste vient même appuyer leurs propos puisqu’il s’avère que les vocalises d’Anneliese lors de ses exorcismes, étaient bien supérieures aux capacités vocales pouvant être atteintes par une personne de sexe féminin. Pourtant, et malgré ces allégations, le procureur de la République rejeta catégoriquement les preuves avancées par les deux hommes d’église.

Au terme de deux semaines procès, le couple Michel ainsi que les deux prêtres sont finalement condamnés à six mois de prison avec sursis. Ernest Alt et Arnold Renz, bénéficiant de leur immunité religieuse, ne passent finalement que deux semaines en prison avant d’être libérés puis complétement blanchis.

Les parents d’Anneliese, de leur côté, payent une caution et ne passent pas un seul jour derrière les barreaux. Un mois à peine après l’enterrement de leur fille, ils ordonnent que son cercueil soit déterré afin de lui offrir un autre de meilleure qualité. Cet épisode est d’ailleurs immortalisé par les caméras de la chaine nationale allemande, ZDF.

Ernest Alt et Arnold Renz ont continué d’exercer au sein de leurs paroisses respectives et ont même fait partie de délégations qui ont régulièrement visité le Vatican lors des cérémonies officielles. Le Père Alt a été ordonné évêque en 2003.

Les quarante bandes audio enregistrées par Madame Michel ont pour leur part regagné les archives secrètes de l’Eglise. Seule la bande enregistré lors de la dernière séance d’exorcisme a « fuité » et a fait depuis l’objet de copies rendues publiques et banalisées avec l’avènement d’internet. Attention cependant à ceux qui souhaitent toutefois les écouter, leur contenu est fortement déconseillé aux personnes sensibles et aux enfants.

Source : dailyrecord

Après les événements, Anna et Jozef Michel sont restés dans leur village de Würzburg. Interviewés occasionnellement par la télévision allemande, ils disent ne pas avoir regretté le choix d’avoir fait subir un exorcisme à leur fille et sont persuadés qu’à présent elle dort en paix. Anna Michel soutient cependant que l’une des entités est toujours présente dans sa maison et qu’elle l’entend parfois cogner à l’intérieur des murs.

En 2013, la maison familiale des Michel a été ravagée par un incendie qui l’a entièrement consumée. On ignore toujours l’origine du feu qui s’y est déclaré, certains avancent la piste criminelle, d’autres la piste paranormale, la police a préférée s’en tenir à la thèse accidentelle.

Le réalisateur américain Scott Derrickson a réalisé en 2005 « L’exorcisme d’Emily Rose », fidèlement inspiré de l’histoire et du calvaire vécu par Anneliese Michel. Le film qui a connu un franc succès Outre-Atlantique, a encouragé les gens à en savoir plus sur l’histoire de la « vraie Emily Rose ».

L’année suivante, le film allemand « Requiem » sorti en 2006 et réalisé par Hans-Christian Shmidt, a repris lui aussi l’histoire d’Anneliese Michel avec des couleurs locales mais son succès est resté mitigé.

Jusqu’à aujourd’hui, les thèses divergent sur le cas Anneliese Michel, certains disent qu’elle est morte des suites de sa pneumonie mal soignée, d’autres de négligence ou d’autres encore, que son âme a été emportée par le diable en personne. Son cas rappelle celui de Maurice Thériault.

Dans les années 80, le québécois Maurice Thériault, meurt tragiquement après plusieurs séances d’exorcisme. Sa métamorphose physique, filmée lors de séances vidéos, est aussi effrayante que spectaculaire. On peut d’ailleurs remarquer sur la vidéo que son regard change lentement de couleur, passant de quelque chose d’humain à quelque chose de vide, de monstrueux et de démoniaque.

Son corps sans vie a finalement été retrouvé dans sa salle de bains, couvert de stigmates et de messages indéchiffrables inscrits sur sa peau en lettres de sang. L’affaire Thériault reste l’un des dossiers les plus épineux du couple Warren, spécialisés depuis des années dans le domaine du paranormal aux États-Unis.

Pour les scientifiques, Anneliese Michel était certainement schizophrène ou sujette à un dédoublement de la personnalité et les mélanges mal dosés des médicaments qu’on lui administré n’ont fait qu’aggraver son cas.

Son histoire, qui a été racontée au-delà des frontières allemandes, a intrigué et effrayé un peu partout dans le monde, renforçant ainsi la véracité probable de la possession démoniaque.

Annaliese Michel, est une jeune allemande de vingt-trois ans qui a passé de longs séjours dans différentes cliniques dès la fin des années soixante. Et Anneliese n’a jamais su de quoi elle souffrait vraiment !

Persuadés que leur fille est possédée, ses parents font appel à deux prêtres exorciseurs pour faire dégager l’éventuelle entité qui semble l’a hantée. Mais les choses ne se déroulent pas comme prévu : son état se dégrade à vue d’œil, sa métamorphose physique et vocale est effrayante et ses crises deviennent incontrôlables. Pour son entourage, c’est le diable en personne qui s’est emparé d’elle.

 

Les sources :

 


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